Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur l'indemnité compensatrice de préavis : situations ouvrant droit, cas d'exclusion, montant et modalités de paiement.
Ce qu'il faut savoir
- Le préavis est le délai qui s'écoule entre la notification de la rupture du contrat de travail et sa date de fin.
- L'indemnité compensatrice de préavis est due lorsque l'employeur dispense le salarié d'effectuer son préavis.
- L'indemnité n'est pas due lorsque le salarié demande lui-même à être dispensé et que l'employeur accepte.
- L'indemnité n'est pas due en cas de licenciement pour faute grave ou faute lourde (aucun préavis dans ces cas).
- L'indemnité n'est pas due en cas de licenciement pour inaptitude, mais une indemnité compensatrice d'un montant égal est versée en cas d'inaptitude d'origine professionnelle.
- Le montant est égal au salaire brut que le salarié aurait perçu jusqu'à la fin du préavis, indemnité de congés payés comprise.
- L'indemnité se cumule avec l'indemnité de licenciement, l'indemnité compensatrice de congés payés et le salaire d'un nouvel emploi.
- L'indemnité est imposable, soumise aux cotisations sociales et saisissable dans les mêmes limites que le salaire.
Conditions essentielles
- Un contrat de travail en CDI (ou un CDD rompu pour embauche en CDI) doit être rompu.
- Le salarié doit être dispensé d'effectuer son préavis par l'employeur, ou se trouver dans une situation où le préavis n'est pas exécutable du fait de l'employeur.
- La situation de rupture doit figurer parmi les cas ouvrant droit à l'indemnité (dispense employeur, congé de reclassement, CSP accepté sous conditions d'ancienneté, prise d'acte aux torts de l'employeur, résiliation judiciaire, licenciement sans cause réelle et sérieuse, licenciement nul avec refus de réintégration…).
Les étapes
- Vérifier la situation de rupture (licenciement, démission, départ en retraite, rupture conventionnelle, rupture de période d'essai…).
- Identifier si le salarié est dispensé d'effectuer son préavis par l'employeur ou s'il en est privé en raison d'une situation particulière.
- Vérifier l'absence de cas d'exclusion (faute grave ou lourde, inaptitude, rupture de période d'essai, absence de dispense employeur).
- Le cas échéant, consulter la convention collective applicable : des dispositions conventionnelles peuvent prévoir des règles différentes.
- Calculer le montant : salaire brut jusqu'à la fin du préavis, indemnité de congés payés comprise, en tenant compte des heures supplémentaires, primes, titres-restaurant et jours de RTT.
- L'employeur verse l'indemnité à l'occasion de la paie pendant chaque mois de préavis, ou en une fois au moment du départ effectif du salarié.
- En cas de litige, saisir le conseil de prud'hommes.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — cas d'exclusion, règles propres au CSP, modalités de calcul — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les cas d'exclusion précis (faute grave, inaptitude, période d'essai), voir la section « Cas où l'indemnité n'est pas due ». Pour les règles propres au contrat de sécurisation professionnelle, voir la section dédiée.
Qu'est-ce qu'une indemnité compensatrice de préavis ?
Le préavis est le délai qui s'écoule entre la date de notification de la rupture du contrat de travail et la date de fin du contrat de travail. Lorsque le salarié n'effectue pas le préavis, il peut, dans certains cas, percevoir une indemnité compensatrice de préavis.
Lorsque le contrat de travail du salarié en CDI est rompu — licenciement, démission, départ en retraite par exemple —, un préavis doit, en principe, être effectué par le salarié. L'indemnité compensatrice de préavis est la somme d'argent versée au salarié qui n'a pas pu, en raison d'une situation particulière ou du fait de son employeur, effectuer sa période de préavis. Elle vise à compenser financièrement la période de travail qui n'a pas été réalisée.
Règle
Le droit à l'indemnité compensatrice de préavis est prévu par le code du travail (articles L.1226-14 et L.1234-1 à L.1234-8). Le salarié qui rompt son CDD avant la date de fin prévue, en raison d'une embauche en CDI dans une autre entreprise, doit respecter un préavis ; l'indemnité est due quand l'employeur dispense le salarié d'effectuer ce préavis.
L'indemnité compensatrice de préavis est due dans certaines situations, mais pas dans d'autres. Des dispositions conventionnelles (convention collective applicable) peuvent prévoir des règles différentes de celles du code du travail.
Cas où l'indemnité est due
L'indemnité compensatrice de préavis est due dans plusieurs situations, notamment lorsque l'employeur dispense le salarié d'effectuer son préavis ou lorsque la rupture résulte d'une décision judiciaire.
- Dispense d'initiative de l'employeur : l'indemnité est due lorsque l'employeur dispense le salarié d'effectuer son préavis.
- Congé de reclassement : l'indemnité est due au salarié qui accepte le congé de reclassement à l'occasion d'un licenciement pour motif économique (le salarié est dispensé d'effectuer son préavis).
- CDD rompu pour embauche en CDI : l'indemnité est due quand l'employeur dispense le salarié d'effectuer le préavis lié à la rupture anticipée du CDD.
- Prise d'acte de la rupture : l'indemnité est due lorsque le conseil de prud'hommes reconnaît la prise d'acte de la rupture aux torts de l'employeur.
- Résiliation judiciaire : l'indemnité est due lorsque le conseil de prud'hommes prononce la résiliation judiciaire du contrat de travail ; le contrat est rompu à compter de la date du jugement.
- Licenciement sans cause réelle et sérieuse : l'indemnité est due lorsque le conseil de prud'hommes juge que le licenciement est sans cause réelle et sérieuse, même si le salarié était en arrêt de travail pendant le préavis.
- Licenciement nul avec refus de réintégration : l'indemnité est due au salarié qui refuse sa réintégration lorsque le conseil de prud'hommes juge le licenciement nul ; elle est due quel que soit le motif de la rupture et même si le salarié était dans l'impossibilité d'effectuer son préavis.
- Décès du salarié dispensé de préavis : l'indemnité est intégralement due au salarié qui décède pendant son préavis et qui en était dispensé par l'employeur.
- Décès du particulier employeur : l'indemnité est due en cas de décès du particulier employeur qui employait un salarié à son domicile, ainsi qu'en cas de décès de l'enfant du particulier employeur confié à une assistante maternelle.
- Refus du CSP avec dispense de préavis : le salarié qui refuse le contrat de sécurisation professionnelle effectue normalement son préavis ; l'indemnité est due s'il est dispensé de préavis par l'employeur.
L'indemnité compensatrice de préavis est due lorsque le salarié n'effectue pas son préavis du fait de l'employeur ou en raison d'une situation particulière prévue par le code du travail.
Règle
Dans ces situations, l'employeur doit verser au salarié une indemnité compensatrice dont le montant est calculé comme s'il avait continué à travailler jusqu'à la fin du préavis (voir section « Montant de l'indemnité compensatrice de préavis »).
Le droit à l'indemnité dépend de la situation exacte de la rupture. En cas de doute, il est conseillé de consulter la convention collective applicable ou un conseiller juridique.
Cas où l'indemnité n'est pas due
L'indemnité compensatrice de préavis n'est pas due dans plusieurs situations, notamment lorsque le préavis n'existe pas ou lorsque le salarié a lui-même demandé à en être dispensé.
- Demande du salarié : l'indemnité n'est pas due quand le salarié demande à être dispensé de faire son préavis et que l'employeur l'accepte.
- Faute grave ou faute lourde : l'indemnité n'est pas due au salarié licencié pour faute grave ou faute lourde ; il n'existe en effet pas de préavis dans ces deux cas.
- Inaptitude d'origine non professionnelle : l'indemnité n'est pas due au salarié licencié pour inaptitude d'origine non professionnelle, après une période de maladie ou un accident non professionnel.
- Inaptitude d'origine professionnelle : l'indemnité n'est pas due au salarié licencié pour inaptitude d'origine professionnelle, après un accident du travail ou une maladie professionnelle ; cependant, il perçoit une indemnité compensatrice d'un montant égal à l'indemnité compensatrice de préavis.
- Rupture conventionnelle : l'indemnité n'est pas due, il n'existe en effet pas de préavis dans ce cas ; il existe toutefois des délais de procédure.
- Rupture de période d'essai : l'indemnité n'est pas due, il n'existe pas de préavis dans ce cas. Toutefois, la partie à l'initiative de la rupture doit prévenir l'autre partie dans le respect d'un délai appelé délai de prévenance. Lorsque l'employeur ne respecte pas ce délai, le salarié a droit à une indemnité compensatrice, sauf s'il a commis une faute grave ; cette indemnité est égale au montant des salaires et avantages qu'il aurait perçus jusqu'à la fin du délai de prévenance, y compris l'indemnité compensatrice de congés payés.
- Absence de dispense employeur pendant le préavis : l'indemnité n'est pas due quand le salarié est incarcéré, en arrêt maladie ou en congé parental pendant le préavis, et qu'il n'en est pas dispensé par l'employeur. Des dispositions conventionnelles peuvent toutefois prévoir des règles différentes.
L'indemnité compensatrice de préavis n'est pas due quand le préavis n'existe pas (faute grave ou lourde, inaptitude, rupture conventionnelle, période d'essai) ou quand le salarié a lui-même obtenu une dispense.
Règle
Dans le cas de la rupture de période d'essai, le régime applicable est celui du délai de prévenance : l'employeur qui ne respecte pas ce délai doit verser au salarié une indemnité égale aux salaires et avantages qu'il aurait perçus jusqu'à la fin du délai de prévenance, y compris l'indemnité compensatrice de congés payés. Le salarié qui a commis une faute grave n'a pas droit à cette indemnité.
Les dispositions conventionnelles peuvent modifier l'étendue du droit à l'indemnité. Un simulateur de recherche de convention collective est disponible sur le site code.travail.gouv.fr.
Indemnité et contrat de sécurisation professionnelle (CSP)
Lorsque le salarié accepte le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) à l'occasion d'un licenciement pour motif économique, le droit à l'indemnité compensatrice de préavis varie selon l'ancienneté du salarié dans l'entreprise et la durée du préavis.
Pour les salariés avec moins d'1 an d'ancienneté, l'indemnité compensatrice de préavis est due. Pour les salariés avec 1 an d'ancienneté et plus, le droit à l'indemnité varie aussi selon la durée du préavis : si le préavis est d'une durée inférieure ou égale à 3 mois, l'indemnité n'est pas due (le contrat de travail est rompu dès la fin du délai de réflexion prévu pour accepter le CSP) ; l'employeur verse à France Travail (anciennement Pôle emploi) l'équivalent de l'indemnité que le salarié aurait dû percevoir en cas de licenciement sans CSP. Si le préavis est d'une durée supérieure à 3 mois, l'indemnité est due pour la durée de préavis dépassant le 3ᵉ mois.
Règle
Le salarié qui refuse le CSP effectue normalement son préavis et perçoit son salaire à cette occasion. Toutefois, l'indemnité compensatrice de préavis est due s'il est dispensé de préavis par l'employeur.
Le contrat de sécurisation professionnelle est un dispositif d'accompagnement renforcé du retour à l'emploi, proposé au salarié licencié pour motif économique. L'acceptation du CSP suspend les règles habituelles de préavis, sous réserve des conditions d'ancienneté décrites ci-dessus.
Montant de l'indemnité compensatrice de préavis
Le montant de l'indemnité compensatrice de préavis est égal au salaire brut que le salarié aurait perçu s'il avait continué à travailler jusqu'à la fin du préavis, indemnité de congés payés comprise.
Le montant doit être calculé en fonction de la durée de travail prévue au contrat de travail (horaire contractuel). L'employeur doit également tenir compte des éléments suivants pour calculer l'indemnité : les heures supplémentaires régulières ou prévues au contrat de travail que le salarié aurait accomplies s'il avait travaillé, la part fixe et la part variable de la rémunération (prime ou commission), les titres-restaurant émis par l'employeur au profit du salarié, et l'indemnité correspondant aux jours de RTT (réduction du temps de travail) qu'aurait acquis le salarié s'il avait continué à travailler.
Règle
L'indemnité est calculée sur la base du salaire brut, tous éléments de rémunération compris, jusqu'à la date théorique de fin de préavis. L'indemnité compensatrice de congés payés est incluse dans le montant versé.
En cas de doute sur le calcul (primes variables, heures supplémentaires, RTT), il est conseillé de consulter le service des ressources humaines de l'entreprise ou un conseiller juridique. Les conventions collectives peuvent prévoir des modalités de calcul spécifiques.
Moment du paiement de l'indemnité
L'employeur peut payer l'indemnité compensatrice à l'une des deux échéances suivantes : versement à l'occasion de la paie pendant chaque mois de préavis, ou versement en une fois au moment du départ effectif du salarié de l'entreprise.
Le choix de l'échéance de paiement appartient à l'employeur, dans le cadre des dispositions du code du travail et de la convention collective applicable. Le versement mensuel correspond au paiement progressif de l'indemnité, au rythme des paies habituelles. Le versement en une fois intervient lors du solde de tout compte, au moment où le salarié quitte définitivement l'entreprise.
Règle
Quelle que soit l'échéance choisie, le montant total versé au titre de l'indemnité compensatrice de préavis doit correspondre à la totalité du salaire brut que le salarié aurait perçu jusqu'à la fin du préavis, indemnité de congés payés comprise.
Le solde de tout compte récapitule l'ensemble des sommes dues au salarié à la fin du contrat de travail, y compris l'indemnité compensatrice de préavis, l'indemnité de congés payés et, le cas échéant, l'indemnité de licenciement.
Cumuls, imposition, cotisations et saisie
L'indemnité compensatrice de préavis se cumule avec d'autres indemnités, peut être cumulée avec le salaire d'un nouvel emploi, et est traitée fiscalement et socialement comme un salaire.
L'indemnité compensatrice de préavis se cumule avec les indemnités suivantes : indemnité de licenciement, indemnité compensatrice de congés payés, indemnité de mise ou de départ à la retraite, indemnité pour licenciement irrégulier. Elle se cumule également avec les indemnités journalières versées par la sécurité sociale, en cas d'arrêt de travail pendant le préavis dont le salarié est dispensé. Elle peut être cumulée avec le salaire d'un nouvel emploi.
Règle
L'indemnité compensatrice de préavis est soumise à l'impôt sur le revenu dans les mêmes conditions que le salaire. Elle est soumise aux cotisations sociales dans les mêmes conditions que le salaire. Elle est saisissable et cessible dans les mêmes limites que le salaire.
Le cumul avec le salaire d'un nouvel emploi est possible dès lors que le salarié a effectivement quitté l'entreprise et perçu l'indemnité. En cas de litige sur l'imposition ou les cotisations, le salarié peut saisir l'inspection du travail (DDETS) ou un conseiller juridique.
Textes applicables
- Code du travail — article L1226-14Texte légal
- Code du travail — articles L1234-1 à L1234-8Texte légal
- Code du travail : article L1235-2Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Indemnité compensatrice de préavis pour un salarié (licenciement, démission...)
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Trouver sa convention collective (code.travail.gouv.fr)
- Code du travail — article L1235-2 (licenciement sans cause réelle et sérieuse)
Les règles relatives au préavis et à l'indemnité compensatrice sont fixées par le code du travail. Des conventions collectives peuvent prévoir des dispositions plus favorables. Vérifier les dernières évolutions auprès de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) ou d'un conseiller juridique.


