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Qu'est-ce qu'une peine complémentaire ?

En plus d'une peine principale — amende, emprisonnement, réclusion criminelle — l'auteur d'une contravention, d'un délit ou d'un crime peut être condamné à une ou plusieurs peines complémentaires. En matière contraventionnelle et correctionnelle, la peine complémentaire peut aussi remplacer la peine principale. Les sanctions varient selon la nature et la gravité de l'infraction.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir sur les peines complémentaires : définition, sanctions selon la catégorie d'infraction et conséquences du non-respect.

Ce qu'il faut savoir

  • Une peine complémentaire est une sanction qui vient compléter la peine principale prononcée contre l'auteur d'une infraction pénale.
  • En matière contraventionnelle et correctionnelle, la peine complémentaire peut aussi remplacer la peine principale. En matière criminelle, elle ne fait que s'y ajouter.
  • Les peines complémentaires varient selon la nature de l'infraction : contravention (tribunal de police), délit (tribunal correctionnel), crime (cour d'assises ou cour criminelle).
  • Les peines complémentaires les plus courantes en matière correctionnelle sont l'interdiction d'émettre des chèques, la confiscation d'un bien, l'interdiction des droits civiques et l'annulation ou la suspension du permis de conduire.
  • Pour certains délits et pour tous les crimes, la peine d'inéligibilité doit être prononcée obligatoirement, sauf décision motivée de la juridiction.
  • Le non-respect d'une peine complémentaire est une infraction nouvelle : la plupart du temps, l'auteur encourt 2 ans de prison et 30 000 € d'amende.

Conditions essentielles

  • La peine complémentaire n'est prononcée que si la loi ou le règlement le prévoit pour l'infraction considérée.
  • C'est la juridiction compétente qui décide de prononcer ou non la peine complémentaire, même lorsque celle-ci est prévue par le texte.
  • La peine complémentaire est directement liée à l'infraction commise : elle en découle logiquement (confiscation de l'objet du délit, interdiction d'exercer l'activité dans laquelle l'infraction a été commise…).

Les étapes

  • Le procureur de la République poursuit l'infraction devant la juridiction compétente selon sa gravité.
  • La juridiction — tribunal de police, tribunal correctionnel ou cour d'assises — examine l'affaire et prononce la peine principale.
  • Le cas échéant, la juridiction peut prononcer une ou plusieurs peines complémentaires prévues par la loi, en motivant sa décision lorsqu'il s'agit d'une peine obligatoire (inéligibilité).
  • La peine complémentaire s'exécute en même temps que, ou à l'issue de, la peine principale, selon la nature de la sanction.
  • En cas de non-respect des obligations imposées, de nouvelles poursuites pénales peuvent être engagées.

Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. Le détail des peines applicables à chaque catégorie d'infraction — contravention, délit, crime — est traité dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les peines des contraventions, voir « Peines complémentaires en cas de contravention ». Pour celles des délits, voir « Peines complémentaires en cas de délit ». Pour les crimes, voir « Peines complémentaires en cas de crime ».

Qu'est-ce qu'une peine complémentaire ?

Une peine complémentaire est une sanction pénale qui complète — ou, en certaines matières, remplace — la peine principale prononcée contre l'auteur d'une infraction.

Une peine complémentaire est une sanction qui vient compléter la peine principale prononcée contre l'auteur d'une contravention, d'un délit ou d'un crime. En matières contraventionnelle et correctionnelle, elle peut aussi remplacer la peine principale.

La peine principale est la sanction principale prévue par la loi pour l'infraction commise : l'amende en matière contraventionnelle, l'emprisonnement ou l'amende en matière correctionnelle, la réclusion criminelle en matière criminelle. La peine complémentaire est une sanction accessoire, prononcée en plus — ou, par exception, à la place — de la peine principale. Elle vise à sanctionner spécifiquement certains agissements (confiscation de l'objet du délit), à priver l'auteur de certains droits (interdiction des droits civiques, du permis de conduire) ou à lui imposer des obligations (stage, injonction de soins, suivi socio-judiciaire).

Règle

Le type de peine complémentaire varie en fonction de la nature et de la gravité de l'infraction commise. Lorsque la loi ou le règlement le prévoit, la peine complémentaire peut être prononcée par la juridiction compétente ; c'est toujours celle-ci qui décide, en dernière analyse, de l'appliquer ou non.

Une peine complémentaire peut être assortie d'un sursis simple, sauf si la juridiction a prononcé une confiscation, la fermeture d'un établissement ou l'affichage de la décision. Dans ces trois cas, la sanction complémentaire s'applique immédiatement.

Peines complémentaires en cas de contravention

Lorsqu'un règlement le prévoit, une contravention peut être sanctionnée par une ou plusieurs peines complémentaires, prononcées par le tribunal de police en plus de l'amende ou, dans certains cas, à sa place.

En principe, la peine principale pour une contravention est l'amende. Le tribunal de police peut également prononcer une peine privative ou restrictive de droits — par exemple l'immobilisation du véhicule du condamné pour une durée de 6 mois — ou une sanction-réparation. Des peines complémentaires peuvent s'ajouter à la sanction principale. Dans certains cas, le tribunal de police peut décider de remplacer la peine principale par une ou plusieurs peines complémentaires.

Lorsqu'un règlement le prévoit, une contravention peut être sanctionnée par une ou plusieurs peines complémentaires sous des formes variées : la suspension du permis de conduire — dans certains cas, la personne condamnée peut conduire pour exercer son activité professionnelle malgré la suspension ; l'interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation, pendant 3 ans ; la confiscation d'une arme ; le retrait du permis de chasser avec interdiction de demander la délivrance d'un nouveau permis, pendant 3 ans maximum ; la confiscation de la chose qui a servi à commettre l'infraction ; l'interdiction de conduire un véhicule terrestre à moteur ; un stage — par exemple stage de sensibilisation à la sécurité routière, aux dangers de l'usage des drogues, à la lutte contre l'achat d'actes sexuels ; la confiscation de l'animal ayant servi à commettre l'infraction ou envers lequel elle a été commise ; l'interdiction de détenir un animal pour une durée de 3 ans maximum ; le retrait du permis « bateau ».

Règle

Pour les contraventions de 5ᵉ classe, trois autres peines complémentaires peuvent être prononcées : la sanction-réparation, l'interdiction d'émettre des chèques pendant 3 ans maximum et le travail d'intérêt général pour une durée de 20 à 120 heures.

Même si ces peines sont prévues par le règlement, c'est le tribunal de police qui décide de prononcer, ou non, une ou plusieurs peines complémentaires contre la personne condamnée. Le juge apprécie souverainement l'opportunité de la sanction en fonction des circonstances de l'espèce.

Peines complémentaires en cas de délit

Lorsque la loi le prévoit, un délit peut être sanctionné par une ou plusieurs peines complémentaires, prononcées par le tribunal correctionnel en plus de la peine principale ou, dans certains cas, à sa place.

La peine principale pour un délit peut être l'emprisonnement (assorti ou non d'un sursis), la détention à domicile sous surveillance électronique, le travail d'intérêt général, l'amende, les jours-amende, une peine privative ou restrictive de droits — par exemple l'annulation du permis de conduire avec une interdiction de demander un nouveau permis pendant 5 ans — ou la sanction-réparation. Des peines complémentaires peuvent s'ajouter à la peine principale. Dans certains cas, le tribunal correctionnel peut décider de remplacer la peine principale par une ou plusieurs peines complémentaires : par exemple, en cas de violences, il peut remplacer l'emprisonnement par une interdiction d'exercer une activité professionnelle et par la confiscation de la chose qui a servi à commettre l'infraction.

Les peines complémentaires applicables aux délits prennent plusieurs formes : une interdiction — par exemple l'interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation ; la déchéance, l'incapacité ou le retrait d'un droit — perte du droit de vote, incapacité de gérer une société, suspension du permis de conduire ; une injonction de soins ; une obligation de faire — par exemple obligation d'avoir un suivi socio-judiciaire ; l'immobilisation d'un bien — par exemple un véhicule ; la confiscation d'un bien ; la confiscation d'un animal ; la fermeture d'un établissement ; l'affichage ou la diffusion de la décision de justice.

Règle

Ces peines sont directement liées au délit commis. L'auteur de violences ou de blessures involontaires encourt notamment l'interdiction de porter une arme soumise à autorisation, la suspension du permis de conduire et la confiscation de véhicules. L'auteur d'un vol encourt notamment l'interdiction de ses droits civiques, civils et de famille (droit de vote, par exemple), l'interdiction de séjour sur le territoire français et l'interdiction de détenir une arme soumise à autorisation.

  • Interdiction d'émettre des chèques pour une durée de 5 ans.
  • Interdiction d'utiliser une carte bancaire pour une durée de 5 ans.
  • Confiscation d'un bien, notamment celui qui a servi à commettre l'infraction.
  • Confiscation de l'animal ayant servi à commettre l'infraction ou envers lequel elle a été commise.
  • Interdiction des droits civiques, civils et de famille (droit de vote, éligibilité, droit de témoigner devant la justice…), pour une durée de 5 ans.
  • Annulation du permis de conduire ou suspension du permis de conduire, interdiction temporaire de conduire certains véhicules.
  • Interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation.
  • Interdiction de détenir un animal pour une durée de 3 ans maximum.
  • Interdiction d'exercer une fonction publique ou professionnelle, de manière définitive ou pour une durée de 5 ans.
  • Interdiction du territoire français pour les étrangers — y compris les ressortissants d'un pays de l'Union européenne — définitive ou de 10 ans maximum ; en cas d'incarcération, cette interdiction s'applique dès la sortie de prison.
  • Fermeture d'un établissement.
  • Affichage ou diffusion de la décision de justice aux frais du condamné ; l'affichage ou la diffusion ne peut comporter l'identité de la victime qu'avec son accord, celui de son représentant légal ou de ses ayants droit.
  • Sanction-réparation.
  • Suivi socio-judiciaire, qui peut être assorti d'une injonction de soins.

Même si ces peines sont prévues par la loi, c'est le tribunal correctionnel qui décide de prononcer, ou non, les peines complémentaires. Pour certains délits, la juridiction est dans l'obligation de prononcer certaines peines complémentaires, sauf si elle rend une décision motivée : par exemple, la peine d'inéligibilité doit être prononcée, sauf décision motivée, pour des infractions telles que les violences, la discrimination ou l'escroquerie.

Peines complémentaires en cas de crime

La peine principale pour un crime est la réclusion criminelle. Les peines complémentaires prononcées par la cour d'assises ou la cour criminelle s'ajoutent obligatoirement à cette peine principale : contrairement aux matières contraventionnelle et correctionnelle, aucun remplacement n'est possible.

La peine principale pour un crime est la réclusion criminelle. La cour d'assises ou la cour criminelle peut prononcer une peine complémentaire qui s'ajoute à la peine principale. La juridiction qui juge l'affaire ne peut pas décider de remplacer la peine principale par une peine complémentaire.

Lorsque la loi le prévoit, un crime peut être sanctionné par une ou plusieurs peines complémentaires : une interdiction — par exemple l'interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation ; la déchéance, l'incapacité ou le retrait d'un droit ; une injonction de soins ; une obligation de faire — par exemple un suivi socio-judiciaire ; l'immobilisation d'un bien ; la confiscation d'un bien ; la confiscation d'un animal ; la fermeture d'un établissement ; l'affichage de la décision de justice.

Règle

Ces peines complémentaires sont directement liées au crime commis. L'auteur présumé d'un meurtre ou d'un assassinat encourt notamment l'interdiction d'exercer une activité commerciale ou industrielle, la confiscation de la chose qui a servi à commettre ce crime et l'interdiction temporaire ou définitive de détenir un animal. L'auteur d'un crime de terrorisme encourt notamment l'interdiction de ses droits civiques, civils et de famille pour une durée de 15 ans et l'interdiction de séjour sur le territoire pour une durée de 15 ans.

Même si ces peines sont prévues par la loi, c'est la cour d'assises ou la cour criminelle qui fixe la ou les peines complémentaires applicables. Dans certains cas, ces juridictions sont dans l'obligation de prononcer certaines peines complémentaires, sauf décision motivée : par exemple, la peine d'inéligibilité doit être prononcée pour tous les crimes, sauf décision motivée de la cour d'assises ou de la cour criminelle.

Quelles sanctions en cas de non-respect d'une peine complémentaire ?

L'auteur d'une infraction qui ne respecte pas les obligations imposées par une peine complémentaire encourt de nouvelles sanctions pénales. Leur gravité dépend du rôle joué par la peine complémentaire dans la condamnation initiale.

Lorsque la peine complémentaire s'ajoute à la peine principale, le condamné qui n'effectue pas les obligations qui lui sont imposées encourt une peine de 2 ans de prison et de 30 000 € d'amende.

Lorsque la peine complémentaire remplace la peine principale, la peine encourue en cas de non-respect est fixée lors du procès initial. En matière contraventionnelle, cette peine ne peut pas dépasser la peine principale prévue pour la contravention commise. En matière correctionnelle, elle doit être moins sévère que la peine principale prévue pour le délit commis et ne peut pas dépasser 2 ans de prison et 30 000 € d'amende. En matière criminelle, la peine en cas de non-respect est également fixée lors du procès initial ; dans la plupart des cas, la peine encourue est égale à 2 ans de prison et 30 000 € d'amende.

Règle

Le non-respect de la peine complémentaire constitue une infraction nouvelle, distincte de l'infraction initiale. Il peut donner lieu à de nouvelles poursuites devant la juridiction compétente, indépendamment de l'exécution de la peine principale.

Les sanctions exactes applicables en cas de non-respect sont fixées par le code pénal et varient selon la nature de la peine complémentaire et son rôle dans la condamnation. Pour une application au cas par cas, il convient de se rapprocher d'un avocat ou des services compétents.

Peine complémentaire et sursis

Une peine complémentaire peut être assortie d'un sursis simple, à trois exceptions : la confiscation, la fermeture d'un établissement et l'affichage de la décision.

La juridiction qui condamne l'auteur à une peine complémentaire peut l'assortir d'un sursis simple.

Le sursis simple suspend l'exécution de la peine pendant un délai d'épreuve : si le condamné ne commet pas de nouvelle infraction pendant cette période, la peine n'est pas exécutée. Cette faculté vaut pour le tribunal de police, le tribunal correctionnel, la cour d'assises et la cour criminelle.

Règle

Le sursis simple ne peut pas être prononcé lorsque la juridiction a condamné l'auteur à une confiscation, à la fermeture d'un établissement ou à l'affichage de la décision. Ces trois sanctions s'appliquent alors sans délai d'épreuve.

L'exception du sursis traduit la volonté du législateur : les sanctions patrimoniales définitives (confiscation), les mesures d'ordre public (fermeture) et les mesures de publicité de la condamnation (affichage) conservent leur efficacité immédiate, indépendamment du comportement futur du condamné.

Quelles juridictions prononcent les peines complémentaires ?

La juridiction compétente pour prononcer les peines complémentaires dépend de la gravité de l'infraction : tribunal de police pour les contraventions, tribunal correctionnel pour les délits, cour d'assises ou cour criminelle pour les crimes.

C'est la juridiction compétente qui décide de prononcer ou non les peines complémentaires, même lorsque celles-ci sont prévues par la loi ou le règlement. Le tribunal de police juge les contraventions, le tribunal correctionnel juge les délits, et la cour d'assises ou la cour criminelle jugent les crimes.

Le tribunal de police peut prononcer des peines complémentaires en plus de l'amende ou, dans certains cas, à sa place. Le tribunal correctionnel peut, pour certains délits, être tenu de prononcer certaines peines complémentaires — comme l'inéligibilité pour les violences, la discrimination ou l'escroquerie — sauf décision motivée. La cour d'assises ou la cour criminelle doit prononcer la peine d'inéligibilité pour tous les crimes, sauf décision motivée.

Règle

Le choix de la juridiction suit le classement des infractions par le code pénal : contravention (moins grave), délit (intermédiaire), crime (le plus grave). Les peines complémentaires disponibles et leur régime — cumul ou remplacement — dépendent de cette qualification.

Pour connaître l'organisation et le rôle de chaque juridiction pénale, consulter la documentation officielle du ministère de la Justice. En cas de procès, l'assistance d'un avocat permet de préparer la défense et de discuter les peines complémentaires encourues.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Qu’est-ce qu’une peine complémentaire ?

    Vérifiée le 2026-10-04

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Voir aussi

Les peines complémentaires sont fixées par le code pénal (articles 131-1 à 131-36 et 434-38 et suivants). Leur prononcé dépend de l'appréciation souveraine de la juridiction compétente. Pour une application au cas par cas, consulter un avocat.

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