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Violences physiques ou psychologiques

Une personne vous a volontairement blessé en vous frappant ou en ayant un comportement agressif et hostile ? Il s'agit de violences physiques ou psychologiques. Si vous êtes victime ou témoin de tels agissements, vous pouvez faire un signalement aux autorités compétentes, déposer plainte et vous constituer partie civile pour obtenir la condamnation de l'auteur des faits et une indemnisation.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir sur les violences physiques et psychologiques : définition, urgence, plainte, preuves, peines et indemnisation.

Ce qu'il faut savoir

  • Les violences physiques et psychologiques sont des violences volontaires : l'auteur doit avoir l'intention de blesser, même sans préméditation.
  • Les violences physiques causent une atteinte à l'intégrité physique ; les violences psychologiques causent une atteinte à l'intégrité psychique (choc émotif, perte de confiance, perturbations psychologiques).
  • En cas d'urgence, composez le 17 (Police secours) ou le 112 (numéro européen) ; pour les personnes sourdes ou malentendantes, le 114 est accessible par visio, tchat, SMS ou images, 24 h/24 et 7 j/7.
  • La plainte peut être déposée sur place (commissariat ou brigade de gendarmerie) ou par courrier au procureur de la République auprès du tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur.
  • Les violences peuvent être prouvées par tout moyen : photographies, certificats médicaux, comptes-rendus d'unité médico-judiciaire, échanges, témoignages, enregistrements, mains courantes ou plaintes antérieures.
  • Les peines dépendent de la gravité du préjudice et de la qualité de la victime (majeure ou mineure) et de l'auteur (tiers, parent ou personne ayant autorité, violences habituelles) : de 750 € d'amende à 30 ans de réclusion criminelle.
  • La victime peut se constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts ; si l'auteur ne peut pas l'indemniser complètement, la Civi puis le Sarvi peuvent intervenir.

Conditions essentielles

  • Des violences volontaires (intention de blesser) physiques ou psychologiques ont été commises.
  • Un signalement ou une plainte peut être déposé par la victime ou par un témoin, majeur ou mineur.
  • En cas de violences sur mineur, le 119 (SNATED) et un service de signalement réservé aux mineurs sont disponibles.

Les étapes

  • En cas d'urgence, appeler le 17 ou le 112 (ou contacter le 114 par visio/tchat/SMS si vous êtes sourd, malentendant, sourdeaveugle ou aphasique).
  • Rassembler les preuves : photographies des blessures, certificats médicaux, échanges, témoignages, enregistrements, mains courantes.
  • Déposer plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de votre choix, ou adresser un courrier au procureur de la République.
  • Pour les victimes mineures : utiliser le tchat réservé aux mineurs ou le 119 (SNATED) ; la plainte peut être déposée seul ou accompagné.
  • Se constituer partie civile pour demander une indemnisation, directement ou par l'intermédiaire de vos représentants légaux si vous êtes mineur.
  • En cas de refus d'indemnisation ou d'indemnisation incomplète, saisir la Civi puis le Sarvi.

Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. Les peines détaillées selon l'âge de la victime et les circonstances aggravantes, ainsi que les modalités de signalement et d'indemnisation, sont développées dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les numéros d'urgence, la procédure de plainte, les preuves, les peines et l'indemnisation, voir les sections dédiées ci-dessous.

Qu'est-ce que les violences physiques et psychologiques ?

Les violences physiques et psychologiques sont des violences volontaires, punies de la même manière même si leurs conséquences diffèrent.

Les violences physiques et psychologiques sont des violences volontaires. Elles sont punies de la même manière même si les conséquences qu'elles entraînent sont distinctes : les violences physiques entraînent une atteinte à votre intégrité physique (blessures, handicap, etc.) ; les violences psychologiques causent une atteinte à votre intégrité psychique (choc émotif, perte de confiance en soi, perturbations psychologiques, etc.).

Ces violences peuvent notamment prendre la forme de : coups avec la main, le pied, le poing ou un objet ; morsure ; privation volontaire de soins (particulièrement sur une personne âgée ou un mineur) ; insultes et humiliations ; dénigrement.

Règle

Pour que les violences volontaires soient retenues pénalement, l'auteur des faits doit avoir l'intention de vous blesser, même s'il n'agit pas avec préméditation. L'élément moral (l'intention) est donc essentiel : un accident involontaire n'est pas une violence au sens pénal.

Des particularités existent si vous êtes sourd, malentendant, sourdeaveugle ou aphasique, ou si vous êtes victime de violences par un membre de votre famille (parent, conjoint, enfant, etc.) : des services dédiés sont alors accessibles (voir section urgence).

En cas d'urgence : les numéros à appeler

En cas d'urgence, composez le 17 ou le 112. Des services adaptés existent pour les personnes sourdes, malentendantes, sourdeaveugles ou aphasiques, et pour les mineurs.

Composez le 17 en cas d'urgence concernant un trouble à l'ordre public ou une infraction pénale : une équipe de policiers ou de gendarmes se rendra sur les lieux. Vous pouvez aussi composer le 112 (numéro d'urgence européen) : vous serez orienté vers le bon service selon votre cas. Ces appels sont géolocalisés, identifiés et priorisés et n'apparaissent pas sur les factures. Si la situation ne relève pas d'une urgence, composez le numéro de votre commissariat ou de votre brigade de gendarmerie.

Si vous êtes sourd ou malentendant, vous pouvez contacter gratuitement le 114, accessible 24 h/24 et 7 j/7 par visio, tchat, SMS et images (via www.urgence114.fr ou l'application « urgence 114 »). Pour faire intervenir rapidement les secours, le 114 a besoin de votre nom, de votre adresse précise et du motif de l'appel. Si vous êtes dans l'incapacité de parler (par exemple victime de violences conjugales en présence de l'auteur), vous pouvez envoyer un SMS gratuitement au 114 et communiquer uniquement par écrit.

Règle

Si vous êtes victime ou témoin de violences conjugales, sexuelles ou sexistes, une messagerie instantanée (chat) vous permet de dialoguer avec un agent de police. L'historique de discussion peut être effacé à tout moment de votre ordinateur, téléphone portable ou tablette.

Les services d'urgence utilisent un numéro unique, le 0 800 112 112, pour rappeler les personnes ayant contacté les secours. Ce numéro est gratuit : le fait de décrocher ne vous sera pas facturé ni surtaxé. Vous pouvez l'ajouter à votre répertoire sous l'appellation « Services d'urgence » pour ne pas être surpris.

Faire un signalement

En tant que victime ou témoin, vous pouvez signaler les faits aux autorités. Des services spécifiques existent pour les violences sur mineur.

Si vous êtes victime ou témoin de violences sur un mineur, vous pouvez faire un signalement au service national d'accueil téléphonique de l'enfance en danger (SNATED), le 119 (appel gratuit et confidentiel, 24 h/24 et 7 j/7). Le SNATED met en relation avec un professionnel de l'enfance, qui évalue la situation et apporte son aide ; s'il considère que la personne est en danger, il prévient la cellule de recueil, d'évaluation et de traitement des informations préoccupantes (CRIP). Les agents du 119 peuvent eux-mêmes prévenir les secours (Police secours, Samu) ; la CRIP en est alors informée.

Si vous êtes mineur et que vous êtes victime ou témoin de violences physiques ou psychologiques, un service de signalement vous est réservé : une messagerie instantanée (tchat) vous permet de signaler ces faits directement aux autorités compétentes (police ou gendarmerie), en dialoguant avec un policier ou un gendarme formé pour ce type d'infraction. À la suite du signalement, un enquêteur vous contactera et fixera éventuellement un rendez-vous au cours duquel il pourra vous entendre et vous orienter vers un dépôt de plainte.

Règle

Le 119 est accessible par téléphone, par tchat en temps réel (destiné aux moins de 18 ans, 7 jours/7 de 15 h à 20 h 30), par dispositif en langue des signes française pour les personnes sourdes et malentendantes (plateforme ouverte du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h et le samedi de 9 h à 12 h), et par formulaire de recueil en ligne pour les adultes.

Pour signaler un viol ou une agression sexuelle, un formulaire en ligne dédié est disponible sur le site Service-Public (voir renvois). Des organismes dédiés peuvent aussi vous écouter et vous aider si vous êtes victime de violences conjugales ou sexuelles.

Déposer plainte

La plainte se dépose sur place ou par courrier au procureur. La présence d'un avocat n'est pas obligatoire. Le mineur peut déposer plainte seul ou accompagné.

Pour déposer plainte, vous devez vous rendre au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de votre choix. Vous pouvez également adresser un courrier au procureur de la République : envoyez-le au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur. La plainte est transmise au procureur par la police ou la gendarmerie.

Si vous déposez plainte par courrier, il doit préciser : votre état civil et vos coordonnées complètes (adresse et numéro de téléphone), le récit détaillé des faits avec la date et le lieu de l'infraction, le nom de l'auteur supposé (sinon, la plainte est déposée contre X), le nom et l'adresse des éventuels témoins, la description et l'estimation du préjudice, et vos documents de preuve (certificats médicaux, arrêts de travail, photographies, vidéos, factures, constats...).

Règle

La présence d'un avocat n'est pas obligatoire pour le dépôt de plainte ni pendant toute la durée de la procédure jusqu'au procès. Toutefois, vous pouvez obtenir l'assistance d'un avocat si vous le souhaitez. Si vous êtes mineur, vous pouvez déposer plainte seul ou accompagné : vos parents, la personne majeure de votre choix ou un représentant d'une association d'aide aux victimes peuvent vous accompagner.

Les voies de recours et les suites données à la plainte (information du procureur, enquête, classement sans suite, citation directe...) dépendent de l'évaluation du procureur. Conserver une copie de la plainte et le récépissé qui vous est remis.

Les preuves des violences

Les violences physiques et psychologiques peuvent être prouvées par tout moyen. Rassembler les éléments les plus précis possibles, datés, est déterminant.

Les violences physiques et psychologiques peuvent être prouvées par tout moyen. Vous pouvez démontrer que vous avez subi des violences en rassemblant plusieurs éléments, dont les suivants.

  • Photographies des blessures, des objets endommagés, etc.
  • Certificats médicaux d'un médecin, d'un psychologue, etc.
  • Compte-rendu d'une unité médico-judiciaire (UMJ).
  • Échanges avec l'auteur des faits (mail, SMS, etc.).
  • Témoignage d'une personne présente lors des faits.
  • Enregistrements audios ou vidéos.
  • Mains courantes ou plaintes antérieures.

Règle

Toutes ces preuves peuvent vous servir si vous signalez les faits et/ou si vous déposez plainte. Il est nécessaire que ces éléments soient le plus précis possible : ils doivent être datés.

Un certificat médical décrivant les blessures et leur origine, établi le plus tôt possible après les faits, constitue un élément de preuve particulièrement important. En cas de violences graves, une comparution devant une unité médico-judiciaire permet d'établir un constat officiel avec un délai d'ITT (incapacité totale de travail) apprécié par le médecin.

Les peines encourues (victime majeure)

Les peines dépendent de la gravité des blessures subies et des circonstances aggravantes. Elles vont de l'amende à la réclusion criminelle.

La gravité des sanctions dépend de l'importance des blessures que vous avez subies. Les peines principales pour un auteur de violences sur une victime majeure sont les suivantes.

Dommage subi par la victimePeine encourue
Aucune lésion ou blessure750 € d'amende
Incapacité totale de travail (ITT) d'une durée inférieure ou égale à 8 jours1 500 € d'amende (3 000 € en cas de récidive)
ITT de plus de 8 jours3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende
Mutilation ou infirmité permanente10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende
Mort (l'auteur n'a pas eu l'intention de tuer)15 ans de réclusion criminelle

Règle

Lorsque l'auteur a une intention de tuer, les faits peuvent être qualifiés de meurtre, d'assassinat, de tentative de meurtre ou d'assassinat. Les peines encourues sont plus élevées notamment lorsque les violences ont été commises : sur une personne d'une particulière vulnérabilité (âge, maladie, handicap physique ou psychologique, grossesse...) ; sur un ascendant ; sur un magistrat, juré, avocat, notaire, policier, gendarme ; sur un enseignant ou membre du personnel d'un établissement scolaire ; sur un conjoint, partenaire de Pacs ou concubin ; sur son enfant ; sur un témoin, une victime ou une partie civile ; pour un motif discriminatoire ; avec l'usage ou la menace d'une arme ; avec préméditation ou guet-apens ; par une personne en état d'ébriété ou sous l'emprise de drogues. Dans ces circonstances, l'auteur encourt une peine allant de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende à 20 ans de réclusion criminelle.

En plus de la peine principale, l'auteur encourt des peines complémentaires : interdiction d'exercer l'activité professionnelle à l'occasion de l'infraction, interdiction de détenir ou de porter une arme (5 ans ou plus), confiscation de l'objet ou de l'animal ayant servi à commettre l'infraction. D'autres peines complémentaires sont encourues en cas de violences conjugales ou de violences sexuelles.

Les peines encourues (victime mineure)

Les peines sont aggravées lorsque la victime est mineure, selon son âge, la qualité de l'auteur et le caractère habituel des violences.

En fonction de l'âge du mineur victime, les peines encourues sont différentes. Pour une victime de moins de 15 ans, les peines principales varient selon le préjudice subi, la qualité de l'auteur (tiers, parent ou personne ayant autorité) et le caractère habituel des violences.

  • ITT inférieure ou égale à 8 jours

    Violences par un tiers
    3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende
    Violences par un parent ou une personne ayant autorité
    5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende
    Violences habituelles
    Jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende
  • ITT supérieure à 8 jours

    Violences par un tiers
    5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende
    Violences par un parent ou une personne ayant autorité
    10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende
    Violences habituelles
    Jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende
  • Mutilation ou infirmité permanente

    Violences par un tiers
    15 ans de réclusion criminelle
    Violences par un parent ou une personne ayant autorité
    20 ans de réclusion criminelle
    Violences habituelles
    Jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle
  • Mort sans intention de la donner

    Violences par un tiers
    20 ans de réclusion criminelle
    Violences par un parent ou une personne ayant autorité
    30 ans de réclusion criminelle
    Violences habituelles
    Jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle

Règle

Pour une victime de 15 ans et plus, les peines sont encadrées différemment : ITT inférieure à 8 jours, 750 € d'amende (tiers), 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (parent ou personne ayant autorité), jusqu'à 5 ans et 75 000 € (violences habituelles) ; ITT supérieure à 8 jours, 3 ans et 45 000 € (tiers), 5 ans et 75 000 € (autorité), jusqu'à 10 ans et 150 000 € (habituelles) ; mutilation ou infirmité permanente, 10 ans et 150 000 € (tiers), 15 ans de réclusion (autorité), jusqu'à 20 ans (habituelles) ; mort sans intention de la donner, 15 ans (tiers), 20 ans (autorité), jusqu'à 30 ans (habituelles). Les personnes reconnues coupables peuvent aussi encourir des peines complémentaires, par exemple le retrait de l'autorité parentale.

Les peines peuvent être encore plus élevées lorsque les violences ont été commises avec des circonstances aggravantes, par exemple sur un mineur de moins de 15 ans ou par une personne en état d'ivresse. La protection des mineurs est une priorité de la politique pénale.

Indemnisation de la victime

La victime peut obtenir une indemnisation en se constituant partie civile. Si l'auteur ne peut pas indemniser complètement, la Civi et le Sarvi peuvent intervenir.

L'auteur des violences peut être condamné à une peine principale et à des peines complémentaires. Il peut aussi lui être ordonné d'indemniser la victime. Vous pouvez obtenir une indemnisation de la part de l'auteur des faits si vous vous êtes constitué partie civile.

Si vous êtes mineur, vous ne pouvez pas vous constituer partie civile seul : ce sont vos représentants légaux ou un administrateur ad hoc qui doivent le faire à votre place. Si le tribunal condamne l'auteur au versement de dommages et intérêts, il doit vous indemniser dans les conditions prévues par le jugement.

Règle

S'il ne peut pas vous indemniser complètement, vous avez la possibilité de saisir la commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi). S'il refuse de vous indemniser, vous pouvez faire une demande auprès du Service d'aide au recouvrement des victimes d'infractions (Sarvi).

La constitution de partie civile peut se faire dès le dépôt de plainte ou plus tard dans la procédure, notamment lors de la comparution devant le tribunal. L'assistance d'un avocat est alors recommandée, même si elle n'est pas obligatoire ; une aide juridictionnelle peut être demandée sous conditions de ressources.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Violences physiques ou psychologiques

    Vérifiée le 2026-10-04

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Voir aussi

Peines (amendes de 750 € à 150 000 €, emprisonnement de 3 à 20 ans, réclusion criminelle jusqu'à 30 ans pour les mineurs) fixées par le code pénal. Numéros d'urgence (17, 112, 114, 119) et services dédiés : 24 h/24 et 7 j/7 sauf mention contraire. Vérifier les évolutions législatives auprès du ministère de la Justice ou d'un avocat.

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