Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant d'être concerné par un travail d'intérêt général : conditions, mise en place, durée, obligations et issues possibles.
Ce qu'il faut savoir
- Le TIG est une peine de travail non rémunéré, accompli avec l'accord du condamné, au service de la collectivité.
- Il peut être prononcé comme peine principale, peine alternative ou peine complémentaire.
- Les trois conditions pour y être condamné sont : avoir plus de 16 ans (et au moins 13 ans au moment des faits), avoir commis un délit passible d'emprisonnement ou une contravention de 5ᵉ classe, et ne pas s'y opposer.
- La durée minimale est de 20 heures ; la durée maximale est de 120 heures pour une contravention et de 400 heures pour un délit.
- Le TIG doit être exécuté dans un délai maximal de 18 mois, susceptible de suspension pour motifs graves.
- En cas de manquement aux obligations, les sanctions varient selon la nature de la peine : jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende pour une peine principale ou complémentaire.
Conditions essentielles
- Avoir plus de 16 ans et avoir été âgé d'au moins 13 ans au moment des faits.
- Avoir commis un délit passible d'une peine d'emprisonnement ou une contravention de 5ᵉ classe.
- Ne pas s'opposer à cette sanction (le TIG est toujours assorti de l'accord du condamné).
Les étapes
- La juridiction pénale décide du TIG à l'issue de l'audience.
- Le président du tribunal (ou le juge des enfants) informe le prévenu qu'il peut accepter ou refuser le TIG.
- La juridiction attend la réponse avant de prononcer le TIG.
- Le directeur du SPIP (ou le Jap, ou le directeur de la PJJ pour les mineurs) fixe l'organisme, le travail et les horaires.
- Le condamné effectue le travail non rémunéré dans le délai fixé (maximum 18 mois).
- Un conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (ou un éducateur de la PJJ) suit le condamné pendant toute la durée du TIG.
- À l'issue, un document attestant de l'accomplissement du travail est remis au condamné et transmis au CPIP.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — types d'organismes et de travaux, obligations spécifiques des majeurs et des mineurs, sanctions en cas d'incident — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à la durée en fonction de l'infraction, aux obligations des majeurs et des mineurs, et aux issues possibles du TIG, voir les sections « Quelle est la durée du TIG ? », « Quelles sont les obligations liées au TIG ? » et « Quelle peut être l'issue d'un TIG ? ».
Qu'est-ce que le travail d'intérêt général (TIG) ?
Le travail d'intérêt général (TIG) est une peine qui consiste pour le condamné, et avec son accord, à accomplir un certain nombre d'heures de travail non rémunéré au service de la collectivité.
Concrètement, le condamné travaille bénévolement pour un organisme public ou une association, sous la surveillance d'une personne désignée. Le TIG est conçu comme un outil de réinsertion : il permet au condamné de participer à une activité professionnelle utile à la société tout en purgent une peine alternative à l'emprisonnement. La juridiction qui détermine le travail à accomplir choisit un poste adapté à la situation personnelle du condamné et favorable à sa réinsertion ; pour les mineurs, elle doit également prendre en compte le caractère formateur de l'activité.
Règle
Le TIG peut être prononcé en trois qualités différentes. En tant que peine principale (par exemple, pour un vol), il remplace totalement la peine d'emprisonnement ou d'amende. En tant que peine alternative, il s'y substitue dans les conditions fixées par le tribunal. En tant que peine complémentaire, il s'ajoute à une autre peine prononcée — par exemple, en cas de violences ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure ou égale à 8 jours. Dans ce dernier cas, le TIG ne se substitue pas à la peine principale mais la complète, le tribunal jugeant utile d'y ajouter une dimension de réparation sociale par le travail.
Le TIG est toujours prononcé par une juridiction pénale (tribunal correctionnel, tribunal pour enfants, etc.). Le condamné peut refuser le TIG : dans le cas d'une peine alternative, la juridiction peut alors mettre à exécution la peine d'emprisonnement ou d'amende initialement fixée. Le TIG n'a donc jamais un caractère automatique : il résulte toujours d'une décision de justice individuelle et de l'accord exprès du condamné.
Qui peut faire l'objet d'un TIG ?
Vous pouvez être condamné à un TIG si les trois conditions suivantes sont remplies simultanément.
La première condition est d'ordre d'âge : vous devez avoir plus de 16 ans et avoir été âgé d'au moins 13 ans au moment des faits pour lesquels vous êtes jugé. La seconde condition est d'ordre infraictionnel : vous devez avoir commis un délit passible d'une peine d'emprisonnement ou une contravention de 5ᵉ classe. La troisième condition est d'ordre volontaire : vous ne devez pas vous opposer à cette sanction.
Le caractère volontaire du TIG est une garantie fondamentale : le travail non rémunéré ne peut jamais être imposé de force. C'est pourquoi le président du tribunal — ou le juge des enfants pour les mineurs — doit recueillir l'accord du prévenu avant que la juridiction prononce la peine. Les exemples d'infractions concernées incluent notamment les violences légères et l'outrage sexiste ou sexuel.
- Âge : plus de 16 ans, et au moins 13 ans au moment des faits.
- Nature de l'infraction : délit passible d'emprisonnement ou contravention de 5ᵉ classe.
- Accord du condamné : refuser le TIG emporte mise à exécution de la peine initiale (si peine alternative).
Règle
Si ces trois conditions sont remplies, le TIG peut également être prononcé dans le cadre d'un sursis probatoire. Dans cette configuration, le TIG constitue une des obligations dont le respect conditionne le maintien du sursis : son accomplissement intégral évite la révocation du sursis et donc l'exécution de la peine prononcée.
Le TIG n'est pas réservé aux majeurs : les mineurs de plus de 13 ans peuvent en faire l'objet, mais les règles de mise en place et de suivi diffèrent (voir sections suivantes). Pour les mineurs, la juridiction compétente est le tribunal pour enfants, et le suivi est assuré par la protection judiciaire de la jeunesse plutôt que par le service pénitentiaire d'insertion et de probation.
Comment se déroule un TIG ?
Les conditions de travail — organisme, travaux, horaires — sont fixées par l'autorité compétente, selon que le condamné est majeur ou mineur.
Si vous êtes majeur, le directeur du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP), ou s'il le souhaite le Jap, décide de l'organisme auprès duquel vous effectuerez le TIG, du travail ou des travaux que vous accomplirez, et des horaires auxquels vous serez soumis. Si vous êtes mineur, ces conditions de travail sont précisées par le directeur territorial de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).
Vous pouvez être amené à accomplir un TIG pour l'un des organismes suivants : une collectivité territoriale ou un établissement public (par exemple, préfecture, hôpital, mairie) ; un organisme privé chargé d'une mission de service public (par exemple, société de transport public ou entreprise de gestion de l'eau et des déchets) ; une association (par exemple, association d'aide aux personnes âgées). Les travaux susceptibles d'être réalisés sont très variés.
- Travaux pédagogiques : par exemple, formation aux premiers soins.
- Travaux d'amélioration de l'environnement : entretien des espaces verts ou des plages, élagage, etc.
- Travaux d'entretien et de manutention : peinture, maçonnerie, jardinage, etc.
- Travaux de rénovation du patrimoine : par exemple, nettoyage de graffitis sur la voie publique.
- Aide aux personnes défavorisées : lecture pour les non-voyants, soutien scolaire, tri et distribution de vêtements, etc.
- Contribution à des actions de formation dans plusieurs domaines tels que la peinture ou la musique.
- Tâches administratives : archivage, recherches documentaires, etc.
- Travail d'accueil : par exemple, standard téléphonique.
Règle
La juridiction qui détermine le travail à accomplir choisit un poste adapté à votre situation personnelle et favorable à votre réinsertion dans la société. Pour les mineurs, elle doit également prendre en compte le caractère formateur de l'activité. Les autorités veillent également au fait que vos conditions de travail soient adaptées aux règles applicables à tout travailleur (travail de nuit, règles d'hygiène et de sécurité, etc.). Ainsi, le TIG ne peut vous placer dans des conditions inférieures à celles d'un salarié ordinaire : les normes d'hygiène, de sécurité et d'accueil s'y appliquent intégralement.
La durée du TIG est choisie par la juridiction qui vous a condamné ou par le juge de l'application des peines, dans les limites minimales et maximales fixées en fonction de l'infraction commise (voir section suivante). Le choix de l'organisme d'accueil tient compte de vos compétences, de votre disponibilité et des besoins exprimés par l'organisme, afin que l'activité soit réellement utile et non purement symbolique.
Quelle est la durée du TIG ?
La durée du TIG est fixée par la juridiction qui condamne ou par le juge de l'application des peines, dans des limites qui dépendent de la nature de l'infraction.
La durée minimale est de 20 heures qu'il s'agisse d'une contravention ou d'un délit. La durée maximale, en revanche, diffère : elle est de 120 heures pour une contravention et de 400 heures pour un délit.
| Durée | Contravention | Délit |
|---|---|---|
| Durée minimale | 20 heures | 20 heures |
| Durée maximale | 120 heures | 400 heures |
Durée minimale
- Contravention
- 20 heures
- Délit
- 20 heures
Durée maximale
- Contravention
- 120 heures
- Délit
- 400 heures
Règle
Le nombre d'heures est fixé librement par la juridiction dans ces limites, en fonction de la gravité des faits et de la situation du condamné.
Pour les mineurs, la juridiction prend en compte le caractère formateur de l'activité et veille à ce que la durée reste compatible avec la scolarité ou la formation en cours.
Dans quel délai le TIG doit-il être exécuté ?
Le TIG doit être effectué dans un délai fixé par la juridiction qui a décidé de cette sanction. Ce délai ne peut pas dépasser 18 mois.
Le délai d'exécution court à partir du prononcé de la peine. Il impose au condamné de commencer et d'achever le travail dans le temps imparti, sous peine de sanctions spécifiques.
Le délai peut être suspendu provisoirement si vous n'êtes pas en mesure d'effectuer le TIG pour l'un des motifs suivants : motif grave d'ordre médical, familial, professionnel ou social (par exemple, maladie, décès, voyage professionnel) ; vous êtes assigné à résidence avec une surveillance électronique ; vous êtes placé en détention provisoire ; vous exécutez une peine privative de liberté ; vous accomplissez des obligations liées au service national.
Règle
En cas de suspension, le TIG reprend pour la durée qu'il vous restait à accomplir avant que le délai ait été suspendu. Le compteur des heures effectuées n'est pas remis à zéro.
La suspension du délai est une protection pour le condamné confronté à un empêchement légitime : elle évite qu'un obstacle indépendant de sa volonté ne le place en situation d'inexécution sanctionnable. Le caractère provisoire de la suspension signifie qu'elle cesse dès que le motif d'empêchement disparaît : le condamné doit alors reprendre le travail pour la durée restante. En cas de doute sur l'application d'une suspension, le SPIP ou le Jap peut être saisi pour clarification de la situation.
Quelles sont les obligations liées au TIG ?
En plus de l'exécution du travail d'intérêt général, le condamné est soumis à des obligations spécifiques, dont les modalités diffèrent selon qu'il est majeur ou mineur.
Les obligations visent à assurer le suivi du condamné et le respect des règles de l'organisme d'accueil. Le non-respect de ces obligations expose à des sanctions, dont la nature dépend de la qualification de la peine (principale, alternative, complémentaire ou sursis probatoire).
Si vous êtes majeur, les obligations sont les suivantes : répondre aux convocations du Jap ou du SPIP dont vous dépendez ; recevoir les visites du SPIP et lui communiquer les renseignements ou documents permettant de justifier que vous répondez à vos obligations ; prévenir le SPIP de vos changements d'emploi ; prévenir le SPIP de vos changements de résidence ; prévenir le SPIP de tout déplacement dont la durée dépasserait 15 jours et lui rendre compte de votre retour ; obtenir l'autorisation préalable du Jap pour tout changement d'emploi ou de résidence lorsque ce changement peut faire obstacle à l'exécution de vos obligations ; informer préalablement le Jap de tout déplacement à l'étranger.
Règle
Vous devez vous soumettre à un examen médical si vous êtes dans l'une des situations suivantes : vous êtes en situation de handicap ; vous êtes enceinte ; vous effectuez un TIG avec des horaires de nuit ; votre poste présente des risques particuliers (par exemple, exposition à l'amiante) ; vous effectuez votre TIG dans un organisme de prévention ou de soins (par exemple, EHPAD). Cet examen a pour but de s'assurer que vous êtes apte au travail et/ou que vous êtes immunisé contre certaines maladies.
Toute la durée du TIG, vous êtes suivi par un conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP). Il informe le juge de l'application des peines (Jap) en cas d'incident, si vous exécutez mal votre travail ou si vous ne respectez pas les obligations auxquelles vous êtes soumis.
Quelle peut être l'issue d'un TIG ?
L'issue du TIG dépend de son accomplissement intégral ou de la survenance d'un incident durant son exécution.
Si aucun incident n'est intervenu pendant l'accomplissement du TIG, vous êtes libéré de vos obligations. Le TIG cesse dès que le travail auquel vous avez été assigné est totalement achevé. Si le TIG est accompli dans les temps, la personne qui vous emploie doit vous remettre un document attestant que vous avez bien réalisé votre travail. Ce justificatif est également transmis au CPIP qui vous suit. Après la remise de ce document, votre peine est considérée comme exécutée et vous n'êtes plus soumis à aucune obligation.
En revanche, si vous avez violé les obligations liées au TIG, vous encourez des sanctions. Cela peut notamment être le cas si vous n'avez pas respecté les règles de l'organisme pour lequel vous avez travaillé (horaires, respect du matériel, etc.) ou les obligations fixées par le Jap (par exemple, répondre aux convocations). Les sanctions diffèrent selon que le TIG a été prononcé comme peine principale ou complémentaire, comme peine alternative, ou dans le cadre d'un sursis probatoire.
- Peine principale ou complémentaire : en cas de manquement aux obligations liées à un TIG, vous encourez une peine de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende.
- Peine alternative : le Jap peut décider de mettre à exécution la totalité ou une partie de la peine prévue par le tribunal (amende ou peine d'emprisonnement), dans la limite de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende et sans dépasser le maximum de la peine encourue pour l'infraction commise.
- TIG dans le cadre d'un sursis probatoire : si vous ne l'avez pas accompli, le Jap peut décider de révoquer le sursis.
Règle
Pour illustrer la limite en cas de peine alternative : si vous avez commis un vol passible de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende, mais que le tribunal a décidé de vous soumettre à un TIG, le tribunal ne peut pas vous condamner en cas de manquement à une peine supérieure à 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Il peut uniquement prononcer une peine inférieure ou égale à ce maximum.
L'accomplissement intégral du TIG dans le délai imparti, sans aucun incident, entraîne la libération de toutes obligations et la considération de la peine comme exécutée. C'est l'issue la plus favorable et l'objectif même de cette peine de réinsertion.
Textes applicables
- Code pénal : article 131-8Légifrance
- Code pénal : article 131-17Légifrance
- Code de la justice pénale des mineurs : article L122-1Légifrance
- Code pénitentiaire : article R623-1 à R623-23Légifrance
- Code de justice pénale des mineurs : article R122-3Légifrance
- Code pénal : article 131-22Légifrance
- Code pénal : article 131-9Légifrance
- Code pénal : article 434-42Légifrance
- Code pénal : articles 131-12 à 131-18Légifrance
- Constitution du 4 octobre 1958Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Travail d'intérêt général (TIG)
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP)
- Annuaire des services pénitentiaires d'insertion et de probation
- Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ)
- Annuaire des avocats de France
Les règles du TIG (conditions, durée, obligations, sanctions) sont fixées par le code pénal, le code pénitentiaire et le code de la justice pénale des mineurs. Pour une situation personnelle, il est conseillé de consulter un avocat ou le service pénitentiaire d'insertion et de probation compétent.

Comment un TIG peut-il être mis en place ?
La décision revient à la juridiction qui juge le prévenu, à l'issue de l'audience.
À la fin de l'audience, la juridiction qui vous juge peut décider de la mise en place d'un TIG. Si vous êtes présent à l'audience, le président du tribunal (ou le juge des enfants) vous informe que vous pouvez accepter ou refuser le TIG. La juridiction attend votre réponse avant de prononcer la peine.
Si votre avocat se présente sans vous à l'audience, il peut faire part de votre réponse au président en lui donnant un écrit signé de votre main. Cette procédure permet d'exercer votre droit de choix même en cas d'absence. En cas de refus et s'il s'agit d'une peine alternative, la juridiction peut mettre à exécution la peine d'emprisonnement ou d'amende initialement fixée.
Règle
Si vous êtes majeur, le TIG peut exceptionnellement être décidé par le juge de l'application des peines (Jap) après l'audience. Dans cette hypothèse, vous devez donner votre accord au Jap.
Le TIG ne peut jamais être prononcé sans que le condamné ait été informé de son droit d'acceptation ou de refus. Cette information constitue une garantie procédurale essentielle. En pratique, la décision de recourir au TIG est souvent préparée dès l'audience par les réquisitions du ministère public et les observations de l'avocat, mais c'est le prononcé formel de la juridiction qui fait foi. Le cas échéant, le président du tribunal recueille l'accord du prévenu sur procès-verbal, lequel est annexé au dossier de la procédure.