Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur la protection des jeunes de 15 à moins de 18 ans en entreprise : travaux strictement interdits, travaux réglementés accessibles sur dérogation, procédure et sanctions.
Ce qu'il faut savoir
- Certains travaux sont strictement interdits aux jeunes âgés de 15 à moins de 18 ans et ne peuvent faire l'objet d'aucune dérogation.
- D'autres travaux, dits « réglementés », peuvent être effectués par des jeunes en formation professionnelle ou bénéficiant d'une dérogation individuelle permanente, sous conditions.
- L'employeur qui souhaite affecter un jeune en formation professionnelle à des travaux réglementés doit adresser une déclaration de dérogation à l'inspection du travail avant l'affectation.
- La déclaration de dérogation est valable 3 ans et peut être renouvelée tous les 3 ans.
- L'inspection du travail peut retirer immédiatement un jeune de son poste s'il est affecté à des travaux strictement interdits, ou aux travaux réglementés sans dérogation, ou en cas de danger grave et imminent.
- L'employeur doit maintenir le salaire du jeune pendant la période où il est absent de son poste suite à un retrait par l'inspection du travail, et n'a pas le droit de rompre le contrat.
- Les amendes en cas d'emploi à des travaux interdits ou réglementés sans dérogation vont jusqu'à 1 500 € pour une personne physique (3 000 € en cas de récidive) et jusqu'à 7 500 € pour une personne morale (15 000 € en cas de récidive).
Conditions essentielles
- Avoir 15 ans révolus et être âgé de moins de 18 ans.
- Pour les travaux réglementés par dérogation temporaire : être en formation professionnelle (contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation, ou Esat).
- Pour les dérogations permanentes : remplir une condition particulière (diplôme ou titre professionnel, habilitation électrique, autorisation de conduite, avis médical d'aptitude).
- Respecter les conditions d'encadrement : évaluation des risques, formation à la sécurité, encadrement par une personne compétente, avis médical d'aptitude.
- Adresser la déclaration de dérogation à l'inspection du travail avant toute affectation du jeune.
Les étapes
- Identifier si les travaux prévus sont strictement interdits (aucune dérogation possible) ou réglementés (dérogation possible sous conditions).
- Pour les travaux réglementés : vérifier que le jeune remplit les conditions d'éligibilité (formation professionnelle ou dérogation individuelle permanente).
- Procéder à l'évaluation des risques pour la santé et la sécurité du salarié.
- Mettre en œuvre les actions de prévention et les méthodes de travail adaptées.
- Informer le jeune sur les risques professionnels et lui dispenser la formation à la sécurité.
- Faire assurer l'encadrement du jeune par une personne compétente.
- Obtenir un avis médical d'aptitude.
- Adresser la déclaration de dérogation à l'inspection du travail (par tout moyen, de préférence courrier recommandé avec accusé de réception ou courriel) avant l'affectation.
- Tenir à la disposition de l'inspection du travail les informations relatives aux jeunes affectés (identité, formation, avis médical, encadrement).
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Le détail des travaux interdits et réglementés, les conditions de la dérogation et les procédures de retrait sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour la liste détaillée des travaux interdits et réglementés, voir les sections « Quels sont les travaux interdits ? » et « Quels sont les travaux réglementés ? ».
Quels sont les travaux interdits ?
Certains travaux sont interdits aux jeunes âgés de 15 à moins de 18 ans et ne peuvent faire l'objet d'aucune dérogation. Les interdictions varient selon la nature de l'activité concernée.
Les travaux interdits aux jeunes de 15 à moins de 18 ans sont définis par le code du travail (articles D4153-15 à D4153-37) et ne peuvent en aucun cas faire l'objet d'une dérogation.
Les catégories de travaux strictement interdits sont les suivantes. Travaux portant atteinte à l'intégrité physique ou morale : travaux qui peuvent exposer le salarié à des actes ou représentations à caractère pornographique ou violent. Travaux exposant à des agents chimiques dangereux : travaux exposant le salarié aux poussières d'amiante dans les conditions suivantes — empoussièrement de niveau 2, dont la valeur est supérieure à 100 fibres et inférieure à 6 000 fibres par litre d'air ; empoussièrement de niveau 3, dont la valeur est supérieure ou égale à 6 000 fibres et inférieure à 25 000 fibres par litre d'air. Travaux exposant à des agents biologiques : travaux qui peuvent exposer le salarié à certains agents biologiques (par exemple un parasite, une bactérie, un virus) pouvant représenter un danger sérieux pour sa santé et provoquer des maladies graves ; les domaines d'activité concernés sont par exemple les hôpitaux, laboratoires d'analyse médicale, filières agricole et agro-alimentaire. Travaux exposant aux vibrations mécaniques : travaux qui peuvent exposer le salarié à un niveau de vibration supérieur ou égal à 2,5 mètres/seconde² par jour pour les vibrations transmises aux mains et aux bras, ou 0,5 mètre/seconde² par jour pour les vibrations transmises à l'ensemble du corps (par exemple utilisation de marteaux-piqueurs ou d'engins de chantier). Travaux exposant à des rayonnements : travaux exposant aux rayonnements ionisants requérant un classement en catégorie A ; travaux exposant à une dose efficace liée au radon provenant du sol dont la dose efficace peut dépasser 6 millisieverts sur 12 mois consécutifs ; travaux en situation d'urgence radiologique pendant lesquels la dose efficace peut dépasser 1 millisievert. Travaux exposant à des champs électromagnétiques : travaux exposant le salarié à des champs électromagnétiques lorsque l'évaluation des risques met en évidence la possibilité de dépasser les valeurs limites d'exposition. Travaux exposant à un risque électrique : travaux entraînant l'accès sans surveillance à un local, emplacement ou chantier présentant un risque de contact avec des pièces nues sous tension électrique ; travaux entraînant une opération sous tension électrique (cette interdiction ne concerne pas les risques électriques à très basse tension de sécurité). Travaux comportant des risques d'effondrement et d'ensevelissement : travaux de démolition, de tranchées, comportant des risques d'effondrement et d'ensevelissement (travaux de blindage, de fouilles, de galeries, d'étaiement). Conduite d'équipements de travail mobiles automoteurs : travaux entraînant la conduite de quadricycles à moteur et de tracteurs agricoles ou forestiers quand ces véhicules ne sont pas munis d'un dispositif de protection du conducteur en cas de renversement et d'un système de retenue du conducteur au poste de conduite en cas de renversement. Travaux temporaires en hauteur : travaux en hauteur portant sur les arbres (par exemple élagage). Travaux exposant à des températures extrêmes : travaux qui peuvent exposer le salarié à une température extrême (positive ou négative) pouvant nuire à sa santé. Travaux au contact avec des animaux : travaux d'abattage, d'euthanasie et d'équarrissage d'animaux ; travaux entraînant le contact avec des animaux dangereux ou venimeux. Débits de boissons à consommer sur place : emploi ou affectation en stage au service du bar.
Règle
L'interdiction d'emploi au service du bar d'un débit de boissons à consommer sur place n'est pas applicable au jeune se trouvant dans l'une des situations suivantes : jeune étant l'époux, le partenaire lié par un Pacs ou la personne vivant en couple avec l'exploitant, ou un parent ou allié jusqu'au 4ᵉ degré inclusivement de l'exploitant ; jeune de plus de 16 ans employé dans un débit de boissons agréé possédant une licence et bénéficiant d'une formation comportant une ou plusieurs périodes accomplies en entreprise leur permettant d'acquérir une qualification professionnelle.
Cette liste est exhaustive au regard du code de l'urbanisme de la protection des jeunes travailleurs ; toute affectation à l'un de ces travaux est prohibée, indépendamment de la formation suivie ou du diplôme détenu par le jeune.
Peut-on demander une dérogation aux travaux interdits ?
Non. L'employeur ne peut pas demander de dérogation pour pouvoir affecter un jeune travailleur à des travaux strictement interdits.
La distinction fondamentale est la suivante : les travaux interdits ne peuvent jamais être effectués par un jeune de 15 à moins de 18 ans, quelle que soit la situation ; les travaux réglementés peuvent l'être, sous conditions de dérogation. L'absence de dérogation possible pour les travaux interdits constitue une protection absolue du jeune travailleur, contrairement aux travaux réglementés qui relèvent d'un régime d'autorisation sous conditions.
Règle
Le code du travail organise cette distinction : l'article L4153-8 pose le principe général des travaux interdits, tandis que l'article L4153-9 organise le régime des travaux réglementés accessibles sur dérogation.
Aucune circonstance — urgence, manque de personnel, formation en cours — ne permet de déroger à l'interdiction d'emploi à des travaux strictement interdits.
Retrait du poste pour travaux interdits
L'inspection du travail peut décider de retirer de son poste de travail le jeune travailleur s'il constate que celui-ci est affecté à un ou des travaux strictement interdits.
Le retrait est immédiat. La décision de l'inspection du travail doit être écrite. Elle est remise à l'employeur en main propre contre décharge ou par tout moyen (par exemple un courrier en recommandé avec accusé de réception) dans le délai maximum d'1 jour franc. Une copie de la décision est également transmise sans délai au jeune, à son représentant légal et, si nécessaire, au chef d'établissement (directeur du CFA ou de l'organisme de formation).
Règle
Le contrat est suspendu. L'employeur doit maintenir le salaire du salarié pendant toute la période où il est absent de son poste. L'employeur n'a pas le droit de rompre le contrat de travail du salarié en raison de ce retrait.
La procédure de retrait pour travaux interdits est distincte de celle applicable aux travaux réglementés (voir section dédiée), qui suppose en plus une situation de danger grave et imminent ou l'absence de dérogation.
Sanctions pour travaux interdits
L'employeur qui ne respecte pas l'interdiction d'emploi d'un jeune de 15 à moins de 18 ans à des travaux strictement interdits s'expose à une amende.
Le montant de l'amende est le suivant : pour une personne physique, jusqu'à 1 500 € (pouvant aller jusqu'à 3 000 € en cas de récidive) ; pour une personne morale, jusqu'à 7 500 € (pouvant aller jusqu'à 15 000 € en cas de récidive). Ces amendes s'appliquent par jeune travailleur concerné et indépendamment des autres sanctions pénales ou administratives qui pourraient être prononcées.
Règle
Les sanctions sont prévues aux articles R4733-2 à R4733-4 du code du travail, relatifs au retrait d'affectation à un ou plusieurs travaux interdits.
Le retrait immédiat du jeune par l'inspection du travail ne met pas fin aux poursuites éventuelles de l'employeur ; les deux procédures sont indépendantes.
Quels sont les travaux réglementés ?
Certains travaux interdits aux jeunes travailleurs de 15 à moins de 18 ans peuvent faire l'objet de dérogations. Ces travaux sont alors dits « réglementés ». Les travaux réglementés concernent deux catégories de jeunes travailleurs.
Les travaux réglementés concernent 2 catégories de jeunes travailleurs : ceux en formation professionnelle pour lesquels l'employeur adresse une déclaration de dérogation temporaire à l'inspection du travail, et ceux bénéficiant d'une dérogation permanente (sans intervention de l'inspection du travail) et qui remplissent certaines conditions particulières (titulaire d'un diplôme ou titre professionnel, détenteur d'une habilitation électrique, autorisation de conduite ou aptitude médicale).
La nature des travaux réglementés varie selon la situation du jeune. Pour un jeune en formation professionnelle bénéficiant d'une dérogation temporaire, les travaux réglementés sont organisés en plusieurs catégories. Agents chimiques dangereux : travaux impliquant la préparation, l'emploi, la manipulation ou l'exposition à des agents chimiques dangereux ; travaux exposant aux poussières d'amiante avec un empoussièrement de niveau 1, dont la valeur est inférieure à 100 fibres par litre d'air. Rayonnements : travaux exposant aux rayonnements ionisants requérant un classement en catégorie B, pour les jeunes d'au moins 16 ans ; travaux exposant à des rayonnements optiques artificiels dangereux. Milieu hyperbare : interventions en milieu hyperbare avec une pression relative supérieure à 1 200 hectopascals (1,2 bar). Conduite d'engins spéciaux : conduite d'équipements de travail mobiles automoteurs et d'équipements de travail servant au levage de charge. Utilisation ou entretien de machines dangereuses : travaux impliquant l'utilisation ou l'entretien de certaines machines dangereuses (par exemple machines à scier ou à raboter, presses, machines de moulage de caoutchouc), quelles que soient leur date de mise en service ; travaux impliquant l'utilisation ou l'entretien de machines comportant des éléments mobiles concourant à l'exécution du travail et qui ne peuvent pas être rendus inaccessibles durant leur fonctionnement ; travaux de maintenance sur un équipement de travail, lorsque ceux-ci ne peuvent pas être effectués à l'arrêt, et en présence d'un risque de remise en marche inopinée des transmissions, mécanismes ou équipement de travail en cause. Travaux temporaires en hauteur : travaux temporaires en hauteur sans mesures de protection collective contre le risque de chute, mais nécessitant cependant l'utilisation d'équipement de protection individuelle ; montage et démontage d'échafaudages (cette interdiction ne concerne pas l'utilisation d'échelles, d'escabeaux et de marchepied en cas d'impossibilité technique d'installation de protection collective ; il doit s'agir de travaux de courte durée et non répétitifs, avec un risque faible de chute). Appareil sous pression : travaux impliquant les opérations de manipulation, de surveillance, de contrôle et d'intervention sur des appareils à pression (par exemple compresseur). Travail en milieu confiné : visite, entretien et nettoyage de l'intérieur des cuves, citernes, bassins et réservoirs ; travaux impliquant des travaux en milieu confiné (puits, conduites de gaz, égouts, etc.). Travail en contact avec du verre ou du métal en fusion : travaux de coulée de verre ou de métaux en fusion avec accès permanent aux locaux affectés à ces travaux.
Règle
Un jeune travailleur peut, dans certains cas, bénéficier de dérogations individuelles permanentes lui permettant d'être affecté à des travaux réglementés : détention du diplôme ou du titre professionnel correspondant à l'activité exercée (le jeune possédant le diplôme ou le titre professionnel correspondant à l'activité qu'il exerce peut, s'il possède un avis médical d'aptitude, accomplir les travaux réglementés de sa profession) ; travaux exposant à un risque d'origine électrique (le jeune ayant une habilitation pour travaux électriques peut exécuter des opérations sur les installations électriques ou travailler près de ces installations, en respectant les limites prévues dans l'habilitation) ; conduite d'engins de chantier ou d'appareils de levage de charge (possible pour le jeune qui accomplit une formation spécifique à la conduite et à l'utilisation du matériel et détient une autorisation de conduite adaptée) ; manutentions manuelles de charge (le jeune peut effectuer des travaux de manutentions manuelles de charge dépassant 20 % de son propre poids s'il a un avis médical d'aptitude favorable).
La distinction entre dérogation temporaire (adressée à l'inspection du travail, valable 3 ans) et dérogation permanente (individuelle, sans intervention de l'inspection du travail) est essentielle : elle conditionne la procédure administrative et la durée de validité de l'autorisation.
Jeune en formation professionnelle : dérogation temporaire
Le jeune de 15 à moins de 18 ans en formation professionnelle peut effectuer les travaux réglementés suivants, sous réserve qu'une déclaration de dérogation temporaire ait été adressée à l'inspection du travail avant l'affectation.
La dérogation peut concerner un jeune se trouvant dans l'une des situations suivantes : en contrat d'apprentissage ; en contrat de professionnalisation ; en établissement ou service d'aide par le travail (Esat). Les travaux réglementés accessibles dans le cadre de cette dérogation temporaire sont organisés par catégorie (agents chimiques dangereux, rayonnements, milieu hyperbare, conduite d'engins spéciaux, utilisation ou entretien de machines dangereuses, travaux temporaires en hauteur, appareil sous pression, travail en milieu confiné, travail en contact avec du verre ou du métal en fusion) — voir la section « Quels sont les travaux réglementés ? » pour le détail.
Règle
La déclaration de dérogation est valable 3 ans et peut être renouvelée tous les 3 ans. Aucun formalisme n'est imposé par la réglementation, mais il est conseillé à l'employeur d'adresser sa déclaration par courrier recommandé avec accusé de réception ou courriel.
L'obligation d'adresser une déclaration de dérogation ne concerne pas l'employeur qui souhaite affecter à des travaux réglementés un jeune travailleur bénéficiant d'une dérogation individuelle permanente (voir section suivante).
Jeune travailleur : dérogation individuelle permanente
Les jeunes travailleurs peuvent, dans certains cas, bénéficier de dérogations individuelles permanentes leur permettant d'être affectés à des travaux réglementés, sans intervention de l'inspection du travail.
Les conditions de la dérogation permanente dépendent du type de travaux. Détention du diplôme ou du titre professionnel : un jeune possédant le diplôme ou le titre professionnel correspondant à l'activité qu'il exerce peut, s'il possède un avis médical d'aptitude, accomplir les travaux réglementés de sa profession. Travaux exposant à un risque d'origine électrique : le jeune ayant une habilitation pour travaux électriques peut exécuter des opérations sur les installations électriques ou travailler près de ces installations ; il doit respecter les limites prévues dans l'habilitation. Conduite d'engins de chantier ou d'appareils de levage de charge : possible pour le jeune qui respecte les conditions suivantes — accomplissement d'une formation spécifique à la conduite et à l'utilisation du matériel, et détention d'une autorisation de conduite adaptée. Manutentions manuelles de charge : le jeune peut effectuer des travaux de manutentions manuelles de charge dépassant 20 % de son propre poids s'il a un avis médical d'aptitude favorable.
Règle
La dérogation individuelle permanente ne nécessite pas de déclaration préalable à l'inspection du travail, mais suppose que le jeune remplisse matériellement les conditions (diplôme, habilitation, autorisation de conduite, avis médical) pour les travaux concernés.
L'avis médical d'aptitude est un élément central de plusieurs dérogations permanentes : il doit être obtenu avant l'affectation du jeune aux travaux concernés.
Déclaration de dérogation à l'inspection du travail
L'employeur doit adresser une déclaration de dérogation par tout moyen à l'inspection du travail avant l'affectation du jeune sur le poste concerné.
L'employeur doit adresser une déclaration de dérogation par tout moyen à l'inspection du travail avant l'affectation du jeune sur le poste concerné. Cette obligation ne concerne pas l'employeur qui souhaite affecter à des travaux réglementés un jeune travailleur bénéficiant d'une dérogation individuelle permanente.
La déclaration de dérogation sera valide et l'affectation du jeune sur le poste de travail sera possible si l'employeur respecte les conditions suivantes : avoir procédé à l'évaluation des risques pour la santé et la sécurité du salarié ; avoir, après l'évaluation, mis en œuvre les actions de prévention et les méthodes de travail adaptées ; avoir informé le jeune sur les risques professionnels pour sa santé et sa sécurité, et lui avoir dispensé la formation à la sécurité ; faire assurer l'encadrement du jeune par une personne compétente ; avoir obtenu la délivrance d'un avis médical d'aptitude. Le contenu de la déclaration contient les informations suivantes : secteur d'activité de l'entreprise ou de l'établissement ; formations professionnelles assurées ; lieux de formation connus (entreprise ou établissements de l'entreprise, chantiers, etc.) ; travaux interdits nécessaires à la formation professionnelle, pour lesquels une dérogation peut être demandée, et sur lesquels porte la déclaration de dérogation ; machines utilisées pour effectuer ces travaux et présentant un danger particulier pour la santé (par exemple machines à scier) ; travaux concernés et équipements de travail utilisés en cas d'exécution de travaux de maintenance ; la qualité ou la fonction de la ou des personnes compétentes chargées d'encadrer les jeunes pendant l'exécution des travaux concernés.
Règle
Un modèle de déclaration est disponible : « Déclaration de dérogation aux travaux interdits en vue d'accueillir des jeunes mineurs âgés d'au moins 15 ans en formation professionnelle » (Ministère chargé du travail). L'employeur qui fait une déclaration de dérogation tient à la disposition de l'inspection du travail, à compter de l'affectation de chaque jeune aux travaux en cause, les informations suivantes : prénoms, nom et date de naissance du jeune ; nature, durée et lieux de la formation professionnelle suivie ; avis médical d'aptitude à pouvoir procéder à ces travaux ; contenu de l'information et de la formation à la sécurité dispensée au jeune ; prénoms, nom, et qualité ou fonction de la ou des personnes compétentes chargées d'encadrer le jeune pendant l'exécution concernée.
L'employeur peut modifier ultérieurement les informations relatives au secteur d'activité de son entreprise, la formation professionnelle assurée, la nature des travaux interdits ou le type de machines utilisées pour effectuer ces travaux ; il en informe alors l'inspection du travail par tout moyen conférant date certaine dans un délai de 8 jours à compter des changements intervenus. Il tient également à la disposition de l'inspection du travail les informations relatives à la modification éventuelle des lieux de formations connus, ou le changement de la qualité ou la fonction de la ou des personnes compétentes chargées d'encadrer les jeunes pendant l'exécution des travaux concernés.
Retrait du poste pour travaux réglementés ou danger imminent
L'inspection du travail peut décider de retirer de son poste de travail le jeune travailleur concerné par l'une des 2 situations suivantes : affectation à un ou des travaux réglementés (sans dérogation valide) ; existence d'une situation exposant le salarié à un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.
Le retrait est immédiat. La décision de l'inspection du travail doit être écrite. Elle est remise à l'employeur en main propre contre décharge ou par tout moyen (par exemple un courrier en recommandé avec accusé de réception) dans le délai maximum d'1 jour franc. Une copie de la décision est également transmise sans délai au jeune, à son représentant légal et, le cas échéant, au chef d'établissement (directeur du CFA ou de l'organisme de formation). L'employeur doit maintenir le salaire du salarié pendant toute la période où il est absent de son poste.
Règle
Lorsque l'employeur ou le chef d'établissement a pris toutes les mesures pour faire cesser la situation de danger grave et imminent, il en informe l'inspection du travail. L'inspection du travail pourra alors autoriser ou refuser la reprise des travaux dans le délai de 2 jours ouvrés.
La procédure de retrait pour travaux réglementés ou danger imminent est distincte de celle applicable aux travaux strictement interdits (voir section « Retrait du poste pour travaux interdits »), qui ne prévoit pas de délai de reprise d'activité après cessation du danger.
Sanctions pour travaux réglementés sans dérogation
L'employeur qui emploie un jeune à des travaux réglementés sans avoir de dérogation s'expose à l'amende prévue par le code du travail.
Le montant de l'amende est le suivant : pour une personne physique, jusqu'à 1 500 € (pouvant aller jusqu'à 3 000 € en cas de récidive) ; pour une personne morale, jusqu'à 7 500 € (pouvant aller jusqu'à 15 000 € en cas de récidive). Ces amendes s'appliquent par jeune travailleur concerné et sont indépendantes des autres sanctions éventuelles.
Règle
Les sanctions sont prévues par le code du travail (articles R4733-2 à R4733-4 et R4733-3 à R4733-4) et s'appliquent que l'absence de dérogation concerne un jeune en formation professionnelle (dérogation temporaire non adressée) ou un jeune bénéficiant d'une dérogation permanente ne remplissant pas les conditions requises.
Le respect des conditions d'encadrement (évaluation des risques, formation à la sécurité, avis médical d'aptitude, encadrement par une personne compétente) est une condition de validité de la dérogation : son absence peut entraîner la requalification de l'affectation en travail réglementé sans dérogation, et donc l'application des sanctions.
Textes applicables
- Code du travail — articles L4153-8 et L4153-9 (travaux interdits et réglementés)Textes de référence
- Code du travail : articles L3164-2 à L3164-5Légifrance
- Code du travail : article L4153-8Légifrance
- Code du travail : article L4153-9Légifrance
- Code du travail : articles R4153-38 à R4153-45Légifrance
- Code du travail : articles R4153-49 à R4153-52Légifrance
- Code du travail : article R4313-78Légifrance
- Code du travail : articles R4733-2 à R4733-4Légifrance
- Code du travail : articles D4153-15 à D4153-37Légifrance
- Décret n°2015-1583 du 3 décembre 2015 relatif à la procédure de dérogation permettant aux jeunes en formation professionnelle dans la fonction publique d'État d'effectuer des travaux « réglementés »Légifrance
- Décret n°2016-1074 du 3 août 2016 relatif à la protection des travailleurs contre les risques dus aux champs électromagnétiquesLégifrance
- Instruction interministérielle du 7 septembre 2016 relative à la mise en œuvre des dérogations aux travaux interdits pour les jeunes âgés de 15 ans au moins et de moins de 18 ansLégifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Jeune de 15 à moins de 18 ans en entreprise : travaux interdits et travaux réglementés
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Durée du travail d'un jeune de moins de 18 ans
- Travail de nuit d'un jeune de moins de 18 ans
- Travail d'un jeune de moins de 18 ans dans un débit de boissons
Les règles de protection des jeunes travailleurs de 15 à moins de 18 ans sont fixées par le code du travail. Vérifier les dernières évolutions auprès de l'inspection du travail (direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités — DDETS) ou d'un conseiller juridique.
