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Temps partiel d'un salarié dans le secteur privé

Le salarié peut travailler à temps partiel, c'est-à-dire pour une durée inférieure à celle d'un salarié à temps plein. Il est alors tenu de travailler pendant une durée minimale, précisée dans le contrat de travail. Le salarié à temps partiel peut être amené à effectuer des heures complémentaires, dans certaines limites, qui font l'objet d'une majoration de salaire.

Vue d'ensemble

Le temps partiel permet au salarié de travailler pour une durée inférieure à la durée légale du travail (35 heures par semaine). Le contrat doit être écrit et mentionner des éléments obligatoires ; une durée minimale de travail s'applique, assortie de dérogations possibles.

Ce qu'il faut savoir

  • Le travail à temps partiel concerne toute durée inférieure à 35 heures par semaine, 151,67 heures par mois ou 1 607 heures par an.
  • Le contrat de travail à temps partiel est obligatoirement écrit ; à défaut, le contrat est réputé à temps plein.
  • En l'absence de précision conventionnelle, la durée minimale de travail est de 24 heures par semaine (ou 104 heures par mois).
  • Des dérogations à la durée minimale de 24 heures existent : CDD de 7 jours maximum, remplacement d'un salarié absent, contraintes personnelles, cumul d'activités, études (moins de 26 ans), particulier employeur, contrats d'insertion (CDDI et IAE à 20 heures).
  • Le salarié à temps partiel peut effectuer des heures complémentaires dans la limite de 1/10ᵉ de la durée prévue au contrat, taux pouvant être porté à 1/3 par convention.
  • Les heures complémentaires sont majorées de 10 % dans la limite du dixième, et de 25 % au-delà (sauf dispositions conventionnelles plus favorables).
  • Le salarié peut refuser des heures complémentaires s'il est informé moins de 3 jours avant, ou si elles dépassent les limites du contrat ; ce refus n'est alors pas une faute.

Conditions essentielles

  • Avoir conclu un contrat de travail écrit mentionnant les éléments obligatoires (qualification, rémunération, durée, répartition, limites des heures complémentaires, modalités de communication des horaires, cas de modification de la répartition).
  • Respecter la durée minimale de travail fixée par la convention collective ou, à défaut, la durée légale de 24 heures par semaine (sauf dérogations).
  • Pour une dérogation à la durée minimale (contraintes personnelles, cumul d'activités, poursuite des études) : présenter une demande écrite et motivée auprès de l'employeur, qui n'est pas tenu de l'accepter.

Les étapes

  • Vérifier les dispositions de la convention collective applicable, qui fixe la durée minimale de travail.
  • Rédiger ou faire rédiger le contrat de travail écrit, en y mentionnant tous les éléments obligatoires.
  • Signer le contrat de travail (et tout avenant ultérieur par écrit).
  • Communiquer les horaires de travail au salarié selon le mode prévu au contrat.
  • Le cas échéant, formuler une demande écrite et motivée de dérogation à la durée minimale de travail.
  • Effectuer les heures complémentaires dans les limites contractuelles, avec majoration de salaire.
  • En cas de besoin, refuser des heures complémentaires dans les conditions prévues par la loi (préavis de moins de 3 jours ou dépassement des limites contractuelles).

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — mentions exactes du contrat, dérogations par situation, taux de majoration et droit au refus — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des mentions obligatoires du contrat, voir la section « Les mentions du contrat de travail à temps partiel ». Pour les dérogations à la durée minimale, voir « Quelle est la durée minimale de travail ? ». Pour les heures complémentaires et leur rémunération, voir « Les heures complémentaires ».

Qu'est-ce qu'un travail à temps partiel ?

Le travail à temps partiel correspond à un travail dont la durée est inférieure à la durée de travail prévue pour le salarié à temps plein.

Un salarié est à temps partiel lorsqu'il travaille pendant une durée inférieure à celle d'un salarié à temps plein. Cette durée doit être inférieure à l'une des limites suivantes : la durée légale hebdomadaire de 35 heures, la durée légale mensuelle de 151,67 heures, ou la durée légale annuelle de 1 607 heures.

Le temps partiel se distingue donc du temps plein par la seule durée du travail prévue au contrat. Tout salarié peut travailler à temps partiel, quelle que soit la durée de son contrat, en CDI comme en CDD. Le travail à temps partiel peut être demandé par l'employeur ou par le salarié : dans les deux cas, les règles de forme et de fond du contrat à temps partiel s'appliquent intégralement. Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir une durée de temps de travail inférieure à la durée légale de référence : la convention collective applicable peut ainsi fixer un contingent annuel d'heures ou une durée de travail contractuelle différente.

Règle

La durée de travail effectif est décomptée en fonction de la durée de présence effective, hors les temps d'attente, de formation et les absences. Le salarié à temps partiel doit respecter une durée minimale de travail, fixée en priorité par les dispositions conventionnelles (convention collective ou accord de branche étendu). En l'absence de telles dispositions, la durée minimale est celle prévue par la loi (24 heures par semaine, ou 104 heures par mois selon le mode de répartition).

Le recours au temps partiel peut résulter d'une négociation entre le salarié et l'employeur, d'un accord collectif, ou d'un droit subjectif du salarié dans certains cas (maternité, création d'entreprise, etc.). Les règles présentées ici portent sur le temps partiel dit « classique » du salarié du secteur privé.

Les mentions du contrat de travail à temps partiel

Le salarié qui travaille à temps partiel doit signer un contrat de travail écrit. Ce contrat mentionne un ensemble d'éléments obligatoires, identiques dans le cas général, dans une association et dans une entreprise d'aide à domicile, à une exception près : le mode de communication des horaires.

Le contrat de travail à temps partiel est un contrat écrit, obligatoire. Il mentionne : la qualification du salarié ; la rémunération ; la durée de travail hebdomadaire ou mensuelle prévue ; la répartition de la durée du travail entre les jours de la semaine ou les semaines du mois ; les limites dans lesquelles peuvent être accomplies des heures complémentaires ; les cas dans lesquels la répartition de la durée du travail peut être modifiée et la nature de cette modification.

Dans le cas général, le contrat mentionne également le mode de communication par écrit au salarié des horaires de travail pour chaque journée travaillée. Dans une association ou une entreprise d'aide à domicile, les horaires de travail sont communiqués au salarié chaque mois, par écrit. La répartition de la durée du travail entre les jours de la semaine ou les semaines du mois n'a pas à figurer au contrat si la répartition des horaires est prévue, par convention ou accord, sur une période supérieure à la semaine.

Règle

Tout avenant au contrat doit également faire l'objet d'un écrit. En l'absence d'écrit, le contrat de travail est réputé être un contrat à temps plein : c'est une protection du salarié, qui ne peut se voir imposer silencieusement un temps partiel non formalisé.

Le modèle de lettre « Demande de dérogation à la durée minimale de travail pour un temps partiel » est disponible sur le site du code du travail (code.travail.gouv.fr). Il peut servir de base pour formaliser la demande écrite et motivée exigée pour certaines dérogations.

Quelle est la durée minimale de travail ?

Le contrat de travail à temps partiel doit respecter un temps de travail hebdomadaire minimum. C'est la convention collective ou l'accord de branche étendu qui fixe les dispositions relatives à la durée minimale de travail.

En l'absence de précision dans la convention ou l'accord, le salarié travaillant à temps partiel (en CDI ou en CDD) doit effectuer une durée minimale de travail d'au moins 24 heures par semaine, ou la durée mensuelle équivalente de 104 heures. En cas de répartition de la durée du travail sur une période supérieure à la semaine, la durée minimale est de 104 heures par mois.

Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir une durée minimale inférieure à 24 heures par semaine : soit selon la mise en œuvre d'horaires réguliers dans l'entreprise, soit selon la possibilité du salarié de cumuler plusieurs activités, soit selon les horaires de travail du salarié sur des journées ou des demi-journées régulières ou complètes. Par ailleurs, des dérogations légales à cette durée minimale sont prévues dans plusieurs situations précises.

  • CDD d'une durée maximale de 7 jours : le salarié peut travailler moins de 24 heures par semaine si son CDD ne dépasse pas 7 jours.
  • Remplacement d'un salarié absent : le salarié peut travailler moins de 24 heures par semaine s'il remplace un salarié absent, quelle que soit la raison de la suspension du contrat du salarié remplacé.
  • Contraintes personnelles : une durée minimale inférieure peut être fixée à la demande du salarié ; la demande doit être écrite et motivée (raisons de santé ou familiales, notamment). L'employeur n'est pas dans l'obligation d'accepter.
  • Cumul d'activités : une durée minimale inférieure peut être fixée, à la demande écrite et motivée du salarié, pour lui permettre de cumuler plusieurs activités et atteindre une durée globale correspondant à un temps plein ou au moins égale à la durée minimale de travail. L'employeur n'est pas tenu d'accepter.
  • Poursuite des études : le salarié peut travailler moins de 24 heures par semaine s'il poursuit ses études tout en ayant une activité professionnelle ; il doit être âgé de moins de 26 ans et en faire la demande écrite et motivée auprès de l'employeur, qui n'est pas tenu d'accepter.
  • Salarié d'un particulier employeur : le salarié employé directement par un particulier n'a pas à respecter une durée hebdomadaire minimale de travail.
  • Contrat d'insertion (CDDI) : la durée hebdomadaire minimale est d'au moins 20 heures par semaine.
  • Contrat d'insertion par l'activité économique (IAE) : la durée hebdomadaire minimale est d'au moins 20 heures par semaine.

Règle

Pour bénéficier d'une dérogation fondée sur les contraintes personnelles, le cumul d'activités ou la poursuite des études, le salarié doit adresser à son employeur une demande écrite et motivée. Un modèle de lettre est disponible auprès du ministère chargé du travail et sur le code du travail. L'employeur n'est pas dans l'obligation d'accepter la demande.

Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir une durée de temps de travail inférieure à la durée minimale légale. Il convient donc de vérifier en priorité le contenu de la convention collective applicable à l'entreprise.

Quelle est la rémunération d'un salarié à temps partiel ?

La rémunération du salarié à temps partiel est calculée en proportion de sa durée du travail, sauf dispositions conventionnelles ou usages plus favorables.

La rémunération est proportionnelle à celle du salarié qui, à qualification égale, occupe à temps complet un emploi équivalent dans l'entreprise. Concrètement, si un salarié à temps plein perçoit un salaire mensuel de X euros pour 151,67 heures, un salarié à temps partiel pour 24 heures perçoit une rémunération calculée au prorata de sa durée contractuelle.

La rémunération peut être lissée dans le temps. Ce dispositif permet d'assurer au salarié, dont l'horaire varie au cours de l'année, de percevoir une rémunération fixe et régulière, identique chaque mois, même si le nombre d'heures effectivement travaillées diffère d'un mois à l'autre. Le lissage concerne notamment les salariés dont l'activité est saisonnière ou sujette à des fluctuations importantes.

Règle

Le lissage suppose une convention ou un accord le prévoyant, et ne peut être imposé unilatéralement par l'employeur. Les conditions précises de mise en œuvre du lissage (période de référence, méthode de calcul, information du salarié) relèvent des dispositions conventionnelles ou de l'accord individuel.

La rémunération du temps partiel comprend les mêmes composantes que celle du temps plein (salaire de base, primes, indemnités) : seules sont affectées par le prorata les éléments liés à la durée du travail. Les éléments indépendants de la durée (indemnité de congés payés calculée sur la base de la durée légale, etc.) ne sont pas réduits.

Les heures complémentaires

Le salarié à temps partiel peut être amené à travailler au-delà de la durée de travail prévue au contrat. Dans ce cas, le salarié effectue des heures complémentaires. Il ne s'agit pas d'heures supplémentaires.

Les heures complémentaires sont les heures effectuées au-delà de la durée contractuelle du salarié à temps partiel, dans les limites fixées par le contrat ou la convention. Elles se distinguent des heures supplémentaires, qui sont celles effectuées au-delà de la durée légale ou conventionnelle du temps plein.

Les heures complémentaires peuvent être effectuées dans la limite de 1/10ᵉ de la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail prévue dans le contrat. Par exemple, si le contrat prévoit une durée de travail de 30 heures hebdomadaires, le salarié peut effectuer 3 heures complémentaires au maximum. Toutefois, cette limite peut être portée à 1/3 de la durée hebdomadaire ou mensuelle par dispositions conventionnelles.

Règle

Toute heure complémentaire accomplie donne lieu à une majoration de salaire. Le taux de majoration peut être fixé par dispositions conventionnelles. À défaut, le taux légal est : 10 % pour chaque heure complémentaire accomplie dans la limite de 1/10ᵉ de la durée de travail fixée dans le contrat ; 25 % pour chaque heure accomplie au-delà de 1/10ᵉ (et dans la limite de 1/3).

Le salarié a le droit de refuser d'effectuer des heures complémentaires s'il est informé moins de 3 jours avant la date à laquelle les heures complémentaires sont prévues, ou si les heures complémentaires sont accomplies au-delà des limites fixées par le contrat de travail. Le refus du salarié pour l'un de ces motifs n'est pas une faute ou un motif de licenciement. En revanche, le salarié ne peut pas refuser d'effectuer les heures complémentaires s'il est informé au moins 3 jours avant et que les heures sont effectuées dans les limites prévues au contrat : dans ce cas, le refus constitue une faute pouvant justifier une sanction disciplinaire (avertissement, mise à pied...) ou, en fonction des circonstances, un licenciement pour faute.

Qui peut travailler à temps partiel ?

Tout salarié peut travailler à temps partiel, quelle que soit la durée de son contrat (CDI ou CDD).

Le travail à temps partiel peut être demandé par l'employeur ou par le salarié. Dans les deux cas, le contrat de travail écrit et ses mentions obligatoires s'appliquent.

Le salarié à temps plein qui souhaite passer à temps partiel doit en faire la demande auprès de son employeur, dans les conditions prévues par le code du travail et la convention collective. L'employeur peut également proposer un passage à temps partiel, notamment dans le cadre d'un accord d'entreprise ou d'une politique de réduction du temps de travail. Le contrat à temps partiel peut être conclu pour une durée indéterminée (CDI) ou pour une durée déterminée (CDD), sous réserve du respect de la durée minimale de travail applicable.

Règle

Quelle que soit l'origine de la demande (employeur ou salarié), le contrat de travail doit être écrit et mentionner les éléments obligatoires. En l'absence d'écrit, le contrat est réputé à temps plein. Tout avenant modifiant la durée ou la répartition du travail doit également être formalisé par écrit.

En tant que salarié employé directement par un particulier employeur, vous n'avez pas à respecter une durée hebdomadaire minimale de travail. Les règles de durée minimale et d'heures complémentaires restent applicables, mais la durée minimale de 24 heures par semaine ne s'impose pas.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Temps partiel d'un salarié dans le secteur privé

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

La durée minimale de travail, les limites des heures complémentaires et les taux de majoration décrits ici sont ceux prévus par le code du travail, sous réserve des dispositions plus favorables de la convention collective applicable. Vérifier les dernières évolutions auprès de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) ou d'un conseiller juridique.

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