Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de recourir à un travailleur à domicile ou d'exercer ce métier : définition du statut, obligations de l'employeur, rémunération et voies de recours.
Ce qu'il faut savoir
- Le travailleur à domicile effectue des travaux pour une entreprise (et non pour sa propre clientèle) à son domicile ou dans un local dont il est propriétaire ou locataire.
- Il bénéficie d'une rémunération forfaitaire fixée à l'avance et peut recourir à une aide limitée (conjoint, partenaire de PACS, enfants à charge, ou un seul auxiliaire).
- Le travailleur à domicile est salarié de l'entreprise : il bénéficie des conventions et accords collectifs applicables, sauf exclusion expresse.
- L'employeur doit afficher dans l'entreprise le temps de réalisation des travaux, les prix de confection ou salaires applicables, ainsi que les frais d'atelier et frais accessoires.
- Un bulletin ou un carnet de travail est établi à la remise des travaux et complété à la livraison ; l'employeur le conserve 5 ans.
- Le salaire horaire ne peut pas être inférieur au Smic (9,74 € net).
- En cas de litige, le travailleur à domicile dispose de 5 ans (à compter du paiement du salaire) pour saisir le conseil de prud'hommes.
Conditions essentielles
- Réaliser des travaux manuels ou intellectuels pour une entreprise, à son domicile ou dans un local approprié.
- Être lié à l'employeur par un contrat de travail (salarié de l'entreprise).
- Bénéficier d'une rémunération forfaitaire fixée à l'avance pour le travail demandé.
- Recourir à une aide limitée : conjoint, partenaire de PACS, personne en union libre, enfants à charge, ou un seul auxiliaire (qui est alors le salarié du travailleur à domicile).
Les étapes
- Identifier le statut de travailleur à domicile (travaux pour une entreprise, à domicile, rémunération forfaitaire, aide limitée).
- Vérifier que le contrat de travail est établi et que les conventions collectives applicables sont identifiées (outil de recherche de la convention collective).
- L'employeur affiche dans l'entreprise les informations relatives aux travaux à domicile (temps de réalisation, salaires, frais).
- L'employeur établit un bulletin ou un carnet de travail en 2 exemplaires à la remise des travaux.
- Le travailleur réalise les travaux et les livre dans les délais convenus.
- L'employeur complète le bulletin ou le carnet lors de la livraison (date, salaire de base, majorations, allocation de congés payés, rémunération brute et nette).
- En cas de litige, le travailleur à domicile saisit le conseil de prud'hommes dans un délai de 5 ans à compter du paiement du salaire.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — obligations spécifiques de l'employeur, calcul de la rémunération, majorations — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux obligations de l'employeur, à la rémunération et aux majorations, voir les sections « Obligations de l'employeur (donneur d'ouvrage) », « Rémunération et frais » et « Majorations ».
Qui est travailleur à domicile ?
Le travailleur à domicile est un salarié qui effectue des travaux pour une entreprise (et non pour sa propre clientèle) à son domicile ou dans un local dont il est propriétaire ou locataire, moyennant une rémunération forfaitaire fixée à l'avance.
Le travailleur à domicile peut exercer un travail manuel (couture par exemple) ou intellectuel (traduction par exemple). Il a un contrat de travail qui le lie à son employeur (donneur d'ouvrage). Il peut travailler avec l'aide de son époux ou épouse, de son ou sa partenaire de Pacs, de la personne avec laquelle il est en union libre ou de ses enfants à charge. Il peut également se faire aider par une seule autre personne appelée *auxiliaire*. Si le travailleur à domicile se fait aider par un auxiliaire, celui-ci est le salarié du travailleur à domicile.
Règle
Le travailleur à domicile a recours à une aide limitée pour la réalisation de ses travaux. Cette aide est strictement encadrée : conjoint, partenaire de PACS, personne en union libre, enfants à charge, ou un seul auxiliaire.
Le travailleur à domicile est salarié de l'entreprise. L'employeur (donneur d'ouvrage) doit respecter les mêmes procédures que pour l'embauche de tout salarié dans l'entreprise, et accomplir des formalités supplémentaires propres au travail à domicile (affichage, bulletin ou carnet de travail, comptabilité particulière).
Distinctions importantes : télétravail, travailleur indépendant, particulier employeur
Il est essentiel de distinguer le travailleur à domicile d'autres statuts qui peuvent s'en approcher : le salarié en télétravail, le travailleur indépendant et le salarié du particulier employeur.
Le salarié en télétravail n'est pas un travailleur à domicile. En effet, le télétravail est un mode d'organisation du travail mis en place dans l'entreprise, généralement avec des outils numériques, et ne relève pas du régime spécifique du travail à domicile. Le travailleur indépendant n'est pas un travailleur à domicile : il a sa propre clientèle et travaille pour son compte, sans lien de subordination avec un donneur d'ouvrage. Le salarié du particulier employeur (aide à domicile dans le cadre des services à la personne) n'est pas un travailleur à domicile : il est employé par un particulier pour des services à la personne, et non par une entreprise pour des travaux de production.
Règle
Ces distinctions sont importantes car elles déterminent le régime applicable : droit du travail pour le télétravail et le salarié du particulier employeur, droit des professions libérales ou des indépendants pour le travailleur indépendant, et régime spécifique du travail à domicile pour le travailleur à domicile.
Le travailleur à domicile est salarié de l'entreprise. L'employeur (donneur d'ouvrage) doit respecter les mêmes procédures que pour l'embauche de tout salarié dans l'entreprise, et accomplir des formalités supplémentaires (affichage, bulletin ou carnet de travail, comptabilité particulière, volume de travail).
Obligations de l'employeur (donneur d'ouvrage)
L'employeur (donneur d'ouvrage) doit respecter les mêmes procédures que pour l'embauche de tout salarié, et accomplir des formalités supplémentaires propres au travail à domicile.
L'employeur doit afficher dans l'entreprise les informations suivantes : temps de réalisation des travaux à domicile, prix de confection ou salaires applicables, frais d'atelier et frais accessoires. Il doit également établir un bulletin ou un carnet de travail (voir section dédiée), et tenir une comptabilité séparée des matières premières et des fournitures destinées au travailleur à domicile. Les registres de la comptabilité sont tenus à la disposition de l'inspection du travail.
Règle
L'employeur n'est pas obligé de fournir un volume de travail constant au travailleur à domicile. Un accord collectif ou le contrat de travail peut le prévoir. Toutefois, l'employeur ne peut pas modifier durablement sans se justifier la quantité de travail confié et la rémunération du travailleur à domicile. Par exemple, l'employeur ne peut pas suspendre le travail pendant plusieurs mois.
Les obligations de l'employeur visent à garantir la transparence des conditions de travail et de rémunération, ainsi que le contrôle par l'inspection du travail. La comptabilité séparée permet de distinguer les matières premières et fournitures fournies par l'employeur des salaires versés au travailleur à domicile.
Bulletin ou carnet de travail
Lorsqu'un employeur a recours à un travailleur à domicile, il doit établir un bulletin ou un carnet de travail, en 2 exemplaires au moins, lors de la remise des travaux à faire au domicile.
Lors de la remise des travaux, l'un des exemplaires est remis au travailleur et l'autre conservé par l'entreprise. Lors de la remise et de la livraison de l'ouvrage, le carnet ou le bulletin doit mentionner les informations suivantes : coordonnées de l'employeur (donneur d'ouvrage) ; référence des organismes auxquels le donneur d'ouvrage verse les cotisations de sécurité sociale ; numéro d'immatriculation sous lequel ces cotisations sont versées ; numéro d'inscription au guichet des formalités des entreprises ; nature, quantité du travail, date à laquelle il est donné, temps de réalisation, salaires applicables ; nature et valeur des fournitures, des frais d'atelier et accessoires imposées au travailleur ; date de livraison des travaux. Les informations portant sur chaque travail sont portées sous un numéro d'ordre, qui doit figurer sur tous les exemplaires du bulletin ou du carnet.
Règle
Lors de la livraison des travaux, le bulletin ou le carnet doit mentionner les informations suivantes : date de livraison ; montant du salaire de base, des majorations éventuelles (heures supplémentaires), de l'allocation de congés payés, de l'indemnisation des jours fériés ou des congés pour événements familiaux, de la rémunération brute et nette. Un exemplaire de ce bulletin ou ce carnet est conservé 5 ans par l'employeur.
Le bulletin ou le carnet de travail constitue un document essentiel pour le suivi des travaux confiés au travailleur à domicile et pour le contrôle des droits sociaux. Il permet de justifier la rémunération versée et les cotisations de sécurité sociale.
Volume de travail
L'employeur n'est pas obligé de fournir un volume de travail constant au travailleur à domicile. Un accord collectif ou le contrat de travail peut le prévoir.
Toutefois, l'employeur ne peut pas modifier durablement sans se justifier la quantité de travail confié et la rémunération du travailleur à domicile. Par exemple, l'employeur ne peut pas suspendre le travail pendant plusieurs mois. Cette règle vise à protéger le travailleur à domicile contre les aléas économiques de l'entreprise, tout en laissant une marge de manœuvre à l'employeur pour ajuster les volumes de travail en fonction de l'activité.
Règle
La modification durable de la quantité de travail confiée et de la rémunération du travailleur à domicile doit être justifiée. L'employeur ne peut pas suspendre le travail pendant plusieurs mois sans justification.
Le volume de travail est un élément essentiel du contrat de travail du travailleur à domicile. En l'absence d'accord collectif ou de clause contractuelle prévoyant un volume constant, l'employeur peut ajuster les quantités de travail en fonction de l'activité de l'entreprise, sous réserve de ne pas modifier durablement les conditions sans justification.
Droits du travailleur à domicile
Le travailleur à domicile est lié à son employeur (donneur d'ouvrage) par un contrat de travail. Il bénéficie des dispositions des conventions et accords collectifs applicables à l'entreprise, sauf si ces textes excluent les travailleurs à domicile.
Un simulateur permet de rechercher la convention collective avec le nom de l'entreprise ou son numéro Siret. La rémunération du travailleur à domicile est forfaitaire. Elle est égale au produit du salaire horaire par les temps de réalisation. Les salaires et temps de réalisation sont fixés par la convention collective ou par arrêté préfectoral ou ministériel. Le salaire horaire ne peut pas être inférieur au Smic, soit 9,74 € net.
Règle
Le travailleur à domicile bénéficie d'une allocation égale à 10 % de son salaire brut. Cette allocation compense les frais liés au travail à domicile (usure du matériel, énergie, etc.).
En cas de litige avec son employeur donneur d'ouvrage, le travailleur à domicile peut saisir le conseil de prud'hommes. Le travailleur à domicile a 5 ans (à compter du paiement du salaire) pour saisir le conseil de prud'hommes pour porter les réclamations sur les tarifs du travail réalisé, frais d'atelier et frais accessoires, allocations de congés payés.
Rémunération et frais
La rémunération du travailleur à domicile est forfaitaire. Elle est égale au produit du salaire horaire par les temps de réalisation.
Les salaires et temps de réalisation sont fixés par la convention collective ou par arrêté préfectoral ou ministériel. Le salaire horaire ne peut pas être inférieur au Smic, soit 9,74 € net. Le salaire du travailleur à domicile est complété par des frais d'atelier (loyer, chauffage, éclairage du local de travail notamment) et des frais accessoires. Ces frais peuvent être prévus par la convention collective applicable ou par arrêté préfectoral. En l'absence d'accord collectif et d'arrêté préfectoral, les frais d'atelier et les frais accessoires sont fixés d'un commun accord entre les parties.
Règle
Le salaire horaire ne peut pas être inférieur au Smic (9,74 € net). La rémunération forfaitaire est calculée sur la base du salaire horaire et des temps de réalisation fixés par la convention collective ou l'arrêté préfectoral/ministériel.
Les frais d'atelier et frais accessoires sont des indemnités destinées à couvrir les charges liées au travail à domicile (loyer, chauffage, éclairage, usure du matériel). En l'absence de dispositions conventionnelles ou réglementaires, ils sont fixés d'un commun accord entre l'employeur et le travailleur à domicile.
Majorations
La rémunération du travailleur à domicile est majorée lorsqu'il doit travailler au-delà de 8 heures par jour ouvrable pour respecter les délais de livraison, ou lorsqu'il est obligé de travailler un dimanche ou un jour férié.
Si le travailleur à domicile doit travailler au-delà de 8 heures de travail par jour ouvrable pour respecter les délais de livraison qui lui sont demandés, son salaire (hors frais d'atelier et frais accessoires) est majoré de : 25 % pour les 9e et 10e heures, 50 % à partir de la 11e heure. La convention ou l'accord collectif applicable peut prévoir des taux de majoration plus élevés.
Règle
La rémunération du travailleur à domicile est majorée lorsqu'il est obligé de travailler un dimanche ou un jour férié pour respecter les délais de livraison fixés par son employeur. Le montant de la majoration est fixé par la convention ou l'accord collectif applicable.
Les majorations visent à compenser les efforts supplémentaires demandés au travailleur à domicile pour respecter les délais de livraison. Les taux légaux (25 % et 50 %) sont des minima : les conventions collectives peuvent prévoir des taux plus favorables.
Litige et prescription
En cas de litige avec son employeur donneur d'ouvrage, le travailleur à domicile peut saisir le conseil de prud'hommes.
Le travailleur à domicile a 5 ans (à compter du paiement du salaire) pour saisir le conseil de prud'hommes pour porter les réclamations sur les tarifs du travail réalisé, les frais d'atelier et frais accessoires, et les allocations de congés payés. Ce délai de prescription de 5 ans est plus long que le délai de droit commun en matière prud'homale, ce qui reflète la spécificité du travail à domicile (difficultés éventuelles de suivi des travaux et des paiements).
Règle
Le délai de prescription court à compter du paiement du salaire. Passé ce délai, le travailleur à domicile ne peut plus saisir le conseil de prud'hommes pour des réclamations relatives aux tarifs, frais d'atelier, frais accessoires ou allocations de congés payés.
Le travailleur à domicile n'est pas salarié du particulier employeur. Il relève du droit du travail applicable aux salariés des entreprises, avec les spécificités du régime du travail à domicile (rémunération forfaitaire, frais d'atelier, bulletin ou carnet de travail).
Textes applicables
- Code du travail : articles L7412-1 à L7412-3Texte légal
- Code du travail : articles L7413-1 à L7413-4Texte légal
- Code du travail : articles L7422-1 à L7422-3Texte légal
- Code du travail : articles L7422-4 à L7422-8Texte légal
- Code du travail : articles L7423-1 et L7423-2Texte légal
- Code du travail : articles L7424-1 à L7424-3Texte légal
- Code du travail : articles R7421-1 à R7421-3Texte réglementaire
- Code du travail : articles R7422-1 à R7422-6Légifrance
- Code du travail : articles R7422-7 à R7422-9Légifrance
- Code du travail : articles R7422-10 à R7422-11Légifrance
- Code du travail : articles R7422-12 à R7422-13Légifrance
- Code du travail : articles R7423-1 à R7423-2Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Travailleur à domicile
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les règles relatives au travail à domicile sont fixées par le code du travail. Pour toute situation particulière, il est recommandé de consulter la convention collective applicable ou de vérifier auprès de l'organisme compétent.
