Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur l'arrêt maladie d'un agent public pendant ses congés : annulation du congé annuel, report des jours non pris, limite de 4 semaines et indemnité compensatrice en cas de départ.
Ce qu'il faut savoir
- Un agent public malade pendant une période de congés annuels est placé en congé de maladie sur présentation d'un arrêt de travail établi par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme.
- Le congé de maladie annule le congé annuel : les jours de congé annuel annulés peuvent être pris à une date ultérieure.
- L'agent qui ne peut pas prendre tout ou partie de ses congés annuels en raison de congés pour raison de santé a droit au report automatique des congés annuels restant dus, sur une période de 15 mois.
- La période de report de 15 mois peut être prolongée sur autorisation exceptionnelle du chef de service.
- Seuls certains congés pour raison de santé ouvrent droit au report, selon que l'agent est fonctionnaire ou contractuel.
- Le nombre de jours de congé annuel reportables est limité à 4 semaines.
- Lorsque l'agent quitte la fonction publique sans avoir pu prendre tous ses congés annuels, ceux-ci donnent lieu à une indemnité compensatrice.
Conditions essentielles
- Être agent public (fonctionnaire ou contractuel).
- Être tombé malade pendant une période de congé annuel.
- Disposer d'un arrêt de travail établi par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme.
- Relever d'un congé pour raison de santé figurant parmi ceux qui ouvrent droit au report.
- Ne pas avoir pu prendre ses congés annuels en raison d'un congé pour raison de santé.
Les étapes
- Présenter à l'administration un arrêt de travail établi par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme.
- Constater l'annulation du congé annuel par le congé de maladie.
- Reprendre ses fonctions à l'issue du congé pour raison de santé.
- Recevoir, dans le mois qui suit la reprise, l'information sur le nombre de jours reportés et la date limite pour les prendre.
- Prendre les congés reportés avant la fin de la période de report de 15 mois.
- En cas de départ définitif de la fonction publique, faire valoir le droit à l'indemnité compensatrice.
Cette synthèse ne détaille pas les règles de fond de chaque congé pour raison de santé ni les conditions propres à chaque versant de la fonction publique.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des congés ouvrant droit au report, du comptage de la période de report et du calcul de l'indemnité, voir les sections suivantes.
Rappel : maladie pendant les congés annuels
Un agent public qui tombe malade pendant une période de congé annuel est placé en congé de maladie sur présentation d'un arrêt de travail.
L'arrêt de travail doit être établi par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme. Le congé de maladie annule le congé annuel.
Règle
Les jours de congé annuel annulés peuvent être pris à une date ultérieure. Les congés annuels doivent être pris entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 décembre.
- Placement en congé de maladie : sur présentation d'un arrêt de travail établi par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme.
- Effet : le congé de maladie annule le congé annuel.
- Suite : les jours annulés peuvent être pris à une date ultérieure.
À savoir
- Le congé de maladie annule le congé annuel en cours.
- Les jours annulés ne sont pas perdus : ils peuvent être pris plus tard.
- La période de référence des congés annuels s'étend du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre.
Lorsque l'agent ne peut pas prendre tout ou partie de ses congés annuels en raison de congés pour raison de santé, il a droit au report automatique des congés annuels restant dus.
Quels congés ouvrent droit au report ?
Le report des congés annuels est ouvert au titre de certains congés pour raison de santé, dont la liste varie selon le statut de l'agent.
Les congés pour raison de santé ouvrant droit au report sont énumérés par la réglementation et diffèrent selon que l'agent est fonctionnaire ou contractuel.
- Fonctionnaire : congés de maladie, de longue maladie (CLM) ou de longue durée (CLD), congé pour invalidité temporaire imputable au service (Citis), disponibilité d'office pour raison de santé.
- Contractuel : congés de maladie ou de grave maladie, congé pour accident du travail ou maladie professionnelle, congé de maladie non rémunéré.
Règle
Vous n'acquérez pas de congé annuel pendant une disponibilité d'office pour raison de santé ou un congé de maladie non rémunéré.
À savoir
- Les congés ouvrant droit au report diffèrent selon le statut de l'agent.
- Aucun congé annuel n'est acquis pendant une disponibilité d'office pour raison de santé ou un congé de maladie non rémunéré.
- Le report porte sur les congés annuels restant dus.
La distinction entre fonctionnaires et contractuels commande l'identification des congés pour raison de santé susceptibles d'ouvrir droit au report des congés annuels.
La période de report de 15 mois
Le droit au report des congés annuels non pris s'exerce sur une période de 15 mois.
La période de 15 mois peut être prolongée sur autorisation exceptionnelle du chef de service.
Règle
Dans le mois qui suit la date de reprise de vos fonctions, votre administration employeur vous informe, par tout moyen permettant de dater cette information de manière certaine, du nombre de jours de congé annuel reportés et de la date jusqu'à laquelle vous pouvez les prendre.
- Durée du report : période de 15 mois.
- Prolongation : possible sur autorisation exceptionnelle du chef de service.
- Information de l'agent : dans le mois suivant la reprise de fonctions.
À savoir
- Le report se déploie sur une période de 15 mois.
- Une prolongation exceptionnelle est possible sur autorisation du chef de service.
- L'administration informe l'agent du nombre de jours reportés et de la date limite.
L'information délivrée dans le mois suivant la reprise porte à la fois sur le nombre de jours reportés et sur la date limite pour les prendre.
Comment se compte la période de report ?
Le point de départ de la période de report de 15 mois dépend de l'origine des congés annuels reportés et de la date de l'information délivrée à l'agent.
Les congés annuels reportables sont les congés acquis avant la mise en congé pour raison de santé et les congés acquis pendant le congé pour raison de santé ou le congé lié aux responsabilités parentales ou familiales.
- Congés acquis avant la mise en congé pour raison de santé.
- Congés acquis pendant le congé pour raison de santé.
- Congés acquis pendant un congé lié aux responsabilités parentales ou familiales.
Règle
La période de report de 15 mois débute à la date à laquelle vous recevez l'information sur le nombre de jours reportés et la date limite pour les prendre. La période de report des jours acquis pendant un congé pour raison de santé débute au plus tard à la fin de l'année pour laquelle le congé annuel est dû si, à cette date, vous bénéficiez de ce congé depuis au moins 1 an.
Dans ce dernier cas, lors de votre reprise de fonctions, la période de report de 15 mois, si elle n'est pas terminée, est suspendue jusqu'à ce que vous ayez reçu l'information sur le nombre de jours reportés et la date limite pour les prendre.
Limite de 4 semaines et perte des jours
Le report des congés annuels est plafonné et le défaut de prise dans la période impartie entraîne leur perte.
Le nombre de jours de congés annuels qui peuvent être reportés est limité à 4 semaines.
Règle
Si vous ne prenez pas les congés reportés dans la période impartie, ils sont perdus et ne donnent lieu à aucune indemnité compensatrice, sauf en cas de départ définitif de la fonction publique.
- Plafond de report : 4 semaines.
- Non-prise dans la période : perte des jours.
- Exception : départ définitif de la fonction publique, ouvrant droit à indemnité compensatrice.
À savoir
- Le plafond de report est de 4 semaines.
- Les jours non pris dans la période de report sont en principe perdus.
- L'exception tient au départ définitif de la fonction publique.
Si vous êtes absent sur plusieurs années consécutives, les congés non pris à la fin de chaque période de report de 15 mois sont perdus.
Départ de la fonction publique : indemnité compensatrice
Lorsque l'agent quitte définitivement la fonction publique sans avoir pu prendre ses congés annuels, ceux-ci donnent lieu à une indemnité compensatrice.
Le droit à indemnité s'applique quel que soit le motif du départ : retraite, démission, fin de contrat, etc.
Règle
La durée des congés annuels non pris qui donnent lieu à indemnité est de 4 semaines maximum. Votre administration employeur vous informe du nombre de jours de congé annuel non utilisés ou reportés donnant lieu à indemnisation.
- Motifs : retraite, démission, fin de contrat, etc.
- Plafond indemnisable : 4 semaines maximum.
- Information : l'administration indique le nombre de jours non utilisés ou reportés indemnisables.
À savoir
- L'indemnité compensatrice s'applique au départ définitif de la fonction publique.
- Le motif du départ est indifférent : retraite, démission ou fin de contrat.
- Le plafond indemnisable est de 4 semaines maximum.
L'indemnité compensatrice a vocation à compenser les congés annuels non pris à l'occasion de la fin définitive de la relation de travail avec la fonction publique.
Comment est calculée l'indemnité compensatrice ?
L'indemnisation d'un jour de congé annuel non pris repose sur une formule de calcul déterminée.
Règle
L'indemnisation d'un jour de congé annuel non pris est calculée de la manière suivante : (Rémunération mensuelle brute × 12) ÷ 250.
Le nombre 250 correspond au nombre moyen de jours ouvrés dans une année.
Formule de calcul
- Multiplier la rémunération mensuelle brute prise en compte par 12.
- Diviser le résultat par 250, nombre moyen de jours ouvrés dans une année.
- Le quotient obtenu correspond à l'indemnisation d'un jour de congé annuel non pris.
À titre d'illustration, avec une rémunération mensuelle brute prise en compte de 2000 €, un jour de congé annuel non pris représente (2000 × 12) ÷ 250, soit 96 €.
L'indemnité compensatrice de congés annuels est soumise aux mêmes cotisations que votre rémunération.
Rémunération prise en compte et éléments exclus
La rémunération servant de base au calcul de l'indemnité compensatrice obéit à des règles précises d'assiette.
La rémunération mensuelle brute prise en compte est égale à la dernière rémunération versée lors du dernier mois complet d'exercice effectif de vos fonctions. Elle tient compte éventuellement des évolutions de situation statutaire ou indemnitaire intervenues entre la dernière date d'exercice effectif et la date de fin de relation de travail.
- Inclus : traitement indiciaire.
- Inclus : indemnité de résidence.
- Inclus : supplément familial de traitement (SFT).
- Inclus : primes et indemnités.
Règle
Ne sont pas pris en compte certains versements, dont notamment les versements exceptionnels ou occasionnels, les remboursements de frais, les participations au financement des garanties de la protection sociale complémentaire, les indemnités liées à une activité accessoire ainsi que les indemnités liées à l'organisation du travail et au dépassement effectif du cycle de travail.
L'assiette repose ainsi sur la dernière rémunération de référence, sans y intégrer les versements dont le caractère est exceptionnel ou non directement lié à l'emploi.
Éléments de rémunération exclus du calcul
Plusieurs éléments de rémunération sont exclus de l'assiette servant au calcul de l'indemnité compensatrice de congés annuels.
- Versements exceptionnels ou occasionnels, notamment liés à l'appréciation individuelle ou collective de la manière de servir.
- Remboursement de frais.
- Participations au financement des garanties de la protection sociale complémentaire.
- Versements exceptionnels ou occasionnels liés aux indemnités relatives aux primo-affectations, aux mobilités et aux réorganisations, et toutes autres indemnités de même nature.
- Majorations et indexations liées à une affectation outre-mer, lorsque leur versement est interrompu avant la fin de la relation de travail.
- Indemnité de résidence à l'étranger lorsque son versement est interrompu avant la fin de la relation de travail.
- Indemnités versées en contrepartie d'une activité accessoire et autres indemnités non directement liées à l'emploi.
- Versements exceptionnels ou occasionnels de primes et indemnités correspondant à un fait générateur unique.
- Indemnités liées à l'organisation du travail et au dépassement effectif du cycle de travail.
À savoir
- Les versements à caractère exceptionnel ou occasionnel sont exclus.
- Les remboursements de frais et les participations à la protection sociale complémentaire ne sont pas pris en compte.
- Les indemnités non directement liées à l'emploi sont écartées de l'assiette.
Cette liste d'exclusions délimite précisément l'assiette de calcul : seuls les éléments de rémunération liés à l'emploi et versés de manière régulière y sont intégrés.
Ce qu'il faut retenir en pratique
Quelques réflexes permettent à l'agent de suivre le report de ses congés annuels et de préserver ses droits.
- Transmettre à l'administration un arrêt de travail conforme en cas de maladie pendant les congés annuels.
- Constater l'annulation du congé annuel et le placement en congé de maladie.
- Attendre l'information écrite de l'administration dans le mois suivant la reprise de fonctions.
- Vérifier le nombre de jours reportés et la date limite pour les prendre.
- Prendre les jours reportés avant la fin de la période de report de 15 mois.
- En cas de départ définitif, demander à l'administration l'indemnisation des jours non pris.
- Conserver les justificatifs liés à l'arrêt de travail et à la reprise.
- Surveiller le plafond de 4 semaines applicable au report.
- Interroger l'administration en cas de doute sur la date limite de prise des congés reportés.
Le placement en congé de maladie, le report automatique des congés annuels restant dus et la possibilité d'une indemnité compensatrice au départ définitif constituent les garanties principales prévues pour l'agent public.
Textes applicables
- Code général de la fonction publique : articles L621-1 à L621-3Texte légal
- Décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 relatif aux congés annuels des fonctionnaires de l'ÉtatTexte réglementaire
- Décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriauxTexte réglementaire
- Décret n° 2002-8 du 4 janvier 2002 relatif aux congés annuels des fonctionnaires hospitaliersTexte réglementaire
- Arrêté du 21 juin 2025 relatif aux modalités d'assiette et de calcul de l'indemnité compensatrice pour congé annuel non pris en fin de relation de travail dans la fonction publique de l'EtatLégifrance
- Arrêté du 21 juin 2025 relatif aux modalités d'assiette et de calcul de l'indemnité compensatrice pour congé annuel non pris en fin de relation de travail dans la fonction publique territorialeLégifrance
- Arrêté du 21 juin 2025 relatif aux modalités d'assiette et de calcul de l'indemnité compensatrice pour congé annuel non pris en fin de relation de travail dans la fonction publique hospitalièreLégifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Arrêt maladie d'un agent public pendant ses congés : quelles sont les règles ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.



