Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant d'adopter une personne majeure : qui peut être adopté, conditions d'âge, consentements, procédure et effets de l'adoption.
Ce qu'il faut savoir
- Toute personne majeure peut être adoptée, qu'il s'agisse d'un membre de la famille ou non (par exemple l'enfant majeur de votre époux, partenaire de Pacs ou concubin).
- L'adoption d'un majeur se fait en principe par adoption simple : le lien de filiation avec la famille d'origine n'est pas rompu et coexiste avec le nouveau lien créé avec la famille adoptive.
- Les conditions d'âge varient selon la situation : 10 ans de différence pour l'enfant majeur du conjoint, 26 ans et 15 ans de différence pour une personne seule, preuve de communauté de vie d'au moins 1 an ou âge de plus de 26 ans pour un couple.
- Le majeur à adopter doit consentir personnellement à l'adoption, par acte authentique établi devant notaire.
- L'époux ou le partenaire de Pacs de l'adoptant doit également donner son consentement ; en revanche, les parents biologiques du majeur n'ont pas à consentir.
- La procédure se déroule devant le tribunal judiciaire du lieu de demeure de l'adoptant, par requête ; l'avocat est obligatoire si l'adopté a été recueilli au foyer après ses 15 ans.
- L'adoption simple peut être révoquée par un juge pour des motifs graves ; l'adoption plénière est irrévocable.
- L'adoption simple ne permet pas à l'adopté majeur d'acquérir la nationalité française ; une demande de naturalisation est nécessaire.
Conditions essentielles
- Différence d'âge minimale entre l'adoptant et l'adopté (10 ou 15 ans selon les cas).
- Consentement personnel du majeur à adopter, établi par acte notarié.
- Consentement de l'époux ou du partenaire de Pacs de l'adoptant.
- Pour un couple : communauté de vie d'au moins 1 an ou âge de plus de 26 ans.
- Respect des conditions de la procédure (requête, timbre fiscal de 50 € ou aide juridictionnelle).
Les étapes
- Vérifier que vous remplissez les conditions d'âge selon votre situation (enfant majeur du conjoint, personne seule ou couple).
- Obtenir le consentement du majeur à adopter, établi devant notaire (acte authentique).
- Obtenir le consentement de votre époux ou partenaire de Pacs, le cas échéant.
- Rassembler les pièces justificatives (actes d'état civil, justificatif de domicile, avis des enfants majeurs de l'adoptant le cas échéant).
- Rédiger la requête (sur papier libre, avec formulaire CERFA ou assisté d'un avocat si obligatoire).
- Joindre le timbre fiscal de 50 € (sauf bénéfice de l'aide juridictionnelle).
- Déposer ou envoyer la requête par lettre recommandée avec accusé de réception au tribunal judiciaire du lieu où demeure l'adoptant.
- Participer à l'audience en chambre du conseil ; attendre le jugement ; en cas de refus, faire appel dans un délai de 15 jours.
- Après le jugement : mention de l'adoption en marge de l'acte de naissance, obligation alimentaire, droits de succession et effets sur le nom.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — conditions d'âge par cas, formes d'adoption (simple ou plénière), effets sur le nom, la nationalité et la succession — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les conditions d'âge selon chaque situation, les formes d'adoption possible et les effets sur la succession et le nom, voir les sections « Quelles conditions doit remplir l'adoptant ? », « Adoption simple ou adoption plénière ? » et « Quelles sont les effets de l'adoption d'une personne majeure ? ».
Quelle personne majeure peut être adoptée ?
Toute personne majeure peut être adoptée par un membre de sa famille ou non. Il peut s'agir, par exemple, de l'enfant de son époux, de son partenaire de Pacs ou de son concubin, mais aussi d'un adulte étranger à la famille avec lequel l'adoptant a développé un lien affectif.
L'adoption d'une personne majeure est ouverte à toute personne majeure, sans distinction de lien de parenté. L'adoptant peut être un membre de la famille de l'adopté (par exemple le conjoint de la mère ou du père) ou une personne étrangère à la famille avec laquelle le majeur a développé un lien affectif.
Le cas le plus fréquent est l'adoption de l'enfant majeur de l'époux, du partenaire de Pacs ou du concubin, afin de concrétiser les liens affectifs qui unissent la belle-famille. Mais l'adoption peut aussi concerner tout autre adulte, dès lors que les conditions légales sont remplies. L'adoption peut être demandée par une personne seule ou par un couple. Si les adoptants sont en couple, ils peuvent être mariés, partenaires de Pacs ou concubins. S'ils sont mariés, ils ne doivent pas être séparés de corps.
Règle
L'adoption d'un majeur se fait par adoption simple : le lien de filiation avec la famille d'origine n'est pas rompu et coexiste avec le nouveau lien créé avec la famille adoptive. L'adoption plénière d'un majeur n'est possible que dans des cas particuliers et jusqu'à ses 21 ans (voir section « Adoption simple ou adoption plénière ? »).
Les conditions à remplir par l'adoptant ne sont pas les mêmes selon qu'il s'agit ou non de l'adoption de l'enfant majeur de l'autre membre du couple, et selon qu'il s'agit d'un couple adoptant ou d'une personne seule (voir section suivante).
Quelles conditions doit remplir l'adoptant ?
Les conditions d'âge et de situation personnelle de l'adoptant dépendent de la situation : adoption de l'enfant majeur de l'époux, du partenaire de Pacs ou du concubin ; adoption par une personne seule ; adoption par un couple.
La différence d'âge minimale est de 10 ans pour l'enfant majeur de l'époux, du partenaire de Pacs ou du concubin, et de 15 ans pour les autres cas. L'adoptant par personne seule doit avoir au moins 26 ans. Le tribunal peut déroger à la différence d'âge légale s'il y a de justes motifs (liens affectifs profonds et anciens, l'adoptant n'ayant pas d'autres enfants par exemple).
Adoption de l'enfant majeur de l'époux, du partenaire de Pacs ou du concubin : l'adoptant n'a pas d'âge minimum ; il doit avoir 10 ans de plus que l'adopté. Adoption par une personne seule : l'adoptant doit avoir au moins 26 ans et 15 ans de plus que l'adopté ; il peut vivre seul ou être en couple ; s'il est marié ou lié par un Pacs, l'autre membre du couple devra donner son consentement. Adoption par un couple : les adoptants peuvent être mariés (non séparés de corps), partenaires de Pacs ou concubins ; ils doivent être en mesure d'apporter la preuve d'une communauté de vie d'au moins 1 an, ou bien être âgés l'un et l'autre de plus de 26 ans ; ils doivent avoir 15 ans de plus que l'adopté.
Règle
Dans tous les cas, le tribunal peut prononcer l'adoption lorsque la différence d'âge est inférieure à celle prévue par la loi s'il y a de justes motifs (liens affectifs profonds et anciens, l'adoptant n'ayant pas d'autres enfants par exemple). L'appréciation des justes motifs appartient au tribunal judiciaire.
Si l'adoptant a déjà un ou plusieurs enfants, il doit joindre à sa demande l'avis de ses enfants majeurs concernant le projet d'adoption. Si ses enfants sont mineurs, il doit préciser leur âge et le lien entretenu avec l'adopté. Il doit également attester sur l'honneur que l'adoption sollicitée n'est pas de nature à compromettre la vie familiale.
Adoption simple ou adoption plénière ?
L'adoption d'un majeur se fait par adoption simple, sauf dans certains cas où l'adoption plénière reste possible jusqu'à ses 21 ans. L'adoption simple conserve les liens avec la famille d'origine ; l'adoption plénière les rompt.
L'adoption simple est la forme de droit commun pour l'adoption d'un majeur. Le lien de filiation avec la famille d'origine n'est pas rompu et coexiste avec le nouveau lien créé avec la famille adoptive. L'adoption plénière d'un majeur n'est possible que jusqu'à ses 21 ans et uniquement dans certains cas précis.
L'adoption plénière d'un majeur est possible jusqu'à ses 21 ans notamment dans l'un des cas suivants : le majeur a été accueilli par l'adoptant alors qu'il avait moins de 15 ans et l'adoptant ne remplissait pas les conditions pour l'adopter (âge, durée du mariage…) ; le majeur a fait l'objet d'une adoption simple avant ses 15 ans ; l'adopté majeur n'a pas de filiation (pupille de l'État, enfants judiciairement déclarés délaissés) ; l'adopté majeur est l'enfant de l'époux, du partenaire de Pacs ou du concubin de l'adoptant et l'autre parent s'est vu retirer l'autorité parentale pendant la minorité de l'enfant ; l'adoptant est l'époux, le partenaire de Pacs ou le concubin de celui qui est le seul parent inscrit sur l'acte de naissance de l'enfant majeur à adopter ; l'adopté majeur est l'enfant de l'époux, du partenaire de Pacs ou du concubin de l'adoptant et l'autre parent est décédé sans laisser d'ascendants au premier degré (grands-parents).
Règle
L'adoption simple est la règle pour l'adoption d'un majeur. L'adoption plénière est l'exception, limitée aux cas listés ci-dessus et à l'âge de l'adopté (21 ans maximum). La différence fondamentale tient aux effets : l'adoption simple crée un double lien (famille d'origine + famille adoptive), l'adoption plénière remplace la filiation d'origine.
En cas d'adoption plénière de l'enfant du conjoint, du partenaire de Pacs ou du concubin, l'adopté hérite de son parent adoptif et de la famille de son parent adoptif, tout en continuant à hériter de sa famille d'origine. L'adoption plénière est irrévocable.
Qui doit consentir à l'adoption et comment ?
L'adopté doit personnellement consentir à son adoption. L'époux ou le partenaire de Pacs de l'adoptant doit également donner son consentement. En revanche, les parents biologiques du majeur à adopter n'ont pas à consentir.
Le consentement de l'adopté est la condition essentielle de l'adoption d'un majeur. Il doit être donné personnellement, par un acte authentique établi devant notaire. L'adopté doit également consentir au changement de son nom de famille et, en cas d'adoption plénière, à un éventuel changement de prénom.
L'adopté donne son consentement à l'adoption devant un notaire, qui établit un acte authentique. Si l'adopté vit à l'étranger, il doit donner son consentement devant un agent diplomatique ou consulaire français ; seules quelques ambassades ou consulats offrent un service de notariat. Si l'adopté est placé sous curatelle ou tutelle, il doit également consentir personnellement, sauf s'il est hors d'état de consentir personnellement. Dans ce cas, le tribunal doit recueillir l'avis de la personne chargée de la mesure de protection avant de prononcer l'adoption. L'époux ou le partenaire de Pacs de l'adoptant doit également donner son consentement à l'adoption.
Règle
L'adopté peut revenir sur son consentement à tout moment jusqu'à la décision d'adoption. Ce droit de rétractation est absolu et s'exerce sans motif. Les parents biologiques du majeur à adopter n'ont pas à consentir à l'adoption : leur accord n'est pas requis par la loi.
Le consentement notarié de l'adopté est une pièce indispensable à la requête. Sans acte authentique de consentement, le tribunal ne pourra pas prononcer l'adoption.
Quelle est la procédure pour adopter une personne majeure ?
La demande d'adoption est faite par requête déposée ou envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception au tribunal judiciaire du lieu où demeure l'adoptant. L'avocat est facultatif si l'adopté a été recueilli au foyer avant ses 15 ans, mais obligatoire s'il l'a été après ses 15 ans.
La requête peut être rédigée sur papier libre ou à l'aide d'un formulaire CERFA si l'adoptant fait sa demande sans avocat. L'adoptant doit joindre à sa requête un timbre fiscal de 50 €, sauf s'il est bénéficiaire de l'aide juridictionnelle. La requête est déposée ou envoyée par lettre avec accusé de réception au tribunal judiciaire du lieu où demeure l'adoptant (ou les adoptants, en cas de couple).
L'adoptant (ou le couple adoptant) peut faire la requête avec ou sans avocat si le majeur a été recueilli au foyer de l'adoptant avant ses 15 ans. L'avocat est en revanche obligatoire si l'adopté a été recueilli au foyer de l'adoptant après ses 15 ans. Si les ressources de l'adoptant sont insuffisantes, il peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle. L'audience a lieu en « chambre du conseil », c'est-à-dire sans la présence du public. À l'audience, le juge entend l'adoptant ou le couple adoptant, vérifie que les conditions de l'adoption sont remplies et que celle-ci est conforme à l'intérêt du majeur adopté. Il examine les pièces et peut faire procéder à une enquête par toute personne qualifiée. Le ministère public donne son avis sur la demande d'adoption.
Règle
Même si les conditions légales sont remplies, le tribunal judiciaire n'est pas obligé de prononcer une adoption. Il doit vérifier si l'adoption est conforme à l'intérêt de l'adopté majeur. Le tribunal s'assure également que l'adoption ne compromet pas la vie familiale, en particulier si l'adoptant a déjà des enfants. Le jugement est rendu en audience publique. Une fois la décision rendue, l'adoptant reçoit une copie transmise par le greffe du tribunal judiciaire.
Si l'adoption est refusée, l'adoptant peut contester la décision en faisant appel dans un délai de 15 jours. L'appel se fait par une déclaration faite ou adressée par pli recommandé au tribunal judiciaire qui a rendu la décision ; cette déclaration doit être faite par un avocat. Le décès de l'adoptant survenu après le dépôt de la requête ne dessaisit pas le tribunal : l'adoption peut être prononcée si elle est conforme à l'intérêt de l'adopté.
Formulaires disponibles
- Requête en adoption simple de l'enfant majeur du conjoint, partenaire ou concubin : CERFA n° 15739 (cerfa_17568_01) — https://www.formulaires.service-public.gouv.fr/gf/cerfa_17568_01.do
- Requête en adoption simple d'un majeur par une personne à titre individuel : CERFA n° 15739 — https://www.formulaires.service-public.gouv.fr/gf/cerfa_15739.do
- Timbre fiscal de 50 € à joindre à la requête, sauf bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Quelles sont les effets de l'adoption d'une personne majeure ?
L'adoption crée un lien de filiation qui donne à l'adopté des droits et des obligations dans sa nouvelle famille. En cas d'adoption simple, l'adopté conserve des liens juridiques avec sa famille d'origine : il hérite des deux familles et est soumis à des empêchements à mariage dans les deux.
L'adoption simple d'un majeur produit trois catégories d'effets : sur le nom, sur la filiation et l'obligation alimentaire, et sur la succession. L'adopté conserve des liens avec sa famille d'origine. L'adoption simple ne permet pas à l'adopté majeur d'acquérir la nationalité française.
Nom : le nom de l'adoptant s'ajoute ou remplace celui de l'adopté, si l'adopté y consent ; sinon, l'adopté conserve son nom d'origine. Dans le cas de l'adoption de l'enfant majeur de l'époux, du partenaire de Pacs ou du concubin, le nom de l'adoptant s'ajoute au nom de l'adopté, avec le consentement de l'adopté. Sur la demande de l'adoptant, le tribunal peut modifier les prénoms de l'adopté. Filiation : la décision prononçant l'adoption simple est mentionnée en marge de l'acte de naissance de l'adopté, à la requête du procureur de la République, dans les 15 jours de la date à laquelle la décision est passée en force de chose jugée. Lorsque l'adopté est né à l'étranger, la décision est transcrite sur les registres du service central d'état civil du ministère des affaires étrangères. L'adoption est également mentionnée sur le livret de famille. L'adoptant a une obligation alimentaire à l'égard de l'adopté et réciproquement.
Règle
Nationalité : l'adoption simple ne permet pas à l'adopté majeur d'acquérir la nationalité française. L'adopté qui a fait l'objet d'une adoption simple par un Français doit faire une demande de naturalisation. Mariage : les empêchements à mariage entre l'adopté et les membres de sa famille d'origine demeurent. Le mariage est également interdit entre l'adoptant et l'adopté, entre l'adopté et les enfants de l'adoptant, et entre l'adoptant et les enfants de l'adopté. Succession : en cas d'adoption simple, l'adopté hérite des 2 familles (parents biologiques et parents adoptifs). L'adopté est héritier réservataire de son parent adoptif, mais il n'est pas héritier réservataire à l'égard des autres ascendants de sa famille adoptive (grands-parents, arrières-grands-parents…).
Si l'adopté meurt sans descendants ni époux, les biens dont il a hérité ou qu'il a reçu de l'adoptant font l'objet d'un droit de retour s'ils existent encore : ces biens retournent dans le patrimoine de l'adoptant ou des descendants de l'adoptant. Le surplus des biens de l'adopté se répartit par moitié entre sa famille d'origine et celle de l'adoptant, tout en préservant les droits du conjoint survivant si l'adopté était marié.
Textes applicables
- Code civil : articles 343 à 343-1 (Légifrance)Texte légal
- Code civil : articles 344 à 345-2 (Légifrance)Texte légal
- Code civil : articles 346 à 347 (Légifrance)Texte légal
- Code civil : articles 348 à 350 (Légifrance)Texte légal
- Code civil : articles 370-1 à 370-1-8 (Légifrance)Texte légal
- Code de procédure civile : articles 1166 à 1176 (Légifrance)Texte légal
- Code général des impôts : article 1635 bis Q (Légifrance)Texte légal
- Code civil : articles 912 à 917 (Légifrance)Texte légal
- Code civil : articles 370-1-3 à 370-1-5Légifrance
- Code civil : articles 370-1-6 à 370-1-8Légifrance
- Question écrite - Sénat - Suppression des attributions notariales des consulatsSénat
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Adoption d'une personne majeure
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- CERFA — Requête en adoption simple de l'enfant majeur du conjoint, partenaire ou concubin
- CERFA — Requête en adoption simple d'un majeur par une personne à titre individuel
Les conditions d'âge, les consentements requis et les effets de l'adoption d'un majeur sont fixés par le Code civil (articles 343 à 350 et 370-1 et suivants). La procédure est régie par le Code de procédure civile (articles 1166 à 1176). Vérifier la jurisprudence et les évolutions auprès du tribunal judiciaire compétent ou d'un avocat en droit de la famille.
