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Congés payés du salarié dans le secteur privé

Un salarié a droit à des jours de congés payés par son employeur, que son contrat soit à durée indéterminée (CDI) ou à durée déterminée (CDD).

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir

  • Tout salarié a droit chaque année à des congés payés, quel que soit son contrat : CDI, CDD ou intérim, à temps plein comme à temps partiel.
  • Chaque mois de travail effectif ouvre droit à 2,5 jours ouvrables, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) pour une année complète de travail.
  • Le calcul se fait sur la période de référence, en principe du 1er juin de l'année précédente au 31 mai de l'année en cours.
  • Les congés se prennent du 1er mai au 31 octobre, dont 12 jours ouvrables d'un seul bloc, et jamais plus de 24 jours ouvrables consécutifs.
  • Vous informez votre employeur de vos dates : il peut les refuser, mais ne peut plus les changer moins d'un mois avant le départ.
  • Après un arrêt de travail, les congés non pris bénéficient d'un report de 15 mois. Passé ce délai, ils sont perdus.

Savoir combien de jours de congés vous avez

Le droit aux congés payés se mesure en mois de travail effectif, pas en années de présence.

Chaque mois de travail effectif passé chez le même employeur ouvre droit à 2,5 jours ouvrables de congé.

L'employeur peut compter en jours ouvrables ou en jours ouvrés, mais ce second mode doit garantir des droits au moins égaux à ceux calculés en jours ouvrables.

  • Le taux : 2,5 jours ouvrables par mois, à temps plein comme à temps partiel.
  • Le plafond annuel : 30 jours ouvrables, soit 5 semaines, pour une année complète de travail.
  • L'arrondi : un total non entier est porté à l'entier supérieur. Cinq mois travaillés donnent 12,5 jours, donc 13 jours.
  • Dès l'embauche : le salarié bénéficie des congés payés dès son entrée dans l'entreprise, quelle que soit son ancienneté.

Règle

En cas d'arrêt pour maladie non professionnelle, les droits sont acquis dans la limite de 2 jours ouvrables par mois, soit 24 jours ouvrables par an, pendant la période de référence.

Des dispositions conventionnelles, le contrat de travail ou un usage d'entreprise peuvent prévoir un calcul plus favorable que la durée légale.

Identifier la période qui compte pour vos congés

On n'acquiert pas ses congés au fil de l'eau : tout se joue sur une fenêtre annuelle.

Pour l'acquisition des congés payés, la période de référence est fixée du 1er juin de l'année précédente au 31 mai de l'année en cours.

C'est cette fenêtre, et non l'année civile, qui commande le nombre de jours acquis et la période de prise à laquelle ils doivent être pris.

  • Règle générale : du 1er juin de l'année N-1 au 31 mai de l'année N.
  • Caisse de congés payés (BTP, spectacles, par exemple) : du 1er avril de l'année précédente au 31 mars de l'année en cours.
  • Avec un accord : une convention collective ou un accord collectif d'entreprise peut fixer des dates différentes.
  • Votre date d'arrivée n'entre pas en ligne de compte : seul compte le mois travaillé.

Règle

Demandez cette date à l'employeur : c'est elle qui commande vos dates de prise, et non le jour où vous avez signé votre contrat.

Période de référence et période de prise sont deux notions distinctes : la première fixe ce que vous gagnez, la seconde quand vous devez le prendre.

Vérifier si vous avez droit à des congés supplémentaires

Le minimum légal est de 30 jours. L'âge et les enfants à charge peuvent l'augmenter.

Des congés supplémentaires s'ajoutent aux 30 jours ouvrables selon la situation du salarié : âge et nombre d'enfants à charge.

Un enfant est à charge s'il vit au foyer et qu'il a moins de 15 ans au 30 avril de l'année en cours, ou s'il vit au foyer et est handicapé, sans condition d'âge dans ce dernier cas.

  • 21 ans ou plus au 30 avril de l'année précédente, avec enfant à charge : 2 jours supplémentaires par enfant à charge, dans la limite de 30 jours.
  • Exemple : un salarié d'au moins 21 ans disposant de 12 jours de congé peut en prendre 14 grâce à un enfant à charge.
  • Moins de 21 ans : droit de base de 30 jours ouvrables, posables même si 12 jours seulement ont été acquis. Les jours pris au-delà ne seront pas indemnisés.
  • Apprenti : 5 semaines de congés légaux par an ; moins de 21 ans au 30 avril de l'année précédente, il peut demander des congés supplémentaires sans solde, dans la limite de 30 jours par an.

Règle

L'âge s'apprécie au 30 avril de l'année précédente pour l'ouverture du droit aux congés supplémentaires, et au 30 avril de l'année en cours pour la condition d'âge de l'enfant à charge.

Une convention collective ou un accord collectif d'entreprise peut augmenter la durée des congés selon l'âge, l'ancienneté ou le handicap.

Vérifier la période de prise de vos congés

La période de prise est encadrée : elle ne peut pas être repoussée hors de la saison.

Les congés sont pris dans la période du 1er mai au 31 octobre de chaque année. La période de prise peut s'étendre ou non sur toute l'année.

Le bloc minimal : au moins 12 jours ouvrables, soit 2 semaines, pris en continu et sans fractionnement, sur la période allant du 1er mai au 31 octobre de l'année en cours.

  • Qui fixe la période : la convention collective ou l'accord collectif d'entreprise ; à défaut, l'employeur, après avis du comité social et économique (CSE) s'il en existe un.
  • Quand vous êtes prévenu : la période est portée à votre connaissance au moins 2 mois avant son ouverture.
  • Le reste du congé : vos autres jours peuvent être posés sur une période plus large, y compris de novembre à avril.

Règle

En l'absence de convention collective ou d'accord collectif d'entreprise, les 12 jours ouvrables minimaux sont pris entre le 1er mai et le 31 octobre.

Dès son embauche, le salarié doit respecter la période de prise et l'ordre des départs fixés par l'employeur.

Poser votre congé principal

Le congé principal est le bloc de 4 semaines qui structure vos congés de l'année.

Le salarié ne peut pas poser plus de 24 jours ouvrables de congés consécutifs, soit 4 semaines. C'est ce qu'on appelle le congé principal.

L'employeur peut accorder un congé plus long en raison de contraintes géographiques particulières (famille en outre-mer, par exemple) ou de la présence au foyer d'une personne handicapée ou âgée en perte d'autonomie.

  • Le plafond : 24 jours ouvrables consécutifs, soit 4 semaines.
  • Dérogations : contraintes géographiques particulières, présence au foyer d'une personne handicapée ou âgée en perte d'autonomie.
  • Mariés ou liés par un Pacs dans la même entreprise : le congé peut être simultané.

Règle

Le congé principal n'a pas à être pris en entier entre le 1er mai et le 31 octobre : il peut être fractionné. La convention collective ou l'accord collectif d'entreprise fixe les règles des jours de fractionnement.

Prendre une partie de ses 4 semaines hors de la période légale n'est pas gratuit : c'est la condition des jours de fractionnement décrits ci-dessous.

Obtenir des jours de fractionnement

Fractionner son congé principal sur l'année peut vous faire gagner des jours en plus.

Les jours de fractionnement compensent les jours pris hors de la période légale, lorsqu'une partie du congé principal n'a pas été posée entre le 1er mai et le 31 octobre.

Vous y avez droit si vous n'avez pas pris la totalité de votre congé principal de 4 semaines durant la période légale.

  • 1 jour ouvrable si vous prenez entre 3 et 5 jours hors de la période légale.
  • 2 jours ouvrables si vous prenez 6 jours au minimum hors de cette période.
  • Où les prendre : sur la période du 1er novembre au 30 avril.
  • Ce qu'ils sont : un complément, jamais un substitut à vos 30 jours ouvrables de droit commun.

Règle

Le congé principal reste dû : les jours de fractionnement s'ajoutent à votre droit, ils ne le remplacent pas.

C'est la convention collective ou l'accord collectif d'entreprise qui fixe les règles d'application : lisez ce texte avant de compter sur des jours supplémentaires.

Demander vos congés auprès de votre employeur

La demande vient du salarié, mais l'employeur dispose d'un mois pour se prononcer sur les dates.

Le salarié doit informer l'employeur des dates de congés qu'il souhaite prendre.

La date des départs est fixée soit par la convention collective ou un accord collectif d'entreprise, soit, à défaut, par l'employeur, après avis du comité social et économique (CSE) s'il en existe un.

  • Votre demande : vous informez l'employeur des dates que vous souhaitez prendre.
  • Un refus possible : l'employeur peut refuser ces dates ; vous devez alors prendre votre congé à une autre date.
  • La communication : la date de départ est communiquée par tout moyen, au moins 1 mois à l'avance, dans les locaux accessibles aux salariés.
  • Le verrou : l'employeur ne peut pas changer les dates moins d'un mois avant le départ.
  • L'exception : en cas de circonstances exceptionnelles, il peut reporter vos congés.

Règle

L'employeur peut imposer au salarié de prendre des jours de congés en cas de fermeture temporaire de l'entreprise.

Les salariés mariés ou liés par un Pacs travaillant dans la même entreprise ont droit à un congé simultané : c'est un droit, pas une simple tolérance.

Vérifier l'ordre des départs en congés

Quand plusieurs salariés demandent les mêmes semaines, l'employeur doit départager selon des critères imposés.

L'employeur peut fixer l'ordre des départs en congés des salariés.

Sauf si la convention collective ou un accord collectif d'entreprise fixe d'autres critères, l'employeur tient compte de la situation de famille, de la durée de service chez lui et de l'activité chez d'autres employeurs.

  • Situation de famille : présence au foyer d'une personne handicapée ou d'une personne âgée en perte d'autonomie.
  • Durée de service chez l'employeur.
  • Activité chez un ou plusieurs autres employeurs.
  • Publication de l'ordre : communiqué par tout moyen, au moins 1 mois à l'avance, dans les locaux accessibles aux salariés.

Règle

Si votre convention collective ou votre accord collectif d'entreprise fixe d'autres critères, ce sont eux qui s'appliquent : demandez le texte à l'employeur avant de contester l'ordre retenu.

L'ordre des départs est distinct de la période de prise : l'un fixe dans quel ordre les salariés partent, l'autre fixe quand vous pouvez partir.

Demander le report de vos congés non pris

Les congés non pris ne sont pas toujours perdus, mais le report se négocie.

Le report des jours de congés acquis non pris durant la période de prise est possible uniquement en cas d'accord entre l'employeur et le salarié.

En l'absence d'accord ou d'usage dans l'entreprise prévoyant un report, l'employeur n'est pas obligé d'accepter la demande.

  • Accord individuel : c'est la voie normale pour faire reporter ses jours non pris.
  • Accord collectif ou usage : la convention collective ou un usage d'entreprise peuvent organiser le report.
  • Payés au lieu d'être pris : les congés non pris peuvent être payés si des dispositions conventionnelles le prévoient.
  • Vous refusez de les poser : si l'employeur vous y a invité à plusieurs reprises, les congés sont perdus s'ils ne sont pas reportés.

Règle

En temps partiel annualisé, le salarié alterne périodes travaillées et non travaillées d'au moins 1 semaine. Une convention, un accord collectif d'entreprise ou un accord de branche étendue peut prévoir le report jusqu'au 31 décembre de l'année suivante.

Sans accord, l'employeur n'est pas tenu d'accepter le report. Le délai le plus long s'ouvre après un arrêt de travail.

Reporter vos congés après un arrêt maladie

L'arrêt de travail ouvre une fenêtre de report bien plus large que le report de droit commun.

En cas d'arrêt pour maladie non professionnelle ou professionnelle, les congés payés peuvent faire l'objet d'une période de report de 15 mois.

Ce report couvre les congés non pris du fait de l'arrêt et les congés acquis pendant un arrêt couvrant toute la période de référence.

  • Point de départ : le délai démarre à la date à laquelle l'employeur a informé le salarié de ses droits, après la reprise du travail.
  • Accord plus favorable : un accord collectif d'entreprise ou un accord de branche peut fixer une durée supérieure.
  • Fin du délai : les congés non pris à la fin des 15 mois seront perdus.
  • Exemple : malade du 1er février au 30 avril 2026, reprise le 4 mai 2026, droits communiqués le 13 mai 2026 ; il reste 8 jours, reportables jusqu'au 13 août 2027.

Règle

Si l'arrêt couvre toute la période de référence, le report part de la fin de cette période : le salarié n'ayant pas repris le travail à la fin du délai, les congés acquis durant l'arrêt sont perdus ; s'il reprend, celui-ci est suspendu jusqu'à l'information de ses droits.

Autre exemple : malade du 1er juin 2025 au 30 novembre 2026, reprise le 1er décembre 2026, droits communiqués le 18 décembre. Son report de 24 jours, commencé le 31 mai 2026, est suspendu à la reprise : il reste 9 mois, qui courent à nouveau dès le 18 décembre.

Vérifier votre indemnité de congés payés

Pendant vos congés, vous n'êtes pas rémunéré : vous percevez une indemnité calculée sur votre salaire.

Pendant ses congés, le salarié n'est pas rémunéré, mais il perçoit une indemnité de congés payés.

Toutes les sommes ayant le caractère de salaire sont prises en compte pour déterminer cette indemnité : salaire de base, prime d'ancienneté, prime d'assiduité, etc.

  • Ce qui n'est pas versé : le salaire correspondant aux jours de congés payés n'est pas payé en plus.
  • Ce qui est versé : l'indemnité de congés payés, calculée sur les sommes ayant le caractère de salaire.
  • Les cas non indemnisés : un salarié de moins de 21 ans qui pose 30 jours alors qu'il n'a acquis que 12 jours voit les jours supplémentaires non indemnisés.

Règle

Le salarié n'a pas le droit de travailler durant ses congés. La seule exception prévue est le contrat de vendanges : un salarié peut être embauché par contrat de vendanges pendant ses congés payés.

C'est l'employeur qui verse cette indemnité pendant les congés. C'est ce qui distingue le congé payé d'une absence sans traitement.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Congés payés du salarié dans le secteur privé

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Chiffres cités dans la fiche source : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif ; 30 jours ouvrables (5 semaines) par an ; 24 jours ouvrables (4 semaines) de congé principal ; 12 jours ouvrables (2 semaines) pris en continu ; 1 ou 2 jours de fractionnement ; 2 jours ouvrables par mois et 24 par an en arrêt pour maladie non professionnelle ; 15 mois de report après un arrêt de travail ; 2 mois pour la période de prise ; 1 mois pour la communication et le changement des dates ; date pivot du 30 avril ; période de référence du 1er juin au 31 mai, ou du 1er avril au 31 mars en caisse de congés payés ; période de prise du 1er mai au 31 octobre.

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