Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir
- Le CDD est un contrat d'exception au CDI : il ne peut être conclu que dans les cas prévus par le Code du travail (Code du travail : articles L1242-1 et suivants).
- Le CDD doit être établi par écrit et comporter un certain nombre de mentions obligatoires : motif de recours, durée, poste, rémunération, convention collective applicable.
- Le CDD est conclu pour une durée limitée, avec une durée maximale fixée par la loi selon le motif. Au terme, le contrat prend fin sans indemnité de rupture, sous réserve de l'indemnité de précarité.
- Le salarié en CDD bénéficie des mêmes droits collectifs que les autres salariés de l'entreprise : accès aux installations collectives, droits à congés, accès au comité social et économique, etc.
Conditions essentielles
- Le CDD est conclu pour l'exécution d'une tâche précise et temporaire, et ne doit pas pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise.
- Le contrat est établi par écrit et transmis au salarié dans le délai légal suivant l'embauche.
- Le motif de recours figure de manière précise dans le contrat, conformément à l'un des cas autorisés par la loi.
- La durée du contrat est conforme aux durées maximales prévues par le Code du travail selon le motif de recours.
Les étapes
- Identifier le motif de recours au CDD parmi les cas prévus par le Code du travail.
- Déterminer la durée du contrat (date de fin ou durée minimale si terme non précis) en fonction du motif.
- Rédiger le contrat écrit avec les mentions obligatoires : motif, durée, poste, qualification, rémunération, convention collective, droits collectifs.
- Transmettre le contrat au salarié dans le délai légal suivant l'embauche.
- À la fin du contrat : verser l'indemnité de précarité si les conditions sont réunies (sauf exceptions).
Le CDD est un contrat d'exception. Les points de vigilance ne sont pas ici : chacun est traité dans la section qui l'explique. Le champ « deplace » en conserve la trace.
Les cas de recours autorisés
Le Code du travail fixe la liste des cas dans lesquels un employeur peut recourir à un CDD. Le contrat doit indiquer précisément le motif retenu, conformément à l'un de ces cas.
Cas de recours autorisés par le Code du travail
Liste issue de l'article L1242-1 du Code du travail, complétée par des dispositions spécifiques.
- Remplacement d'un salarié absent : salarié temporairement absent ou dont le contrat est suspendu (arrêt maladie, congé de maternité, congé parental, etc.), salarié passé provisoirement à temps partiel, ou salarié ayant quitté l'entreprise dans l'attente de la suppression du poste.
- Remplacement d'un non salarié : chef d'entreprise, personne exerçant une activité libérale, chef d'exploitation agricole, ou conjoint/partenaire de Pacs/concubin absent participant à l'activité.
- Attente de la prise de fonction d'un nouveau salarié embauché en CDI : dans l'attente du remplaçant recruté en CDI.
- Accroissement temporaire d'activité : surcroît ponctuel d'activité lié à la production, à un chantier, à une commande exceptionnelle.
- Travaux urgents : nécessité impérieuse de prévenir des accidents imminents, organiser des mesures de sauvetage, ou réparer des insuffisances du matériel, des installations ou des bâtiments présentant un danger.
- Emploi à caractère saisonnier : contrats liés à des périodes de production correspondant à des saisons (vendanges, tourisme, etc.).
- CDD d'usage (ou contrat d'extra) : dans les secteurs d'activité où le CDI n'est pas un mode de recrutement traditionnellement utilisé (hôtellerie, restauration, spectacles, etc.).
- Contrat unique d'insertion (CUI) : pour les personnes ayant des difficultés à trouver un emploi.
- Période de reconversion professionnelle : CDD permettant au salarié de bénéficier d'une mobilité professionnelle interne ou externe en vue de sa formation.
- Commande exceptionnelle à l'exportation : pour la réalisation d'une commande export dans la limite de durée prévue par la loi.
Cas n°1 — Remplacement d'un salarié absent
Le CDD peut être conclu pour remplacer tout salarié absent ou dont le contrat est suspendu. Le contrat prend fin au retour du salarié remplacé, sans excéder la durée maximale prévue par la loi.
Exemple
Une salariée en congé de maternité : l'employeur peut conclure un CDD avec un autre salarié pour la remplacer, jusqu'à la reprise de la salariée.
Cas n°2 — Accroissement temporaire d'activité
Le CDD est possible en cas de surcroît ponctuel et temporaire d'activité. Il ne doit pas pourvoir un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise.
Exemple
Une entreprise de bâtiment face à un chantier exceptionnel : elle peut embaucher en CDD des salariés pour faire face à cet accroissement, sous réserve de la durée maximale prévue.
Cas n°3 — Emploi saisonnier
Le CDD saisonnier est lié à des périodes où la production ou l'activité se répètent chaque année à la même époque (vendanges, stations balnéaires, etc.).
Exemple
Les vendanges dans une exploitation viticole : recours possible à des CDD saisonniers pour la durée de la récolte.
Les cas où le CDD est interdit
Certains cas de recours sont expressément interdits par le Code du travail. Un CDD conclu dans l'un de ces cas peut être requalifié en CDI par le juge, avec les conséquences financières associées.
Cas de recours interdits
Article L1242-1 du Code du travail.
- Pourvoir un poste lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise (c'est-à-dire un emploi qui a vocation à être assuré en CDI).
- Remplacer un ou plusieurs salariés en grève.
- Effectuer des travaux particulièrement dangereux faisant l'objet d'une surveillance médicale spéciale (exposition à l'amiante, par exemple), sauf dérogation exceptionnelle.
- Conclure un CDD pour un motif non prévu par la loi : le contrat peut alors être requalifié en CDI par le conseil de prud'hommes.
L'employeur qui recourt à un CDD dans un cas interdit s'expose à la requalification du contrat en CDI, ainsi qu'à des amendes et dommages-intérêts versés au salarié.
La durée maximale du contrat
La durée maximale du CDD varie selon le motif de recours. Une convention collective ou un accord collectif d'entreprise peut prévoir des durées différentes, dans les limites fixées par la loi.
Principe général
La durée du CDD peut être exprimée par une date de fin précise, ou, pour certains cas, par une durée minimale lorsqu'aucun terme précis n'est fixé (article L1242-7 du Code du travail).
- La date de fin du contrat est obligatoire dans la majorité des cas.
- Une clause de renouvellement peut être prévue, dans la limite de la durée maximale applicable au motif.
- Une durée minimale est mentionnée dans le contrat si le terme n'est pas précisément connu à la date de conclusion.
- La durée de la période d'essai est mentionnée si une telle période est prévue.
Les mentions obligatoires du contrat
Le CDD doit être établi par écrit et comporter un certain nombre de mentions obligatoires, sous peine de sanctions. Si le contrat n'est pas écrit, ou si une mention obligatoire manque, le salarié peut en demander la requalification en CDI.
Mentions obligatoires du contrat
Article L1242-12 du Code du travail. Si l'une de ces mentions est absente ou imprécise, le salarié peut demander la requalification du CDD en CDI.
- Motif du recrutement : indication précise du motif de recours, parmi les cas autorisés par la loi.
- Durée du contrat : date de fin du contrat, clause de renouvellement si applicable, durée minimale si le contrat ne comporte pas de terme précis, durée de la période d'essai.
- Poste de travail : désignation du poste occupé.
- Qualification professionnelle : nom et qualification du salarié remplacé, s'il s'agit d'un CDD de remplacement.
- Rémunération : montant (qui ne peut pas être inférieur à celui que percevrait un autre salarié de l'entreprise en CDI à qualification et poste équivalents) et composition (salaire, primes, majorations, indemnités, avantages en nature).
- Droits collectifs : intitulé de la convention collective applicable, nom et adresse de la caisse de retraite complémentaire, nom et adresse de l'organisme de prévoyance, intitulé et références de l'accord collectif applicable.
- Pour le CDD à objet défini : intitulé, références de l'accord collectif qui institue le contrat, clause descriptive du projet et mention de sa durée prévisible, événement ou résultat objectif déterminant la fin de la relation contractuelle, délai de prévenance de l'arrivée à la fin du contrat, proposition éventuelle de poursuite de la relation en CDI.
Si l'indication du motif ne figure pas dans le contrat de travail, le salarié peut demander la requalification de son CDD en CDI. La durée hebdomadaire de travail est obligatoire si le salarié travaille à temps partiel.
La transmission du contrat au salarié
L'employeur doit remettre le CDD écrit au salarié dans un délai légal après l'embauche. Le non-respect de ce délai ouvre droit à une indemnité forfaitaire, sans requalification automatique.
Délai de transmission
Articles L1242-12 et L1242-13 du Code du travail.
- Le CDD doit être transmis au salarié au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant l'embauche.
- Le non-respect de ce délai n'entraîne pas, à lui seul, la requalification du CDD en CDI.
- Mais, en l'absence de respect de cette disposition, le salarié a droit à une indemnité, à la charge de l'employeur, égale au maximum à un mois de salaire.
- L'employeur risque une amende prévue par la loi s'il ne remet pas le CDD au salarié dans les délais (le montant est défini par les articles de référence, à vérifier auprès de l'organisme compétent).
Le contrat constaté par écrit doit être rédigé en français. Le salarié étranger peut demander la traduction de son contrat dans sa langue d'origine. La signature électronique d'un CDD (signature manuscrite numérisée) est juridiquement reconnue comme valable.
La rémunération et les droits collectifs
Le salarié en CDD perçoit une rémunération qui ne peut pas être inférieure à celle d'un salarié en CDI à qualification et poste équivalents dans l'entreprise. Il bénéficie par ailleurs des mêmes droits collectifs que les autres salariés.
Égalité de rémunération
Article L1242-12 du Code du travail.
- Le montant de la rémunération ne peut pas être inférieur à celui que percevrait un autre salarié de l'entreprise en CDI, à qualification et poste équivalents.
- La composition de la rémunération doit être détaillée : salaire de base, primes éventuelles, majorations, indemnités, avantages en nature.
- Le salarié en CDD bénéficie des mêmes droits collectifs que les autres salariés de l'entreprise : accès aux installations collectives, droits à congés payés, accès au comité social et économique, accès à la formation professionnelle, etc.
- Intitulé de la convention collective applicable : la convention dont relève l'activité principale de l'entreprise.
- Caisse de retraite complémentaire : nom et adresse de l'organisme concerné.
- Organisme de prévoyance : nom et adresse, si l'entreprise est affiliée.
- Accord collectif : intitulé et références de l'accord qui institue le contrat, le cas échéant.
La fin du contrat et l'indemnité de précarité
À l'arrivée du terme du CDD, le contrat prend fin de plein droit, sans indemnité de rupture. Le salarié peut toutefois percevoir une indemnité de précarité, destinée à compenser la précarité de la situation, sous réserve de quelques exceptions.
Indemnité de précarité (prime de fin de contrat)
Article L1243-8 du Code du travail.
- À la fin du CDD, le salarié perçoit une indemnité de précarité dont le taux est fixé par la loi ou la convention collective, en l'absence de convention, à un pourcentage de la rémunération totale brute perçue pendant le contrat.
- Cette indemnité est versée à la fin du contrat, en plus de la dernière rémunération et des éventuels congés payés non pris.
- Elle n'est pas due dans certains cas : CDD d'usage (contrat d'extra), contrat conclu avec un jeune pendant ses vacances scolaires ou universitaires, refus par le salarié d'un CDI proposé pour le même emploi ou un emploi similaire, rupture anticipée du CDD à l'initiative du salarié (sauf faute grave de l'employeur ou inaptitude).
Cas A — Indemnité due
Tout CDD qui arrive à son terme normal ouvre droit à l'indemnité de précarité, sauf exception légale.
Exemple
Un CDD conclu pour accroissement temporaire d'activité, arrivé à son terme : le salarié perçoit l'indemnité de précarité en plus de son dernier salaire.
Cas B — Indemnité non due (CDD d'usage)
Le CDD d'usage (ou contrat d'extra) n'ouvre pas droit à l'indemnité de précarité, en raison du caractère habituel du recours à ce type de contrat dans le secteur.
Exemple
Un serveur engagé pour un service dans la restauration (CDD d'usage) : pas d'indemnité de précarité à la fin du contrat.
Cas C — Refus d'un CDI proposé
Si l'employeur propose un CDI pour le même emploi ou un emploi similaire, et que le salarié refuse, l'indemnité de précarité n'est pas due.
Exemple
L'employeur propose au salarié en fin de CDD un CDI sur le même poste : le salarié refuse ; l'indemnité de précarité n'est pas versée.
La requalification en CDI
Un CDD irrégulier peut être requalifié en CDI par le conseil de prud'hommes. Cette requalification a pour effet de transformer le CDD en CDI à temps plein, sous conditions.
Cas de requalification
Articles L1245-1 et L1245-2 du Code du travail.
- Absence d'écrit : un CDD non écrit peut être requalifié en CDI à temps plein.
- Mention du motif absente ou imprécise : le contrat peut être requalifié si le motif de recours ne figure pas ou n'est pas suffisamment précis.
- Dépassement de la durée maximale : un CDD qui dépasse la durée maximale prévue par la loi peut être requalifié.
- Motif non autorisé : un CDD conclu pour un motif non prévu par la loi peut être requalifié.
- Renouvellements irréguliers : des renouvellements qui ne respectent pas les conditions légales peuvent entraîner la requalification.
La requalification emporte les conséquences d'un CDI : ancienneté, indemnités de rupture, etc. L'employeur s'expose également à des amendes et dommages-intérêts versés au salarié.
Les références juridiques
Les règles relatives au CDD sont principalement codifiées dans le Code du travail. Les articles de référence permettent de retrouver le texte exact en vigueur.
- Code du travail : articles L1242-1 à L1242-1-1 — Cas de recours autorisés au CDD.
- Code du travail : articles L1242-7 à L1242-9 — Fixation du terme et durée du contrat.
- Code du travail : articles L1242-12 à L1242-13 — Forme, contenu et transmission du contrat.
- Code du travail : article L1243-8 — Indemnité de précarité.
- Code du travail : articles L1245-1 à L1245-2 — Requalification du contrat.
- Convention collective applicable : la convention dont relève l'activité principale de l'entreprise peut prévoir des dispositions plus favorables, dans le respect des dispositions légales.
Modèle de contrat
Un modèle de CDD est disponible auprès des services de l'État : Modèle de contrat de travail à durée déterminée (CDD) d'un salarié.
- Ce modèle reprend l'ensemble des mentions obligatoires.
- Il peut être téléchargé et adapté à la situation du salarié et de l'entreprise.
- Son utilisation n'est pas obligatoire, mais son contenu sert de référence pour vérifier que toutes les mentions légales figurent dans le contrat.
Textes applicables
- Code du travail : articles L1242-1 à L1245-2Texte consolidé sur Légifrance
- Code du travail : articles L1242-7 à L1242-9Légifrance
- Code du travail : articles L1242-12 à L1242-13Légifrance
- Code du travail : articles L1245-1 à L1245-2Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Contrat à durée déterminée (CDD) : cas de recours, durée, indemnités
Vérifiée le 2026-09-22
Voir aussi
- Conclusion d'un contrat de travail à durée déterminée (CDD)
- Droits du salarié en contrat de travail à durée déterminée (CDD)
- Renouvellement d'un contrat de travail à durée déterminée (CDD)
- Dans quels cas un CDD est-il requalifié en CDI ?
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
