Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur l'outrage à agent : définition, agents concernés, conditions de l'infraction, plainte et peines.
Ce qu'il faut savoir
- L'outrage à agent est un acte malveillant (paroles, gestes, envoi d'objets) en lien avec la mission d'un agent public et qui porte atteinte à sa dignité ou au respect dû à sa fonction.
- Il peut s'agir d'un agent dépositaire de l'autorité publique (policier, gendarme, magistrat, douanier, gardien de prison, pompier, etc.) ou d'un agent chargé d'une mission de service public (enseignant, agent de santé, agent de transport, greffier, etc.).
- 3 conditions doivent être réunies : l'auteur sait que la victime est un agent public, il s'adresse directement à elle (ou ses propos lui sont rapportés), et il a conscience de porter atteinte à sa dignité ou à sa fonction.
- L'outrage peut être commis dans les lieux du quotidien (rue, commissariat, train) ou sur internet (signalement via PHAROS).
- Le délai pour déposer plainte est de 6 ans à compter de la commission des faits.
- L'agent public victime bénéficie d'une protection fonctionnelle : l'administration règle les frais liés à l'affaire.
Conditions essentielles
- Un agent public (dépositaire de l'autorité ou chargé d'une mission de service public) est la victime.
- L'auteur a connaissance de la qualité d'agent de la victime.
- L'auteur s'adresse directement à l'agent ou fait en sorte que ses propos lui soient rapportés.
- L'auteur a conscience que son acte porte atteinte à la dignité de l'agent ou au respect dû à sa fonction.
Les étapes
- Identifier la nature de l'outrage (dans les lieux du quotidien ou sur internet).
- Pour les faits sur internet : faire un signalement via la plateforme PHAROS.
- Pour les faits dans les lieux du quotidien : déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou écrire au procureur de la République.
- Dans la plainte : préciser les faits, la date, le lieu, l'auteur supposé (ou plainte contre X), les témoins et le préjudice.
- Éventuellement se constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts.
- L'administration employeuse peut verser une provision et mener une action en récupération contre l'auteur.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — agents concernés, peines, protection fonctionnelle — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux agents concernés, aux peines et à la protection fonctionnelle, voir les sections « Quels agents publics peuvent être victimes d'un outrage ? », « Quelles sont les peines encourues ? » et « De quelle protection professionnelle bénéficie l'agent victime ? ».
Qu'est-ce que l'outrage à agent ?
L'outrage à agent est un acte malveillant commis à l'encontre d'un agent public, en lien avec sa mission, et portant atteinte à sa dignité ou au respect dû à sa fonction.
L'outrage à agent est un acte malveillant (paroles, gestes, envoi d'un objet, etc.) en lien avec la mission d'un agent public et qui porte atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction qu'il exerce.
- Paroles insultantes, humiliantes, méprisantes, etc.
- Actions du corps, mimiques ou attitude qui expriment clairement le mépris ou la colère de l'auteur (par exemple, le fait de suivre un agent de la SNCF pendant plusieurs heures).
- Menaces verbales.
- Images ou écrits non rendus publics (par exemple, envoi par lettre, SMS ou mail d'images ou d'écrits insultants, menaçants, déshonorants).
- Envoi d'objets quelconques (par exemple, de la nourriture projetée sur le maire d'une commune).
Règle
Concernant les images ou écrits outrageants, l'infraction d'outrage à agent peut uniquement être retenue s'ils n'ont pas été rendus publics (par exemple, un écrit envoyé sur la messagerie privée d'un réseau social, une vidéo transmise sur votre adresse mail).
Il ne faut pas confondre l'outrage à agent avec d'autres infractions telles que les violences physiques, la diffamation ou l'injure. Les violences physiques sont retenues si un coup vous a été porté. L'injure et la diffamation ne nécessitent pas que les propos vous soient directement adressés.
Quelles conditions doivent être réunies ?
Pour que l'outrage à agent soit retenu, 3 conditions doivent être simultanément réunies.
Pour que l'outrage à agent soit constitué, il est nécessaire que les 3 conditions suivantes soient remplies : l'auteur doit avoir connaissance que la victime est un agent dépositaire de l'autorité publique ou chargé d'une mission de service public ; il doit s'adresser directement à elle ou faire en sorte que ses propos lui soient rapportés ; il doit avoir conscience que l'acte qu'il commet porte atteinte à sa dignité ou au respect dû à sa fonction.
Exemple : un individu est contrôlé par des policiers dans la rue. Pendant que l'un des agents vérifie ses papiers, l'individu se tourne vers l'autre policier et lui dit « Tu diras à ton collègue que c'est un incompétent total et qu'il abuse de son uniforme. » L'outrage à agent peut être retenu, car l'individu sait que la personne qu'il outrage est un policier et que, même si les propos ne lui sont pas directement adressés, ils lui seront rapportés. Enfin, en tenant de tels propos, l'individu sait qu'il porte atteinte à la dignité de cet agent.
Règle
L'infraction est constituée dès lors que l'outrage est commis à l'encontre d'un agent dépositaire de l'autorité publique ou d'un agent chargé d'une mission de service public, dans les conditions décrites ci-dessus.
L'outrage à agent peut être commis dans les lieux du quotidien (rue, commissariat, train, etc.) ou sur internet.
Quels agents publics peuvent être victimes d'un outrage ?
L'outrage à agent peut être commis à l'encontre d'un agent dépositaire de l'autorité publique ou d'un agent chargé d'une mission de service public.
Un agent dépositaire de l'autorité publique est une personne qui détient un pouvoir de sanction et de contrainte et qui peut les utiliser au cours de l'exercice des fonctions qui lui sont confiées par l'État. Un agent chargé d'une mission de service public est une personne qui accomplit, volontairement ou sur demande des autorités publiques, un service d'intérêt général.
- Agents dépositaires de l'autorité publique : policiers municipaux ou nationaux, agents de surveillance de la voie publique, gendarmes, militaires, magistrats, douaniers, agents de l'administration pénitentiaire (gardiens de prison), inspecteurs des finances publiques, inspecteurs du travail, sapeurs-pompiers professionnels, volontaires et marins-pompiers.
- Agents chargés d'une mission de service public : enseignants, agents du domaine de la santé (personnel médical, pharmacien, prestataire de santé à domicile), agents des transports publics (SNCF, RATP), agents des collectivités territoriales (employés de mairie, agents France services), greffiers, mandataires judiciaires.
Règle
L'infraction est constituée dès lors que l'outrage est commis à l'encontre de l'un de ces agents, dans l'exercice ou à raison de ses fonctions.
La distinction entre agent dépositaire de l'autorité publique et agent chargé d'une mission de service public est importante : elle détermine le niveau de sanction applicable.
Comment signaler un outrage à agent sur internet ?
Si les faits ont été commis sur internet, un signalement aux forces de l'ordre est possible via la plateforme PHAROS, même en tant que simple témoin.
Si vous êtes victime ou témoin d'un outrage à agent et que les faits ont été commis sur internet, vous pouvez faire un signalement aux forces de l'ordre depuis PHAROS (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements).
Si les équipes de PHAROS estiment que le contenu est illicite, le signalement est transmis aux autorités compétentes (services d'enquête de la police nationale ou de la gendarmerie nationale). Une enquête peut être menée sous l'autorité du procureur de la République. Par ailleurs, les policiers et gendarmes peuvent contacter l'hébergeur du site ou de la plateforme concerné et lui demander de supprimer le contenu outrageant.
Règle
L'infraction d'outrage à agent sur internet peut uniquement être retenue si les images ou écrits outrageants n'ont pas été rendus publics (par exemple, messagerie privée d'un réseau social, vidéo transmise par mail).
Aucun mécanisme de signalement n'est prévu lorsque l'outrage à agent est commis dans les lieux du quotidien. Si vous souhaitez dénoncer ces faits, vous devez déposer plainte.
Comment déposer plainte ?
Si vous vous estimez victime d'un outrage à agent, vous pouvez déposer plainte contre l'auteur des faits (ou contre X) dans un délai de 6 ans.
Vous pouvez déposer plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de votre choix, ou écrire au procureur de la République du tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur. Vous pouvez également déposer une citation directe au greffe de l'audiencement pénal.
- Sur place : se rendre au commissariat ou à la gendarmerie. Les services sont obligés d'enregistrer votre plainte si vous êtes victime d'une infraction. Vous recevez un récépissé et une copie de votre plainte si vous la demandez.
- Par courrier : envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur. Le courrier doit préciser vos informations d'état civil, le récit détaillé des faits, le nom de l'auteur supposé (ou plainte contre X), le nom et adresse des témoins, la description et l'estimation du préjudice, les documents de preuve, et votre éventuelle volonté de vous constituer partie civile.
- Citation directe : l'outrage à agent étant un délit, vous pouvez également déposer une citation directe au greffe de l'audiencement pénal.
Règle
Votre plainte doit être déposée dans un délai de 6 ans à compter de la commission des faits. Vous pouvez vous constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts.
Vous pouvez demander l'assistance d'un avocat, qui peut être présent dès le dépôt de plainte jusqu'à l'éventuel jugement de l'auteur des faits par le tribunal correctionnel.
De quelle protection professionnelle bénéficie l'agent victime ?
En tant qu'agent public victime d'un outrage, vous bénéficiez d'une protection fonctionnelle assurée par votre administration employeuse.
En tant qu'agent public (fonctionnaire ou contractuel), victime d'une infraction telle que l'outrage, vous bénéficiez d'une protection fonctionnelle. L'administration employeuse règle les frais liés à votre affaire (honoraires d'avocat, frais de justice).
L'administration peut aussi vous verser directement une somme d'argent pour réparer le préjudice que vous (ou vos proches) avez subi. Dans ce cas, elle a le droit de mener une action en justice contre l'auteur des faits pour récupérer cette somme. Pour cela, il faut que vous (ou le ministère public) ayez déjà engagé des poursuites contre cet individu (par exemple, en déposant plainte).
Règle
La protection fonctionnelle est un droit de l'agent public victime d'une infraction dans l'exercice de ses fonctions. L'administration ne peut pas refuser cette protection, sauf en cas d'infraction commise pour des raisons purement personnelles.
La protection fonctionnelle couvre les frais de défense (avocat), les frais de justice, et peut inclure une provision versée à l'agent avant la condamnation de l'auteur.
Quelles sont les peines encourues ?
Les peines encourues varient selon la qualité de l'agent public victime de l'outrage.
L'outrage à agent est puni différemment selon le statut de l'agent public. Les peines peuvent aller de 7 500 € d'amende (agent de service public, outrage simple) à 2 ans de prison et 30 000 € d'amende (agent dépositaire de l'autorité publique, outrage par plusieurs personnes).
Règle
L'auteur d'un outrage à agent peut être poursuivi puis condamné à des sanctions pénales par le tribunal correctionnel.
Le non-paiement de l'amende prononcée peut entraîner un substitut de peine. La condamnation peut aussi entraîner l'inscription au casier judiciaire.
Peines selon la qualité de l'agent
Les peines varient selon que la victime est un agent dépositaire de l'autorité publique, un agent de service public, un agent de transport, ou selon le lieu de l'outrage (école, santé, juridiction).
L'outrage commis envers un agent dépositaire de l'autorité publique est puni de 1 an de prison et 15 000 € d'amende s'il est le fait d'une seule personne, et de 2 ans de prison et 30 000 € d'amende s'il est le fait de plusieurs personnes.
- Agent dépositaire de l'autorité publique : 1 an de prison et 15 000 € d'amende (1 personne) ; 2 ans de prison et 30 000 € d'amende (plusieurs personnes).
- Outrage à magistrat ou agent de juridiction (greffier) : 1 an de prison et 15 000 € d'amende ; 2 ans de prison et 30 000 € d'amende si commis durant une audience. Ces peines s'appliquent aussi à l'outrage à un juré d'assises.
- Outrage envers un pompier (sapeur-pompier ou marin-pompier) : 1 an de prison et 15 000 € d'amende (1 personne) ; 2 ans de prison et 30 000 € d'amende (plusieurs personnes).
- Agent chargé d'une mission de service public : amende de 7 500 € et travail d'intérêt général (1 personne) ; 6 mois de prison et 7 500 € d'amende (plusieurs personnes).
- Agent de transport public de personnes : 6 mois de prison et 7 500 € d'amende (1 personne) ; 1 an de prison et 15 000 € d'amende (plusieurs personnes).
- Outrage dans un établissement scolaire (intérieur ou abords) : 6 mois de prison et 7 500 € d'amende.
- Outrage dans un établissement de santé (hôpital, pharmacie, service médico-social, cabinet de médecin) : 6 mois de prison et 7 500 € d'amende.
Règle
Les peines dépendent de la qualité de l'agent victime, du nombre d'auteurs et du lieu où l'outrage a été commis. Elles peuvent se cumuler avec d'autres peines complémentaires.
Le tribunal correctionnel apprécie les circonstances de l'infraction pour fixer la peine. L'outrage commis en réunion ou avec des circonstances aggravantes est plus sévèrement puni.
Textes applicables
- Code pénal : article 433-5Texte légal — Legifrance
- Code pénal : article 434-24Texte légal — Legifrance
- Code des transports : article L2242-7Texte légal — Legifrance
- Règlement (UE) 2022/2065 Du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022eur-lex.europa.eu
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Outrage à agent
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Signaler un contenu internet illégal — PHAROS
- Porter plainte auprès du procureur de la République — simulateur
- Annuaire des avocats de France — CNB
- Maison de justice et du droit — annuaire
- Trouver votre interlocuteur justice près de chez vous
L'outrage à agent est un délit puni de 7 500 € à 30 000 € d'amende et de 6 mois à 2 ans de prison selon la qualité de l'agent victime et le nombre d'auteurs. Le délai de plainte est de 6 ans. L'agent public victime bénéficie de la protection fonctionnelle de son administration. Pour les faits sur internet, un signalement PHAROS est possible même en tant que témoin.
