Vue d’ensemble
Ce qu’il faut retenir sur le travail de nuit d’un jeune de moins de 18 ans : définition, interdiction de principe, dérogations selon l’âge, extrême urgence, autorisation et sanctions.
Ce qu'il faut savoir
- Le jeune travailleur de moins de 18 ans ne peut pas travailler la nuit ; pour certaines activités, une dérogation est possible.
- Le travail de nuit des jeunes travailleurs est en principe interdit, mais des dérogations existent.
- Les dérogations ne peuvent pas être accordées pour faire travailler un jeune de moins de 16 ans entre minuit et 4 heures du matin.
- La dérogation doit être demandée par l’employeur à l’inspecteur du travail.
- Sans réponse de l’inspecteur dans le délai d’1 mois suivant le dépôt de la demande, l’autorisation est considérée comme accordée.
- La dérogation peut être donnée pour une durée d’1 an maximum renouvelable.
- L’employeur qui ne respecte pas les règles peut être condamné à une amende de 1 500 €.
Conditions essentielles
- Le jeune travailleur a moins de 18 ans.
- La dérogation est demandée par l’employeur à l’inspecteur du travail.
- Pour un jeune de moins de 16 ans, la dérogation ne peut pas porter sur la plage entre minuit et 4 heures du matin.
- Pour la boulangerie et la pâtisserie, seuls les établissements où toutes les phases de fabrication ne sont pas assurées entre 6h et 22h peuvent bénéficier de la dérogation.
Les étapes
- L’employeur demande la dérogation à l’inspecteur du travail.
- L’inspecteur examine si le travail de nuit tient compte des caractéristiques particulières de l’activité.
- En l’absence de réponse dans le délai d’1 mois, l’autorisation est considérée comme accordée.
- La dérogation est accordée pour une durée d’1 an maximum renouvelable.
- En cas d’extrême urgence, une période équivalente de repos compensateur est accordée dans un délai de 3 semaines.
Cette synthèse reprend l’essentiel de la fiche. Le détail des plages horaires et des secteurs concernés, selon l’âge du jeune, est traité dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Cette synthèse ne détaille pas les plages horaires propres à chaque secteur d’activité pour les jeunes de 16 à moins de 18 ans, ni les conditions de l’extrême urgence. Ces points sont traités dans les sections suivantes.
Qu’est-ce que le travail de nuit d’un jeune ?
La définition du travail de nuit n’est pas la même selon l’âge du jeune travailleur. Elle détermine les plages horaires pendant lesquelles le travail est interdit en principe.
Pour un jeune de moins de 16 ans, tout travail effectué entre 20 heures et 6 heures est considéré comme travail de nuit. Pour un jeune de 16 ans à moins de 18 ans, tout travail effectué entre 22 heures et 6 heures est considéré comme travail de nuit.
Le travail de nuit s’entend de toute activité exercée pendant une plage horaire définie par la réglementation : de 20 heures à 6 heures pour un jeune de moins de 16 ans, de 22 heures à 6 heures pour un jeune de 16 à moins de 18 ans.
Règle
Le travail de nuit des jeunes travailleurs est en principe interdit. Cependant, il existe des dérogations, qui diffèrent selon l’âge et le secteur d’activité.
La distinction entre les deux tranches d’âge est déterminante : elle modifie à la fois la plage horaire de nuit et l’étendue des dérogations possibles. C’est pourquoi il convient d’abord de vérifier l’âge du jeune travailleur avant d’examiner les dérogations applicables.
Deux tranches d’âge, deux régimes
La réglementation du travail de nuit des jeunes repose sur une distinction d’âge : avant 16 ans d’une part, de 16 à moins de 18 ans d’autre part. Les plages horaires et les dérogations diffèrent selon la tranche d’âge.
| Tranche d’âge | Plage de nuit | Dérogations possibles |
|---|---|---|
| Moins de 16 ans | De 20 heures à 6 heures | Spectacle, cinéma, radiophonie, télévision, enregistrements sonores ; jamais entre minuit et 4 heures du matin |
| De 16 à moins de 18 ans | De 22 heures à 6 heures | Hôtellerie et restauration, boulangerie et pâtisserie, spectacles, courses hippiques, extrême urgence |
Moins de 16 ans
- Plage de nuit
- De 20 heures à 6 heures
- Dérogations possibles
- Spectacle, cinéma, radiophonie, télévision, enregistrements sonores ; jamais entre minuit et 4 heures du matin
De 16 à moins de 18 ans
- Plage de nuit
- De 22 heures à 6 heures
- Dérogations possibles
- Hôtellerie et restauration, boulangerie et pâtisserie, spectacles, courses hippiques, extrême urgence
Règle
Le travail de nuit est en principe interdit pour les deux tranches d’âge ; seule l’étendue des dérogations et la plage horaire varient. La dérogation doit, dans tous les cas, être demandée par l’employeur à l’inspecteur du travail.
Cette distinction est déterminante : elle conditionne les horaires autorisés et les secteurs pouvant bénéficier d’une dérogation.
Le jeune de moins de 16 ans
Pour les jeunes de moins de 16 ans, le travail de nuit est interdit en principe, avec un encadrement particulier des dérogations.
Tout travail effectué entre 20 heures et 6 heures est considéré comme travail de nuit. Le travail de nuit des jeunes travailleurs est en principe interdit ; il existe cependant des dérogations, mais elles ne peuvent pas être accordées pour faire travailler un jeune de moins de 16 ans entre minuit et 4 heures du matin.
- Plage de nuit : de 20 heures à 6 heures.
- Secteurs bénéficiant de dérogations : spectacle, cinéma, radiophonie, télévision, enregistrements sonores.
- Interdiction absolue : la dérogation ne peut pas porter sur la plage entre minuit et 4 heures du matin.
Règle
La dérogation ne peut pas être accordée pour faire travailler un jeune de moins de 16 ans entre minuit et 4 heures du matin.
L’employeur qui ne respecte pas les règles du travail de nuit des jeunes et leurs dérogations peut être condamné à payer une amende de 1 500 €.
Le jeune de 16 ans à moins de 18 ans
Pour les jeunes de 16 ans à moins de 18 ans, le travail de nuit obéit à une plage horaire différente et à des dérogations propres à certains secteurs.
Tout travail effectué entre 22 heures et 6 heures est considéré comme travail de nuit. Le travail de nuit est en principe interdit ; des dérogations existent, mais elles ne peuvent pas être accordées pour faire travailler un jeune de moins de 18 ans entre minuit et 4 heures du matin, sauf en cas d’extrême urgence.
Règle
Des dérogations sont possibles dans certains secteurs d’activité : hôtellerie et restauration, boulangerie et pâtisserie, spectacles et courses hippiques, aux horaires précisés par la fiche officielle.
Les contreparties sont les mêmes que pour les autres salariés de l’entreprise autorisés à travailler la nuit. L’employeur doit par ailleurs respecter des règles spécifiques de durée de travail et de repos applicables aux jeunes.
Les dérogations par secteur d’activité (16 à 18 ans)
Pour les jeunes de 16 à moins de 18 ans, plusieurs secteurs bénéficient de dérogations dont la portée horaire est précisément délimitée.
| Secteur | Travail de nuit autorisé |
|---|---|
| Hôtellerie et restauration | De 22h à 23h30 |
| Boulangerie et pâtisserie | Au plus tôt à partir de 4 heures du matin, pour permettre aux jeunes de participer à un cycle complet de fabrication du pain ou de la pâtisserie |
| Spectacles | Jusqu’à minuit |
| Courses hippiques | Jusqu’à minuit, dans la limite de 2 fois par semaine et 30 nuits par an au maximum |
Règle
Seuls les établissements où toutes les phases de la fabrication de pain ou de pâtisseries ne sont pas assurées entre 6h et 22h peuvent bénéficier de la dérogation propre à la boulangerie et à la pâtisserie.
La dérogation pour les courses hippiques ne peut être utilisée que 2 fois par semaine et 30 nuits par an au maximum. Chaque secteur dispose ainsi de sa propre limite horaire.
Le travail de nuit en cas d’extrême urgence
En cas d’extrême urgence, un jeune peut travailler entre minuit et 4 heures du matin, sous réserve que deux conditions soient réunies.
- Aucun travailleur majeur n’est disponible.
- Il s’agit de travaux passagers destinés à prévenir des accidents imminents ou à réparer les conséquences des accidents survenus.
En cas d’extrême urgence, un jeune peut travailler entre minuit et 4 heures du matin si les deux conditions suivantes sont réunies : aucun travailleur majeur n’est disponible ; il s’agit de travaux passagers destinés à prévenir des accidents imminents ou à réparer les conséquences des accidents survenus.
Délai à retenir
Une période équivalente de repos compensateur doit être accordée au jeune travailleur dans un délai de 3 semaines.
L’employeur qui ne respecte pas les règles du travail de nuit et leurs dérogations peut être condamné à payer une amende de 1 500 € ; l’amende est de 750 € en cas de non-respect des règles en cas d’extrême urgence.
Qui accorde la dérogation ?
La dérogation à l’interdiction du travail de nuit est demandée par l’employeur à l’inspecteur du travail, qui apprécie la demande.
La dérogation doit être demandée par l’employeur à l’inspecteur du travail. Celui-ci examine si le travail de nuit de ces jeunes travailleurs tient compte des caractéristiques particulières de l’activité.
- L’employeur demande la dérogation à l’inspecteur du travail.
- L’inspecteur examine si le travail de nuit tient compte des caractéristiques particulières de l’activité.
- Sans réponse dans le délai d’1 mois suivant le dépôt de la demande, l’autorisation est considérée comme accordée.
- La dérogation est donnée pour une durée d’1 an maximum renouvelable.
Délai à retenir
Sans réponse de l’inspecteur dans le délai d’1 mois suivant le dépôt de la demande, l’autorisation est considérée comme accordée. La dérogation peut être donnée pour une durée d’1 an maximum renouvelable.
Le mécanisme du silence de l’inspecteur est expressément prévu par la fiche officielle : en l’absence de réponse dans le délai d’un mois, l’autorisation est réputée accordée.
La démarche de l’employeur
La dérogation n’est pas automatique : elle résulte d’une demande de l’employeur auprès de l’inspecteur du travail. Plusieurs effets sont attachés au silence de l’inspecteur et à la durée de l’autorisation.
- Déposer la demande de dérogation auprès de l’inspecteur du travail.
- Laisser l’inspecteur examiner si le travail de nuit tient compte des caractéristiques particulières de l’activité.
- En l’absence de réponse dans le délai d’1 mois, considérer l’autorisation comme accordée.
- Renouveler la dérogation, accordée pour une durée d’1 an maximum renouvelable.
- Respecter les règles spécifiques de durée de travail et de repos applicables au jeune.
Règle
La dérogation est demandée par l’employeur ; elle ne peut pas être sollicitée par le jeune travailleur lui-même. L’inspecteur du travail apprécie si le travail tient compte des caractéristiques particulières de l’activité.
En cas d’extrême urgence, une période équivalente de repos compensateur doit être accordée au jeune travailleur dans un délai de 3 semaines.
Contreparties et sanctions
Le travail de nuit des jeunes ouvre droit aux mêmes contreparties que pour les autres salariés autorisés à travailler la nuit, et son non-respect est sanctionné.
Les contreparties sont les mêmes que pour les autres salariés de l’entreprise autorisés à travailler la nuit.
- Contreparties : identiques à celles des autres salariés de l’entreprise autorisés à travailler la nuit.
- Sanction : l’employeur qui ne respecte pas les règles du travail de nuit des jeunes et leurs dérogations peut être condamné à une amende de 1 500 €.
- Sanction en cas d’extrême urgence : l’amende est de 750 € en cas de non-respect des règles en cas d’extrême urgence.
L’employeur doit respecter les règles du travail de nuit des jeunes et leurs dérogations ; le non-respect de ces règles expose l’employeur aux amendes rappelées ci-dessus.
Durée du travail et repos
Au-delà des règles de nuit, l’employeur d’un jeune travailleur de moins de 18 ans doit respecter des règles spécifiques de durée de travail et de repos.
Règle
L’employeur d’un jeune travailleur de moins de 18 ans doit respecter des règles spécifiques de durée de travail et de repos.
Ces règles de durée et de repos constituent un cadre distinct des dérogations au travail de nuit : elles s’appliquent indépendamment de l’autorisation accordée par l’inspecteur du travail.
Points de vigilance
Plusieurs éléments doivent être vérifiés pour s’assurer que le travail de nuit d’un jeune respecte la réglementation.
- La tranche d’âge : moins de 16 ans (nuit de 20h à 6h) ou de 16 à moins de 18 ans (nuit de 22h à 6h).
- La plage interdite : les dérogations ne peuvent pas porter, en principe, sur la plage entre minuit et 4 heures du matin.
- L’extrême urgence : seule hypothèse où un jeune peut travailler entre minuit et 4 heures, sous deux conditions strictes.
- L’autorisation : elle doit avoir été demandée par l’employeur à l’inspecteur du travail.
- Le silence de l’inspecteur : en l’absence de réponse dans le délai d’1 mois, l’autorisation est considérée comme accordée.
- La durée de la dérogation : 1 an maximum, renouvelable.
Règle
L’employeur qui ne respecte pas les règles du travail de nuit des jeunes et leurs dérogations peut être condamné à une amende de 1 500 € ; l’amende est de 750 € en cas de non-respect des règles en cas d’extrême urgence.
Le travail de nuit d’un jeune se caractérise par une plage horaire définie selon l’âge : de 20 heures à 6 heures pour les moins de 16 ans, de 22 heures à 6 heures pour les 16 à moins de 18 ans.
Ces points conditionnent la légalité du travail de nuit d’un jeune ; ils doivent être vérifiés avant toute mise au travail sur une plage horaire relevant de la nuit, notamment pour s’assurer que la dérogation a bien été demandée à l’inspecteur du travail.
Textes applicables
- Code du travail : articles L3163-1 à L3163-3Textes légaux
- Code du travail : articles R3163-1 à R3163-6Textes réglementaires
- Code du travail : article L7124-1Texte légal
- Code du travail : article L3164-1Légifrance
- Code du travail : articles L6222-24 à L6222-26Légifrance
- Code du travail : article R3124-15Légifrance
- Code du travail : article R3124-16Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Travail de nuit d'un jeune de moins de 18 ans
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.


