Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur la fin d'un contrat à durée déterminée : date de rupture, indemnités, documents remis et conséquences d'un refus de CDI.
Ce qu'il faut savoir
- Votre CDD s'achève automatiquement à la date prévue dans votre contrat de travail.
- Si votre contrat est suspendu (congé maladie, maternité, etc.), la date de fin n'est pas reportée, sauf exception en cas d'arrêt de travail.
- La fin de votre CDD peut être reportée lorsque le contrat a été conclu pour remplacer un salarié temporairement absent, jusqu'au surlendemain du jour où la personne remplacée reprend ses fonctions.
- Vous avez en principe droit à une indemnité de fin de contrat (dite prime de précarité) d'au moins 10 % de la rémunération brute totale, sauf cas d'exclusion.
- Le CDD ne peut être rompu avant sa fin prévue que dans des cas strictement limités : accord de l'employeur, embauche en CDI, faute grave, force majeure ou inaptitude.
- En cas de rupture anticipée injustifiée, le salarié peut obtenir des dommages et intérêts au moins égaux aux rémunérations restant à courir jusqu'à la fin du contrat.
- À la fin du CDD, l'employeur remet un certificat de travail, une attestation France Travail et un reçu pour solde de tout compte.
- Le refus d'un CDI proposé dans des conditions équivalentes peut avoir des conséquences sur l'ouverture des droits à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE).
Conditions essentielles
- Avoir été lié par un contrat de travail à durée déterminée (CDD) arrivant à son terme ou rompu avant terme dans un des cas autorisés.
- L'indemnité de fin de contrat n'est pas due dans les cas d'exclusion (embauche en CDI, refus d'un CDI équivalent, faute grave, force majeure, CDD d'usage, contrats aidés, contrat saisonnier, etc.).
- Pour rompre un CDD avant terme à l'initiative du salarié, être en période d'essai ou justifier d'un des motifs légaux prévus.
- Pour rompre un CDD à l'initiative de l'employeur, se situer dans un des cas autorisés ; sinon, des dommages et intérêts sont dus.
Les étapes
- Vérifier si votre CDD arrive à son terme à la date prévue ou si un report est possible (remplacement d'un salarié absent).
- Identifier le motif de la fin du contrat : terme normal, accord des parties, embauche en CDI, faute grave, force majeure ou inaptitude.
- Calculer l'indemnité de fin de contrat (au minimum 10 % de la rémunération brute totale, sauf limitation à 6 % par convention collective avec contreparties).
- Vérifier si un préavis doit être effectué en cas de rupture anticipée pour embauche en CDI (1 jour par semaine, plafonné à 2 semaines).
- Recevoir les documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail, reçu pour solde de tout compte.
- Si un CDI est proposé, prendre connaissance des modalités de la proposition et du délai de réflexion avant de répondre.
- En cas de refus du CDI, informer France Travail des conséquences éventuelles sur les droits au chômage.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — cas de report, préavis, montant de l'indemnité, refus de CDI — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux cas de rupture anticipée, à la durée du préavis, au montant de l'indemnité et aux conséquences d'un refus de CDI, voir les sections « Quels sont les cas autorisés de fin du CDD avant la date prévue ? », « Quelle est la durée du préavis ? », « Quelles sont les indemnités perçues à la fin du CDD ? » et « Que se passe-t-il en cas de refus d'un CDI à la fin d'un CDD ? ».
Quand prend fin un CDD ?
Votre contrat à durée déterminée (CDD) s'achève automatiquement à la date prévue dans votre contrat de travail, sans qu'aucune démarche particulière ne soit nécessaire de votre part ni de celle de votre employeur.
La date de fin du CDD est celle qui figure dans le contrat de travail, sous réserve des règles de calcul applicables aux contrats conclus pour remplacer un salarié absent ou dont le contrat est suspendu. Si votre contrat est suspendu (congé maladie, maternité, congé parental, etc.), la date de fin n'est pas reportée : le CDD se termine à la date initialement prévue, indépendamment des périodes de suspension.
Règle
Il existe une exception en cas d'arrêt de travail (maladie non professionnelle, maladie professionnelle ou accident de travail) : dans ce cas, le CDD peut être prolongé dans les conditions prévues par le code du travail.
La fin de votre CDD peut être reportée lorsque votre contrat a été conclu pour remplacer un salarié temporairement absent ou dont le contrat était suspendu. Le report est possible jusqu'au surlendemain du jour où la personne remplacée reprend ses fonctions.
Quels documents sont remis à la fin du CDD ?
À la fin de votre contrat à durée déterminée, votre employeur vous remet un ensemble de documents destinés à justifier de la fin du contrat et à vous permettre de percevoir vos droits.
Le certificat de travail atteste de la fin de votre contrat et de la durée de votre ancienneté. L'attestation France Travail (anciennement Pôle emploi) permet de demander l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Le reçu pour solde de tout compte récapitule les sommes versées à l'occasion de la fin du contrat (salaire, primes, indemnités) ; sa signature par le salarié ne vaut pas acquiescement définitif et peut être contestée dans un délai de 6 mois.
Règle
Lorsqu'un dispositif d'épargne salariale (participation, intéressement, plan d'épargne entreprise) est mis en place dans l'entreprise, l'employeur remet au salarié, à la fin du contrat, un état récapitulatif des sommes épargnées.
- Certificat de travail, établissant la date de fin du contrat et la durée d'ancienneté acquise.
- Attestation France Travail (anciennement Pôle emploi), indispensable pour l'ouverture des droits au chômage.
- Reçu pour solde de tout compte, détaillant les dernières sommes versées.
- État récapitulatif de l'épargne salariale, lorsque l'entreprise a mis en place un dispositif de participation, d'intéressement ou un plan d'épargne.
Ces documents doivent vous être remis le jour de la fin effective de votre contrat. Le non-remise d'un ou plusieurs de ces documents peut ouvrir droit à des dommages et intérêts.
Quels sont les cas autorisés de fin du CDD avant la date prévue ?
En dehors de la période d'essai, un CDD ne peut être rompu avant sa fin prévue que dans des cas strictement limités par le code du travail. Toute rupture hors de ces cas expose son auteur à des conséquences financières.
Vous pouvez mettre fin à votre contrat de travail pendant la période d'essai sans motif particulier, dans les conditions prévues pour la démission. En dehors de la période d'essai, le CDD peut être rompu avant sa fin prévue uniquement dans l'un des cas suivants.
Règle
Les cas autorisés de rupture anticipée du CDD sont les suivants.
- Vous avez l'accord de votre employeur : la rupture d'un commun accord peut intervenir à tout moment, sans motif particulier.
- Votre demande est justifiée par une embauche en contrat à durée indéterminée (CDI) : vous pouvez fournir à votre employeur un justificatif de l'embauche prévue (promesse d'embauche ou contrat de travail, par exemple).
- Faute grave commise par le salarié ou par l'employeur : la faute grave permet une rupture immédiate du contrat, sans préavis ni indemnité.
- Force majeure : un événement imprévisible, irrésistible et extérieur rendant impossible la poursuite du contrat.
- Inaptitude constatée par le médecin du travail : le salarié déclaré inaptible à son poste peut voir son CDD rompu, sous réserve des obligations de reclassement.
Si vous êtes un salarié protégé (représentant du personnel, délégué syndical, membre du CSE), la rupture du contrat ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail.
Modèles de courriers disponibles
- Rupture d'un commun accord d'un CDD — modèle de lettre sur code.travail.gouv.fr.
- Rupture anticipée du CDD suite à une embauche en CDI — modèle de lettre sur code.travail.gouv.fr.
Quelle est la durée du préavis ?
La durée du préavis en cas de rupture anticipée du CDD dépend du motif de la rupture : embauche en CDI ou accord des parties.
Si vous mettez fin à votre CDD en raison d'une embauche en CDI, vous devez respecter un préavis, sauf dispense de votre employeur. La durée du préavis est calculée à raison d'1 jour par semaine de contrat, compte tenu soit de la durée totale du CDD (renouvellement inclus) lorsqu'il comporte une date de fin précise, soit de la durée effectuée lorsqu'il ne comporte pas de terme précis.
Règle
Le décompte du préavis est effectué en jours ouvrés. Dans les deux cas, le préavis ne peut pas dépasser 2 semaines.
Si vous décidez avec votre employeur de mettre fin à votre CDD d'un commun accord, il n'est pas obligatoire de prévoir un préavis. Si vous convenez toutefois d'effectuer un préavis, vous fixez librement avec votre employeur sa durée.
Quelles sont les indemnités perçues à la fin du CDD ?
Lorsque votre CDD arrive à son terme normal, vous avez en principe droit à une indemnité de fin de contrat, communément appelée prime de précarité.
Cette indemnité compense la précarité inhérente au contrat à durée déterminée : elle est due au salarié dont le CDD se termine à son terme, indépendamment de l'initiative de la rupture. Son montant est calculé en pourcentage de la rémunération brute totale versée durant le contrat.
Règle
Vous ne percevez pas d'indemnité de fin de contrat dans les cas suivants.
- Embauche en CDI à l'issue du CDD (y compris lorsque le CDD a été renouvelé).
- Refus d'un CDI proposé au salarié pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente.
- Faute grave.
- Force majeure.
- CDD d'usage : contrat conclu dans certains secteurs d'activité (spectacle, accueil de touristes, etc.).
- Contrats aidés : contrat unique d'insertion (CUI) — Parcours emploi compétences (PEC), contrat de professionnalisation, contrat d'apprentissage. Une convention collective peut toutefois prévoir le versement de l'indemnité pour un contrat aidé.
- Contrat pour lequel l'employeur s'est engagé à assurer un complément de formation professionnelle au salarié.
- Contrat conclu avec un jeune pendant ses vacances scolaires ou universitaires.
- Contrat saisonnier.
En cas de rupture anticipée du CDD pour l'un des cas autorisés (embauche en CDI, accord des parties), des indemnités peuvent également vous être versées, ou vous devez verser des dommages et intérêts à votre employeur selon le motif. L'indemnité de fin de contrat n'est pas versée si la rupture intervient au cours de la période d'essai. En cas de rupture du contrat pour cause de force majeure, vous avez droit à une indemnité compensatrice au moins égale aux rémunérations que vous auriez perçues jusqu'à la fin de votre contrat.
Quel est le montant de l'indemnité en fin de CDD ?
L'indemnité de fin de contrat est égale au minimum à 10 % de la rémunération brute totale versée durant votre contrat à durée déterminée.
Ce pourcentage de 10 % constitue un minimum légal : il peut être amélioré par la convention collective applicable à votre entreprise, mais jamais réduit en dessous de ce seuil, sauf dans le cadre d'une convention collective prévoyant une limitation à 6 %.
Règle
Lorsque la convention collective limite le pourcentage à 6 %, des contreparties doivent vous être offertes, notamment sous la forme d'un accès privilégié à la formation professionnelle (action de formation, bilan de compétences).
Le calcul porte sur la rémunération brute totale perçue pendant la durée du contrat, renouvellement inclus, primes et accessoires compris. Vérifier auprès de votre employeur ou de votre convention collective le pourcentage applicable dans votre situation.
Quand est versée l'indemnité de fin de CDD ?
L'indemnité de fin de contrat est versée à la fin de votre CDD, en même temps que votre dernier salaire.
Le versement intervient donc le jour de la fin effective du contrat, ou à la date habituelle de paiement du salaire si celle-ci est postérieure. Le montant de l'indemnité doit figurer sur votre fiche de paie (bulletin de salaire), dans une rubrique distincte des autres éléments de rémunération.
Règle
Le non-versement de l'indemnité de fin de contrat, ou son versement incomplet, ouvre droit à des dommages et intérêts devant le conseil de prud'hommes. Le salarié dispose d'un délai de 1 an à compter de la fin du contrat pour agir.
Conservez précieusement votre fiche de paie de fin de contrat, qui constitue la preuve du versement de l'indemnité.
Que se passe-t-il en cas de refus d'un CDI à la fin d'un CDD ?
Votre employeur peut vous proposer de signer un contrat à durée indéterminée (CDI) à la fin de votre CDD. Vous êtes en droit de refuser cette proposition, mais le refus peut avoir des conséquences sur vos droits au chômage.
La proposition de CDI doit être faite par écrit, par lettre recommandée avec accusé de réception, par lettre remise en main propre contre décharge, ou par tout autre moyen donnant date certaine à sa réception, avant la fin de votre CDD. L'employeur doit vous préciser le délai de réflexion dont vous disposez pour lui répondre.
Règle
Votre employeur doit informer France Travail (anciennement Pôle emploi) de votre refus si la proposition de CDI comporte tous les éléments suivants.
- Le poste proposé est identique ou similaire à celui exercé en CDD.
- La rémunération proposée est au moins équivalente à celle perçue en CDD.
- La durée de temps de travail est équivalente à celle effectuée en CDD.
- Le poste proposé relève de la même classification.
- Le lieu de travail reste le même.
L'absence de réponse dans le délai imparti vaut refus de la proposition de CDI. Votre employeur dispose d'un délai d'un mois pour informer France Travail de votre refus, à compter de la date de celui-ci. Cette information est transmise par voie dématérialisée sur la plateforme prévue à cet effet, obligation applicable depuis le 1er janvier 2024. France Travail vous informe ensuite des conséquences du refus sur l'ouverture de vos droits à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE).
Questions fréquentes
Les questions les plus fréquemment posées sur la fin d'un contrat à durée déterminée.
- La fin d'un CDD peut-elle être reportée ?
- Oui. La fin de votre CDD peut être reportée lorsque votre contrat de travail a été conclu pour remplacer un salarié temporairement absent ou dont le contrat était suspendu. Le report est possible jusqu'au surlendemain du jour où la personne remplacée reprend ses fonctions.
- Que se passe-t-il si je travaille au-delà de la fin de mon CDD ?
- Si vous poursuivez votre travail au-delà de la date de fin de votre CDD alors qu'aucun accord de renouvellement n'a été prévu, votre contrat est requalifié en CDI. Vous conservez votre ancienneté, et la durée du CDD est déduite de la période d'essai éventuellement prévue dans le CDI.
- Puis-je démissionner d'un CDD ?
- Vous pouvez mettre fin à votre CDD sans motif particulier pendant la période d'essai. En dehors de la période d'essai, la rupture n'est possible que dans les cas autorisés : accord de l'employeur, embauche en CDI, faute grave, force majeure ou inaptitude. Hors de ces cas, vous devez verser à votre employeur des dommages et intérêts correspondant au préjudice subi.
- Mon employeur peut-il mettre fin à mon CDD avant la date prévue ?
- En dehors des cas autorisés, si votre employeur met fin à votre CDD par anticipation, vous avez droit à des dommages et intérêts. Le montant est au moins égal aux rémunérations que vous auriez perçues jusqu'à la fin de votre contrat.
- Qui informe France Travail du refus d'un CDI ?
- C'est votre employeur qui doit informer France Travail de votre refus d'un CDI, dans un délai d'un mois à compter de la date du refus, par voie dématérialisée. Cette obligation s'applique depuis le 1er janvier 2024.
Textes applicables
- Code du travail : articles L1243-1 à L1243-13-1Texte légal — Légifrance
- Code du travail : articles L1243-5 à L1243-12Texte légal — Légifrance
- Code du travail : article L1234-19Texte légal — Légifrance
- Code du travail : article L1234-20Texte légal — Légifrance
- Code du travail : article R1243-2Texte réglementaire — Légifrance
- Réponse ministérielle n°9599 du 5 mars 2013 relative à la requalification du contrat de travailAssemblée nationale
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Fin d'un contrat à durée déterminée (CDD)
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Informer France Travail du refus par un salarié d'une proposition de CDI (téléprocédure)
- Rupture d'un commun accord d'un CDD — modèle de lettre
- Rupture anticipée du CDD suite à une embauche en CDI — modèle de lettre
Les règles sur la fin du CDD, l'indemnité de fin de contrat et la rupture anticipée sont fixées par le code du travail et les conventions collectives. Vérifier les dernières évolutions auprès de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) ou d'un conseiller juridique.

