Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur la rémunération de l'avocat : honoraires libres, convention, aide juridictionnelle et contestation. Les honoraires de l'avocat ne sont pas réglementés comme ceux du notaire ou du commissaire de justice, mais ils sont encadrés par des principes déontologiques.
Ce qu'il faut savoir
- Les honoraires de l'avocat sont fixés librement par l'avocat, en accord avec le client, contrairement à ceux du notaire ou du commissaire de justice qui sont réglementés.
- La fixation des honoraires doit respecter des principes déontologiques tels que la dignité et la modération : l'avocat tient compte de la situation financière du client, de la nature et de la difficulté de l'affaire, de l'importance du travail, des intérêts en cause, de sa notoriété, de son expérience et spécialisation, du résultat obtenu et des frais exposés.
- Il est interdit à l'avocat de fixer l'intégralité de ses honoraires exclusivement en fonction du résultat judiciaire d'une affaire (pacte de quota litis).
- Sauf en cas d'urgence ou de force majeure, une convention d'honoraires doit être conclue, rédigée en termes clairs et précis.
- L'absence de signature d'une convention d'honoraires ne prive pas l'avocat de son droit à être rémunéré pour les prestations accomplies.
- En cas de contestation du montant des honoraires, une procédure de taxation d'honoraires est ouverte devant le bâtonnier de l'ordre auquel appartient l'avocat.
Conditions essentielles
- Conclusion d'une convention d'honoraires précisant le montant ou le mode de calcul des honoraires, sauf urgence ou force majeure.
- Respect des principes déontologiques de dignité et de modération dans la fixation des honoraires.
- Si aide juridictionnelle : obtention préalable de l'aide et respect du barème de prise en charge par l'État.
Les étapes
- Discuter avec l'avocat du montant ou du mode de calcul des honoraires (tarif horaire ou forfaitaire).
- Signer la convention d'honoraires qui précise les diligences prévisibles, les frais et débours envisagés.
- Verser éventuellement une provision à valoir sur les frais et honoraires.
- Payer les honoraires en espèces, par chèque, virement, billet à ordre ou carte bancaire.
- En cas de contestation, adresser une réclamation au bâtonnier par lettre recommandée avec avis de réception.
- Attendre la décision du bâtonnier dans un délai de 4 mois, ou saisir le 1er président de la cour d'appel en cas de non-réponse.
Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. Les modalités de fixation des honoraires, la convention, le paiement, l'aide juridictionnelle et la contestation sont détaillées dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à l'aide juridictionnelle partielle et totale, voir les sections « Aide juridictionnelle partielle » et « Aide juridictionnelle totale ». Pour la procédure de contestation, voir la section « Contestation des honoraires ».
Honoraires librement fixés
Les honoraires de l'avocat ne sont pas réglementés comme ceux du notaire ou du commissaire de justice, mais ils sont encadrés par des principes déontologiques.
Les honoraires sont fixés librement par l'avocat, en accord avec le client. En effet, les honoraires de l'avocat ne sont pas réglementés comme ceux du notaire ou ceux du commissaire de justice.
La fixation du montant des honoraires doit néanmoins respecter des principes déontologiques tels que la dignité et la modération. L'avocat doit ainsi tenir compte des usages et des éléments suivants dans sa proposition tarifaire : la situation financière du client, la nature et difficulté de l'affaire, l'importance du travail de recherche, l'importance des intérêts en cause, la notoriété (célébrité) de l'avocat, l'expérience et spécialisation de l'avocat, l'importance du résultat obtenu pour le client, et les frais exposés par l'avocat.
Règle
Il est interdit à l'avocat de fixer l'intégralité de ses honoraires exclusivement en fonction du résultat judiciaire d'une affaire (pacte de quota litis), que ces honoraires consistent en une somme d'argent ou en tout autre bien ou valeur.
Il y a des exceptions à la liberté tarifaire : en matière de licitation (vente aux enchères d'un bien en indivision), de sûretés judiciaires, de partage et de saisie immobilière, les honoraires sont tarifés par la loi. Dans ces cas, l'avocat ne peut pas fixer librement son montant. La liberté tarifaire de l'avocat est un principe fondamental de la profession, qui permet une négociation transparente entre l'avocat et son client. La convention d'honoraires matérialise cette négociation et constitue un contrat qui lie les deux parties.
- Situation financière du client : revenus, charges, patrimoine.
- Nature et difficulté de l'affaire : complexité juridique, technique ou procédurale.
- Importance du travail de recherche : temps consacré aux recherches juridiques.
- Importance des intérêts en cause : montant du litige.
- Notoriété de l'avocat : réputation et expertise reconnue.
- Expérience et spécialisation : ancienneté et domaines de compétence.
- Importance du résultat obtenu : succès de la procédure.
- Frais exposés : déplacements, copies, expertises.
Mode de facturation
L'avocat peut choisir plusieurs modes de facturation pour fixer sa rémunération.
L'avocat peut fixer sa rémunération en fonction du temps passé sur l'affaire, en appliquant un tarif horaire qu'il multiplie par le nombre d'heures consacrées à l'affaire.
L'avocat peut aussi choisir de fixer sa rémunération selon un tarif forfaitaire qui correspond à un montant fixe couvrant l'ensemble de la procédure. Ce mode de tarification est plus souvent utilisé pour les procédures simples. L'avocat peut parfois bénéficier d'un honoraire complémentaire, principalement l'honoraire de résultat, qui permet à l'avocat d'obtenir un pourcentage ou un montant forfaitaire déterminé par avance en fonction de la réussite du dossier. Le choix du mode de facturation doit être précisé dans la convention d'honoraires.
Règle
Cette rémunération complémentaire doit rester raisonnable. Elle ne peut pas constituer la totalité des honoraires (interdiction du pacte de quota litis).
Le choix du mode de facturation (horaire ou forfaitaire) doit être précisé dans la convention d'honoraires. Le tarif horaire est plus adapté aux affaires complexes dont l'ampleur est difficile à prévoir, tandis que le forfaitaire offre une visibilité sur le coût total de la procédure.
Convention d'honoraires
Sauf urgence ou force majeure, une convention d'honoraires doit être conclue entre l'avocat et son client.
Sauf en cas d'urgence (situation exigeant une intervention immédiate de l'avocat) ou de force majeure, une convention d'honoraires doit être conclue entre l'avocat et son client.
Elle doit préciser, notamment, le montant ou le mode de calcul des honoraires, en tenant compte des diligences prévisibles telles que les rendez-vous, la rédaction d'actes, les recherches juridiques, les démarches procédurales et les audiences, ainsi que les frais et débours envisagés. La convention d'honoraires doit être rédigée en des termes clairs et précis. Elle constitue un contrat entre l'avocat et son client, qui fixe les conditions financières de la mission.
Règle
L'absence de signature d'une convention d'honoraires ne prive pas l'avocat de son droit à être rémunéré pour les prestations accomplies.
Vous trouverez différents modèles de convention sur le site du barreau des avocats de Paris. Un modèle de convention d'honoraire complémentaire en cas d'aide juridictionnelle partielle est également disponible auprès du Conseil national des barreaux.
Paiement des honoraires
Les honoraires de l'avocat peuvent être payés de plusieurs manières.
Les honoraires de l'avocat peuvent être payés en espèces, par chèque, par virement, par billet à ordre ou par carte bancaire.
L'avocat peut vous demander de verser une provision (une avance) à-valoir sur ses frais et honoraires. En l'absence de paiement, l'avocat peut refuser de se charger de votre affaire.
Règle
Si vous bénéficiez de l'aide juridictionnelle, le professionnel du droit (avocat, commissaire de justice, notaire) qui vous accompagne perçoit le montant de l'aide. Cette somme ne vous est jamais directement versée. Le versement de l'aide est effectué directement entre l'État et le professionnel.
- Espèces : paiement en liquide.
- Chèque : chèque à l'ordre de l'avocat.
- Virement : virement bancaire.
- Billet à ordre : engagement de payer à échéance.
- Carte bancaire : paiement par terminal.
La provision versée à l'avocat s'impute sur les honoraires finaux. Il est recommandé de conserver tous les justificatifs de paiement (reçus, relevés bancaires) en cas de contestation ultérieure.
Aide juridictionnelle partielle
L'aide juridictionnelle partielle permet à une personne disposant de revenus modestes de bénéficier d'une prise en charge partielle des frais de procédure par l'État.
Selon vos ressources financières, l'État prend en charge 25 % ou 55 % du montant total de l'aide juridictionnelle. Vous devez donc rémunérer en partie votre avocat.
Si vous avez obtenu l'aide juridictionnelle partielle, la rémunération de l'avocat se compose de 2 éléments : une part fixe, versée directement par l'État selon un barème encadré, et une part variable correspondant à l'honoraire complémentaire librement négocié. La part fixe est soumise à un principe de dégressivité lorsqu'un même avocat assiste plusieurs personnes dans une procédure reposant sur les mêmes faits en matière pénale, ou dans un litige reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions similaires dans les autres matières (par exemple pour des co-prévenus, plusieurs parties civiles ou demandeurs multiples dans une affaire collective).
Règle
Depuis le 1er août 2025, cette dégressivité a évolué : elle comporte une réduction progressive du montant versé par l'État au-delà du 2ᵉ client, pouvant atteindre jusqu'à 90 % de diminution à partir du 51ᵉ client.
Pour fixer le montant des honoraires complémentaires, l'avocat doit néanmoins tenir compte de la complexité du dossier (juridique, technique ou procédurale), des diligences accomplies (travail fourni, déplacements, audiences) et des frais engagés, ainsi que de la situation financière du client (revenus, charges, patrimoine). Sauf urgence ou force majeure, vous devez conclure par écrit une convention d'honoraires précisant le montant et les modes de paiement de ce complément, en rappelant le montant de la contribution de l'aide juridictionnelle. Cette convention doit indiquer les voies de recours et être communiquée dans les 15 jours de sa signature au bâtonnier qui contrôle sa régularité. Le complément d'honoraires n'est donc pas libre de tout encadrage : il est contrôlé par le bâtonnier et doit rester raisonnable au regard des diligences accomplies et de la situation financière du client.
Aide juridictionnelle totale
Si vous bénéficiez de l'aide juridictionnelle totale, l'État prend en charge les honoraires de votre avocat.
Si vous bénéficiez de l'aide juridictionnelle totale, l'État prend en charge les honoraires de votre avocat et vous ne devez rien payer.
La rémunération de l'avocat repose sur 3 éléments : les honoraires, les émoluments et les débours. Les honoraires constituent la part essentielle de la rémunération de l'avocat : ils comprennent toutes les prestations réalisées par l'avocat pour le compte de son client (examen de documents, recherches juridiques, conseils, consultations, rédaction d'un acte juridique comme un contrat ou une assignation, rendez-vous client, audiences de plaidoiries).
Règle
L'avocat peut également facturer des émoluments, qui correspondent à une rémunération tarifée par la loi pour certains actes précis (vente aux enchères, saisie immobilière), et des débours, qui représentent les sommes avancées par l'avocat pour son client (frais de commissaire de justice, de greffe ou de copie) et qui ne font pas partie de sa rémunération directe.
Si vous bénéficiez de l'aide juridictionnelle, l'État peut prendre en charge tout ou partie de ces éléments. Le professionnel du droit qui vous accompagne perçoit directement le montant de l'aide : cette somme ne vous est jamais versée.
Contestation des honoraires
Si vous estimez que les honoraires de votre avocat sont trop élevés ou inutiles, une procédure de taxation est ouverte devant le bâtonnier.
Les contestations concernant le montant des honoraires de l'avocat (considérés, par exemple, trop élevés ou inutiles : diligences excessives, superflues ou sans utilité procédurale ou stratégique) sont soumises au bâtonnier de l'ordre auquel appartient l'avocat. Il s'agit de la procédure dite de « taxation d'honoraires ».
Cette réclamation doit être effectuée par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé. Le bâtonnier doit rendre sa décision dans un délai de 4 mois, après avoir recueilli vos observations et celles de l'avocat. Vous devez fournir au bâtonnier tous les documents (convention d'honoraires, actes de procédures, échanges de mails, etc.) qui justifient votre demande. Une copie de ces éléments devra également être donnée à l'avocat.
Règle
Le bâtonnier peut décider de réduire le montant des honoraires facturés par l'avocat ou de les maintenir. La décision du bâtonnier est notifiée par lettre recommandée avec avis de réception. Elle mentionne les voies de recours et les délais dans lesquels il faut les exercer.
- Réclamation : lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé.
- Délai du bâtonnier : 4 mois pour rendre sa décision.
- Documents : convention d'honoraires, actes de procédure, échanges de mails.
- Décision : réduction ou maintien des honoraires.
- Recours : 1er président de la cour d'appel, dans le délai d'un mois.
Si la décision vous est défavorable, vous avez la possibilité de faire un recours devant le 1er président de la cour d'appel. Il est saisi par lettre recommandée avec accusé de réception dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision du bâtonnier. Si le bâtonnier ne rend pas de décision dans un délai de 4 mois suivant la réception de votre réclamation, vous avez la possibilité de saisir le 1er président de la cour d'appel dans le mois qui suit l'expiration du délai de 4 mois, sauf si le bâtonnier vous a notifié une prolongation du délai de traitement. La taxation d'honoraires est une procédure gratuite et rapide, qui permet de régler un litige sur le montant des honoraires sans passer par un procès.
Où s'adresser
Pour toute question relative à la rémunération de l'avocat ou pour contester des honoraires, plusieurs interlocuteurs sont à votre disposition.
Le barreau des avocats et le bâtonnier de l'ordre sont compétents pour les questions relatives aux honoraires et à la taxation.
La cour d'appel est compétente pour les recours contre les décisions du bâtonnier. Le Conseil national des barreaux (CNB) met à disposition un modèle de convention d'honoraire complémentaire en cas d'aide juridictionnelle partielle.
Règle
Pour les questions relatives à l'aide juridictionnelle, vous pouvez vous adresser au bureau de l'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire compétent. Pour les questions relatives à la protection sociale des avocats, la Caisse Nationale des Barreaux Français (CNBF) est l'organisme compétent.
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent. Le bâtonnier de votre barreau est l'interlocuteur direct pour toute contestation d'honoraires. Les coordonnées du bâtonnier sont disponibles auprès du barreau des avocats de votre ressort.
Textes applicables
- Loi n°71-1130 du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiquesLégifrance
- Décret n°91-1197 du 27 novembre 1991 organisant la profession d'avocatLégifrance
- Loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridiqueLégifrance
- Décret n°2025-257 du 20 mars 2025 portant sur la rétribution au titre de l'aide juridictionnelle des avocats assistant plusieurs partiesLégifrance
- Réglement intérieur national de la profession d'avocat (RIN)encyclopedie.avocat.fr
- Code civil : articles 815 à 815-1Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Comment un avocat est-il rémunéré ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
