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Discrimination : définition, preuves, signalement et sanctions

Vous avez subi une différence de traitement en raison de vos origines, de votre sexe ou d'un handicap ? Il s'agit d'une discrimination. Ce délit est reconnu qu'il soit commis par un particulier (personne physique ou morale), par un agent dépositaire de l'autorité publique ou par une personne chargée d'une mission de service public. Des dispositifs vous permettent de signaler ces faits et de faire en sorte que leur auteur soit puni.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur la discrimination : définition, critères interdits, preuves, voies de recours et sanctions.

Ce qu'il faut savoir

  • La discrimination est une différence de traitement intentionnelle fondée sur l'un des 25 critères interdits par la loi (origine, sexe, handicap, âge, religion, orientation sexuelle, identité de genre, lieu de résidence, etc.).
  • Elle peut être directe (visible et assumée) ou indirecte (décision apparemment neutre désavantageant certains).
  • La plupart des cas de discrimination ont lieu dans les domaines du travail, de l'accès au logement, de l'accès aux services, de l'éducation et des activités économiques.
  • Préalablement à tout signalement ou à toute plainte, il est conseillé de réunir un maximum de preuves datées (captures d'écran, mails, enregistrements, attestations de témoins, certificats médicaux, résultats de testing).
  • Le délai pour porter plainte est de 6 ans à compter des faits ; la plainte se dépose au commissariat, en gendarmerie ou par courrier au procureur de la République.
  • Le Défenseur des droits saisit gratuitement (3928, messagerie en ligne) et peut obtenir une médiation, une transaction ou une action en justice.
  • L'auteur personne physique risque jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende ; les peines sont alourdies dans un lieu accueillant du public (5 ans et 75 000 €) et pour une personne morale (225 000 €, voire 375 000 €).
  • L'agent public qui commet une discrimination encourt 5 ans de prison et 75 000 € d'amende, plus une sanction disciplinaire ; il est impossible de déposer plainte contre l'administration qui l'emploie.

Conditions essentielles

  • Une différence de traitement doit exister entre deux personnes ou situations comparables.
  • Ce traitement doit être fondé intentionnellement sur l'un des critères de discrimination interdits par la loi.
  • Les faits doivent être établis par des preuves datées (témoignages, écrits, enregistrements, tests).
  • La plainte doit être déposée dans le délai de 6 ans à compter des faits.

Les étapes

  • Identifier si le traitement subi constitue une discrimination (différence de traitement + critère interdit + intentionnalité).
  • Réunir un maximum de preuves datées : identité de l'auteur, captures d'écran, copies de mails, enregistrements, attestations de témoins, certificats médicaux, résultats de testing.
  • Choisir la voie de signalement adaptée : messagerie des forces de l'ordre, signalement à l'IGPN ou à l'IGGN si l'auteur est policier ou gendarme, dispositif spécifique selon le contexte (travail, enseignement supérieur, organisme public).
  • Saisir gratuitement le Défenseur des droits (par téléphone au 3928, par messagerie en ligne ou par courrier libre réponse) : médiation, transaction ou action en justice.
  • Déposer plainte au commissariat de police ou en gendarmerie (les services sont obligés d'enregistrer la plainte), ou adresser un courrier au procureur de la République au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur.
  • Faire appel à un avocat si nécessaire (aide juridictionnelle possible selon vos revenus) ; les associations de lutte contre les discriminations peuvent se constituer partie civile avec votre accord.
  • Attendre la suite donnée par le procureur de la République (enquête ou classement sans suite) et, le cas échéant, le jugement du tribunal correctionnel.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Le détail des critères, des preuves, des procédures de signalement, du Défenseur des droits et des sanctions est traité dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour la liste complète des critères, voir la section « Les critères de discrimination interdits par la loi » ; pour les voies de recours, voir « Signaler les faits et déposer plainte » et « Saisir le Défenseur des droits ».

Qu'est-ce qu'une discrimination ? Dans quels contextes a-t-elle lieu ?

La discrimination peut viser une personne physique ou une personne morale. Elle se manifeste dans de nombreux domaines de la vie courante et économique.

La discrimination est une différence de traitement intentionnelle fondée sur un critère interdit par la loi. Cette infraction se manifeste notamment lorsqu'un agent dépositaire de l'autorité publique (par exemple un policier) ou une personne chargée d'une mission de service public (par exemple un chauffeur de bus) s'appuie sur un critère discriminatoire pour refuser le bénéfice d'un droit accordé par la loi — par exemple, un agent de préfecture refuse de remettre un titre de séjour à une personne alors que la loi l'autorise à en bénéficier — ou pour freiner l'exercice normal d'une activité économique — par exemple, une administration refuse l'accès d'une entreprise à un appel d'offres pour un marché public sous prétexte que son dirigeant est d'origine étrangère.

La plupart des cas de discrimination ont lieu dans les domaines suivants : le travail (refus d'embauche, sanction, licenciement) ; l'accès au logement ; l'accès aux services (boîte de nuit, restaurant, taxi, crédit bancaire, avion, etc.) ; l'éducation (conditions d'inscription, d'admission, d'évaluation, etc.) ; et les activités économiques — par exemple, le fait de boycotter tous les produits venant d'un pays entraîne une discrimination envers les entreprises productrices et les fournisseurs de ces produits en raison de leur appartenance à une nation déterminée.

Règle

La discrimination peut être directe ou indirecte. La discrimination est directe lorsqu'elle est nettement visible : l'auteur des faits a conscience qu'il prend une décision en fonction d'un critère interdit par la loi et il l'affiche ouvertement — par exemple, le fait de refuser l'accès aux jeunes enfants dans un restaurant. La discrimination est indirecte lorsque l'auteur prend intentionnellement une décision qui paraît neutre mais qui, finalement, désavantage certaines personnes par rapport à d'autres — par exemple, une banque qui n'accepte que la carte d'identité française comme justificatif d'identité discrimine les résidents français de nationalité étrangère.

Dans certaines situations, un motif précis peut justifier une différence de traitement : par exemple, un poste de mannequin peut être réservé à un homme ou à une femme. Par ailleurs, une différence de traitement fondée sur un motif prévu par la loi ne constitue pas une discrimination : par exemple, l'interdiction de la vente d'alcool aux mineurs n'est pas discriminatoire.

Les critères de discrimination interdits par la loi

La loi énumère limitativement les critères sur lesquels une différence de traitement ne peut jamais être fondée.

La discrimination est constituée si une personne justifie une différence de traitement en se fondant intentionnellement sur l'un des critères suivants : origine, sexe, situation de famille, grossesse, apparence physique, vulnérabilité particulière liée à la situation économique, nom, lieu de résidence, état de santé, perte d'autonomie, handicap, caractéristiques génétiques, mœurs, orientation sexuelle, identité de genre, âge, opinions politiques, activités syndicales, qualité de lanceur d'alerte, qualité de facilitateur de lanceur d'alerte ou de personne en lien avec un lanceur d'alerte, langue parlée (capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français), ethnie, nation, race prétendue, religion.

Cette liste de 25 critères est d'application stricte : toute différence de traitement intentionnelle fondée sur l'un d'eux constitue une discrimination punie par le code pénal, que l'auteur soit un particulier, une personne morale ou un agent public. L'intentionnalité est un élément constitutif de l'infraction : la simple différence de traitement, même défavorable, ne suffit pas si elle n'est pas motivée par l'un de ces critères.

Règle

Le même catalogue de critères s'applique aux discriminations commises par les agents dépositaires de l'autorité publique ou chargés d'une mission de service public. La protection est donc identique, quel que soit le contexte dans lequel la discrimination est commise.

  • Critères liés à la personne : origine, nom, apparence physique, ethnie, nation, race prétendue, religion, langue parlée.
  • Critères liés à la vie familiale et au corps : sexe, situation de famille, grossesse, mœurs, orientation sexuelle, identité de genre.
  • Critères liés à la santé et à la vulnérabilité : état de santé, perte d'autonomie, handicap, caractéristiques génétiques, vulnérabilité particulière liée à la situation économique.
  • Critères liés à la vie sociale et professionnelle : âge, lieu de résidence, opinions politiques, activités syndicales, qualité de lanceur d'alerte (et facilitateur ou personne en lien avec un lanceur d'alerte).

Comment réunir les preuves d'une discrimination ?

La preuve est le point central de toute procédure : plus elle est complète et datée, plus les chances de succès sont élevées.

Si vous êtes victime ou témoin d'une discrimination, vous pouvez signaler ces faits. Préalablement, il est conseillé de réunir un maximum de preuves permettant de démontrer cette infraction. Ces preuves sont indispensables si vous signalez les faits ou si vous déposez plainte.

Vous pouvez prouver une discrimination notamment en utilisant les éléments suivants : l'identité et les coordonnées de l'auteur des faits (nom, prénom, adresse mail, numéro de téléphone, etc.) ; des captures d'écran (SMS, images envoyées par messages, etc.) ; une copie de mails ; des enregistrements audios ou vidéos ; le résultat d'un testing ; une attestation de témoins (avec leur identité complète) ; un certificat médical. Tous ces documents doivent être datés.

Règle

Chaque type de preuve répond à un besoin précis : l'identité de l'auteur permet de cibler la personne à poursuivre ; les écrits (mails, SMS, captures) matérialisent le traitement différencié ; les enregistrements et témoignages corroborant les faits renforcent la crédibilité du dossier ; le testing apporte une preuve objective d'un traitement différencié à situation comparable ; le certificat médical quantifie un préjudice (par exemple, en cas d'arrêt de travail).

En cas de discrimination au travail, des dispositifs spécifiques de signalement existent par ailleurs. La constitution du dossier de preuves doit se faire dans le respect de la loi : par exemple, un enregistrement ne peut pas être réalisé dans des conditions déloyales. En cas de doute sur la recevabilité d'une preuve, demandez conseil à une association de lutte contre les discriminations ou à un avocat.

Signaler les faits et déposer plainte

Plusieurs voies existent : signalement aux forces de l'ordre par messagerie instantanée, plainte sur place ou par courrier au procureur de la République.

En tant que victime ou témoin d'une discrimination, vous pouvez alerter la police ou la gendarmerie par messagerie instantanée : ce tchat permet de dialoguer avec un policier ou un gendarme formé pour ce type d'infraction, et à tout moment l'historique de discussion peut être effacé. Pour déposer plainte sur place, vous devez vous rendre au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de votre choix : les services de police ou de gendarmerie sont obligés d'enregistrer votre plainte si vous êtes victime d'une infraction.

C'est le procureur de la République qui décide de la suite à donner à la plainte : enquête, classement sans suite, etc. Le délai pour porter plainte est de 6 ans à compter des faits. Si l'auteur des faits représente une personne morale (par exemple un gérant de boîte de nuit), vous pouvez également la mettre en cause. Dès le dépôt de plainte, vous pouvez faire appel à un avocat ; si vos revenus ne vous permettent pas de régler ses honoraires, vous pouvez éventuellement demander l'aide juridictionnelle.

Règle

Vous pouvez aussi déposer plainte auprès du procureur de la République par courrier : envoyez-le au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction. Votre courrier doit préciser les éléments suivants : votre état civil et vos coordonnées complètes (adresse et numéro de téléphone) ; un récit détaillé des faits, la date et le lieu de l'infraction ; le nom de l'auteur supposé si vous le connaissez (sinon, la plainte sera déposée contre X) ; le nom et l'adresse des éventuels témoins de l'infraction ; une description et une estimation provisoire ou définitive du préjudice ; vos documents de preuve : certificats médicaux, arrêts de travail, photographies, vidéos, factures diverses, constats…

Si vous êtes victime de discrimination au travail, vous pouvez également saisir le conseil des prud'hommes pour obtenir réparation de votre préjudice (par exemple la réintégration dans votre emploi). Si l'auteur est un agent public, voir la section « Discrimination par un agent public : sanctions et limites » : la voie civile passe alors par le tribunal administratif et la voie pénale vise l'agent, pas l'administration.

Signaler un comportement d'agent public

  • Policier : signalement à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) via le téléservice de signalement en ligne.
  • Gendarme : signalement à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) via le formulaire de réclamation en ligne.
  • Votre signalement est étudié par un service de l'IGPN ou de l'IGGN ; si ce service constate qu'une discrimination a été commise, il peut transmettre votre signalement au procureur de la République.

Saisir le Défenseur des droits

La saisine du Défenseur des droits est gratuite et peut aboutir à une médiation, une transaction ou une action en justice.

Si vous êtes victime ou témoin d'une discrimination, vous pouvez saisir gratuitement le Défenseur des droits par téléphone, par messagerie en ligne ou par courrier. Par téléphone, vous pouvez le contacter au 3928 du lundi au samedi, de 9h30 à 19 heures (hors jours fériés). En ligne, vous pouvez contacter les juristes du Défenseur des droits par messagerie instantanée (tchat), une adresse mail étant nécessaire ; un accès spécifique est prévu pour les personnes sourdes ou malentendantes.

La saisine du Défenseur des droits peut aboutir à 3 solutions. Une médiation : désigné par le Défenseur des droits, le médiateur entend les personnes concernées ; la médiation ne peut pas excéder 3 mois, renouvelable 1 fois. Une transaction : le Défenseur des droits propose à l'auteur des faits une ou plusieurs sanctions (versement d'une amende, indemnisation de la victime, publicité des faits) ; en cas d'accord, la transaction doit être validée par le procureur de la République. Une action en justice : si le Défenseur des droits a connaissance de faits de nature à constituer une infraction ou si l'auteur refuse la transaction, le Défenseur des droits saisit le procureur de la République.

Règle

Par courrier (depuis la France, gratuit et sans affranchissement), l'adresse est la suivante : Défenseur des droits, Libre réponse 71120, 75342 Paris cedex 07. Attention : joindre à votre courrier les photocopies des pièces relatives à votre saisine.

Si vous saisissez le Défenseur des droits, vous pouvez également déposer plainte dans un délai de 6 ans à compter des faits : le Défenseur des droits pourra alors intervenir devant les juridictions pénales pour présenter son analyse du dossier. Les deux démarches sont donc cumulables et ne se substituent pas l'une à l'autre.

Faire appel à une association de lutte contre les discriminations

Les associations peuvent accompagner la victime dans ses démarches et, sous conditions, défendre ses intérêts en justice.

En tant que victime, vous pouvez contacter une association de lutte contre les discriminations. Cette association peut vous aider dans vos démarches, notamment auprès du Défenseur des droits — par exemple, l'association peut se joindre à vous lorsque vous saisissez le Défenseur des droits.

Certaines associations peuvent se constituer partie civile à votre place, à condition que vous leur ayez donné votre accord. Cette constitution de partie civile a pour objectif de défendre vos droits pour que vous soyez indemnisé. Les associations régulièrement déclarées depuis plus de 5 ans peuvent se constituer partie civile lorsqu'elles poursuivent un objectif précis : elles combattent le racisme ou assistent les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse ; elles combattent les discriminations fondées sur le sexe, sur les mœurs, sur l'orientation sexuelle ou sur l'identité de genre ; elles ont pour objet de défendre ou d'assister les personnes malades, handicapées ou âgées.

Règle

La constitution de partie civile par une association suppose votre accord préalable expresse : vous restez maître de la procédure et l'association agit pour défendre vos intérêts à votre place, notamment pour obtenir votre indemnisation.

Outre l'assistance devant le Défenseur des droits et la constitution de partie civile, les associations peuvent vous aider à constituer votre dossier de preuves et vous orienter vers les bons interlocuteurs (forces de l'ordre, IGPN/IGGN selon le cas, conseil des prud'hommes en matière de discrimination au travail).

Dispositifs de signalement spécifiques

Selon le contexte (enseignement supérieur, organisme public, forces de l'ordre), des mécanismes de signalement dédiés existent.

Au sein de l'enseignement supérieur, toute personne victime ou témoin d'un acte discriminatoire peut faire un signalement aux membres de la mission « égalité et diversité » mise en place dans tous les établissements publics de l'enseignement supérieur. Le signalement est confidentiel.

Si un membre du personnel a connaissance d'un acte discriminatoire commis dans ou en dehors de l'établissement et ayant un lien avec la vie universitaire, il doit immédiatement le signaler à une personne qualifiée. Tous les signalements sont transmis au directeur de l'établissement. Si le signalement est justifié, le directeur fait procéder au retrait des affichages, inscriptions et installations à caractère discriminatoire visibles du personnel et des usagers de l'université ou de l'école ; le signalement peut également entraîner une procédure disciplinaire envers l'auteur de la discrimination.

Règle

Certains organismes publics mettent en place des mécanismes particuliers permettant aux victimes ou aux témoins d'une discrimination de signaler ces faits. Par exemple, la SNCF a créé une plateforme d'alerte permettant de signaler un cas de discrimination.

Pour les discriminations commises par un policier ou un gendarme, voir la section « Signaler les faits et déposer plainte » : les signalements s'adressent respectivement à l'IGPN et à l'IGGN. Ces dispositifs spécifiques complètent sans se substituer à la plainte pénale, qui reste ouverte pendant 6 ans.

Sanctions des personnes physiques et morales

Les peines varient selon la qualité de l'auteur (personne physique ou morale) et le lieu où la discrimination est commise.

L'auteur d'une discrimination, personne physique, risque une peine pouvant aller jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende. Il peut également être condamné à une peine complémentaire, par exemple la diffusion de la condamnation prononcée contre lui.

Les sanctions sont alourdies lorsque la discrimination est commise dans un lieu accueillant du public (par exemple un restaurant) ou dans le but d'empêcher l'accès à un tel lieu : dans ce cas, l'auteur personne physique encourt une peine de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende, et il peut être condamné à des peines complémentaires telles que la diffusion de la condamnation ou la fermeture provisoire ou définitive de l'un de ses établissements.

Règle

La personne morale encourt une amende égale à 225 000 €, avec des peines complémentaires dont notamment la publication de la décision de justice dans la presse écrite. Si la discrimination est commise dans un lieu accueillant du public ou pour empêcher l'accès à un tel lieu, la personne morale encourt une amende dont le montant s'élève à 375 000 €, avec les mêmes peines complémentaires.

Par principe, seul l'auteur des faits peut être jugé et condamné par le tribunal correctionnel. Néanmoins, si le représentant d'une personne morale commet une discrimination, la responsabilité pénale de la personne morale peut être engagée : le gérant d'une boîte de nuit commet une discrimination, il est possible d'engager la responsabilité pénale de la boîte de nuit, qui pourra être condamnée à payer une amende dont la décision pourra être publiée dans la presse. Les personnes physiques risquent des peines différentes de celles encourues par les personnes morales.

Discrimination par un agent public : sanctions et limites

L'agent public discriminant est pénalement et disciplinairement responsable, mais l'administration qui l'emploie ne peut pas être mise en cause pénale.

Toute discrimination commise par un agent public dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire. L'agent public qui commet une discrimination dans le cadre de ses fonctions ou de sa mission encourt une peine de 5 ans de prison et 75 000 € d'amende.

Il risque également des peines complémentaires telles que l'interdiction d'exercer l'activité professionnelle au cours de laquelle il a commis une discrimination. La discrimination par un agent public peut viser, par exemple, le refus de délivrer un titre de séjour que la loi accorde, ou le freinage de l'accès d'une entreprise à un marché public pour un motif discriminatoire.

Règle

Si les faits ont été commis par un agent dépositaire de l'autorité publique ou chargé d'une mission de service public, il est impossible de déposer plainte contre l'administration qui l'emploie. Seul l'agent qui a commis une discrimination dans l'exercice de ses fonctions ou de sa mission peut être reconnu pénalement responsable.

En cas de discrimination au travail dans la fonction publique, vous pouvez également saisir le tribunal administratif pour obtenir réparation de votre préjudice, par exemple une indemnisation de la part de l'administration employeuse. Le signalement du comportement d'un policier ou d'un gendarme passe respectivement par l'IGPN et l'IGGN (voir la section « Signaler les faits et déposer plainte »).

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Discrimination

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les sanctions pour discrimination sont fixées par le code pénal. Le délai de plainte est de 6 ans à compter des faits. Si vous êtes victime ou témoin d'une discrimination, agissez vite : réunissez les preuves datées, saisissez le Défenseur des droits (gratuit, 3928) et déposez plainte. En cas de doute sur vos droits, demandez conseil à une association de lutte contre les discriminations ou à un avocat (aide juridictionnelle possible).

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