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Aide juridictionnelle lors d’une procédure en France

Vous devez faire valoir vos droits en justice, mais vous n’avez pas les ressources financières nécessaires ? Vous pouvez faire une demande d’aide juridictionnelle. Si vous remplissez les conditions requises, l’État prend en charge tout ou partie de vos frais de justice et des honoraires de votre avocat. Toute personne résidant en France peut bénéficier de l’aide juridictionnelle si elle remplit les conditions d’admission.

Vue d'ensemble

Ce qu’il faut savoir avant de déposer une demande d’aide juridictionnelle : conditions d’accès, plafonds de ressources, taux de prise en charge et voies de recours.

Ce qu'il faut savoir

  • L’aide juridictionnelle permet à l’État de prendre en charge tout ou partie de vos frais de justice et des honoraires de votre avocat.
  • Trois conditions doivent être réunies : une condition de nationalité ou de résidence habituelle en France, l’absence de prise en charge des frais par une protection juridique ou une autre assurance, et des ressources et un patrimoine inférieurs aux plafonds d’admission.
  • Le taux d’aide accordé peut être de 100 % (aide totale), 55 % ou 25 % du maximum (aide partielle), selon votre revenu fiscal de référence.
  • La demande s’effectue en ligne (avec FranceConnect) ou au moyen du formulaire cerfa n° 16146, auprès du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal compétent.
  • Certaines situations échappent à l’examen des ressources : mineur entendu dans une procédure qui le concerne, victime d’un crime portant atteinte à sa vie ou à son intégrité physique, entre autres.
  • En cas de refus ou d’attribution de l’aide partielle uniquement, vous pouvez contester la décision dans un délai de 15 jours (8 jours devant la Cour nationale du droit d’asile).
  • Même bénéficiaire de l’aide, l’avocat n’est pas « gratuit » si l’aide est partielle : une partie des honoraires reste à votre charge.

Conditions essentielles

  • Être de nationalité française ou ressortissant européen (sauf le Danemark) ; si vous êtes de nationalité étrangère, résider habituellement en France, même si votre titre de séjour n’est pas valide.
  • Ne pas voir vos frais de justice couverts par une protection juridique ou par toute autre assurance.
  • Ne pas dépasser les plafonds de ressources (revenu fiscal de référence) et de patrimoine (mobilier et immobilier hors résidence principale) applicables à la composition de votre foyer fiscal.

Les étapes

  • Vérifier votre éligibilité avec le simulateur officiel d’estimation de l’aide juridictionnelle.
  • Rassembler les pièces : justificatif d’identité, justificatif de domicile de moins de 3 mois, avis d’imposition le plus récent, attestation de non-prise en charge par l’assureur, et les justificatifs propres à votre affaire.
  • Effectuer la demande en ligne sur le portail officiel de l’aide juridictionnelle (connexion FranceConnect) ou remplir le formulaire cerfa n° 16146.
  • Transmettre la demande et les justificatifs au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire compétent (du domicile avant de saisir la juridiction, du lieu de traitement de l’affaire après).
  • Attendre la décision du bureau d’aide juridictionnelle, qui vous est notifiée dans les meilleurs délais.
  • Si une audience intervient avant la décision, demander l’aide juridictionnelle provisoire au président du bureau ou au président de la juridiction saisie.
  • Si la demande est acceptée, entamer votre action en justice dans l’année suivant la décision.
  • En cas de refus ou d’aide partielle seulement, déposer un recours dans le délai applicable (15 jours, ou 8 jours devant la CNDA).

Si la procédure se déroule au sein d’un autre État de l’Union européenne (sauf le Danemark), la manière d’obtenir l’aide juridictionnelle répond à d’autres règles. Si la procédure a lieu à l’étranger (hors Union européenne), vous devez directement contacter les autorités du pays concerné pour qu’elles vous renseignent sur les aides juridiques disponibles.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des plafonds selon la composition du foyer fiscal, voir la section « Plafonds de ressources et de patrimoine selon la composition du foyer fiscal ». Pour les modalités de contestation, voir « Contester la décision du bureau d’aide juridictionnelle ».

Qu’est-ce que l’aide juridictionnelle ?

L’aide juridictionnelle est une prise en charge par l’État des frais liés à une procédure judiciaire, destinée aux personnes qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour faire valoir leurs droits en justice.

L’aide juridictionnelle est une aide publique qui permet, si vous remplissez les conditions d’admission, à l’État de prendre en charge tout ou partie de vos frais de justice et des honoraires de votre avocat.

L’aide juridictionnelle s’inscrit dans le droit d’accès à la justice. Elle intervient lorsque vous devez faire valoir vos droits devant une juridiction (tribunal judiciaire, cour d’appel, tribunal administratif, cour administrative d’appel, Cour de cassation, Conseil d’État, Cour nationale du droit d’asile, entre autres) mais que vous ne disposez pas des ressources financières nécessaires pour engager la procédure et rémunérer les professionnels du droit qui vous accompagnent.

Règle

Le taux de l’aide juridictionnelle n’est pas le même pour tous ceux qui peuvent en bénéficier : il dépend de l’importance de votre revenu fiscal de référence et du nombre de personnes qui composent votre foyer fiscal. L’aide peut être totale (100 %) ou partielle (55 % ou 25 % du taux maximum qui peut vous être accordé).

Si la procédure se déroule au sein d’un autre État de l’Union européenne (sauf le Danemark), d’autres règles s’appliquent. Si la procédure a lieu à l’étranger (hors Union européenne), vous devez contacter directement les autorités du pays concerné.

Quelles sont les conditions pour obtenir l’aide juridictionnelle ?

L’aide juridictionnelle vous est attribuée si vous répondez à trois conditions propres à votre situation personnelle : nationalité ou résidence, absence d’assurance couvrant les frais, et plafonds de ressources et de patrimoine.

Pour savoir si vous êtes éligible à l’aide juridictionnelle, vous pouvez utiliser un simulateur officiel mis à disposition par le ministère chargé de la justice. L’aide vous est attribuée si vous remplissez 3 conditions propres à votre situation personnelle.

La première condition porte sur la nationalité : vous devez être de nationalité française ou ressortissant européen (sauf le Danemark). Si vous êtes de nationalité étrangère, vous devez résider habituellement en France, même si votre titre de séjour n’est pas valide. Cette condition de résidence habituelle ne s’applique pas aux mineurs, aux bénéficiaires d’une ordonnance de protection et aux personnes impliquées dans une procédure pénale (témoin assisté, accusé, partie civile, etc.). La deuxième condition porte sur l’assurance : les frais de justice ne doivent pas être couverts par votre protection juridique ou par toute autre assurance. La troisième condition porte sur les ressources : vos ressources financières (revenu fiscal de référence, patrimoine immobilier hors résidence principale et patrimoine mobilier) ne doivent pas dépasser les plafonds d’admission de l’aide juridictionnelle.

Règle

Si votre foyer fiscal est composé de plusieurs personnes, les plafonds à ne pas dépasser tiennent compte du patrimoine mobilier et immobilier de toutes ces personnes. Cependant, si vous demandez l’aide juridictionnelle pour une procédure liée à un conflit qui vous oppose à un membre du foyer fiscal, l’examen du plafond de patrimoine sera individualisé (par exemple, en cas de divorce).

Si la valeur de votre patrimoine dépasse l’un des deux plafonds de patrimoine (mobilier ou immobilier), vous ne pouvez pas bénéficier de l’aide juridictionnelle, ni totale, ni partielle. Si votre revenu fiscal de référence dépasse le plafond de revenus, vous ne pouvez pas bénéficier de l’aide totale, mais vous pouvez peut-être bénéficier de l’aide partielle.

Plafonds de ressources et de patrimoine selon la composition du foyer fiscal

Les plafonds d’admission de l’aide juridictionnelle varient selon le nombre de personnes composant votre foyer fiscal et la valeur de votre patrimoine. Voici les plafonds pour bénéficier de l’aide totale, et les tranches de l’aide partielle.

Le montant de l’aide juridictionnelle n’est pas le même pour tous ceux qui peuvent en bénéficier : en fonction de l’importance de votre revenu fiscal de référence et du nombre de personnes qui composent votre foyer fiscal, les plafonds de ressources et de patrimoine à ne pas dépasser évoluent.

Pour chaque composition du foyer fiscal, un plafond de revenu fiscal de référence, un plafond de patrimoine mobilier et un plafond de patrimoine immobilier conditionnent l’aide totale. Entre le plafond d’aide totale et un plafond supérieur, une aide partielle de 55 % ou 25 % du taux maximum peut être attribuée. Si vous n’avez pas de revenu fiscal de référence, le plafond pris en compte correspond au double de vos revenus imposables des 6 derniers mois, après déduction d’un abattement de 10 %.

Règle

Vous pouvez bénéficier de l’aide totale (100 %) si votre revenu fiscal de référence et la valeur de votre patrimoine mobilier et immobilier ne dépassent pas les plafonds du tableau correspondant à votre foyer. Les valeurs de patrimoine sont exprimées, pour l’outre-mer, en francs Pacifique dans la fiche officielle.

  • Foyer composé de 1 personne : aide totale si revenu fiscal de référence au maximum 12 957 €, patrimoine mobilier au maximum 12 957 € et patrimoine immobilier au maximum 38 866 €. Aide partielle : 55 % entre 12 958 € et 15 316 € de revenu fiscal de référence ; 25 % entre 15 317 € et 19 433 €.
  • Foyer composé de 2 personnes : aide totale si revenu fiscal de référence au maximum 15 289 €, patrimoine mobilier au maximum 15 289 € et patrimoine immobilier au maximum 45 861 €. Aide partielle : 55 % entre 15 290 € et 17 648 € ; 25 % entre 17 649 € et 21 765 €.
  • Foyer composé de 3 personnes : aide totale si revenu fiscal de référence au maximum 17 621 €, patrimoine mobilier au maximum 17 621 € et patrimoine immobilier au maximum 52 857 €. Aide partielle : 55 % entre 17 622 € et 19 980 € ; 25 % entre 19 981 € et 24 097 €.
  • Foyer composé de 4 personnes : aide totale si revenu fiscal de référence au maximum 19 095 €, patrimoine mobilier au maximum 19 095 € et patrimoine immobilier au maximum 57 276 €. Aide partielle : 55 % entre 19 096 € et 21 454 € ; 25 % entre 21 455 € et 25 570 €.
  • Foyer composé de 5 personnes : aide totale si revenu fiscal de référence au maximum 20 568 €, patrimoine mobilier au maximum 20 568 € et patrimoine immobilier au maximum 61 695 €. Aide partielle : 55 % entre 20 569 € et 22 927 € ; 25 % entre 22 928 € et 27 044 €.
  • Foyer composé de 6 personnes : aide totale si revenu fiscal de référence au maximum 22 041 €, patrimoine mobilier au maximum 22 041 € et patrimoine immobilier au maximum 66 114 €. Aide partielle : 55 % entre 22 042 € et 24 400 € ; 25 % entre 24 401 € et 28 517 €.
  • Foyer composé de 7 personnes : aide totale si revenu fiscal de référence au maximum 23 514 €, patrimoine mobilier au maximum 23 514 € et patrimoine immobilier au maximum 70 533 €. Aide partielle : 55 % entre 23 515 € et 27 873 € ; 25 % entre 27 874 € et 29 990 €.

Le taux de l’aide juridictionnelle partielle peut être de 25 % et aller jusqu’à 55 % de l’aide juridictionnelle totale. Si la valeur de votre patrimoine dépasse un des deux plafonds de patrimoine, aucune aide (ni totale, ni partielle) ne peut vous être attribuée.

Circonstances particulières : examen de ressources écarté ou assoupli

Dans certaines circonstances particulières, les conditions de ressources ne sont pas examinées, ou l’aide peut être accordée provisoirement avant l’examen définitif de vos ressources.

Dans certaines circonstances particulières, les conditions de ressources ne sont pas examinées, ou l’aide est attribuée de manière provisoire avant un examen définitif.

S’agissant des mineurs : un mineur entendu dans le cadre d’une procédure qui le concerne (par exemple une procédure devant le juge aux affaires familiales ou une procédure de placement) ou dans le cadre d’une CRPC bénéficie de l’aide juridictionnelle automatiquement, sans demande. Un mineur en litige avec ses représentants légaux, ou dont les représentants légaux se désintéressent, doit faire la demande par l’intermédiaire d’un administrateur ad hoc, sans examen préalable des ressources de ses représentants légaux. Un mineur victime d’un crime portant atteinte à sa vie ou à son intégrité physique (par exemple tentative de meurtre, viol, violences avec usage d’une arme) voit la demande faite par ses représentants légaux, et l’aide peut lui être attribuée sans examen de ses ressources ni de celles de ses parents.

Règle

En cas de violences conjugales, en tant que victime vous pouvez solliciter une ordonnance de protection et bénéficier de l’aide juridictionnelle provisoire après avoir fait une demande d’aide juridictionnelle. L’aide définitive suppose de justifier de vos ressources financières (revenus, patrimoine immobilier, épargne) ; si elles dépassent les plafonds, vous serez obligé de payer ou de rembourser les sommes dont vous avez été dispensé ou qui ont été versées par l’État, sauf si le bureau de l’aide juridictionnelle (BAJ) estime que votre affaire est particulièrement digne d’intérêt. La personne accusée de violences conjugales peut également obtenir l’aide juridictionnelle de manière provisoire. Si vous êtes victime d’un crime portant atteinte à votre vie ou à votre intégrité physique, l’aide vous est attribuée sans examen de vos ressources ; toutefois, vous devez faire une demande, et vos ayant droits peuvent bénéficier de l’aide dans les mêmes conditions. En cas de situation d’urgence (par exemple, la procédure engagée contre vous peut porter atteinte à vos conditions essentielles de vie), l’aide peut vous être accordée de manière provisoire, le BAJ examinant ensuite vos conditions de ressources.

Si, finalement, vous ne remplissez pas les conditions pour avoir l’aide juridictionnelle (notamment après une aide provisoire), vous serez obligé de rembourser les frais dont vous avez été dispensés ou que l’État vous a versés.

Comment faire une demande d’aide juridictionnelle ?

La demande s’effectue en ligne ou à l’aide du formulaire cerfa n° 16146. Le délai et l’autorité destinataire dépendent de la juridiction devant laquelle se trouve votre affaire et du moment où vous déposez la demande.

En général, la demande d’aide juridictionnelle peut être faite avant le début de la procédure et jusqu’à la fin de l’affaire. La manière de la solliciter dépend de la juridiction devant laquelle se trouve votre affaire.

Dans le cas général (tribunal judiciaire, cour d’appel, etc.), la demande peut être faite directement sur internet (portail officiel, connexion via FranceConnect) ou à l’aide du formulaire cerfa n° 16146, que vous pouvez remplir en ligne, télécharger et imprimer. Toutefois, si vous faites une demande d’aide juridictionnelle au nom d’une autre personne (par exemple un mineur), vous êtes obligé d’utiliser le formulaire cerfa. Devant le tribunal administratif et la cour administrative d’appel, vous devez remplir, télécharger et imprimer le formulaire cerfa n° 16146 et le transmettre, accompagné des justificatifs, au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire dont dépend la juridiction saisie. Devant la Cour de cassation, vous devez remplir et imprimer le formulaire mis en ligne sur le site de la Cour de cassation, et le transmettre au bureau d’aide juridictionnelle de la Cour de cassation par courrier postal, ou le déposer directement au siège. Devant le Conseil d’État et la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), vous utilisez le formulaire cerfa n° 16146 et le transmettez au bureau d’aide juridictionnelle de la juridiction concernée.

Règle

L’autorité à laquelle vous devez transmettre votre demande dépend du moment auquel vous la sollicitez. Avant de saisir une juridiction, vous devez envoyer votre demande accompagnée de justificatifs au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de votre domicile, ou la déposer au service d’accueil unique du justiciable du tribunal judiciaire de votre domicile. Une fois la juridiction saisie, vous devez envoyer votre demande, accompagnée des justificatifs nécessaires, au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire du lieu dans lequel l’affaire est traitée, ou la déposer au service d’accueil unique du justiciable correspondant.

Devant la Cour nationale du droit d’asile, l’aide juridictionnelle doit être demandée dans les 15 jours suivant la décision de l’Ofpra. Cependant, si vous contestez une décision de l’Ofpra dans un délai d’1 mois, ce recours vaut demande d’aide juridictionnelle, sauf si vous vous y opposez. En toutes circonstances, les frais engagés avant la décision du bureau d’aide juridictionnelle ne sont pas couverts par l’aide : si vous avez payé des frais avant de recevoir cette décision, ils ne vous seront pas remboursés.

Quels documents joindre à la demande ?

Selon votre situation personnelle et l’affaire pour laquelle vous sollicitez l’aide juridictionnelle, les documents à joindre à votre demande diffèrent. Les justificatifs doivent être joints à la demande déposée.

Les pièces à fournir portent sur trois catégories : vos informations personnelles (domicile, enfants, identité, assurance), vos revenus et patrimoine, et les documents propres à l’affaire.

Pour votre domicile, un justificatif de domicile de moins de 3 mois (facture d’eau, de gaz, etc.) est exigé ; si vous habitez chez un tiers, ce justificatif doit être accompagné d’une attestation d’hébergement. Pour vos enfants, un livret de famille à jour (si vous êtes français) ou tout document équivalent (si vous êtes étranger). Pour votre identité, une copie recto-verso de votre pièce d’identité (par exemple votre passeport) si vous êtes français ou citoyen de l’Union européenne, ou tout document justifiant de votre identité et du caractère habituel de votre résidence en France si vous êtes étranger. Pour votre assurance, une attestation de non-prise en charge par l’assureur. Pour vos revenus et patrimoine, l’avis d’imposition le plus récent dans tous les cas ; à défaut d’avis d’imposition, un justificatif de vos revenus imposables des 6 derniers mois (par exemple un relevé France Travail) ; tout justificatif d’un changement de situation familiale (par exemple un acte de mariage) ; les justificatifs de vos revenus imposables des 6 derniers mois si vos ressources ont changé depuis votre dernière déclaration d’impôts ; un justificatif précisant la valeur de vos biens immobiliers si vous en possédez un ou plusieurs (hors résidence principale) ; un justificatif précisant le montant de votre épargne.

Règle

Vous n’avez pas à communiquer de justificatif propre à vos ressources si vous êtes dans l’une des situations suivantes : vous êtes victime d’un crime considéré comme étant l’un des plus graves (meurtre, terrorisme, viol, etc.) ; vous êtes un mineur isolé (par exemple, vos parents vivent à l’étranger) ; vous êtes mineur et vous êtes entendu dans une procédure qui vous concerne (par exemple une procédure devant le juge aux affaires familiales) ; votre dossier doit être traité par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) ; vous faites un recours contre une décision de refus d’une pension militaire d’invalidité ; vous avez bénéficié de l’aide juridictionnelle en première instance et souhaitez continuer à en profiter car votre adversaire a fait appel.

  • Si vous êtes convoqué à une audience : la convocation à l’audience ou tout document équivalent.
  • Si vous êtes victime d’un crime d’une extrême gravité (meurtre, viol, terrorisme, etc.) : tout document permettant d’attester cette situation.
  • Si vous faites un recours devant la Cour nationale du droit d’asile : tout document permettant d’attester cette situation.
  • Si votre affaire passe devant une cour d’appel et que vous n’avez pas bénéficié de l’aide juridictionnelle en première instance : copie de la décision rendue par le tribunal accompagnée d’une preuve de sa notification.
  • Si vous avez bénéficié de l’aide juridictionnelle en première instance et souhaitez continuer à l’avoir devant la cour d’appel : copie de la précédente décision d’admission à l’aide juridictionnelle.
  • Si vous avez déjà choisi un auxiliaire de justice (par exemple un avocat) pour intervenir dans votre affaire : une lettre d’acceptation.
  • Si vous avez déjà versé de l’argent à l’auxiliaire de justice que vous avez choisi : tout document attestant le paiement des sommes versées.

Les dettes et justificatifs doivent être conservés et une copie jointe à la demande lorsque la procédure l’exige. Le formulaire cerfa n° 16146 et sa notice précisent la liste complète des pièces selon les situations.

Comment la demande est-elle traitée par le bureau d’aide juridictionnelle ?

Après examen de votre situation personnelle, le bureau d’aide juridictionnelle (BAJ) peut accepter ou refuser votre demande. Sa décision vous est notifiée dans les meilleurs délais.

Le bureau d’aide juridictionnelle (BAJ) examine votre situation personnelle puis rend une décision d’acceptation ou de refus, notifiée dans les meilleurs délais.

Si une audience intervient et que le BAJ n’a pas encore rendu sa décision, vous pouvez demander l’aide juridictionnelle provisoire, avant ou au début du procès : ainsi, les frais liés à cette audience (par exemple les honoraires de l’avocat) seront pris en charge. La demande doit être adressée au président du BAJ ou directement au président de la juridiction saisie ; elle peut être faite oralement ou par écrit.

Règle

Si votre demande est acceptée, le BAJ peut vous accorder l’aide juridictionnelle totale (la totalité des frais de justice prise en charge par l’État) ou l’aide juridictionnelle partielle (soit 55 %, soit 25 % du taux maximum qui peut vous être accordé), une partie des frais restant alors à votre charge. Si cela n’a pas été fait, vous avez 1 an à compter de cette décision pour entamer une action en justice : passé ce délai, la décision du BAJ ne sera plus valable. Si l’aide totale vous est accordée, la décision vous est transmise par lettre simple ; si vous ne bénéficiez que de l’aide partielle, vous recevez la décision par tout moyen permettant d’attester sa date de réception (par exemple par mail avec accusé de réception), et elle détaille la manière dont vous pouvez faire un recours.

Le BAJ peut rejeter votre demande si vos ressources financières (revenus, patrimoine mobilier ou immobilier) sont supérieures aux plafonds d’admission ; si votre action en justice est irrecevable ; si vous avez fait plusieurs demandes de manière répétitive ou systématique ; si vous bénéficiez d’une protection juridique ou d’une autre assurance qui couvre déjà les frais du procès ; ou si vous n’avez pas apporté les justificatifs permettant l’obtention de cette aide. Le refus vous est envoyé par tout moyen permettant d’attester sa date de réception (par exemple lettre avec accusé de réception) et détaille les voies de recours. Le BAJ peut également rendre une décision de caducité si vous n’avez pas rempli votre demande dans le délai qu’il vous a donné pour le faire : cette décision ne peut pas faire l’objet d’un recours.

Comment fonctionne la prise en charge par l’aide juridictionnelle ?

Si vous avez de faibles revenus, l’aide juridictionnelle vous permet de bénéficier d’une prise en charge par l’État des frais liés à une procédure. En fonction du taux accordé, tout ou partie des frais sont couverts.

En fonction du taux de l’aide accordé, tout ou partie des frais de justice sont couverts par l’aide juridictionnelle. L’aide totale correspond au taux maximum, soit 100 % ; l’aide partielle correspond à 55 % ou à 25 % du montant maximum qui peut être accordé.

Les frais couverts par l’aide juridictionnelle incluent 2 types de dépenses. Premièrement, celles liées à l’action en justice menée devant une juridiction (par exemple les honoraires de l’avocat, les frais du commissaire de justice, les frais de signification, les frais de notaire). Deuxièmement, celles liées à l’intervention de l’avocat pour des procédures non juridictionnelles (par exemple médiation ordonnée par le juge, retenue d’un étranger pour vérification de son droit de circulation ou de séjour, audition d’une victime pour une infraction commise par la personne avec laquelle elle est mariée, pacsée ou en concubinage, reconstitution, garde à vue ou retenue d’un mineur).

Règle

En matière pénale, certains frais de justice (droit fixe de procédure, honoraires d’un expert, honoraires d’un commissaire de justice, etc.) ne sont pas couverts par l’aide juridictionnelle. Par ailleurs, l’aide ne couvre pas le droit de plaidoirie, dont le montant s’élève à 13 €. Enfin, le paiement des sommes auxquelles vous avez été condamné par une décision de justice (par exemple dommages et intérêts, amendes) n’est pas couvert par l’aide.

Le professionnel du droit qui vous accompagne perçoit le montant de l’aide juridictionnelle : cette somme ne vous est jamais directement versée. Avec l’aide partielle, vous devez régler une partie des honoraires de votre avocat (prévue dans une convention d’honoraires) et des frais de procédure.

Peut-on choisir son avocat ?

En tant que bénéficiaire de l’aide juridictionnelle, vous pouvez choisir librement votre avocat et tout auxiliaire de justice qui vous apporte son aide au cours de votre affaire.

Vous pouvez choisir librement votre avocat et tout auxiliaire de justice (par exemple notaire, commissaire de justice). Ce choix peut avoir lieu dès le début de la procédure, et même avant que le BAJ ait rendu une décision vous accordant l’aide juridictionnelle.

À l’intérieur de la demande d’aide juridictionnelle, une rubrique permet de solliciter la désignation d’un avocat et de tout autre auxiliaire de justice. Vous pouvez également demander l’assistance d’un avocat en contactant le bureau d’aide juridictionnelle qui dépend de la juridiction saisie. Si vous habitez à l’étranger (hors Union européenne), le consulat met à votre disposition une liste d’avocats francophones compétents dans votre pays de résidence.

Règle

L’avocat est libre d’accepter ou de refuser de vous assister. Si vous n’avez pas choisi votre avocat ou s’il a refusé de prendre votre affaire, vous pouvez demander au bâtonnier de l’Ordre des avocats du lieu où vous avez fait une demande d’aide juridictionnelle de désigner un avocat à votre place. Dans le cadre de certaines procédures (par exemple devant le tribunal correctionnel, la cour d’assises, ou pour une mesure d’assistance éducative), vous pouvez bénéficier d’un avocat commis d’office ; s’il l’accepte, ses honoraires peuvent être couverts par l’aide juridictionnelle.

Même si vous êtes bénéficiaire de l’aide juridictionnelle, l’avocat n’est pas gratuit. Si l’aide totale vous a été accordée, les honoraires de l’avocat sont entièrement pris en charge par l’État. En revanche, si vous êtes bénéficiaire de l’aide partielle, vous devrez régler une partie des honoraires, fixés dans une convention d’honoraires.

Peut-on contester la décision du bureau d’aide juridictionnelle ?

En cas de refus de votre demande d’aide juridictionnelle, ou si le BAJ vous a uniquement accordé l’aide partielle, vous pouvez contester sa décision dans un délai strict.

Vous pouvez contester la décision du BAJ en cas de refus de votre demande, ou si le BAJ vous a uniquement accordé l’aide juridictionnelle partielle.

Les délais pour former un recours dépendent de la juridiction devant laquelle se déroule votre affaire. Dans le cas général (tribunal judiciaire, tribunal de proximité, cour d’appel, cour administrative d’appel, Cour de cassation ou Conseil d’État), le délai pour introduire votre recours est de 15 jours à partir de la notification de la décision du BAJ. Devant la Cour nationale du droit d’asile, votre recours doit être transmis dans un délai de 8 jours à compter de la notification de la décision.

Règle

Le recours doit être adressé au bureau d’aide juridictionnelle qui a rendu la décision que vous désapprouvez. Vous devez obligatoirement indiquer les raisons pour lesquelles vous souhaitez exercer un recours, et votre déclaration doit être accompagnée d’une copie de la décision que vous contestez. Les moyens de transmission dépendent de la juridiction : dans le cas général, le recours doit être remis en main propre au BAJ ou lui être adressé par lettre recommandée avec accusé de réception. Devant la CNDA, il peut être remis en main propre, par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par fax. Devant une cour administrative d’appel ou le Conseil d’État, il peut être remis par lettre recommandée avec accusé de réception ou par le biais du service Télérecours ; si c’est votre avocat qui dépose le recours à votre place, il doit obligatoirement utiliser Télérecours.

Après examen du recours, l’autorité compétente peut confirmer la décision du BAJ, l’annuler, ou modifier le taux de l’aide juridictionnelle dont vous bénéficierez. La nouvelle décision vous est transmise par tout dispositif permettant d’attester sa date de réception (par exemple par mail) ; dans certains cas, elle peut vous être notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette décision ne peut pas faire l’objet d’un nouveau recours. Si l’aide juridictionnelle provisoire vous a été accordée et que, finalement, vous ne remplissez pas les conditions pour percevoir cette aide, vous êtes dans l’obligation de rembourser les frais dont vous avez été dispensés ou que l’État vous a versés.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Aide juridictionnelle lors d’une procédure en France

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les conditions d’admission et les plafonds de l’aide juridictionnelle sont fixés par la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et ses textes d’application, et révisés périodiquement par circulaire (les plafonds cités proviennent de la circulaire du 16 janvier 2026 publiée avec la fiche officielle). Vérifier les montants en vigueur auprès du bureau d’aide juridictionnelle ou via le simulateur officiel avant de déposer votre demande.

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