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Exercice de l'autorité parentale

L'autorité parentale correspond à l'ensemble des droits et des devoirs que les parents ont vis-à-vis de leur enfant mineur. Elle s'exerce en principe en commun par les deux parents, dans l'intérêt de l'enfant, et prend fin à sa majorité ou par décision du juge.

Vue d'ensemble

L'autorité parentale est le cadre juridique qui régit les relations entre les parents et leur enfant mineur. Elle englobe à la fois des droits et des devoirs, et doit toujours être exercée dans l'intérêt supérieur de l'enfant.

Ce qu'il faut savoir

  • L'autorité parentale est l'ensemble des droits et devoirs que les parents ont vis-à-vis de leur enfant mineur.
  • En principe, les deux parents exercent l'autorité parentale en commun, sans possibilité d'y renoncer.
  • En cas d'exercice conjoint, un parent peut accomplir seul un acte usuel (acte quotidien sans gravité), mais les actes importants nécessitent l'accord des deux parents.
  • Les parents administrent les biens de leur enfant ; certains actes graves sur ces biens requièrent l'autorisation du juge des tutelles.
  • L'autorité parentale prend fin à la majorité de l'enfant, par émancipation, ou par retrait prononcé par un juge.
  • Le parent qui n'a pas l'exercice de l'autorité parentale n'est pas un parent déchu : il conserve l'autorité parentale sans en avoir l'exercice.
  • L'autorité parentale s'exerce dans le respect dû à la personne de l'enfant, sans violences physiques ou psychologiques.

Conditions essentielles

  • L'enfant doit être mineur (moins de 18 ans).
  • La filiation doit être établie à l'égard du ou des parents.
  • Les droits et devoirs doivent être exercés dans l'intérêt de l'enfant.
  • Les parents ne peuvent pas renoncer à l'autorité parentale ; seule une décision du juge peut en prévoir la délégation ou le retrait.

Les étapes

  • Vérifier qui exerce l'autorité parentale (en commun ou par un seul parent).
  • Identifier la nature de l'acte envisagé : usuel ou non usuel.
  • Pour un acte usuel, un seul parent peut agir auprès d'un tiers, en étant présumé avoir l'accord de l'autre.
  • Pour un acte non usuel, obtenir l'accord exprès des deux parents.
  • En cas de désaccord, saisir le juge aux affaires familiales (Jaf) au tribunal judiciaire.
  • Pour les actes graves sur les biens de l'enfant, adresser une requête au juge des tutelles des mineurs.
  • Respecter l'obligation d'instruction scolaire et le devoir de protection de l'enfant à tous les âges.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — actes usuels et non usuels, administration légale des biens, procédures devant le juge — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les règles propres aux actes usuels, aux actes non usuels et à l'administration légale des biens, voir les sections « Actes usuels », « Actes non usuels » et « Administration légale des biens du mineur ».

Qu'est-ce que l'autorité parentale ?

L'autorité parentale correspond à l'ensemble des droits et des devoirs que les parents ont vis-à-vis de leur enfant mineur. Ces droits et devoirs doivent être exercés dans l'intérêt de l'enfant.

Les parents doivent protéger leur enfant dans sa sécurité, sa santé, sa vie privée et sa moralité. Ils doivent également assurer son éducation et permettre son développement dans le respect dû à sa personne. Pour exercer leur fonction, les parents ont un devoir de commandement et de surveillance sur l'enfant et ses biens. En contrepartie, l'enfant doit honneur et respect à ses parents à tout âge.

Règle

L'autorité parentale est une notion de droit civil qui découle du lien de filiation. Elle n'est pas un pouvoir discrétionnaire des parents : elle est encadrée par le Code civil (articles 371 et suivants) et doit toujours être exercée dans le respect de la personne de l'enfant.

L'autorité parentale s'exerce dans le respect dû à la personne de l'enfant, sans violences physiques ou psychologiques. Les parents associent l'enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.

Quels sont les droits et les devoirs des parents ?

À l'égard de leur enfant, les parents ont des droits et des devoirs précis qui couvrent la protection, l'éducation, la santé, l'entretien matériel et le respect de la vie privée de l'enfant.

Les droits et devoirs des parents vis-à-vis de l'enfant mineur sont les suivants : surveillance et protection, éducation, assurance de la santé, entretien et protection de la vie privée et de l'image.

Le droit et le devoir de surveillance et de protection impose aux parents de veiller sur la sécurité de l'enfant, de surveiller ses relations, ses déplacements, ses communications et son utilisation des réseaux sociaux. Le devoir d'éducation consiste à veiller à l'éducation scolaire, intellectuelle, morale et éventuellement religieuse de l'enfant. Le devoir d'assurer sa santé couvre les soins, les vaccinations et le suivi médical. Le devoir d'entretien oblige chaque parent à contribuer à l'entretien matériel de l'enfant, c'est-à-dire le nourrir, l'héberger et pourvoir à ses besoins (loisirs, culture). Le devoir de protection de sa vie privée et de son image interdit la diffusion de contenus concernant l'enfant sans les précautions nécessaires.

Règle

Les parents qui n'assurent pas l'instruction obligatoire de leur enfant s'exposent à des sanctions, notamment une amende. L'éducation scolaire est un devoir légal des parents, et l'enfant doit être inscrit dans un établissement scolaire ou être instruit dans la famille, selon les modalités prévues par la loi.

  • Surveillance et protection : veiller sur la sécurité de l'enfant, surveiller ses relations, ses déplacements, ses communications, son utilisation des réseaux sociaux.
  • Éducation : veiller à l'éducation scolaire, intellectuelle, morale et éventuellement religieuse de l'enfant.
  • Santé : assurer les soins, les vaccinations obligatoires et le suivi médical courant.
  • Entretien : contribuer à l'entretien matériel de l'enfant, c'est-à-dire le nourrir, l'héberger, pourvoir à ses besoins (loisirs, culture).
  • Protection de la vie privée et de l'image : ne pas diffuser de contenus concernant l'enfant sans les précautions nécessaires.

Les parents ont également l'administration légale des biens de leur enfant, c'est-à-dire le droit et le devoir de gérer ces biens. Ils ont en outre la jouissance légale des biens de l'enfant jusqu'à ses 16 ans.

Qui exerce l'autorité parentale ?

En principe, les parents exercent en commun l'autorité parentale. Les parents ne peuvent pas renoncer à l'exercice de l'autorité parentale. Seule une décision du juge peut, sous certaines conditions, prévoir une délégation de l'autorité parentale ou le retrait de l'autorité parentale.

L'exercice commun signifie que les deux parents sont investis de l'autorité parentale et prennent ensemble les décisions concernant la personne de l'enfant. Ce principe s'applique quelle que soit la situation familiale : les parents sont mariés, pacsés, concubins ou séparés. La séparation des parents ne change pas la dévolution de l'exercice de l'autorité parentale.

Règle

Lorsque la filiation est établie à l'égard du deuxième parent plus d'un an après la naissance de l'enfant, le premier parent reste seul investi de l'exercice de l'autorité parentale. Toutefois, le parent qui a reconnu l'enfant tardivement peut aussi se voir attribuer l'exercice de l'autorité parentale sous certaines conditions.

Si l'un des parents décède, l'autre parent exerce seul l'autorité parentale. Si l'enfant n'avait qu'un seul parent ou si les deux parents décèdent, une tutelle est mise en place. En cas d'adoption, le ou les adoptants exercent l'autorité parentale.

Actes usuels : un parent peut agir seul

En cas d'exercice conjoint de l'autorité parentale, un parent peut faire, seul, un acte usuel sans avoir à consulter l'autre parent.

L'acte usuel est un acte quotidien, sans gravité, qui n'engage pas l'avenir de l'enfant ou ses droits fondamentaux, ou qui s'inscrit dans une pratique antérieure non contestée. Lorsqu'il fait un acte usuel, le parent est présumé avoir l'accord de l'autre lorsqu'il agit auprès d'un tiers (par exemple auprès d'un médecin ou d'un établissement scolaire).

Le tiers (médecin, école, administration) n'a pas à s'assurer de l'accord de l'autre parent : c'est au parent qui fait l'acte usuel de s'assurer que l'autre parent est d'accord. Le parent qui n'est pas d'accord avec l'acte usuel réalisé par l'autre parent peut informer le tiers de son désaccord. Dans ce cas, le tiers ne peut plus agir. En cas de difficulté sur le caractère usuel ou non d'un acte, le juge évalue la question au cas par cas, en prenant notamment en considération le contexte dans lequel l'acte est réalisé.

Règle

Les juges ont considéré comme des actes usuels les actes suivants, couvrant les domaines administratif, éducatif, sanitaire et relatif au droit à l'image.

  • Administratifs : demande de carte d'identité ou de passeport, délivrance de diplômes, sortie du territoire national lorsqu'un juge ne l'a pas interdit.
  • Éducation : radiation ou inscription dans un établissement scolaire public, justifications des absences scolaires ponctuelles de l'enfant, sorties scolaires à la journée.
  • Santé : soins obligatoires (vaccinations imposées par la loi), soins courants (blessures superficielles, infections bénignes, soins dentaires de routine, traitement des maladies infantiles ordinaires), poursuite d'un traitement de maladie récurrente, circoncision relevant de la nécessité médicale, accès au dossier médical du mineur pour le suivi médical courant, séances ponctuelles avec un psychologue.
  • Droit à l'image : diffusion d'une photo de l'enfant à un cercle restreint de personnes composé de ses proches.

Le caractère usuel d'un acte s'apprécie au cas par cas, en fonction du contexte. Un acte habituel dans une famille peut être considéré comme usuel, tandis que le même acte peut être non usuel dans un autre contexte.

Actes non usuels : l'accord des deux parents est requis

Les actes non usuels sont les actes importants qui nécessitent l'accord des deux parents. Contrairement aux actes usuels, un parent ne peut pas les accomplir seul en cas d'exercice conjoint de l'autorité parentale.

Les actes non usuels sont ceux qui engagent l'avenir de l'enfant, ses droits fondamentaux ou qui ne s'inscrivent pas dans une pratique antérieure non contestée. La liste suivante illustre les actes considérés comme non usuels par la jurisprudence.

Règle

Si les parents sont en désaccord sur la réalisation d'un acte (usuel ou non usuel), ils peuvent saisir le juge aux affaires familiales (Jaf) à l'aide du formulaire de demande prévu à cet effet. L'avocat n'est pas obligatoire pour cette procédure.

  • Traitement médical lourd
  • Hospitalisation prolongée
  • Intervention chirurgicale prévue
  • Changement d'orientation scolaire
  • Inscription de l'enfant dans un établissement privé
  • Éducation religieuse donnée ou non à l'enfant
  • Pratique d'un sport dangereux
  • Diffusion de photos de l'enfant sur des réseaux sociaux
  • Passage de l'enfant à la télévision

La demande doit être adressée au juge du tribunal judiciaire du lieu de résidence du parent avec lequel réside habituellement l'enfant mineur. Si les parents vivent ensemble, la demande doit être adressée au Jaf du tribunal judiciaire du lieu où se trouve la résidence de la famille.

Administration légale des biens du mineur

Les parents ont l'administration légale des biens de leur enfant, c'est-à-dire le droit et le devoir de gérer ces biens. En cas d'exercice conjoint, les parents administrent ensemble les biens de leur enfant. En cas d'exercice par un seul parent, ce parent administre seul les biens de l'enfant.

Certains actes particulièrement graves sur les biens de l'enfant doivent faire l'objet d'une autorisation du juge des tutelles des mineurs. La demande d'autorisation auprès du juge se fait au moyen du formulaire de requête prévu à cet effet. La requête doit être adressée au juge des tutelles des mineurs du lieu de résidence actuelle de l'enfant.

Règle

Les actes suivants nécessitent l'autorisation du juge des tutelles des mineurs : acceptation pure et simple d'une succession, conclusion d'un emprunt au nom de l'enfant, renonciation pour lui à un droit (succession par exemple), achat ou location d'un bien du mineur par le parent.

Si l'un des parents est en désaccord avec l'autre pour réaliser un acte, il peut être autorisé par le juge à réaliser cet acte seul. La demande doit être présentée à l'aide du formulaire de requête prévu à cet effet.

En cas de désaccord entre les parents

Si les parents sont en désaccord sur la réalisation d'un acte (usuel ou non usuel), ils peuvent saisir le juge aux affaires familiales (Jaf) à l'aide du formulaire de demande prévu à cet effet. L'avocat n'est pas obligatoire pour cette procédure.

La demande doit être adressée au juge du tribunal judiciaire du lieu de résidence du parent avec lequel réside habituellement l'enfant mineur. Si les parents vivent ensemble, la demande doit être adressée au Jaf du tribunal judiciaire du lieu où se trouve la résidence de la famille. En cas de désaccord entre les parents sur l'exercice du droit à l'image de l'enfant, le Jaf peut interdire à l'un des parents de diffuser tout contenu concernant l'enfant sans l'autorisation de l'autre parent.

Règle

Le juge aux affaires familiales est compétent pour statuer sur les désaccords entre les parents relatifs à l'exercice de l'autorité parentale. Il statue dans l'intérêt de l'enfant, en tenant compte de la situation familiale et des besoins de l'enfant.

En cas de désaccord persistant, le juge peut confier l'exercice de l'autorité parentale à un seul parent, tout en conservant à l'autre parent le droit et le devoir de surveillance et d'entretien de l'enfant.

Dans quels cas l'autorité parentale prend-elle fin ?

L'autorité parentale prend fin à la majorité de l'enfant, par émancipation de l'enfant, ou en cas de retrait de cette autorité prononcé par un juge.

La majorité est fixée à 18 ans. À compter de cette date, l'enfant devient majeur et l'autorité parentale prend fin de plein droit. L'émancipation est une procédure par laquelle un mineur acquiert anticipativement la majorité, sur décision du juge. Le retrait de l'autorité parentale est une mesure judiciaire exceptionnelle prononcée par un juge lorsque les parents manquent gravement à leurs devoirs.

Règle

La perte de l'exercice de l'autorité parentale doit être constatée par un juge. Aucun parent ne peut perdre l'exercice de l'autorité parentale par sa seule volonté ou par accord entre les parents.

Dans certains cas, l'autorité parentale peut être déléguée à un tiers, sur décision du juge, jusqu'à la majorité de l'enfant. Le parent qui n'a pas l'exercice de l'autorité parentale n'est pas un parent à qui l'autorité parentale a été retirée : il a l'autorité parentale sans en avoir l'exercice, c'est-à-dire qu'il ne prend pas les décisions concernant l'enfant.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Exercice de l'autorité parentale

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

L'exercice de l'autorité parentale est encadré par le Code civil. Vérifier les dernières évolutions auprès du tribunal judiciaire du lieu de résidence ou d'un conseiller juridique.

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