Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur l'indemnité compensatrice de congés payés : définition, cas de versement, calcul en CDI, CDD et contrat de mission, régime fiscal et social.
Ce qu'il faut savoir
- L'indemnité compensatrice de congés payés est une somme d'argent versée par l'employeur au salarié au moment de la rupture de son contrat de travail, en compensation des jours de congés payés acquis et non pris.
- Elle est due quelle que soit l'origine de la rupture du contrat : licenciement — y compris pour faute lourde —, démission, rupture conventionnelle, départ en retraite, rupture de la période d'essai, terme d'un CDD ou d'un contrat de mission.
- Elle doit figurer sur le reçu pour solde de tout compte remis au salarié.
- Dans certaines entreprises — secteurs du BTP, du transport, des spectacles —, l'employeur est affilié à une caisse de congés payés : l'employeur remet un certificat justificatif des droits et c'est la caisse qui verse l'indemnité.
- En CDI, le calcul se fait par comparaison de deux méthodes — la méthode du 1/10e et la méthode du maintien de salaire — ; c'est le montant le plus avantageux qui est versé au salarié.
- En CDD, l'indemnité est égale au 1/10e de la rémunération brute totale perçue au cours de la durée du contrat, y compris l'indemnité de fin de contrat — prime de précarité — dans le calcul.
- En contrat de mission d'intérim, elle ne peut être inférieure au 1/10e de la rémunération brute totale perçue au cours de la mission, y compris l'indemnité de fin de mission.
- L'indemnité est considérée comme du salaire : elle est soumise à l'impôt sur le revenu, aux cotisations sociales, et est saisissable et cessible dans les mêmes limites que le salaire. Elle est également due aux ayants-droit du salarié décédé avant d'avoir pris son congé.
Conditions essentielles
- Avoir acquis des droits à congés payés non pris à la date de rupture ou de fin du contrat de travail.
- Rupture ou fin de contrat — CDI, CDD, contrat de mission — ou décès du salarié avant la prise du congé.
- Pour le CDD : terme du contrat ou rupture par anticipation — période d'essai, embauche en CDI chez un autre employeur, faute grave, force majeure, accord commun des parties, inaptitude déclarée par le médecin du travail.
- Pour le contrat de mission : terme de la mission ou rupture par anticipation — période d'essai, embauche en CDI chez un autre employeur, faute grave, force majeure.
Les étapes
- Calculer le nombre de jours de congés payés acquis et non pris à la date de rupture ou de fin du contrat.
- Identifier le mode de calcul applicable : comparaison des deux méthodes en CDI, 1/10e en CDD et en contrat de mission.
- Prendre en compte les sommes entrant dans l'assiette — salaire de base, majorations, avantages en nature, etc. — et exclure les autres — primes d'intéressement, de participation, frais professionnels.
- Verser l'indemnité au moment de la rupture du contrat et la faire figurer sur le reçu pour solde de tout compte.
- Dans les secteurs à caisse de congés payés : remettre le certificat justificatif des droits et laisser la caisse verser l'indemnité.
- Appliquer le régime fiscal et social du salaire — impôt sur le revenu, cotisations sociales — et respecter les règles de saisie-cessibilité.
- En cas de décès du salarié avant la prise du congé, verser l'indemnité aux ayants-droit.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — calcul des deux méthodes en CDI avec exemple chiffré, calcul en CDD et contrat de mission, somme prises en compte, régime fiscal et social — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail du calcul en CDI — comparaison du 1/10e et du maintien de salaire —, voir la section « Calcul en CDI : comparaison des deux méthodes ». Pour la liste des sommes prises en compte, voir la section dédiée.
Qu'est-ce que l'indemnité compensatrice de congés payés ?
L'indemnité compensatrice de congés payés est une somme d'argent versée par l'employeur à son salarié au moment de la rupture de son contrat de travail. Elle correspond au nombre de jours de congés payés que le salarié a acquis et non pris au moment de cette rupture.
Cette indemnité vise à compenser le salarié des congés payés qu'il n'a pas pu prendre avant la fin de son contrat. Elle est due quelle que soit l'origine de la rupture du contrat de travail. Elle peut être à l'initiative du salarié ou de l'employeur. Elle est versée, notamment, dans les cas suivants : licenciement — y compris pour faute lourde —, démission, rupture conventionnelle, départ en retraite, rupture de la période d'essai. Elle est également due, pour un CDD, lorsque le contrat arrive à son terme ou est rompu par anticipation, et, pour un contrat de mission d'intérim, à son terme ou en cas de rupture anticipée.
Règle
Lorsqu'elle est versée, l'indemnité compensatrice de congés payés doit figurer sur le reçu pour solde de tout compte remis au salarié lors de la rupture du contrat.
Cette indemnité est également due aux ayants-droit du salarié dont le décès survient avant qu'il ait pris son congé annuel payé — ou avant que l'indemnité lui soit versée, pour les contrats de mission.
Dans quels cas l'indemnité est-elle due ?
L'indemnité compensatrice est due lors de la rupture ou de la fin du contrat de travail, qu'il s'agisse d'un CDI, d'un CDD ou d'un contrat de mission. Les motifs de rupture diffèrent selon le type de contrat.
En CDI, l'indemnité est due dans tous les cas de rupture : licenciement — y compris pour faute lourde —, démission, rupture conventionnelle, départ en retraite, rupture de la période d'essai. En CDD, elle est due lorsque le contrat arrive à son terme, ou lorsqu'il est rompu par anticipation — c'est-à-dire avant la date de fin prévue initialement —. La rupture par anticipation du CDD peut intervenir dans les cas suivants : rupture de la période d'essai ; embauche en CDI chez un autre employeur ; faute grave ; cas de force majeure ; accord commun des parties ; inaptitude déclarée par le médecin du travail. En contrat de mission d'intérim, elle est due à terme de la mission, ou en cas de rupture par anticipation — période d'essai, embauche en CDI chez un autre employeur, faute grave, force majeure.
Règle
L'indemnité est due quelle que soit l'origine de la rupture — à l'initiative du salarié ou de l'employeur — et quel que soit le motif, y compris les ruptures les plus défavorables au salarié — faute lourde, par exemple.
La rupture de la période d'essai ouvre droit à l'indemnité compensatrice comme tout autre motif de rupture, dès lors que le salarié a acquis des congés payés non pris.
À quel moment l'employeur verse-t-il l'indemnité ?
L'indemnité compensatrice de congés payés est versée au moment de la rupture du contrat de travail. Elle doit figurer sur le reçu pour solde de tout compte.
Dans certaines entreprises, l'employeur a l'obligation de s'affilier à une caisse de congés payés — il s'agit notamment des entreprises des secteurs du BTP, du transport et des spectacles. Dans ce cas, l'employeur remet au salarié, lors de la rupture du contrat, un certificat justificatif des droits à congés payés. C'est la caisse de congés payés qui verse l'indemnité compensatrice de congés payés au salarié. Le salarié doit ainsi vérifier, à la rupture de son contrat, si son employeur relève d'un régime de caisse de congés payés : la procédure de versement en est alors différente.
Règle
Versement par l'employeur au moment de la rupture, inscription sur le solde de tout compte ; dans les secteurs à caisse — BTP, transport, spectacles —, certificat justificatif remis par l'employeur et versement par la caisse.
Le reçu pour solde de tout compte doit mentionner l'indemnité compensatrice : son absence peut être contestée. Conservez précieusement ce document.
Calcul en CDI : comparaison des deux méthodes
L'indemnité compensatrice de congés payés en CDI se calcule selon les mêmes règles que l'indemnité de congés payés. Elle est calculée par comparaison entre 2 modes de calcul : c'est le montant le plus avantageux qui est versé au salarié.
Méthode du 1/10e : l'indemnité de congés payés est égale à 1/10e de la rémunération brute totale perçue au cours de la période de référence. En cas d'accident de travail ou de maladie professionnelle, la rémunération brute totale correspond à la rémunération que le salarié aurait perçue s'il n'avait pas été en accident de travail ou en maladie professionnelle. En cas d'arrêt maladie ordinaire, la rémunération brute totale correspond à 80 % de la rémunération que le salarié aurait perçue s'il n'avait pas été en arrêt maladie. Méthode du maintien de salaire : l'indemnité de congés payés est égale à la rémunération perçue si le salarié avait continué à travailler. Pour effectuer ce calcul, l'employeur peut tenir compte de l'horaire réel du mois — méthode la plus juste et reconnue par la jurisprudence.
Règle
Exemple chiffré : un salarié a perçu un salaire de 21 840 € brut au cours de la période de référence — soit 1 820 € par mois. S'il prend 2 semaines de congés payés : avec la méthode du maintien de salaire, en tenant compte de l'horaire réel du mois — 7 heures par jour, mois de 21 jours ouvrés, soit 147 heures travaillées et 70 heures de congés —, le calcul est le suivant : 1 820 × (7 × 10) / (7 × 21) = 866,66 €. Avec la méthode du 1/10e, le calcul du 1/10e de la rémunération brute est de 21 840 / 10 = 2 184 € pour un congé d'une durée de 30 jours ouvrables — ou 25 jours ouvrés —. Pour une fraction de 2 semaines : en jours ouvrables — soit 12 jours —, (21 840 / 10) × (12 / 30) = 873,60 € ; en jours ouvrés — soit 10 jours —, (21 840 / 10) × (10 / 25) = 873,60 €. Le salarié touche alors le montant le plus favorable, soit 873,60 € pour ses 2 semaines de congés payés.
Le choix entre jours ouvrables et jours ouvrés est porté par la convention collective ou l'usage, dans le respect du minimum légal. La méthode du maintien de salaire avec horaire réel du mois est reconnue par la jurisprudence comme la méthode la plus juste.
Calcul en CDD et en contrat de mission
En CDD, l'indemnité compensatrice de congés payés est égale au 1/10e de la rémunération brute totale perçue au cours de la durée du contrat. En contrat de mission d'intérim, elle est calculée en fonction de la durée de la mission et ne peut être inférieure au 1/10e de la rémunération brute totale perçue au cours de la mission.
En CDD : la rémunération brute totale prise en compte comprend, dans ce cas, l'indemnité de fin de contrat — dite prime de précarité —. En cas d'accident de travail ou de maladie professionnelle, la rémunération brute totale correspond à la rémunération que le salarié aurait perçue s'il n'avait pas été en accident de travail ou en maladie professionnelle. En cas d'arrêt maladie ordinaire, elle correspond à 80 % de cette rémunération. Exemple chiffré CDD : pour un contrat de travail d'une durée de 10 mois — du 1ᵉʳ janvier 2026 au 31 octobre 2026 —, le salarié a perçu un salaire de 18 300 € brut. Au terme de son contrat, il touche une indemnité de fin de contrat de 1 830 €. Son indemnité compensatrice de congés payés s'élève à (18 300 + 1 830) / 10 = 2 013 €. En contrat de mission : Exemple chiffré intérim : un salarié effectue une mission de 18 jours du 1ᵉʳ février 2026 au 18 février 2026. Durant cette mission, il perçoit une rémunération brute de 1 500 €. Au terme de sa mission, il percevra une indemnité de fin de mission de 150 €. Son indemnité compensatrice de congés payés s'élève à (1 500 + 150) / 10 = 165 €.
Règle
CDD : 1/10e de la rémunération brute totale — indemnité de fin de contrat incluse dans l'assiette. Contrat de mission : au minimum 1/10e de la rémunération brute totale — indemnité de fin de mission incluse. Règles AT/MP et arrêt maladie identiques à celles du CDI.
Le caractère impératif de la règle en contrat de mission — « ne peut être inférieure au 1/10e » — signifie que des dispositions conventionnelles ou contractuelles plus favorables peuvent s'appliquer.
Sommes prises en compte ou non dans le calcul
L'indemnité compensatrice de congés payés est déterminée en prenant en compte certaines sommes — les éléments de rémunération entrant dans l'assiette — et en excluant d'autres.
Les sommes prises en compte sont les suivantes : le salaire de base ; les majorations de salaire — heures supplémentaires, travail de nuit, etc. ; le salaire reconstitué pendant des périodes assimilées à du travail effectif — congé maternité, congé de paternité et d'accueil de l'enfant, arrêt de travail pour accident de travail ou maladie professionnelle, par exemple ; l'indemnité de congés payés de l'année précédente ; la prime d'ancienneté — si elle n'est pas versée pour l'année, périodes de travail et de congés confondues ; la prime d'assiduité versée mensuellement ; la prime d'astreinte ; les commissions pour les commerciaux ; la prime d'expatriation ; les avantages en nature ; le 13ᵉ mois — si la somme n'est pas versée pour l'année, périodes de travail et de congés confondues ; l'activité partielle ; la contrepartie financière au titre de l'obligation de non-concurrence. En CDD, s'y ajoute l'indemnité de fin de contrat — dite prime de précarité —. En contrat de mission, s'y ajoutent les indemnités de fin de mission. Les sommes non prises en compte sont : la prime de fin d'année, la prime d'intéressement, la prime de bilan, la prime de participation, les frais professionnels.
Règle
Pris en compte : éléments de rémunération réguliers ou assimilés au travail effectif, certaines primes listées, avantages en nature, indemnités de fin de contrat ou de mission. Exclus : primes exceptionnelles de résultat ou de collectivité — fin d'année, intéressement, bilan, participation — et remboursements de frais.
La distinction entre primes prises en compte et primes exclues s'apprécie au regard de leur périodicité et de leur nature : les sommes versées pour l'année entière — travail et congés confondus — entrent dans l'assiette, tandis que les primes liées au résultat ou à la collectivité en sont exclues.
Textes applicables
- Code du travail : article L. 1242-16Texte législatif
- Code du travail : article L. 1251-19Texte législatif
- Code du travail : article L. 3141-28Texte législatif
- Code du travail : article D. 3141-9Texte réglementaire
- Code du travail : article D. 3141-34Texte réglementaire
- Code du travail : article L3121-1Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Indemnité compensatrice de congés payés
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Code du travail — article L. 3141-28 sur Légifrance
- Code du travail — article L. 1242-16 sur Légifrance
- Code du travail — article L. 1251-19 sur Légifrance
Le calcul de l'indemnité dépend des éléments de rémunération propres à chaque situation — périodicité des primes, période de référence, horaire réel du mois. Vérifiez le calcul effectué par votre employeur en comparant les deux méthodes en CDI, ou le 1/10e en CDD et en contrat de mission. En cas de doute, rapprochez-vous de votre employeur, des représentants du personnel ou d'un conseil juridique.



