Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur les indemnités journalières en cas d'accident du travail : calcul, montants, délai de carence, indemnité complémentaire de l'employeur.
Ce qu'il faut savoir
- Les indemnités journalières (IJ) sont versées par votre caisse d'assurance maladie (CPAM, MSA) sans délai de carence, à partir du 1er jour qui suit l'arrêt du travail.
- Le jour de l'accident est intégralement payé par votre employeur.
- Le salaire journalier de référence est calculé en divisant votre salaire brut du mois précédent par 30,42, plafonné à 400,82 €.
- Du 1er au 28e jour d'arrêt, les IJ correspondent à 60 % du salaire journalier de référence (plafond 240,49 €).
- À partir du 29e jour, les IJ correspondent à 80 % du salaire journalier de référence (plafond 320,66 €).
- La CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %) sont déduites du montant des IJ.
- L'employeur verse une indemnité complémentaire si vous avez au moins 1 an d'ancienneté : 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 66,66 %.
- À compter du 1er janvier 2027, la durée maximale de versement des IJ sera fixée à 4 ans par période d'incapacité (décret n° 2026-501 du 12 juin 2026).
Conditions essentielles
- Être salarié victime d'un accident du travail (dommages corporels survenus à l'occasion du travail).
- Bénéficier des IJ versées par votre organisme de sécurité sociale (CPAM ou MSA).
- Pour l'indemnité complémentaire de l'employeur : avoir au moins 1 an d'ancienneté, informer l'employeur dans les 48 heures, transmettre le certificat médical, être soigné en France ou dans l'EEE.
- Ne pas être travailleur à domicile, salarié saisonnier, intermittent ou temporaire (intérimaire) pour l'indemnité complémentaire.
Les étapes
- Déclarer l'accident du travail à votre employeur et consulter un médecin pour obtenir un certificat médical.
- Transmettre le certificat médical à votre employeur et à votre caisse d'assurance maladie.
- L'employeur déclare l'accident du travail à la CPAM (ou la MSA).
- La caisse verse les IJ à partir du 1er jour suivant l'arrêt, sans délai de carence.
- L'employeur verse l'indemnité complémentaire (si conditions remplies) dès le 1er jour d'absence.
- En cas de consolidation, un taux d'incapacité permanente (IPP) est fixé et ouvre droit à une rente ou une indemnité forfaitaire.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — calcul du salaire journalier, taux par période, indemnité complémentaire selon l'ancienneté — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le calcul détaillé du salaire journalier de référence, les taux du 29e jour et la durée de l'indemnité complémentaire selon l'ancienneté, voir les sections « Comment sont calculées les IJ ? », « À partir du 29e jour d'arrêt » et « Durée de versement de l'indemnité complémentaire ».
Qui est concerné par le versement des IJ ?
Vous êtes concerné si vous êtes salarié victime d'un accident du travail. Tel est le cas si vous êtes victime d'un ou plusieurs dommages corporels survenus à l'occasion du travail (par exemple, un ouvrier qui chute d'un échafaudage et qui se brise une jambe).
Vous avez droit à des indemnités journalières (IJ) de la part de votre régime d'assurance maladie (CPAM pour les salariés du secteur privé, MSA pour les salariés agricoles). Les IJ sont destinées à compenser partiellement la perte de salaire pendant votre arrêt de travail.
Règle
L'accident du travail doit être reconnu comme tel par votre caisse d'assurance maladie, sur la base de la déclaration de votre employeur et du certificat médical.
En Alsace-Moselle, des règles particulières s'appliquent : à condition que l'arrêt soit dû à une cause indépendante du salarié, le versement des IJ débute dès le 1er jour de l'arrêt et le salaire est maintenu à 100 %.
Comment sont calculées les indemnités journalières ?
Si vous êtes salarié payé au mois, votre régime d'assurance maladie détermine un salaire journalier de référence. Ce salaire journalier est calculé en divisant le montant de votre salaire brut perçu le mois précédant le début de l'arrêt maladie par 30,42.
Ce salaire journalier de référence ne peut pas dépasser 400,82 €. Si le résultat du calcul est supérieur à ce montant, c'est 400,82 € qui est pris en compte. Vos indemnités journalières seront égales à un pourcentage du salaire journalier de référence, dans la limite d'un montant appelé gain journalier net (le salaire journalier moins 21 %).
Règle
Le montant des IJ est calculé de manière différente entre le 1er et le 28e jour d'arrêt, puis à partir du 29e jour. La CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %) sont ensuite déduites du montant des indemnités journalières dues.
Les avantages en nature sont en principe inclus dans le salaire de base servant au calcul de l'IJ, sauf si vous n'en bénéficiez plus pendant votre arrêt (exemple : indemnité de nourriture). Il n'y a plus de revalorisation des IJ depuis le 1er juillet 2020, sauf pour les arrêts ayant débuté avant cette date.
Du 1er au 28e jour d'arrêt
Les indemnités journalières correspondent à 60 % de votre salaire journalier de référence pendant les 28 premiers jours d'arrêt.
Le salaire journalier net correspond à 1/30,42 de votre salaire du mois précédent, diminué d'un taux forfaitaire de 21 %. Les indemnités journalières sont, au maximum, de 240,49 €.
Règle
Exemple : pour un salarié ayant gagné 1 800 € brut le mois précédent son arrêt, le salaire journalier de référence est 59,17 € (1 800 / 30,42). Le gain journalier net s'élève à 46,75 € (59,17 − 21 %). L'IJ s'élèvera à 35,50 € (59,17 × 60 %), montant inférieur au gain journalier net (46,75 €). La CSG et la CRDS sont ensuite déduites.
L'IJ ne peut jamais dépasser le gain journalier net : si le calcul (60 % du salaire journalier) dépasse ce plafond, c'est le gain journalier net qui est appliqué.
À partir du 29e jour d'arrêt
À partir du 29e jour d'arrêt, les indemnités journalières correspondent à 80 % de votre salaire journalier de référence.
Les indemnités journalières sont plafonnées à 320,66 € à partir du 29e jour. Le calcul du salaire journalier net reste le même (1/30,42 du salaire du mois précédent, diminué de 21 %).
Règle
Exemple : pour un salarié ayant gagné 1 800 € brut, l'IJ s'élèvera à 35,50 € pendant les 28 premiers jours (59,17 × 60 %). À partir du 29e jour, l'IJ s'élèvera à 46,75 € : l'IJ calculée (59,17 × 80 % = 47,34 €) dépasse le gain journalier net (46,75 €), donc c'est le gain journalier net qui s'applique.
La CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %) sont également déduites de l'IJ calculée à partir du 29e jour.
Quand débute le versement des IJ ?
En cas d'accident du travail, le jour où se produit l'accident est intégralement payé par votre employeur. Les indemnités journalières vous sont versées par votre organisme de sécurité sociale à partir du 1er jour qui suit l'arrêt du travail, sans délai de carence.
Le délai de carence correspond au temps pendant lequel vous ne percevriez pas d'indemnisation : il n'existe pas pour les accidents du travail. Il en est de même en cas de rechute ou d'aggravation de l'état de santé du salarié.
Règle
Les IJ sont versées sans délai de carence, contrairement aux arrêts pour maladie ordinaire qui peuvent être soumis à un délai de carence dans certains régimes.
En Alsace-Moselle, des règles particulières s'appliquent : à condition que l'arrêt soit dû à une cause indépendante du salarié, le versement des IJ débute dès le 1er jour de l'arrêt et le salaire est maintenu à 100 %.
Pendant combien de temps touche-t-on des IJ ?
Les indemnités journalières sont versées pendant toute la période d'incapacité de travail, jusqu'à la guérison complète ou la consolidation de la blessure (ou le décès).
Si votre blessure est consolidée (c'est-à-dire que votre état de santé ne s'améliore plus), un taux d'incapacité permanente (IPP) est fixé par votre organisme de sécurité sociale (CPAM, MSA). Ce taux ouvre droit au versement d'une rente viagère ou d'une indemnité forfaitaire en capital, selon le taux d'incapacité retenu.
Règle
Le versement des IJ cesse à la date de consolidation, date à laquelle la rente ou l'indemnité forfaitaire prend le relais.
Pour les arrêts liés à un accident du travail ou à une maladie professionnelle intervenant à compter du 1er janvier 2027, la durée maximale de versement des IJ sera fixée à 4 ans par période d'incapacité (voir section dédiée).
L'employeur doit-il verser une indemnité complémentaire ?
Votre employeur doit vous verser une indemnité complémentaire durant votre arrêt de travail si vous remplissez toutes les conditions suivantes : vous n'êtes pas un travailleur à domicile, salarié saisonnier, intermittent ou temporaire (intérimaire) ; vous justifiez d'au moins 1 année d'ancienneté dans l'entreprise (au 1er jour de votre absence) ; vous avez informé votre employeur dans les 48 heures puis transmis votre certificat médical ; vous bénéficiez des IJ versées par votre organisme de sécurité sociale ; vous êtes soigné en France ou dans l'un des États membres de l'Espace économique européen (EEE).
Le montant des indemnités versées par votre employeur est calculé sur 2 périodes : pendant les 30 premiers jours d'arrêt, le montant correspond à 90 % de la rémunération brute que vous auriez perçue si vous aviez travaillé ; à partir du 31e jour d'arrêt, ce montant n'est plus que des 2/3 (66,66 %) de la rémunération brute.
Règle
L'indemnité complémentaire s'effectue déduction faite des IJ versées par le régime de sécurité sociale et éventuellement des sommes versées par votre régime complémentaire de prévoyance. Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir un montant plus élevé.
Le versement commence dès votre 1er jour d'absence, sans délai de carence. Même si les IJ sont réduites (hospitalisation, sanction), les indemnités complémentaires restent calculées sur la base de l'IJ avant réduction. En contrepartie, votre employeur peut recourir à une contre-visite médicale.
Durée de versement de l'indemnité complémentaire selon l'ancienneté
La durée de versement des indemnités complémentaires par l'employeur varie en fonction de votre ancienneté dans l'entreprise. Elle est évaluée sur une période de 12 mois, de date à date, tous jours calendaires pris en compte.
Si vous avez déjà bénéficié d'une ou plusieurs périodes d'indemnisation pour maladie par l'employeur dans les 12 mois précédents, il en est tenu compte pour calculer la durée maximale de versement autorisée.
Règle
Durées maximales de versement sur une période de 12 mois, selon l'ancienneté : 1 à 5 ans — 60 jours (30 jours à 90 % et 30 jours à 66,66 %) ; 6 à 10 ans — 80 jours (40 jours à 90 % et 40 jours à 66,66 %) ; 11 à 15 ans — 100 jours (50 jours à 90 % et 50 jours à 66,66 %) ; 16 à 20 ans — 120 jours (60 jours à 90 % et 60 jours à 66,66 %) ; 21 à 25 ans — 140 jours (70 jours à 90 % et 70 jours à 66,66 %) ; 26 à 30 ans — 160 jours (80 jours à 90 % et 80 jours à 66,66 %) ; 31 ans et plus — 180 jours (90 jours à 90 % et 90 jours à 66,66 %).
Des dispositions conventionnelles peuvent améliorer ces durées. Vérifiez votre convention collective pour connaître les règles applicables dans votre entreprise.
Évolution à compter du 1er janvier 2027
Pour les arrêts de travail liés à un accident du travail ou à une maladie professionnelle qui interviendront à compter du 1er janvier 2027, la durée maximale de versement des indemnités journalières sera fixée à 4 ans par période d'incapacité.
Cette évolution résulte du décret n° 2026-501 du 12 juin 2026. Un nouveau droit à indemnisation pourra être ouvert en cas de nouvelle période d'incapacité répondant aux conditions prévues par la réglementation.
Règle
Dans l'attente de cette entrée en vigueur, les informations présentées sur cette fiche restent valables pour les arrêts en cours ou débutant avant le 1er janvier 2027.
Ce texte modifie la durée maximale de versement des IJ pour les accidents du travail et maladies professionnelles. Il convient de suivre les évolutions réglementaires auprès de votre caisse d'assurance maladie.
Qui peut m'aider ?
Votre caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) est votre interlocuteur principal pour le versement des indemnités journalières en cas d'accident du travail.
La caisse régionale d'assurance maladie d'Île-de-France (Cramif) intervient spécifiquement en Île-de-France. Pour les salariés agricoles, la mutualité sociale agricole (MSA) gère les IJ et les déclarations d'accident du travail.
Règle
Pour toute question relative au calcul ou au versement des IJ, contactez votre CPAM (site ameli.fr) ou votre MSA. Votre employeur est également compétent pour l'indemnité complémentaire.
En cas de désaccord avec votre caisse sur la reconnaissance de l'accident du travail ou sur le montant des IJ, vous pouvez faire un recours auprès de la CPAM, puis le cas échéant saisir la justice sociale.
Textes applicables
- Code de la sécurité sociale : articles L433-1 à L433-4Texte législatif
- Code du travail : articles L1226-1 et L1226-1-1Texte législatif
- Décret n° 2026-501 du 12 juin 2026Texte réglementaire
- Code de la sécurité sociale : articles R433-1 à R433-17Légifrance
- Code du travail : articles L1226-23 à L1226-24Légifrance
- Code du travail : articles D1226-1 à D1226-8Légifrance
- Circulaire du 25 novembre 2010 relative au calcul des indemnités journalières dues au titre de la maladie, de la maternité et des accidents du travail et maladies professionnellescirculaires.gouv.fr
- Arrêté du 10 décembre 2002 relatif à l'évaluation des avantages en nature en vue du calcul des cotisations de sécurité socialeLégifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Accident du travail : indemnités journalières pendant l'arrêt de travail
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Ameli : adresses et contacts de votre CPAM
- Caisse régionale d'assurance maladie d'Île-de-France (Cramif)
- Mutualité sociale agricole (MSA) : coordonnées
Les montants d'indemnités journalières (plafonds 240,49 € et 320,66 €, salaire journalier plafonné à 400,82 €) sont ceux publiés par Service-Public. Ces montants sont susceptibles d'être revalorisés. Vérifiez les montants en vigueur auprès de votre CPAM ou MSA.


