Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir du licenciement pour motif personnel : définition, cause réelle et sérieuse, motifs interdits, information du salarié et contestation.
Ce qu'il faut savoir
- Le licenciement pour motif personnel est un licenciement dont le motif repose sur la personne du salarié (faute, insuffisance professionnelle, maladie, inaptitude, harcèlement).
- Le motif de licenciement doit être justifié par une cause réelle et sérieuse : faits réels, précis, concrets, vérifiables et suffisamment importants.
- Certains motifs de licenciement sont interdits par la loi (discrimination, violation d'une liberté fondamentale, etc.) et entraînent la nullité du licenciement.
- Il n'est pas obligatoire d'avoir reçu un ou plusieurs avertissements avant d'être licencié ; l'employeur apprécie la gravité de la faute.
- Le motif du licenciement est notifié au salarié par lettre recommandée avec accusé de réception.
- Dans les 15 jours suivant la notification, le motif peut être précisé à l'initiative de l'employeur ou sur demande du salarié.
- Le salarié a 1 an pour contester le motif du licenciement devant le conseil de prud'hommes.
Conditions essentielles
- Le licenciement doit reposer sur un motif personnel lié à la personne du salarié.
- Le motif doit constituer une cause réelle et sérieuse (faits réels, précis, vérifiables, suffisamment importants).
- Le motif ne doit pas figurer parmi les motifs interdits par la loi (discrimination, libertés fondamentales, protections spéciales).
Les étapes
- Identifier le motif personnel du licenciement (faute, insuffisance professionnelle, maladie, inaptitude, harcèlement).
- Vérifier que le motif constitue une cause réelle et sérieuse.
- Vérifier que le motif n'est pas un motif interdit par la loi.
- Réaliser la procédure de licenciement (entretien préalable, notification par lettre recommandée avec AR).
- Notifier le licenciement au salarié par lettre recommandée avec accusé de réception, en indiquant le motif.
- Le cas échéant, préciser le motif dans les 15 jours suivant la notification.
- En cas de contestation, le salarié saisit le conseil de prud'hommes dans un délai de 1 an.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — cause réelle et sérieuse, motifs interdits, information du salarié, contestation — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à la cause réelle et sérieuse, aux motifs interdits et à la contestation, voir les sections « La cause réelle et sérieuse », « Les motifs interdits (nullité) » et « Le salarié peut-il contester le motif ? ».
Définition du licenciement pour motif personnel
Le licenciement pour motif personnel est un licenciement dont le motif repose sur la personne du salarié.
Le licenciement pour motif personnel se distingue du licenciement pour motif économique, dont le motif repose sur des difficultés économiques ou des mutations technologiques. Le motif personnel est reconnu, notamment, dans les cas suivants : faute du salarié ; insuffisance professionnelle ; maladie (lorsque l'absence du salarié perturbe le fonctionnement de l'entreprise) ; inaptitude déclarée par le médecin du travail ; salarié auteur de harcèlement dans l'entreprise.
Règle
Lorsque l'employeur licencie un salarié en CDI, il doit pouvoir justifier du motif qui l'a conduit à licencier le salarié. Le motif de licenciement doit être justifié par une cause réelle et sérieuse.
Le licenciement pour motif personnel concerne uniquement les salariés en contrat de travail à durée indéterminée (CDI). Les motifs personnels sont multiples et doivent être appréciés au regard de la cause réelle et sérieuse exigée par le code du travail.
Quelles sont les causes pouvant justifier un licenciement ?
Le motif de licenciement doit être justifié par une cause réelle et sérieuse. La cause réelle et sérieuse du motif de licenciement est établie si elle respecte l'ensemble des critères suivants.
- Elle repose sur des faits réels (absence du salarié de son entreprise sans justification valable, par exemple).
- Elle est précise, concrète et vérifiable (par exemple, absence du salarié de son entreprise sans justification pendant plusieurs jours).
- Elle est suffisamment importante pour justifier la rupture du contrat de travail (perturbation du fonctionnement de l'entreprise, sujet au remplacement du salarié absent, par exemple).
En l'absence de cause réelle et sérieuse, le motif du licenciement peut être qualifié de licenciement abusif par le conseil de prud'hommes. Le motif personnel est reconnu, notamment, dans les cas suivants : faute du salarié ; insuffisance professionnelle ; maladie (lorsque l'absence du salarié perturbe le fonctionnement de l'entreprise) ; inaptitude déclarée par le médecin du travail ; salarié auteur de harcèlement dans l'entreprise.
Règle
Il n'est pas obligatoire d'avoir reçu un ou plusieurs avertissements avant d'être licencié. L'employeur doit tenir compte de l'échelle des sanctions prévue au règlement intérieur si celui-ci existe (obligation dans les entreprises de plus de 50 salariés). Il est possible que ce règlement intérieur impose d'avoir reçu un ou plusieurs avertissements avant d'être licencié, mais ce n'est pas systématique. C'est alors l'employeur qui apprécie la gravité de la faute et, dans certains cas, une seule pourrait suffire à donner lieu au licenciement (vol ou violence, par exemple).
Si vous souhaitez contester un licenciement, c'est le conseil de prud'hommes qui est compétent.
La cause réelle et sérieuse
La cause réelle et sérieuse du licenciement est un ensemble de critères cumulatifs que le motif de licenciement doit respecter pour être valable.
La cause est réelle lorsqu'elle repose sur des faits objectifs et vérifiables, et non sur des appréciations subjectives ou des sentiments personnels de l'employeur. La cause est sérieuse lorsqu'elle est suffisamment importante pour justifier la rupture du contrat de travail. Les trois critères doivent être réunis cumulativement : faits réels, précision et vérifiabilité, importance suffisante.
Règle
L'ensemble des critères doit être respecté. En l'absence de cause réelle et sérieuse, le motif du licenciement peut être qualifié de licenciement abusif par le conseil de prud'hommes. Le juge apprécie souverainement la réalité et la sérieuse du motif invoqué par l'employeur.
La cause réelle et sérieuse est une garantie fondamentale du salarié contre le licenciement arbitraire. Elle s'applique à tous les licenciements pour motif personnel, quel que soit le motif invoqué (faute, insuffisance professionnelle, maladie, inaptitude, harcèlement).
Les motifs interdits (nullité)
Certains motifs de licenciement, tels que la discrimination ou le principe d'égalité, sont interdits par la loi. Si l'employeur licencie le salarié pour l'un de ces motifs, le juge pourra prononcer la nullité du licenciement.
Les cas de nullité prévus par la loi sont notamment les licenciements prononcés dans l'une des situations suivantes : en raison d'une discrimination ; en violation d'une liberté fondamentale (liberté d'expression, liberté syndicale, liberté religieuse, droit de retrait du salarié) ; en lien avec l'exercice des fonctions de juré ou de citoyen assesseur ; en cas de refus par le salarié d'une mutation géographique dans un pays incriminant l'homosexualité en raison de son orientation sexuelle ; pour avoir relaté ou témoigné, de bonne foi, de faits constitutifs d'un délit ou d'un crime dont le salarié aurait eu connaissance dans l'exercice de ses fonctions ; à l'encontre d'un salarié lanceur d'alerte ; en raison d'une action en justice en matière de discrimination ou d'égalité hommes-femmes ; à l'encontre de victimes ou de témoins de faits de harcèlement moral ou sexuel (sauf mauvaise foi du salarié) ; sans respecter la protection liée à la maternité ou à la paternité ; sans respecter la protection liée à l'accident du travail ou à la maladie professionnelle ; sans respecter la protection accordée à certains salariés (membre du CSE par exemple) ; en méconnaissance de l'exercice du droit de grève ; contre un salarié ayant témoigné de mauvais traitements ou privations infligés à une personne accueillie dans les établissements ou services sociaux et médico-sociaux ; sans respecter la protection liée au décès de l'enfant de moins de 25 ans ; sans respecter la protection liée au décès d'une personne à charge effective et permanente de moins de 25 ans.
Règle
La nullité du licenciement entraîne la réintégration du salarié dans l'entreprise ou, à défaut, le versement de dommages-intérêts. Le motif interdit rend le licenciement nul de plein droit, indépendamment de l'existence d'une cause réelle et sérieuse.
La liste des motifs interdits est une protection fondamentale du salarié. Elle vise à garantir l'égalité de traitement et le respect des libertés fondamentales dans les relations de travail.
Le salarié peut-il contester le motif ?
Oui, le salarié peut contester le motif du licenciement. Le salarié a 1 an pour contester le motif de licenciement.
Le point de départ du délai débute à la notification du licenciement. Si le salarié a demandé des précisions sur le motif de licenciement et que l'employeur a répondu, le point de départ de ce délai débute à partir de la seconde lettre envoyée par l'employeur qui précise les motifs de licenciement. Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes. Celui-ci peut condamner l'employeur à des sanctions pour licenciement injustifié ou annuler le licenciement.
Règle
Le délai de contestation est de 1 an à compter de la notification du licenciement (ou de la seconde lettre de précision du motif, le cas échéant). Ce délai est un délai de déchéance : passé ce délai, le salarié ne peut plus contester le motif du licenciement.
Le conseil de prud'hommes est compétent pour connaître des contestations relatives aux licenciements pour motif personnel. Il apprécie la réalité et la sérieuse de la cause du licenciement et peut prononcer la nullité du licenciement ou condamner l'employeur à des dommages-intérêts.
Textes applicables
- Code du travail : article L1232-1Texte légal
- Code du travail : articles L1132-1 à L1132-4Texte légal
- Code du travail : article R1232-13Texte réglementaire
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Qu'est-ce qu'un licenciement pour motif personnel ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Code du travail — cause réelle et sérieuse (article L1232-1)
- Code du travail — motifs interdits (articles L1132-1 à L1132-4)
Les règles du licenciement pour motif personnel sont fixées par le code du travail. Pour toute situation particulière, il est recommandé de consulter un conseiller du salarié ou un avocat, ou de vérifier auprès de l'organisme compétent.




Comment le salarié est-il informé du motif ?
Le motif de licenciement est évoqué lors de la procédure de licenciement. Lorsque l'employeur licencie le salarié, il lui notifie le licenciement par lettre recommandée avec accusé de réception. L'employeur indique dans cette lettre le motif du licenciement.
Dans les 15 jours qui suivent la notification du licenciement, le motif énoncé dans la lettre peut être précisé à l'initiative de l'employeur ou sur demande du salarié. Le salarié doit faire sa demande par lettre recommandée avec AR ou remise contre récépissé. L'employeur a un délai de 15 jours après la réception de la demande du salarié pour apporter des précisions s'il le souhaite. Il doit communiquer ces précisions au salarié par lettre recommandée avec AR ou remise contre récépissé.
Règle
La notification du licenciement par lettre recommandée avec accusé de réception est obligatoire. Le motif du licenciement doit être indiqué dans la lettre de notification. Le délai de 15 jours pour préciser le motif court à compter de la notification du licenciement.
La précision du motif dans les 15 jours suivant la notification permet au salarié de mieux comprendre les raisons du licenciement et de préparer éventuellement sa contestation. L'employeur peut également préciser le motif de sa propre initiative dans ce délai.