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Impôt sur le revenu - Plus-value immobilière

Lorsqu'un bien immobilier est vendu plus cher qu'il n'a été acheté, le gain réalisé — la plus-value — est imposable à l'impôt sur le revenu et soumis aux prélèvements sociaux. La résidence principale en est totalement exonérée, et des abattements pour durée de détention ainsi que des exonérations sous conditions existent.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur l'imposition de la plus-value immobilière : exonérations, abattements, taux d'imposition et déclaration.

Ce qu'il faut savoir

  • Une plus-value immobilière est le gain réalisé lorsqu'un bien est vendu plus cher qu'il n'a été acheté ; elle est soumise à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
  • La vente de la résidence principale et de ses dépendances (cave, garage, place de stationnement, cour…) est totalement exonérée.
  • Vous êtes exonéré d'impôt pour tout bien détenu depuis plus de 22 ans, et exonéré de prélèvements sociaux au-delà de 30 ans de détention.
  • La vente d'un logement autre que la résidence principale peut être exonérée si le prix est réemployé à l'achat ou la construction de votre habitation principale dans un délai de 2 ans et que vous n'étiez pas propriétaire de résidence principale dans les 4 années précédentes (une seule fois).
  • Les taux d'imposition sont de 19 % pour l'impôt sur le revenu et de 17,2 % pour les prélèvements sociaux, après déduction des abattements pour durée de détention.
  • Une taxe supplémentaire de 2 % à 6 % s'applique en cas de plus-value imposable supérieure à 50 000 € (hors ventes exonérées et terrains à bâtir).
  • Le notaire chargé de la vente effectue les démarches, calcule la plus-value imposable, établit la déclaration et paie l'impôt auprès des services de la publicité foncière ; vous indiquez ensuite le montant sur votre déclaration de revenus.
  • Des exonérations sous conditions existent pour les retraités, les bénéficiaires de la carte mobilité inclusion invalidité, les résidents d'EHPAD ou d'établissements pour adultes handicapés, et les non-résidents.

Conditions essentielles

  • Réaliser une cession à titre onéreux d'un bien immobilier ou de droits immobiliers dans le cadre de la gestion de votre patrimoine immobilier privé.
  • Que le bien ne soit pas votre résidence principale (sinon exonération totale) ou que vous ne remplissiez pas les conditions d'une autre exonération.
  • Calculez la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition (augmenté le cas échéant des frais et travaux justifiés).
  • Déduire les abattements pour durée de détention (6 % par an de la 6ᵉ à la 21ᵉ année pour l'IR, puis exonération au-delà de 22 ans).
  • Déclarer et payer l'impôt et les prélèvements sociaux via le notaire, puis reporter le montant sur la déclaration de revenus.

Les étapes

  • Vérifier si votre vente est exonérée : résidence principale, durée de détention supérieure à 22 ou 30 ans, 1ʳᵉ cession avec réemploi, prix de vente inférieur à 15 000 €, ou situation personnelle (retraite, CMI, EHPAD, handicap, non-résident).
  • Déterminer le prix d'acquisition : prix payé (ou valeur successorale/donationnaire), majoré le cas échéant des frais d'acquisition (réel ou forfait 7,5 %), des travaux (réel ou forfait 15 % si détenu plus de 5 ans) et des autres frais justifiés.
  • Déterminer le prix de vente : prix indiqué dans l'acte, déduction faite des frais de vente justifiés et augmenté des sommes versées au profit du vendeur.
  • Calculer la plus-value brute puis appliquer les abattements pour durée de détention pour obtenir la plus-value imposable.
  • Appliquer les taux : 19 % pour l'impôt sur le revenu et 17,2 % pour les prélèvements sociaux sur les bases respectives.
  • Laisser le notaire accomplir les démarches, calculer l'impôt, établir la déclaration (formulaire n° 2048-IMM-SD pour la taxe supplémentaire) et payer auprès des services de la publicité foncière.
  • Indiquer sur votre déclaration de revenus le montant de la plus-value déclarée par le notaire, et le cas échéant le montant de la plus-value exonérée (1ʳᵉ cession d'un logement autre que la résidence principale).

Cette synthèse présente les règles applicables aux cessions réalisées par les contribuables. Les montants de seuils (15 000 €, 50 000 €, 150 000 €) et les barèmes peuvent évoluer : vérifier les valeurs en vigueur auprès du notaire ou du service des impôts.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail du calcul, voir « Comment calculer la plus-value immobilière ? » et « Les abattements pour durée de détention ». Pour les exonérations selon votre situation, voir les sections dédiées (résidence principale, vendeur, non-résident).

Qu'est-ce qu'une plus-value immobilière ?

La plus-value est la différence positive entre le prix de vente et le prix d'acquisition d'un bien immobilier.

Lorsque vous vendez un bien immobilier dont vous êtes propriétaire, vous devez calculer la différence entre les prix suivants : le prix de vente du bien et le prix d'acquisition du bien. Si le résultat de ce calcul est positif — vous vendez plus cher que vous n'avez acheté —, vous réalisez un gain appelé plus-value. Si le résultat est négatif, vous réalisez une perte appelée moins-value.

Exemples : vous avez acheté un logement au prix de 100 000 €. Si vous le revendez au prix de 120 000 €, vous réalisez une plus-value de 20 000 € (120 000 € − 100 000 €). Si vous revendez le logement au prix de 90 000 €, vous réalisez une moins-value de 10 000 € (90 000 € − 100 000 €).

Règle

Les plus-values immobilières sont soumises à l'impôt sur le revenu. Elles sont aussi soumises aux prélèvements sociaux. L'imposition est établie en totalité pour l'année au cours de laquelle la vente est intervenue, quelles que soient les modalités de paiement de la vente — c'est le cas notamment si vous optez pour une vente en viager, avec versement d'une rente viagère et d'un éventuel bouquet.

Si vous réalisez une moins-value, c'est-à-dire une perte, vous pouvez la déduire d'une plus-value réalisée lors de la vente d'un autre bien uniquement de façon exceptionnelle — par exemple en cas de vente en bloc d'un immeuble acquis par fractions successives. En pratique, les moins-values immobilières ne sont donc pas déductibles des autres revenus.

Quelles ventes sont concernées par l'imposition ?

L'imposition s'applique aux plus-values réalisées dans le cadre de la gestion du patrimoine immobilier privé, que la résidence fiscale soit en France ou à l'étranger.

Vous êtes soumis à l'impôt sur le revenu pour les plus-values immobilières réalisées dans le cadre de la gestion de votre patrimoine immobilier privé. Vous êtes concerné dans les cas suivants : vente d'un bien immobilier (appartement, maison, terrain, forêt, terre agricole) ; vente des droits attachés à un bien immobilier — servitudes, usufruit, nue-propriété par exemple ; vente de biens ou droits par l'intermédiaire d'une société civile immobilière non soumise à l'impôt sur les sociétés ou d'un fonds de placement dans l'immobilier (FPI) ; et échange de biens, partage ou apport en société.

Vous êtes concerné par l'imposition de la plus-value que votre résidence fiscale soit située en France ou à l'étranger. Des règles particulières s'appliquent aux non-résidents (voir la section dédiée). L'imposition est établie en totalité pour l'année de la vente, y compris en cas de vente en viager.

Règle

Les principales exonérations d'impôt sur les plus-values immobilières sont liées aux éléments suivants : les caractéristiques du bien cédé, la situation du vendeur et la situation de l'acquéreur. La plupart des exonérations sont accordées sous conditions.

Les règles présentées dans cet article portent sur les plus-values des particuliers. Les plus-values réalisées dans le cadre d'une activité professionnelle ou par certaines sociétés relèvent de régimes distincts, non traités ici.

L'exonération de la résidence principale

La vente de la résidence principale et de ses dépendances est totalement exonérée d'impôt sur la plus-value.

Vous êtes totalement exonéré si vous réalisez une plus-value sur la vente de votre résidence principale et de ses dépendances (cave, garage, place de stationnement, cour, etc.).

Il s'agit de votre habitation habituelle et effective, c'est-à-dire celle que vous occupez la majeure partie de l'année. Le logement doit être votre résidence principale au moment de la vente. En cas de séparation ou de divorce, il faut que l'un des ex-conjoints (mariés, pacsés ou concubins) ait occupé le logement jusqu'à sa mise en vente.

Règle

L'exonération s'étend aux dépendances du logement vendues en même temps que celui-ci : cave, garage, place de stationnement, cour, etc. Elle est totale, c'est-à-dire qu'elle porte à la fois sur l'impôt sur le revenu et sur les prélèvements sociaux.

L'exonération de la résidence principale est l'exonération la plus large du dispositif : elle ne dépend ni de la durée de détention, ni du montant de la plus-value, ni de la situation de ressources du vendeur. En revanche, si le logement n'est occupé qu'une partie de l'année (maison de vacances, résidence secondaire), l'exonération ne s'applique pas.

Les autres exonérations liées au bien ou à la vente

Durée de détention, 1ʳᵉ cession avec réemploi, prix de vente faible, logement social ou expropriation : plusieurs exonérations existent selon le bien ou l'opération.

Vous êtes exonéré d'impôt sur la plus-value pour tout bien détenu depuis plus de 22 ans. La plus-value réalisée lors de la vente d'un bien détenu depuis plus de 30 ans est aussi exonérée de prélèvements sociaux.

Vous êtes aussi exonéré en cas de vente d'un logement autre que la résidence principale si vous respectez les 2 conditions suivantes : vous utilisez le prix de la vente pour acheter ou construire votre habitation principale dans un délai de 2 ans, et vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale dans les 4 années précédant la vente. L'exonération s'applique, à votre demande, par une mention portée dans l'acte de vente ; vous ne pouvez en bénéficier qu'une seule fois.

Règle

Vous êtes également exonéré dans les cas suivants : bien dont le prix de vente ne dépasse pas 15 000 € ; vente d'un droit de surélévation jusqu'au 31 décembre 2026 ; bien échangé dans le cadre de certaines opérations de remembrement. Vous bénéficiez d'une exonération si vous vendez un bien directement ou indirectement à un organisme en charge du logement social ou à un opérateur privé qui s'engage à réaliser ou achever des logements sociaux (jusqu'au 31 décembre 2027). Sont également exonérés le bien exproprié, à condition d'utiliser l'intégralité de l'indemnité pour l'acquisition, la construction, la reconstruction ou l'agrandissement d'un ou plusieurs immeubles dans un délai de 12 mois, et le bien cédé par un particulier ayant exercé son droit de délaissement, dans les mêmes conditions de réemploi dans un délai de 12 mois.

Dans les zones tendues (A bis, A et B1), l'exonération est aussi accordée, sous conditions, si le bien est vendu pour être affecté au logement intermédiaire. Un téléservice permet de connaître la zone (A, A bis, B1, B2 ou C) de votre commune. Les dates butoirs (31 décembre 2026 pour le droit de surélévation, 31 décembre 2027 pour le logement social) doivent être vérifiées avant toute cession.

Les exonérations liées à la situation du vendeur

Retraités, bénéficiaires de la CMI invalidité, résidents d'EHPAD ou d'établissements pour adultes handicapés : des exonérations sous conditions de ressources existent.

Vous pouvez bénéficier d'une exonération sous conditions de ressources si vous, ou votre conjoint, touchez une pension de retraite ou de réversion, ou si vous, ou votre conjoint, avez une carte mobilité inclusion invalidité (CMI). Pour une cession en 2026, vous êtes exonéré si votre revenu fiscal de référence ne dépasse pas 12 793 € pour la 1ʳᵉ part de quotient familial (+ 3 428 € par demi-part supplémentaire, sur la base des données 2024). Les montants sont différents dans les Dom.

Vous devez par ailleurs ne pas être soumis à l'IFI (impôt sur la fortune immobilière) pour l'avant-dernière année précédant la vente. Cette condition vise à écarter les contribuables patrimonialement aisés de l'exonération de situation.

Règle

Vous pouvez bénéficier d'une exonération, sous conditions, si vous résidez dans un établissement d'accueil pour personnes âgées (EHPAD par exemple) ou dans un établissement d'accueil pour personnes handicapées (foyer de vie ou maison d'accueil spécialisée, par exemple). Vous êtes exonéré en cas de vente de votre ancienne résidence principale, sous certaines conditions : pour une cession en 2026, votre revenu ne doit pas dépasser 30 024 € pour la 1ʳᵉ part de quotient familial (+ 7 015 € pour la 1ʳᵉ demi-part supplémentaire et 5 522 € pour les demi-parts suivantes, sur la base des données 2024). Votre ancienne résidence principale doit être vendue dans un délai de 2 ans après votre entrée dans l'établissement. Elle ne doit pas avoir été occupée (louée ou prêtée), sauf par votre conjoint. Les montants sont différents dans les Dom et vous ne devez pas être soumis à l'IFI (avant-dernière année précédant la vente).

Ces exonérations de situation sont cumulables avec les abattements de durée de détention lorsque la vente n'est pas totalement exonérée. Les seuils de revenu fiscal de référence sont revalorisés chaque année : vérifier les montants en vigueur pour l'année de votre cession.

Le cas des non-résidents

Le non-résident est imposé dans les mêmes conditions qu'un résident, sous réserve d'exonérations spécifiques et d'une représentation fiscale.

La plus-value que vous réalisez est imposable dans les mêmes conditions que pour un résident français. Si vous n'êtes pas ressortissant d'un État membre de l'UE ou de l'EEE, des dispositions particulières peuvent être prévues par convention internationale. Toutefois, vous êtes exonéré, sous conditions, si la plus-value est réalisée lors de la vente de votre résidence principale.

Pour l'exonération de la résidence principale, vous devez remplir les 2 conditions suivantes : la vente a été réalisée au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle du transfert de votre domicile fiscal hors de France, et le logement n'a pas été mis à la disposition d'un tiers entre le transfert de domicile et la vente. Vous êtes aussi exonéré en cas de vente d'une autre résidence, et dans la limite d'une plus-value de 150 000 €, si vous remplissez les conditions suivantes : vous êtes ressortissant d'un pays de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen ayant conclu une convention avec la France, et vous avez été fiscalement domicilié en France de manière continue pendant au moins 2 ans. La vente doit intervenir au plus tard le 31 décembre de la 10ᵉ année suivant celle du transfert de votre domicile fiscal hors de France — toutefois, aucun délai n'est imposé si vous avez la libre disposition du logement au moins depuis le 1ᵉʳ janvier de l'année précédant celle de la vente. Cet avantage est accordé dans la limite d'une résidence par contribuable.

Règle

Si vous êtes non-résident, vous devez désigner un représentant fiscal dès lors que votre plus-value est soumise à impôt. Votre représentant doit être accrédité par l'administration fiscale et présenter des garanties financières. Vous êtes dispensé de représentant fiscal dans les cas suivants : vous êtes ressortissant d'un pays de l'Union européenne ou de l'EEE ayant conclu une convention avec la France ; le prix de vente ne dépasse pas 150 000 € ; ou votre plus-value est exonérée d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux, compte tenu de la durée de détention du bien.

La dispense de représentant fiscal pour les ressortissants UE/EEE dotés d'une convention et pour les prix de vente inférieurs ou égaux à 150 000 € simplifie considérablement la cession pour de nombreux non-résidents européens. Les conventions fiscales internationales peuvent par ailleurs prévoir des taux ou des exonérations spécifiques : consulter les conventions sur impots.gouv.fr.

Comment calculer la plus-value immobilière ?

Le calcul repose sur le prix de vente, déduit des frais de vente, et le prix d'acquisition, augmenté le cas échéant des frais et travaux justifiés.

Vous devez calculer la différence entre le prix de vente du bien et le prix d'acquisition du bien. Vous obtenez la plus-value (brute) si vous réalisez un gain. Le prix de vente est le prix indiqué dans l'acte de vente. Vous pouvez déduire du prix, sur justificatifs, les frais payés lors de la vente (par exemple, les frais liés aux diagnostics obligatoires). Le prix de vente doit être augmenté des sommes versées à votre profit (par exemple, une indemnité d'éviction versée par l'acheteur au locataire en place).

Si vous avez acheté le bien, le prix d'acquisition est celui que vous avez effectivement payé et qui est indiqué dans l'acte d'acquisition. Ce prix peut être augmenté, sur justificatifs (ou de façon forfaitaire), des frais suivants : les charges et indemnités versées au vendeur à l'achat (pour leur montant réel) ; les frais d'acquisition — droits d'enregistrement, frais de notaire — pour leur montant réel justifié ou pour un montant forfaitaire de 7,5 % du prix d'achat ; les dépenses de travaux (construction, reconstruction, agrandissement, amélioration) sous conditions, pour leur montant réel justifié ou pour un forfait de 15 % du prix d'achat si le bien est détenu depuis plus de 5 ans ; et les frais de voirie, réseaux et distributions (frais d'aménagement pour lotissement par exemple).

Règle

Si vous avez reçu le bien par donation ou succession, le prix d'acquisition correspond à la valeur retenue pour le calcul des droits de donation ou de succession. Si vous avez loué le bien en meublé en tant que loueur non professionnel, les amortissements que vous avez pu déduire sont réintégrés dans le prix d'acquisition, sous certaines conditions — pour les ventes réalisées depuis le 15 février 2025.

Les majorations du prix d'acquisition (frais d'acquisition 7,5 %, travaux 15 %) sont des forfaits qui s'appliquent en l'absence de justificatifs. Le choix entre le montant réel justifié et le forfait doit être fait en comparant les deux options : le forfait n'est pas systématiquement plus favorable. La réintégration des amortissements des loueurs meublés non professionnels constitue un durcissement récent de la règle, applicable aux cessions postérieures au 15 février 2025.

Les abattements pour durée de détention

La plus-value est diminuée d'un abattement croissant selon la durée de détention, avec des assiettes distinctes pour l'impôt et les prélèvements sociaux.

La plus-value est diminuée d'un abattement qui dépend du temps pendant lequel vous avez possédé le bien. L'assiette est différente pour le calcul de l'impôt sur le revenu et pour celui des prélèvements sociaux.

  • Jusqu'à 5 années

    Abattement par année — impôt sur le revenu
    0 %
    Abattement par année — prélèvements sociaux
    0 %
  • De la 6ᵉ à la 21ᵉ année

    Abattement par année — impôt sur le revenu
    6 %
    Abattement par année — prélèvements sociaux
    1,65 %
  • 22ᵉ année révolue

    Abattement par année — impôt sur le revenu
    4 %
    Abattement par année — prélèvements sociaux
    1,6 %
  • Au-delà de la 22ᵉ année

    Abattement par année — impôt sur le revenu
    Exonération
    Abattement par année — prélèvements sociaux
    9 %
  • Au-delà de la 30ᵉ année

    Abattement par année — impôt sur le revenu
    Exonération
    Abattement par année — prélèvements sociaux
    Exonération

Exemples. Vous avez revendu un bien possédé depuis 10 ans avec une plus-value de 10 000 € : vous bénéficiez d'un abattement sur l'impôt de 6 % par an de la 6ᵉ à la 10ᵉ année, soit 30 % (6 % × 5), soit 3 000 € ; vous déclarez donc un revenu de 7 000 € (10 000 € − 3 000 €). Sur les prélèvements sociaux, l'abattement est de 1,65 % par an, soit 8,25 % (825 €) ; les prélèvements sociaux sont calculés sur la base de 9 175 € (10 000 € − 825 €).

Règle

Vous avez revendu un bien possédé depuis 25 ans avec une plus-value de 10 000 € : votre plus-value est exonérée d'impôt sur le revenu. Vous bénéficiez d'un abattement sur les prélèvements sociaux de 1,65 % par an de la 6ᵉ à la 21ᵉ année (26,4 %), de 1,6 % pour la 22ᵉ année et de 9 % de la 23ᵉ à la 25ᵉ année (27 %), soit un abattement total de 55 % (5 500 €) ; les prélèvements sociaux sont dus sur 4 500 €. Si le bien est possédé depuis 30 ans, la plus-value de 10 000 € est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

L'exonération totale de prélèvements sociaux au-delà de 30 ans complète l'exonération d'impôt sur le revenu acquise au-delà de 22 ans. La durée de détention se calcule à partir de la date d'acquisition jusqu'à la date de la cession : plus le bien est conservé longtemps, plus les abattements réduisent — puis suppriment — la charge fiscale.

Les abattements exceptionnels de l'acquéreur

Des abattements de 60 % à 85 % s'appliquent, sous conditions, lorsque l'acquéreur s'engage à démolir et reconstruire des logements collectifs.

Un abattement exceptionnel de 70 % s'applique, sous conditions, dans les zones couvertes par une grande opération d'urbanisme, par une opération de revitalisation du territoire ou d'intérêt national. Un abattement exceptionnel de 60 % s'applique en zones A, A bis ou B1. Dans les deux cas, l'acquéreur doit s'engager à démolir les constructions existantes pour reconstruire un ou plusieurs bâtiments d'habitation collectifs, sous certaines conditions.

La promesse de vente doit être signée entre le 1ᵉʳ janvier 2024 et le 31 décembre 2027. L'abattement est applicable pour déterminer l'assiette de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux. Il s'applique sur la plus-value selon la durée de détention du bien. Il peut être majoré à 85 % si des logements sociaux (ou intermédiaires, pour l'abattement de 70 %) représentent au moins 50 % de la surface totale des constructions. Les travaux de construction doivent être achevés dans un délai de 4 ans à partir de la date d'acquisition.

Règle

L'abattement ne s'applique pas si vous vendez le bien à l'une des personnes suivantes : votre époux, votre partenaire pacsé, votre concubin, votre ascendant (ou celui de votre conjoint), votre descendant (ou celui de votre conjoint). L'abattement ne s'applique pas non plus si vous vendez le bien à une personne morale dont vous ou votre conjoint (ou un ascendant ou un descendant) êtes un associé, ou le devenez à l'occasion de la vente.

Ces abattements exceptionnels visent à favoriser la réhabilitation du parc immobilier ancien en zones tendues ou en zones de revitalisation. Ils se cumulent avec les abattements de durée de détention (l'abattement s'applique sur la plus-value après abattements de durée). Pour savoir si votre bien est en zone A, A bis ou B1, utilisez le téléservice de zonage mis à disposition par Service-Public.

Impôt, prélèvements sociaux et déclaration

La plus-value imposable est taxée à 19 % pour l'impôt et 17,2 % pour les prélèvements sociaux ; le notaire accompagne la déclaration et le paiement.

Sur votre plus-value, vous devez payer un impôt forfaitaire et des prélèvements sociaux. La plus-value immobilière, après déduction du ou des abattements, est imposée à l'impôt sur le revenu au taux de 19 %. Par exemple, pour une plus-value imposable de 20 000 €, l'impôt sur le revenu est de 3 800 € (20 000 € × 19 %).

Une taxe supplémentaire s'applique en cas de plus-value imposable supérieure à 50 000 €. Le taux varie de 2 % à 6 % selon le montant de la plus-value réalisée. Le formulaire n° 2048-IMM-SD contient un tableau permettant d'en établir le montant — en pratique, il est calculé par le notaire. La taxe ne concerne ni les ventes exonérées, ni les ventes de terrains à bâtir. Vous devez par ailleurs payer des prélèvements sociaux au taux de 17,2 % : pour une plus-value imposable de 20 000 €, les prélèvements sociaux sont de 3 440 € (20 000 € × 17,2 %). Avec l'impôt sur le revenu, le prélèvement total sera donc de 7 240 € (3 800 € + 3 440 €).

Règle

Le notaire chargé de la vente effectue les opérations suivantes : démarches auprès de l'administration fiscale ; calcul de la plus-value imposable et du montant de l'impôt à payer ; établissement de la déclaration ; et paiement de l'impôt sur la plus-value immobilière auprès des services de la publicité foncière du lieu de situation du bien. Vous devez indiquer sur votre déclaration de revenus les informations suivantes : le montant de la plus-value déclarée par le notaire et, le cas échéant, le montant de la plus-value exonérée en cas de 1ʳᵉ cession d'un logement autre que votre résidence principale.

La déclaration des revenus par internet est obligatoire si votre résidence principale est équipée d'un accès à internet et que vous êtes en mesure de faire votre déclaration en ligne. Si vous êtes non-résident, une convention fiscale internationale peut fixer des règles différentes. Vous pouvez estimer le montant à payer avec le simulateur de l'ANIL et consulter des exemples de calcul sur impots.gouv.fr.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Impôt sur le revenu - Plus-value immobilière

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les taux d'imposition (19 % pour l'IR, 17,2 % pour les prélèvements sociaux), les seuils (15 000 €, 50 000 €, 150 000 €) et les barèmes d'abattement sont fixés par le code général des impôts. Ces montants et taux peuvent être modifiés par la loi de finances : vérifier leur valeur en vigueur auprès du notaire ou du service des impôts.

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