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Comment régler un litige avec un huissier de justice (à présent appelé commissaire de justice) ?

Le commissaire de justice, anciennement appelé huissier de justice puis commissaire-priseur judiciaire, exerce de nombreuses activités encadrées par des règles déontologiques. Un désaccord peut néanmoins apparaître entre ce professionnel et son client. La procédure de contestation varie alors selon l'objet du conflit : contestation d'un acte, contestation des frais, ou autre litige.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir avant de contester un commissaire de justice : la procédure dépend de l'objet du litige — acte, frais ou manquement déontologique — et de la juridiction compétente.

Ce qu'il faut savoir

  • Le commissaire de justice a remplacé l'huissier de justice et le commissaire-priseur judiciaire.
  • La contestation d'un acte (signification, saisie, constat, sommation, commandement) relève du juge de l'exécution.
  • Les vices de forme ne sont sanctionnés que s'ils causent un grief (préjudice) ; les vices de fond portent sur l'incompétence ou l'absence de pouvoir du commissaire de justice.
  • La contestation des frais passe par le greffier, qui vérifie le montant des émoluments au regard des tarifs réglementés publiés sur Légifrance.
  • Le certificat de vérification des frais devient exécutoire si le commissaire de justice ne le conteste pas dans un délai d'un mois à compter de sa notification.
  • Certaines interventions ne sont pas tarifées : le commissaire de justice fixe alors librement ses honoraires, à condition d'avoir informé préalablement son client du caractère payant de la prestation.
  • Les manquements déontologiques peuvent être dénoncés à la chambre régionale des commissaires de justice du département où le professionnel exerce.
  • Une faute causant un préjudice peut fonder une action en responsabilité civile professionnelle ouverte devant le tribunal judiciaire (avec avocat obligatoire au-delà de 10 000 euros) ou le tribunal de proximité.

Conditions essentielles

  • Disposer d'un acte, d'une facture ou d'un écrit attestant de la mission confiée au commissaire de justice.
  • Identifier précisément la nature du litige : validité d'un acte, montant des frais, honoraires libres, ou manquement déontologique.
  • Pour les frais, joindre un décompte précis des sommes versées pour les différents actes accomplis.
  • Pour la responsabilité civile, établir le lien entre la faute reprochée et le dommage subi, et tenter une mise en demeure préalable.
  • Pour les actes de plus de 10 000 euros, se faire représenter par un avocat devant le tribunal judiciaire.

Les étapes

  • Identifier l'objet du litige : contestation d'un acte, contestation des frais, honoraires ou autre manquement.
  • Pour un acte irrégulier, rassembler les preuves des vices de forme ou de fond et saisir le juge de l'exécution, idéalement avec l'assistance d'un avocat.
  • Pour les frais, adresser une demande de vérification au greffier compétent, accompagnée d'un décompte précis des sommes versées.
  • Recevoir le certificat de vérification du greffier et le notifier au commissaire de justice.
  • Attendre le délai d'un mois : à défaut de contestation, demander au greffe la mention de non-contestation qui rend le certificat exécutoire.
  • En cas de contestation du commissaire de justice, le président du tribunal compétent tranchera le litige.
  • Pour un manquement déontologique, adresser une réclamation par lettre recommandée avec accusé de réception au président de la chambre régionale des commissaires de justice.
  • En cas de préjudice causé par une faute, envoyer une mise en demeure par lettre recommandée, puis saisir la juridiction compétente selon le montant du litige.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Le choix de la juridiction et de la procédure dépend de l'objet précis du litige ; les sections suivantes détaillent chaque cas.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail de chaque voie de recours, voir les sections « Comment contester un acte du commissaire de justice ? », « Contester les frais engagés dans une affaire judiciaire » et « Engager la responsabilité civile professionnelle ».

Les actes du commissaire de justice

Le commissaire de justice accomplit des actes officiels variés, allant de la remise de documents à l'exécution forcée des décisions de justice, en passant par le constat et la sommation. Ces actes sont susceptibles de contestation s'ils présentent des irrégularités.

Les actes effectués par un commissaire de justice comprennent notamment : la signification, c'est-à-dire la remise officielle de documents (par exemple, des assignations ou des jugements) ; l'exécution forcée des décisions de justice (par exemple, saisies mobilières ou immobilières, saisies de créances, expulsions) ; le constat, qui établit par écrit l'état d'un lieu, d'un bien ou d'une situation à une date donnée ; la sommation, mise en demeure officielle de payer ou de faire cesser un trouble ; et le commandement de payer, de quitter les lieux, de faire, etc. Ces actes peuvent être contestés s'ils présentent des irrégularités qui affectent leur validité. La loi distingue deux grandes catégories d'erreurs.

Règle

Les actes du commissaire de justice sont soumis à des règles de forme et de fond. Leur validité peut être discutée devant le juge de l'exécution lorsque les conditions de contestation sont réunies.

La mission du commissaire de justice est encadrée par des règles déontologiques qu'il doit respecter dans l'exercice de ses fonctions, y compris en matière d'information de son client sur les tarifs applicables.

Comment contester un acte du commissaire de justice ?

Toute contestation d'un acte de commissaire de justice doit être présentée devant le juge de l'exécution, seul compétent pour trancher les litiges portant sur la validité des actes concernés.

On distingue deux types d'erreurs susceptibles de fonder la contestation d'un acte. Le vice de forme concerne une erreur formelle dans la rédaction de l'acte, telle que l'absence de date, l'absence d'indication du nom ou du prénom du commissaire de justice, ou encore l'oubli de sa signature. Ces vices sont sanctionnés s'ils causent un grief, c'est-à-dire un préjudice pour la personne concernée : une irrégularité sans conséquence concrète ne suffit pas à annuler l'acte. Les vices de fond concernent, quant à eux, l'incompétence, l'absence de pouvoir, d'impartialité ou d'indépendance du commissaire de justice. Ils touchent non pas à la forme de l'acte, mais à la capacité ou à la situation dans laquelle se trouvait le professionnel pour l'accomplir.

Règle

La contestation est portée devant le juge de l'exécution. Il est recommandé d'être accompagné par un avocat pour cette procédure.

Avant d'engager une contestation, il est utile de vérifier si l'irrégularité invoquée a effectivement causé un préjudice, notamment pour les vices de forme. Un conseil juridique peut vous aider à apprécier les chances de succès de la contestation.

Contester les frais engagés dans une affaire judiciaire

Au cours d'un procès, le commissaire de justice accomplit certains actes prévus par la procédure ou demandés par le juge. Ces interventions génèrent des frais, appelés dépens.

Si vous rencontrez une difficulté ou si vous contestez les frais appliqués par un commissaire de justice dans le cadre d'une affaire judiciaire, vous pouvez demander au greffier du tribunal saisi de votre affaire de vérifier le montant des dépens. La majorité des prestations sont soumises à un tarif réglementé, dont les montants sont consultables sur le site Légifrance.

Les dépens incluent par exemple les frais liés à la signification de l'assignation à la partie adverse. La demande de vérification peut être faite par tout moyen. Il est conseillé d'y joindre un décompte précis des sommes que vous avez versées pour les différents actes accomplis par le commissaire de justice. Le greffier procède alors à la vérification des frais perçus. Si une différence est constatée entre les tarifs appliqués et les tarifs réglementés, il effectue les ajustements nécessaires pour que le montant corresponde à ce que prévoit la réglementation. Un certificat de vérification vous est ensuite remis, soit en main propre, soit par lettre simple. Vous devez ensuite notifier le compte vérifié au commissaire de justice. À compter de cette notification, le commissaire dispose d'un délai d'un mois pour contester le certificat. En l'absence de contestation dans ce délai, vous pouvez demander au greffe d'ajouter la mention de non-contestation sur le certificat : cette mention rend alors le certificat exécutoire. Cela signifie que le document aura la même valeur qu'une décision de justice et pourra être utilisé pour obtenir le remboursement d'un trop-perçu ou faire valoir vos droits sans avoir à passer par un procès supplémentaire. Si le commissaire de justice conteste dans le mois, le président du tribunal chargé de l'affaire tranchera le litige.

Règle

Si les actes accomplis par le commissaire de justice sont jugés excessifs (nombre d'actes disproportionnés) ou inutiles, le juge peut décider que tout ou partie des frais restera à la charge du commissaire de justice.

Le recours à la vérification par le greffier est une procédure simple et gratuite, qui permet souvent de régler un différend sur les frais sans engager de procès. La notification du certificat au commissaire de justice est une étape obligatoire pour faire courir le délai de contestation.

Contester les frais engagés en dehors de la procédure judiciaire

Le commissaire de justice peut intervenir en dehors de toute procédure judiciaire, par exemple lorsqu'il établit un constat. En cas de contestation sur le montant des frais facturés, vous devez saisir le greffier du tribunal judiciaire dans le ressort duquel le commissaire de justice exerce ses fonctions.

La compétence du greffier est déterminée par le lieu où le commissaire de justice exerce. Par exemple, le commissaire de justice qui a son étude située à Paris dépend du tribunal judiciaire de Paris. La demande doit être faite par écrit. Il est conseillé d'y joindre un décompte précis des sommes que vous avez versées pour les différents actes accomplis. Le greffier procède ensuite à la vérification des frais perçus et, si une différence est constatée entre les tarifs appliqués et les tarifs réglementés, il effectue les ajustements nécessaires. Un certificat de vérification vous est remis, soit en main propre, soit par lettre simple. Comme dans le cadre d'une affaire judiciaire, vous devez ensuite notifier le compte vérifié au commissaire de justice. À compter de cette notification, le commissaire dispose d'un délai d'un mois pour contester le certificat : en l'absence de contestation, vous pouvez demander au greffe la mention de non-contestation qui rend le certificat exécutoire ; en cas de contestation, le président du tribunal chargé de l'affaire tranchera le litige.

Règle

Les frais engagés en dehors de la procédure judiciaire obéissent aux mêmes règles de vérification que les dépens, à la seule différence du tribunal compétent : c'est le tribunal judiciaire du ressort de l'étude du commissaire de justice qui est concerné, et non le tribunal saisi de l'affaire.

Cette voie de recours est particulièrement utile pour les constats et autres interventions hors procédure, dont les tarifs restent réglementés mais dont le contrôle passe par un autre greffe que celui du tribunal saisi d'un éventuel litige principal.

Contester les honoraires (rémunération libre)

Certaines interventions du commissaire de justice ne sont pas encadrées par un tarif réglementé. Dans ce cas, il fixe librement le montant de ses honoraires pour les actes concernés, sous réserve d'une obligation d'information préalable de son client.

Le commissaire de justice doit avertir préalablement son client du caractère payant de la prestation et du montant estimé ou du mode de calcul de la rémunération à prévoir. Si le commissaire de justice ne respecte pas cette obligation, il conserve un droit à honoraires, mais le juge doit tenir compte de ce manquement dans la fixation du montant de ses honoraires. En cas de contestation, le président du tribunal judiciaire dans le ressort duquel le commissaire de justice exerce ses fonctions est compétent pour statuer sur le litige. Si le commissaire de justice exerce ses fonctions sur Paris, c'est le président du tribunal judiciaire de Paris qui sera compétent.

Règle

Pour évaluer le montant des honoraires, le juge prend en compte : la nature et l'importance des activités accomplies, les difficultés rencontrées, les responsabilités encourues, et le respect de l'obligation d'information préalable de sa tarification par le commissaire de justice.

Le manquement à l'obligation d'information préalable n'anéantit pas le droit à honoraires, mais il peut entraîner une réduction du montant alloué par le juge. Conservez tout écrit échangé sur la tarification avant le début de la mission.

Réclamation disciplinaire auprès de la chambre régionale

Vous pouvez être en conflit avec un commissaire de justice en raison de négligences ou de fautes dans l'exécution de ses missions : non-respect d'un délai, oubli d'une formalité ou d'une mention obligatoire sur un acte, saisies abusives ou abus de pouvoir.

Si vous rencontrez des difficultés avec un commissaire de justice liées à la violation d'une loi ou d'un règlement ou au non-respect de règles déontologiques, vous pouvez déposer une réclamation auprès de la chambre régionale des commissaires de justice compétente, qui est celle du département dans lequel le commissaire de justice exerce ses missions.

Les situations susceptibles de fonder une réclamation disciplinaire incluent notamment les négligences ou fautes dans l'exécution des missions (non-respect d'un délai, oubli d'une formalité ou d'une mention obligatoire sur un acte), les saisies abusives (saisie d'un bien non concerné par la décision de justice ou saisie disproportionnée par rapport à la dette), et l'abus de pouvoir qui se manifeste par des menaces et intimidations de la part du commissaire de justice. La réclamation est à adresser au président de la chambre régionale des commissaires de justice, par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce courrier, daté et signé, doit mentionner vos informations personnelles (nom, prénom, profession, adresse du domicile, date et lieu de naissance et nationalité), les informations sur le commissaire de justice (nom, prénom, adresse professionnelle et nom de l'office), et les faits motivant la réclamation, accompagnés de tous les documents utiles pour justifier la demande. Dans un premier temps, la chambre régionale peut proposer une conciliation. En l'absence d'accord, le président régional a la possibilité d'adresser au commissaire de justice un rappel à l'ordre, une injonction de cesser le manquement constaté, voire d'y assortir une astreinte.

Règle

Si votre réclamation est jugée infondée, vous serez informé de son classement sans suite. Pour contester cette décision, vous pouvez saisir le procureur de la République. Si ce dernier considère votre demande comme fondée, il pourra la transmettre directement à la juridiction disciplinaire interrégionale.

La réclamation disciplinaire ne se substitue pas à une action en responsabilité civile : elle vise la sanction du manquement déontologique, pas la réparation d'un préjudice. Les deux démarches peuvent être menées en parallèle lorsque le même fait fonde à la fois une sanction disciplinaire et une demande d'indemnisation.

Engager la responsabilité civile professionnelle

Lorsque le commissaire de justice commet une faute qui vous cause un préjudice, sa responsabilité civile professionnelle peut être engagée devant les juridictions civiles. Dans ce cas, il peut être condamné à vous verser des dommages et intérêts en réparation du dommage subi.

Plusieurs étapes doivent être respectées avant de saisir le juge. Identifier le manquement du commissaire de justice à ses fonctions et missions, et s'assurer que cette faute est à l'origine du dommage subi : le préjudice doit être une conséquence de la faute reprochée. Estimer le dommage subi (matériel, financier, etc.) et le valoriser, c'est-à-dire en estimer le montant afin d'obtenir une réparation équitable. Envoyer un courrier de mise en demeure au commissaire de justice, contenant le détail des faits, des manquements ou fautes reprochés et du ou des dommages subis, ainsi qu'une demande de compensation financière et/ou la rectification des agissements critiqués dans un délai raisonnable. Ce courrier doit être envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception. Il est possible d'envoyer une copie de la mise en demeure à l'assureur responsabilité civile professionnelle du commissaire de justice. Si le commissaire de justice ne réagit pas ou persiste dans ses fautes, il reste à intenter une action en justice. La procédure dépend alors du montant du litige.

  • Montant supérieur à 10 000 euros : il faut saisir le tribunal judiciaire du domicile du défendeur (siège du commissaire de justice). Il est obligatoire de se faire représenter par un avocat.
  • Montant inférieur ou égal à 10 000 euros : il faut saisir le tribunal de proximité du domicile du défendeur (siège du commissaire de justice). Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat.

Règle

Avant de saisir le tribunal, vous devez justifier d'une tentative de conciliation, de médiation ou de convention de procédure participative.

La mise en demeure préalable est une étape importante : elle donne au commissaire de justice l'opportunité de réparer le dommage sans procès, et elle constitue une preuve de votre tentative de résolution amiable devant le juge.

Détournement de sommes et actes graves

Deux situations particulièrement graves relèvent du droit pénal : le détournement de sommes détenues par le commissaire de justice, et les actes graves tels que la violation du domicile, du secret professionnel ou un faux en écriture.

Si vous soupçonnez un commissaire de justice d'avoir détourné des sommes qu'il détient pour les utiliser à des fins personnelles, vous pouvez porter plainte auprès d'un commissariat de police ou à la gendarmerie. Si le commissaire de justice a commis des actes graves, comme une violation du domicile, une violation du secret professionnel ou un faux en écriture, vous pouvez saisir le procureur de la République.

Règle

Le dépôt de plainte ou la saisine du procureur de la République ouvre les voies de l'enquête et des poursuites pénales, distinctes des voies civiles et disciplinaires présentées dans les sections précédentes.

Les faits de détournement ou de faux en écriture constituent des infractions pénales. Conservez tous les documents attestant des versements effectués et des actes litigieux, afin de pouvoir les joindre à la plainte ou à la saisine du procureur.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Comment régler un litige avec un huissier de justice (à présent appelé commissaire de justice) ?

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les règles de contestation des actes et frais des commissaires de justice sont fixées par le code des juridictions civiles d'exécution et par la réglementation des tarifs. Le choix de la juridiction dépend de l'objet du litige et de son montant. Vérifier les dernières évolutions auprès d'un avocat ou d'une maison de justice et du droit.

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