Vue d'ensemble
Le calcul des heures supplémentaires repose sur trois éléments : la durée légale, la demande de l'employeur et le taux de majoration applicable.
Ce qu'il faut savoir
- La durée légale du travail est de 35 heures par semaine ou 1 607 heures par an pour un salarié à temps plein.
- Les heures supplémentaires sont accomplies à la demande de l'employeur, même si son accord peut être implicite lorsqu'il valide les heures enregistrées.
- En l'absence de convention ou d'accord, les 8 premières heures au-delà de 35 heures sont majorées de 25 %, les suivantes de 50 %.
- Le contingent annuel supplétif est de 220 heures par salarié et par an. Au-delà, une contrepartie obligatoire en repos s'ajoute à la majoration.
- Le salarié à temps partiel effectue des heures complémentaires, soumises à des limites et à des majorations spécifiques.
Conditions essentielles
- Le salarié doit être à temps plein et relever d'un décompte horaire du temps de travail.
- Les heures doivent être accomplies au-delà de la durée légale ou de la durée conventionnelle applicable.
- L'employeur doit pouvoir identifier les heures réalisées et leur demandeur.
- La convention collective ou l'accord d'entreprise doit être consulté pour les taux et le contingent.
- Le salarié ne doit pas dépasser les durées maximales de travail.
Les étapes
- Relever les heures effectuées dans la semaine civile.
- Identifier les heures au-delà de la durée légale ou conventionnelle.
- Appliquer le taux de majoration prévu par la convention ou, à défaut, le taux légal.
- Vérifier le contingent annuel et calculer la contrepartie en repos éventuelle.
- Faire figurer les heures et les majorations sur le bulletin de paie.
Cette synthèse présente le régime général. Le détail du contingent, des majorations et des contreparties est traité dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les taux et le contingent, voir « Le contingent annuel » et « Comment calculer la majoration ? ». Pour le temps partiel, voir « Heures complémentaires du temps partiel ».
Qu'est-ce qu'une heure supplémentaire ?
Une heure supplémentaire est une heure de travail accomplie au-delà de la durée légale, à la demande de l'employeur.
La durée légale est de 35 heures par semaine ou 1 607 heures par an. Toute heure accomplie au-delà, à la demande de l'employeur, est une heure supplémentaire. Les heures sont décomptées par semaine civile.
Le salarié ne peut pas refuser en principe d'effectuer des heures supplémentaires décidées par l'employeur. Il ne peut pas être sanctionné s'il refuse exceptionnellement des heures demandées sans prévenance suffisante. L'accord de l'employeur peut être implicite s'il valide les heures enregistrées.
Règle
Les heures supplémentaires ne se confondent pas avec les heures complémentaires du salarié à temps partiel, ni avec les heures d'équivalence. Elles supposent un décompte du temps de travail et une demande de l'employeur.
- Heures supplémentaires : au-delà de la durée légale, pour un salarié à temps plein.
- Heures complémentaires : au-delà de la durée contractuelle, pour un salarié à temps partiel.
- Heures d'équivalence : régimes spécifiques à certaines activités.
- Heures non demandées : en principe non rémunérées comme heures supplémentaires, sauf si elles étaient nécessaires aux tâches confiées.
- Heures récupérées : repos compensateur ou contrepartie en repos selon les règles applicables.
Le salarié doit pouvoir prouver les heures réalisées : pointage, courriels, agenda, attestations. L'employeur doit tenir un décompte fiable du temps de travail.
Le contingent annuel
Le contingent annuel est le nombre d'heures supplémentaires que le salarié peut accomplir dans l'année sans contrepartie obligatoire en repos spécifique.
Le contingent est fixé par convention collective, accord collectif d'entreprise ou accord de branche étendu. En l'absence de disposition conventionnelle, il est de 220 heures par salarié et par an.
Les heures effectuées au-delà du contingent ouvrent droit à une contrepartie obligatoire en repos, en plus de la majoration salariale. Cette contrepartie est fixée par la loi ou par la convention collective.
Règle
Le salarié ne doit pas dépasser les durées maximales de travail, même s'il reste sous le contingent. Le contingent ne fixe pas une autorisation automatique : l'employeur doit respecter les limites de sécurité et de santé.
- Contingent légal supplétif : 220 heures par salarié et par an.
- Contingent conventionnel : peut être différent, à vérifier dans la convention collective.
- Au-delà du contingent : contrepartie obligatoire en repos.
- Durée maximale : les limites hebdomadaires et journalières restent applicables.
- Suivi : l'employeur doit pouvoir justifier du nombre d'heures accomplies.
Le contingent s'apprécie par salarié et par année. Les règles de report ou de proratisation doivent être vérifiées dans les textes applicables.
Comment calculer la majoration ?
La majoration s'applique sur le salaire horaire brut. Son taux dépend de la convention collective ou, à défaut, de la loi.
En l'absence de dispositions conventionnelles, les heures accomplies au-delà de la durée légale hebdomadaire sont majorées de 25 % pour les 8 premières heures (de la 36e à la 43e heure) et de 50 % pour les heures suivantes (à partir de la 44e heure).
La majoration s'applique sur le montant brut du salaire. Le taux horaire majoré est calculé à partir du salaire de base et, le cas échéant, des primes qui entrent dans l'assiette. La convention collective peut fixer des taux différents, avec un minimum légal de 10 %.
Règle
Les heures supplémentaires doivent être payées à la même date que le salaire habituel. Lorsqu'une semaine est à cheval sur deux mois, le paiement peut être reporté sur la paie suivante. Le bulletin de paie doit faire apparaître le nombre d'heures et les majorations.
- Taux légal supplétif : 25 % pour les 8 premières heures, 50 % au-delà.
- Taux conventionnel : peut être plus favorable, avec un minimum de 10 %.
- Assiette : salaire horaire brut, selon les éléments retenus par la convention.
- Bulletin de paie : mention des heures et des majorations.
- Paiement : à la date habituelle du salaire, sauf report prévu.
Un taux inférieur à 10 % n'est pas conforme. Vérifiez la convention collective et les accords d'entreprise avant d'appliquer un taux.
Repos compensateur et contrepartie obligatoire
La majoration peut être remplacée, en tout ou partie, par un repos compensateur équivalent. Au-delà du contingent, une contrepartie obligatoire en repos s'ajoute.
Le repos compensateur équivalent a une durée égale à la rémunération majorée. Par exemple, une heure supplémentaire majorée de 50 % donne droit à un repos de 1 heure 30.
La contrepartie obligatoire en repos est due pour les heures effectuées au-delà du contingent. Elle est fixée à 50 % des heures accomplies au-delà du contingent pour les entreprises de 20 salariés au plus, et à 100 % pour les entreprises de plus de 20 salariés, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
Règle
Le salarié peut prendre une journée entière ou une demi-journée de repos dès que la contrepartie atteint 7 heures. Il adresse sa demande à l'employeur au moins 1 semaine à l'avance. L'employeur répond dans les 7 jours et ne peut pas différer le repos de plus de 2 mois en cas de désaccord.
- Repos compensateur : remplace tout ou partie de la majoration.
- Contrepartie obligatoire : due au-delà du contingent.
- Seuil de prise : 7 heures de contrepartie pour une journée ou une demi-journée.
- Demande : au moins 1 semaine à l'avance.
- Réponse de l'employeur : dans les 7 jours.
- Report maximal : 2 mois en cas de désaccord.
Le repos compensateur et la contrepartie obligatoire ne se confondent pas avec les congés payés. Ils s'ajoutent aux droits à congés et doivent être suivis dans un compteur.
Documents à préparer
Le calcul et le contrôle des heures supplémentaires supposent de réunir les documents de suivi du temps de travail et de paie.
- Contrat de travail et durée du travail prévue.
- Convention collective ou accord d'entreprise applicable.
- Relevés de pointage ou feuilles d'heures.
- Plannings et horaires de travail.
- Bulletins de paie de la période.
- Justificatifs des heures demandées par l'employeur.
- Compteur de repos compensateur et de contrepartie.
- Registre du personnel et documents obligatoires.
- Échanges écrits sur les heures réalisées.
- Attestations ou témoignages en cas de litige.
Salarié à temps plein
Comparez les heures effectuées à la durée légale ou conventionnelle. Les heures au-delà sont supplémentaires. Appliquez le taux de majoration et vérifiez le contingent.
Salarié sous convention de forfait
Le salarié en forfait en heures ou en jours relève de règles spécifiques. Les heures supplémentaires ne se calculent pas de la même manière. Vérifiez la convention et l'accord applicable.
Salarié à temps partiel
Les heures au-delà de la durée contractuelle sont des heures complémentaires, avec des limites et des majorations propres. Elles ne sont pas des heures supplémentaires.
Heures complémentaires du temps partiel
Le salarié à temps partiel peut effectuer des heures au-delà de la durée prévue au contrat. Ces heures sont des heures complémentaires.
Les heures complémentaires peuvent être effectuées dans la limite de 1/10e de la durée hebdomadaire ou mensuelle prévue au contrat. Ce plafond peut être porté à 1/3 par dispositions conventionnelles.
Chaque heure complémentaire donne lieu à une majoration. À défaut de disposition conventionnelle, le taux est de 10 % pour les heures accomplies dans la limite de 1/10e et de 25 % au-delà de cette limite, dans la limite du plafond applicable.
Règle
Le salarié peut refuser des heures complémentaires s'il est informé moins de 3 jours avant la date prévue ou si les heures dépassent les limites fixées. Ce refus n'est pas une faute. En revanche, un refus injustifié peut être sanctionné.
- Limite de principe : 1/10e de la durée contractuelle.
- Limite conventionnelle : jusqu'à 1/3 de la durée contractuelle.
- Majoration : 10 % puis 25 % à défaut de disposition conventionnelle.
- Délai d'information : au moins 3 jours avant, sauf accord.
- Refus légitime : si l'information est tardive ou si les limites sont dépassées.
- Bulletin de paie : mention des heures complémentaires et des majorations.
Les heures complémentaires ne doivent pas porter la durée du travail au niveau d'un temps plein, sauf avenant ou accord prévu. Vérifiez les règles de transformation du contrat.
Jours fériés et congés
Les jours fériés et les congés payés peuvent influencer le décompte des heures supplémentaires.
Lorsque la durée du travail est décomptée à la semaine ou sur deux semaines, les congés payés pris pendant cette période sont considérés comme du temps de travail effectif pour le décompte des heures supplémentaires.
Les heures non effectuées du fait d'un jour férié ne sont pas assimilées à du temps de travail effectif pour le décompte, sauf dispositions conventionnelles ou usages plus favorables. Le salarié peut donc ne pas atteindre le seuil de 35 heures du fait du jour férié.
Règle
L'employeur peut appliquer un décompte plus favorable au salarié, en considérant les heures du jour férié comme du temps de travail effectif. Vérifiez la convention collective et les usages de l'entreprise.
- Congés payés : assimilés à du temps de travail effectif pour le décompte, selon les règles applicables.
- Jours fériés : en principe non assimilés, sauf disposition plus favorable.
- Absences : peuvent réduire le temps de travail effectif et le seuil de déclenchement.
- Décompte : à la semaine civile ou sur une période de référence selon l'organisation.
- Preuve : conservez les plannings et les justificatifs d'absence.
Le décompte des heures supplémentaires peut varier selon que l'entreprise applique un décompte hebdomadaire, sur deux semaines ou sur une période de référence. Vérifiez les règles applicables.
Litige et preuve des heures
En cas de non-paiement ou de contestation, le salarié doit pouvoir établir les heures réalisées et la demande de l'employeur.
Le salarié peut signaler le manquement à l'employeur par écrit et demander un rappel de salaire. Il peut se rapprocher des représentants du personnel et, si nécessaire, saisir le conseil de prud'hommes.
La preuve des heures peut être apportée par le pointage, les courriels, l'agenda, les plannings, les attestations ou le bulletin de paie. L'employeur doit tenir un décompte du temps de travail et pouvoir le produire.
- Signaler le manquement à l'employeur par écrit.
- Demander un rappel de salaire et la régularisation des compteurs.
- Conserver les preuves des heures réalisées.
- Saisir les représentants du personnel ou l'inspection du travail.
- Saisir le conseil de prud'hommes dans le délai applicable.
- Vérifier le bulletin de paie et les majorations appliquées.
Le salarié ne peut pas se faire justice en cessant le travail. Il doit utiliser les voies de recours prévues et documenter sa demande.
Où s'adresser ?
Plusieurs interlocuteurs peuvent aider à calculer ou à contester des heures supplémentaires.
- Service de paie ou expert-comptable : calcul des majorations et des compteurs.
- Représentants du personnel ou CSE : information et appui au salarié.
- Inspection du travail (DDETS) : information sur le droit du travail.
- Conseil de prud'hommes : litiges individuels sur les heures supplémentaires.
- Avocat en droit du travail : contentieux et stratégie de preuve.
- Service-Public.gouv.fr : fiche officielle sur les heures supplémentaires.
Les services en ligne et les coordonnées utiles sont référencés sur le portail officiel Service-Public.gouv.fr et sur le site du ministère du Travail.
Questions fréquentes
Le salarié peut-il refuser des heures supplémentaires ?
En principe, le salarié ne peut pas refuser des heures supplémentaires décidées par l'employeur. Il ne peut pas être sanctionné s'il refuse exceptionnellement des heures demandées sans prévenance suffisante.
Les heures supplémentaires sont-elles obligatoirement payées ?
Elles peuvent être payées ou remplacées, en tout ou partie, par un repos compensateur équivalent. Le choix dépend de l'accord applicable et des dispositions légales ou conventionnelles.
Comment se calcule la majoration de 25 % et 50 % ?
En l'absence de convention, les 8 premières heures au-delà de 35 heures sont majorées de 25 %, puis les suivantes de 50 %. La majoration s'applique sur le salaire horaire brut.
Les heures supplémentaires sont-elles imposées ?
Elles sont soumises à l'impôt sur le revenu, avec une exonération dans la limite d'un plafond annuel prévu par la loi. Elles bénéficient également d'une réduction de cotisations salariales dans les conditions prévues. Vérifiez le montant sur le bulletin de paie.
Un salarié à temps partiel peut-il faire des heures supplémentaires ?
Non, il effectue des heures complémentaires, dans les limites et avec les majorations prévues pour le temps partiel. Les règles diffèrent de celles des heures supplémentaires.
Textes applicables
- Code du travail : articles L3121-27 à L3121-31Texte légal
- Code du travail : articles L3121-32 et L3121-34Texte légal
- Code du travail : article L3171-4Texte légal
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Heures supplémentaires d'un salarié du secteur privé
Vérifiée le 2026-10-04
- OuvrirLégifrance
Code du travail : articles L3121-27 à L3121-31
Vérifiée le 2026-11-04
- OuvrirLégifrance
Code du travail : articles L3121-32 et L3121-34
Vérifiée le 2026-11-04
- OuvrirLégifrance
Code du travail : article L3171-4
Vérifiée le 2026-11-04
Voir aussi
Sources officielles consultées le 5 novembre 2026. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
