Barista préparant un café en tenue de travail — emploi, métier et activité professionnelle

Médecine du travail : qu'est-ce que le suivi individuel renforcé d'un salarié ?

Un salarié exposé à des risques particuliers pour sa santé ou sa sécurité, pour celles de ses collègues ou des tiers, bénéficie d'un suivi individuel renforcé (SIR) de son état de santé. Ce suivi comprend un examen médical d'aptitude préalable à l'embauche, un renouvellement périodique, une visite intermédiaire et un examen de fin d'exposition. Les conditions diffèrent selon que le salarié est un travailleur saisonnier, un intérimaire ou non.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur le suivi individuel renforcé (SIR) en médecine du travail : qui en bénéficie, en quoi il consiste et quelles sont ses conséquences.

Ce qu'il faut savoir

  • Le suivi individuel renforcé (SIR) concerne les salariés exposés à des risques particuliers pour leur santé et leur sécurité (amiante, plomb, agents CMR, rayonnements ionisants, agents biologiques, hyperbare, chute de hauteur).
  • Le SIR comporte un examen médical d'aptitude préalable à l'embauche, qui remplace la visite d'information et de prévention (Vip).
  • L'examen d'aptitude est renouvelé au moins tous les 4 ans ; une visite intermédiaire a lieu au plus tard 2 ans après la visite avec le médecin du travail.
  • À la fin de l'exposition ou au plus tard au départ à la retraite, un examen médical permet d'établir une traçabilité et un état des lieux des expositions.
  • L'employeur doit tenir une liste des postes présentant des risques particuliers, mise à jour tous les ans et transmise au service de prévention et de santé au travail.
  • Une dispense d'examen d'aptitude est possible si le salarié a bénéficié d'une visite médicale d'aptitude dans les 2 ans précédant son embauche, sous conditions.
  • Les travailleurs saisonniers et intégraires exposés à des risques particuliers bénéficient également du SIR, avec des conditions particulières.

Conditions essentielles

  • Le salarié est affecté à un poste l'exposant à un ou plusieurs risques particuliers listés par le code du travail.
  • Le salarié est soumis à un examen d'aptitude spécifique (par exemple, jeunes de moins de 18 ans avec dérogation).
  • Le salarié travaille dans le secteur agricole sur des travaux nécessitant une surveillance médicale renforcée.

Les étapes

  • Identification du salarié comme relevant du SIR (risques particuliers ou examen d'aptitude spécifique).
  • Réalisation de l'examen médical d'aptitude préalable à l'embauche par le médecin du travail.
  • Renouvellement de l'examen d'aptitude au moins tous les 4 ans.
  • Réalisation d'une visite intermédiaire par un professionnel de santé au plus tard 2 ans après la visite avec le médecin du travail.
  • À la fin de l'exposition ou au départ à la retraite : examen médical de traçabilité des expositions.
  • Remise d'un avis d'aptitude (ou d'inaptitude) et constitution du dossier médical en santé au travail.
  • Mise en place éventuelle de mesures individuelles (mutation, transformation de poste) par l'employeur.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails sur les risques concernés, la dispense d'examen et le suivi post-exposition sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour la liste complète des risques particuliers, voir la section « Quels salariés sont concernés par le suivi individuel renforcé ? ». Pour les modalités de la dispense d'examen, voir la section « L'employeur peut-il être dispensé d'organiser l'examen médical ? ».

En quoi consiste le suivi individuel renforcé ?

Le suivi individuel renforcé (SIR) est un dispositif de médecine du travail destiné aux salariés exposés à des risques particuliers pour leur santé et leur sécurité. Il comprend un examen médical d'aptitude préalable à l'embauche, un renouvellement périodique, une visite intermédiaire et un examen de fin d'exposition.

L'examen médical d'aptitude préalable à l'embauche est réalisé par le médecin du travail. Il remplace la visite d'information et de prévention (Vip), qui est la visite de droit commun en médecine du travail. Cet examen est renouvelé au moins tous les 4 ans ; le médecin du travail peut choisir une périodicité plus courte. Une visite intermédiaire est effectuée par un professionnel de santé (infirmier, interne) au plus tard 2 ans après la visite avec le médecin du travail. Lorsque l'exposition du salarié aux risques particuliers cesse, ou au plus tard lors de son départ à la retraite, il passe un examen médical qui permet d'établir une traçabilité et un état des lieux des expositions auxquelles il a été soumis.

Règle

Ces examens médicaux permettent notamment de s'assurer que le salarié est apte au poste de travail auquel l'employeur envisage de l'affecter. Ils permettent aussi de rechercher s'il n'est pas atteint d'une affection comportant un danger pour les autres salariés. Ils permettent également de proposer des adaptations du poste ou l'affectation à d'autres postes. Enfin, ils permettent d'informer le salarié sur les risques liés à son poste et le suivi médical nécessaire, et de le sensibiliser sur les moyens de prévention à mettre en œuvre.

Le SIR est distinct de la visite d'information et de prévention (Vip), qui s'applique à l'ensemble des salariés. Le SIR est plus poussé : il implique un examen d'aptitude et un suivi renforcé.

Quels salariés sont concernés par le suivi individuel renforcé ?

Le SIR concerne les salariés affectés à des postes les exposant à des risques particuliers suivants : amiante, plomb selon des valeurs d'expositions professionnelles, agents cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR), rayonnements ionisants, agents biologiques des groupes 3 et 4, hyperbare et chute de hauteur lors d'opérations de montage et démontage d'échafaudages.

Les agents cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR) sont des substances ou procédés susceptibles de provoquer des cancers (cancérogènes), des mutations génétiques (mutagènes) ou de nuire à la fonction de reproduction (reprotoxiques). La liste des substances, mélanges et procédés cancérogènes au sens du code du travail est fixée par arrêté. Les agents biologiques des groupes 3 et 4 sont classés selon leur degré de dangerosité pour l'homme par l'INRS. L'hyperbare désigne l'exposition à des pressions supérieures à la pression atmosphérique (travaux en caisson, plongée professionnelle).

Règle

Le SIR concerne également les salariés affectés à des postes soumis à un examen d'aptitude spécifique. Il s'agit notamment des jeunes de moins de 18 ans affectés à des travaux interdits ayant fait l'objet de dérogations. Dans le secteur agricole, d'autres travaux nécessitent également ce suivi : travaux en atmosphère contrôlée pour la conservation des denrées, travaux comportant des gestes répétitifs à cadences élevées, par exemple.

  • Amiante : exposition à l'amiante ou à des produits en contenant (démolition, confinement, travaux de maintenance).
  • Plomb : exposition à des valeurs d'expositions professionnelles dépassant les seuils réglementaires (travaux sur peintures au plomb, soudure).
  • Agents CMR : cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (poussières de bois, solvants, métaux lourds, etc.).
  • Rayonnements ionisants : exposition à des sources de rayonnements (radiologie industrielle, nucléaire).
  • Agents biologiques des groupes 3 et 4 : bactéries, virus, champignons présentant un risque pour la santé humaine.
  • Hyperbare : travaux en milieu sous-pression (caissons, plongée professionnelle).
  • Chute de hauteur : opérations de montage et démontage d'échafaudages.

Les travailleurs agricoles sont également concernés par ces dispositions. L'arrêté du 6 mai 2013 fixe la liste des travaux agricoles nécessitant une surveillance médicale renforcée.

Liste des postes présentant des risques particuliers

L'employeur doit tenir une liste des postes présentant des risques particuliers pour la santé et la sécurité des salariés. Cette liste est complétée par l'employeur, après avis du médecin du travail et du CSE, en cohérence avec l'évaluation des risques et la fiche d'entreprise.

La liste des postes est un document obligatoire qui recense les postes de travail exposant les salariés à des risques particuliers. L'employeur doit justifier par écrit l'inscription de tout poste sur cette liste. Elle est mise à jour tous les ans. Elle est transmise au service de prévention et de santé au travail (Santé au travail) et tenue à la disposition des services de prévention des organismes de sécurité sociale et de la Dreets (direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités).

Règle

L'employeur est responsable de l'établissement et de la mise à jour de cette liste. Le médecin du travail et le comité social et économique (CSE) doivent être consultés avant toute modification. La liste permet d'identifier les salariés relevant du SIR et d'organiser les examens médicaux en conséquence.

La fiche d'entreprise est un document établi par le médecin du travail qui décrit les postes, les risques professionnels et les mesures de prévention. Elle sert de base à l'élaboration de la liste des postes présentant des risques particuliers.

L'employeur peut-il être dispensé d'organiser l'examen médical ?

Oui, une dispense d'examen médical d'aptitude est possible si le salarié a bénéficié d'une visite médicale d'aptitude dans les 2 ans précédant son embauche. L'ensemble des conditions suivantes doit également être réuni.

La dispense s'applique lorsque le salarié remplit cumulativement les conditions suivantes : emploi identique et présentant des risques d'exposition équivalents ; médecin du travail en possession du dernier avis d'aptitude du salarié ; aucun avis d'inaptitude du salarié au cours des 2 dernières années ; aucune mesure individuelle de transformation du poste de travail du salarié ou d'aménagement de son temps de travail au cours des 2 dernières années. La dispense permet d'éviter une visite médicale redondante tout en garantissant le suivi du salarié.

Règle

La dispense est une faculté, pas une obligation : le médecin du travail peut décider de réaliser l'examen malgré la dispense s'il l'estime nécessaire. La charge de la preuve des conditions de dispense incombe à l'employeur.

La dispense ne s'applique pas si le salarié a changé d'employeur entre-temps et si les conditions d'équivalence des postes ne sont pas remplies. Elle ne s'applique pas non plus en cas d'avis d'inaptitude dans les 2 dernières années.

Conséquences de la visite médicale d'aptitude

Lors de la visite médicale d'aptitude, un dossier médical en santé au travail est constitué par le médecin du travail. Après l'examen (initial ou périodique), le médecin remet un avis d'aptitude (ou d'inaptitude) au salarié.

L'avis d'aptitude est annexé au dossier médical de santé au travail du salarié. S'il le juge nécessaire, le médecin du travail peut proposer à l'employeur des mesures individuelles telles qu'une mutation ou une transformation de poste. L'employeur prend en considération les propositions du médecin du travail et, en cas de refus, en fait connaître ses motifs. L'avis d'inaptitude ouvre la voie au processus de reclassement prévu par le code du travail.

Règle

L'employeur ne peut pas ignorer l'avis d'inaptitude du médecin du travail. En cas d'inaptitude, il doit rechercher un poste de reclassement ou, à défaut, engager une procédure de licenciement pour motif personnel. Le refus des mesures proposées par le médecin du travail doit être motivé par écrit.

Le médecin du travail est le seul habilité à prononcer un avis d'aptitude ou d'inaptitude. Son avis n'est pas contestable directement par l'employeur : le salarié peut demander une contre-expertise.

Surveillance particulière après la fin de l'exposition

Certains salariés sont examinés par le médecin du travail après la fin de leur exposition aux risques particuliers. Il s'agit des salariés bénéficiant ou ayant bénéficié d'un suivi individuel renforcé pendant leur carrière, et des salariés ayant été exposés à un ou plusieurs risques particuliers avant la mise en œuvre du dispositif de SIR.

L'employeur sollicite cette visite auprès du service de prévention et de santé au travail auquel il adhère. Il en informe immédiatement le salarié. La visite a lieu dans les meilleurs délais après la fin de l'exposition du salarié, ou avant le départ volontaire ou la mise à la retraite du salarié. Le salarié qui estime pouvoir bénéficier de cette visite et qui n'en a pas été informé par son employeur peut en demander l'organisation directement auprès du service de prévention et de santé au travail. Il en fait la demande pendant le mois précédant la date de fin de l'exposition ou pendant le mois précédant son départ de l'entreprise, au plus tard 6 mois après la fin de l'exposition. Le salarié informe l'employeur de sa démarche.

Règle

Cet examen permet d'établir un bilan récapitulatif et un suivi des expositions à 1 ou plusieurs facteurs de risques professionnels auxquels le salarié a été soumis. Ce bilan est élaboré sur la base des informations contenues dans le dossier médical en santé au travail du salarié, de ses déclarations et celles de ses employeurs successifs. Le médecin du travail met en place une surveillance médicale particulière (dite *post-exposition* ou *post-professionnelle*) s'il constate que le salarié a été exposé à des risques dangereux, notamment chimiques, pendant sa carrière. Cette surveillance se fait en lien avec le médecin traitant et le médecin-conseil des organismes de sécurité sociale. Elle tient compte de la nature du risque, de l'état de santé et de l'âge du salarié.

Le médecin du travail informe le salarié des démarches à effectuer pour bénéficier de ce suivi post-exposition. La traçabilité des expositions est un droit du salarié, qui peut l'utiloir pour faire valoir ses droits à indemnisation (maladie professionnelle, préretraite amiante, etc.).

Salariés saisonniers et intérimaires

Le salarié saisonnier et le salarié intérimaire exposés à des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité, ou pour celles de leurs collègues, bénéficient également d'un suivi individuel renforcé (SIR). Des conditions particulières existent pour ces catégories de salariés.

Le salarié saisonnier est un salarié embauché pour une durée limitée à une saison (agriculture, tourisme, etc.). Il bénéficie du SIR dans les mêmes conditions que les autres salariés, mais des aménagements existent compte tenu de la brièveté de la relation de travail. Le salarié intérimaire (travailleur temporaire) est affecté chez un entreprise utilisatrice via une entreprise de travail temporaire. Le SIR s'applique à lui, avec des modalités spécifiques liées à la multiplicité de ses affectations.

Règle

Pour les salariés saisonniers et intérimaires, les examens médicaux du SIR sont organisés dans des conditions adaptées à la durée du contrat. Le médecin du travail peut adapter la périodicité des examens en fonction de la durée des missions. Le salarié intérimaire doit être suivi par le médecin du travail de l'entreprise de travail temporaire ou de l'entreprise utilisatrice, selon les cas.

Pour plus de détails sur le suivi des travailleurs saisonniers et intérimaires, consulter les fiches dédiées sur le site : « Un salarié saisonnier est-il suivi par la médecine du travail ? » et « Un travailleur temporaire est-il suivi par la médecine du travail ? ».

Où s'adresser ?

Le suivi individuel renforcé est assuré par le service de prévention et de santé au travail (Santé au travail) auquel l'employeur adhère. Le médecin du travail est le professionnel habilité à réaliser les examens d'aptitude et à délivrer les avis d'aptitude ou d'inaptitude.

Le service de prévention et de santé au travail (anciennement service de santé au travail) est l'organisme qui assure le suivi médical des salariés au sein de l'entreprise ou d'un établissement interentreprises. Il comprend des médecins du travail, des infirmiers en santé au travail et d'autres professionnels. La Dreets (direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) est l'administration compétente en matière de contrôle du travail. Le CSE (comité social et économique) est consulté sur la liste des postes présentant des risques particuliers.

  • Service de prévention et de santé au travail : organisation des examens médicaux, suivi individuel renforcé, bilan post-exposition.
  • Médecin du travail : examens d'aptitude, avis d'aptitude ou d'inaptitude, propositions de mesures individuelles.
  • Dreets : contrôle de l'application des règles de médecine du travail.
  • CSE : consultation sur la liste des postes présentant des risques particuliers.

Le salarié peut contester un avis d'inaptitude du médecin du travail en demandant une contre-expertise. Pour toute question sur le SIR, le salarié peut contacter directement le service de prévention et de santé au travail de son entreprise.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Médecine du travail : qu'est-ce que le suivi individuel renforcé d'un salarié ?

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les règles du suivi individuel renforcé sont fixées par le code du travail. Vérifier les dernières évolutions auprès du service de prévention et de santé au travail ou de la Dreets.

Démarches associées

Articles liés

Vous ne trouvez pas l'information recherchée ?

Posez votre question dans le forum ou contactez-nous. Notre équipe éditoriale s'appuie sur les retours utilisateurs pour améliorer les fiches.

Démarches en France est un site indépendant, sans affiliation officielle avec l’administration française.