Famille consultant des documents administratifs à la maison — démarches familiales

Adoption d'un mineur par un couple

L'adoption d'un enfant par un couple est prononcée par le tribunal judiciaire à la demande des adoptants, si elle est de l'intérêt de l'enfant. L'adoption peut être simple (liens avec la famille d'origine maintenus) ou plénière (rupture totale des liens avec la famille d'origine). Le mineur de plus de 13 ans doit consentir à son adoption.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir avant d'adopter un mineur en couple : conditions, procédure, effets et révocabilité.

Ce qu'il faut savoir

  • L'adoption crée un lien de filiation entre l'adoptant et l'adopté.
  • L'adoption peut être simple (liens avec la famille d'origine maintenus) ou plénière (rupture totale des liens avec la famille d'origine).
  • Les adoptants doivent avoir tous les 2 au moins 26 ans (sauf communauté de vie de plus d'1 an) et 15 ans de plus que l'adopté.
  • Le mineur de plus de 13 ans doit donner son accord devant un notaire.
  • L'enfant doit être accueilli au foyer du couple depuis au moins 6 mois avant de saisir le tribunal.
  • Un timbre fiscal de 50 € doit être joint à la requête, sauf aide juridictionnelle.
  • L'adoption simple est révocable pour motifs graves ; l'adoption plénière est irrévocable.
  • L'enfant adopté de façon plénière pendant sa minorité obtient automatiquement la nationalité française si un parent adoptif est français.

Conditions essentielles

  • Le couple est marié (non séparé de corps), pacsé ou en concubinage.
  • Les adoptants ont au moins 26 ans chacun (sauf communauté de vie de plus d'1 an).
  • La différence d'âge entre adoptants et adopté est d'au moins 15 ans (sauf motifs graves).
  • L'enfant a moins de 15 ans (adoption plénière en principe) ou entre 15 et 21 ans (cas particuliers).
  • L'enfant est accueilli au foyer du couple depuis au moins 6 mois.

Les étapes

  • Obtenir l'agrément (si adoption d'un pupille de l'État ou d'un enfant étranger).
  • Recueillir l'enfant au foyer du couple (placement en vue de l'adoption, minimum 6 mois).
  • Obtenir le consentement du mineur de plus de 13 ans devant un notaire.
  • Adresse la requête au procureur de la République (formulaire CERFA n° 15740 pour l'adoption simple, n° 15736 pour l'adoption plénière).
  • Déposer ou envoyer la requête au tribunal judiciaire du domicile des adoptants.
  • Passer l'audience en chambre du conseil (sans public).
  • Attendre le jugement rendu en audience publique.
  • Faire transcrire la décision en marge de l'acte de naissance de l'adopté.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Le détail des conditions, de la procédure et des effets est traité dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les conditions du couple, voir « Conditions pour le couple adoptant ». Pour la procédure, voir « Procédure d'adoption ». Pour les effets, voir « Effets de l'adoption simple » et « Effets de l'adoption plénière ».

Conditions pour le couple adoptant

L'adoption peut être demandée par les couples suivants : couple marié non séparé de corps, partenaires liés par un Pacs, ou concubins.

Règle

Les adoptants doivent avoir tous les 2 au moins 26 ans, sauf s'ils vivent ensemble depuis plus d'1 an. Dans ce cas, les adoptants doivent prouver la durée de la communauté de vie. Les adoptants doivent avoir 15 ans de plus que l'adopté. Le tribunal peut tout de même prononcer l'adoption si la différence d'âge est inférieure à 15 ans pour de justes motifs, par exemple en cas d'adoption d'une fratrie.

L'adoption entre grands-parents et petits-enfants et entre frères et sœurs est en principe interdite, sauf s'il existe des motifs graves.

Quels enfants peuvent être adoptés ?

Un mineur est adoptable s'il se trouve dans l'une des situations suivantes : mineur dont les parents ou le conseil de famille ont accepté l'adoption ; mineur déclaré délaissé par jugement du tribunal ; mineur étranger en fonction de la législation applicable ; mineur dont l'adoption plénière n'est pas possible ; pupille de l'État.

Enfant de moins de 15 ans : adoptable de façon plénière s'il remplit l'une des conditions ci-dessus. Enfant de 15 ans à 21 ans : adoptable de façon plénière jusqu'à ses 21 ans s'il a été accueilli avant ses 15 ans au foyer alors que les adoptants ne remplissaient pas les conditions, s'il a été adopté en la forme simple avant ses 15 ans, s'il est pupille de l'État, ou s'il a été déclaré délaissé.

Règle

L'enfant à adopter doit être accueilli au foyer des adoptants depuis au moins 6 mois pour pouvoir être adopté.

En principe, l'adoption plénière est permise en faveur d'un enfant âgé de moins de 15 ans. Toutefois, dans certains cas, l'adoption plénière est possible pour un enfant âgé de 15 ans à 21 ans.

Consentement du mineur

Le mineur de plus de 13 ans doit donner son accord devant un notaire.

Le consentement peut également être reçu par le service de l'aide sociale à l'enfance lorsque l'enfant lui a été remis. Si le mineur à adopter vit à l'étranger, le consentement à l'adoption peut être donné devant un notaire étranger, ou devant les agents diplomatiques ou consulaires français.

Règle

Si le mineur à adopter n'est pas en état de consentir personnellement, le tribunal doit recueillir l'avis d'un administrateur ad hoc. L'adopté peut rétracter son consentement jusqu'au prononcé de l'adoption.

Seules quelques ambassades ou consulats offrent un service de notariat. Renseignez-vous auprès de l'ambassade ou du consulat de France compétent.

Faut-il un agrément pour adopter un mineur ?

Les adoptants doivent obtenir au préalable un agrément s'ils souhaitent adopter un pupille de l'État ou un enfant étranger.

Une fois obtenu l'agrément, les adoptants sont inscrits d'office sur une liste départementale qui leur permet d'être choisis comme adoptants par le tuteur (préfet) avec l'accord du conseil de famille des pupilles de l'État.

Règle

En cas d'adoption d'un enfant à l'étranger, les adoptants doivent s'adresser à l'Agence française de l'adoption ou un organisme autorisé pour l'adoption internationale.

L'agrément n'est pas nécessaire pour l'adoption d'un enfant déjà accueilli au foyer du couple (sauf s'il s'agit d'un pupille de l'État ou d'un enfant étranger).

Placement en vue de l'adoption

Le placement en vue de l'adoption concerne les pupilles de l'État ou les enfants judiciairement déclarés délaissés. Le placement consiste à la remise de l'enfant aux adoptants par l'autorité qui en a la charge (aide sociale à l'enfance par exemple).

Pendant la période du placement, les adoptants peuvent accomplir les actes usuels de l'autorité parentale. Le mineur doit être confié au moins 6 mois avant de saisir le tribunal de la demande d'adoption.

Règle

Le placement en vue de l'adoption plénière empêche toute restitution de l'enfant à sa famille d'origine. Le parent biologique qui n'a pas reconnu l'enfant ne peut plus le reconnaître.

Le placement est une étape obligatoire avant la saisine du tribunal pour l'adoption plénière des pupilles de l'État et des enfants délaissés.

Procédure d'adoption

Le couple adoptant peut faire sa demande avec ou sans avocat si le mineur a été recueilli au foyer du couple avant ses 15 ans. L'avocat est en revanche obligatoire si l'adopté mineur a été recueilli au foyer après ses 15 ans.

Le couple adoptant adresse sa requête sur papier libre ou à l'aide du formulaire CERFA n° 15740 (adoption simple) ou n° 15736 (adoption plénière) au procureur de la République. La requête doit être déposée ou envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception au tribunal judiciaire du domicile des adoptants, accompagnée des documents justificatifs.

Règle

L'audience a lieu en chambre du conseil, c'est-à-dire sans la présence du public. À l'audience, le juge entend les adoptants, vérifie que les conditions de l'adoption sont remplies et que celle-ci est conforme à l'intérêt du mineur adopté. Il examine les pièces et peut faire procéder à une enquête par toute personne qualifiée. Le ministère public donne son avis. Le jugement est rendu en audience publique.

Même si les conditions légales sont remplies, le tribunal judiciaire n'est pas obligé de prononcer une adoption : il doit vérifier si l'adoption est conforme à l'intérêt de l'enfant. Si l'adoption est refusée, le couple peut contester la décision en faisant appel dans un délai de 15 jours (déclaration par avocat). Un timbre fiscal de 50 € doit être joint à la requête, sauf aide juridictionnelle.

Effets de l'adoption simple

Dans le cas de l'adoption simple, les liens avec la famille d'origine sont maintenus. L'adopté conserve tous ses liens avec sa famille d'origine.

Règle

La décision prononçant l'adoption simple est mentionnée en marge de l'acte de naissance de l'adopté, à la demande du procureur de la République, dans les 15 jours de la date à laquelle la décision est passée en force de chose jugée. L'adoption est également mentionnée sur le livret de famille. Les adoptants exercent ensemble l'autorité parentale.

  • Obligation alimentaire réciproque entre l'adopté et les adoptants.
  • Nom : le nom de l'un des adoptants s'ajoute au nom de l'adopté (consentement requis si plus de 13 ans).
  • Mariage interdit entre les adoptants, l'adopté et ses enfants, ainsi qu'entre l'adopté et les membres de la famille adoptive.
  • Nationalité : l'enfant étranger adopté en simple n'obtient pas automatiquement la nationalité française, mais peut devenir français par déclaration jusqu'à sa majorité, puis demander sa naturalisation.
  • Succession : l'adopté hérite des 2 familles (d'origine et adoptive), mais n'est pas héritier réservataire à l'égard de ses grands-parents adoptifs.

La révocation de l'adoption simple peut être demandée uniquement s'il existe des motifs graves (violences, actes de délinquance). Tant que l'adopté est mineur, seul le ministère public peut demander la révocation. Lorsque l'adopté devient majeur, l'adoption peut être révoquée à sa demande ou à celle des adoptants.

Effets de l'adoption plénière

Dans le cas de l'adoption plénière, il y a une rupture totale des liens de l'adopté avec sa famille d'origine. L'adopté acquiert une nouvelle filiation qui remplace celle d'origine.

Règle

La décision prononçant l'adoption plénière est transcrite sur les registres de l'état civil du lieu de naissance de l'adopté, à la demande du procureur de la République, dans les 15 jours de la force de chose jugée. Un nouvel acte de naissance est établi et l'acte de naissance d'origine est annulé. L'adoption est mentionnée sur le livret de famille. Les adoptants exercent ensemble l'autorité parentale.

  • Obligation alimentaire réciproque entre l'adopté et les adoptants.
  • Nom : les adoptants choisissent par déclaration conjointe le nom de l'un d'eux ou leurs 2 noms accolés (consentement requis si plus de 13 ans).
  • Nationalité : l'enfant adopté de façon plénière pendant sa minorité obtient automatiquement la nationalité française si un parent adoptif est français.
  • Succession : l'enfant adopté hérite de sa famille adoptive mais il n'hérite plus dans sa famille d'origine.
  • Mariage interdit entre l'adopté et sa famille d'origine, de même que dans la famille des adoptants.

L'adoption plénière est irrévocable. Même s'il est demandé une adoption plénière, le tribunal peut prononcer une adoption simple — dans ce cas, il doit avoir l'accord du couple adoptant.

Nom de l'adopté

Le traitement du nom de l'adopté diffère selon qu'il s'agit d'une adoption simple ou d'une adoption plénière.

Adoption simple : le nom de l'un des adoptants s'ajoute au nom de l'adopté. Les adoptants choisissent le nom de l'un d'eux. En cas de désaccord, le nom est formé du nom de l'adopté + premier nom des adoptants selon l'ordre alphabétique. Les adoptants peuvent aussi remplacer le nom de l'adopté.

Règle

Adoption plénière : les adoptants choisissent, par déclaration conjointe, soit le nom de l'un d'eux, soit leurs 2 noms accolés dans l'ordre choisi, dans la limite d'un nom de famille pour chacun. En l'absence de déclaration conjointe, l'adopté prend le nom de chacun des 2 adoptants, accolés selon l'ordre alphabétique.

Dans les deux cas, l'adopté s'il a plus de 13 ans, doit donner son consentement. Les adoptants peuvent demander au tribunal judiciaire un changement de prénom de l'adopté (consentement du mineur requis si plus de 13 ans).

Nationalité de l'enfant adopté

La nationalité de l'enfant adopté dépend du type d'adoption et de la nationalité des adoptants.

Règle

Adoption plénière : l'enfant adopté de façon plénière pendant sa minorité obtient automatiquement la nationalité française si un de ses parents adoptifs est français. Adoption simple : l'enfant étranger adopté en simple n'obtient pas automatiquement la nationalité française, même si l'adoptant est français.

En cas d'adoption simple, l'enfant peut devenir français jusqu'à sa majorité par déclaration. À sa majorité, il peut demander sa naturalisation par décret.

Révocabilité de l'adoption

La révocabilité de l'adoption diffère radicalement entre l'adoption simple et l'adoption plénière.

Règle

Adoption simple : la révocation (annulation) peut être demandée uniquement s'il existe des motifs graves (violences, actes de délinquance). Tant que l'adopté est mineur, seul le ministère public peut demander la révocation. Lorsque l'adopté devient majeur, l'adoption peut être révoquée à sa demande ou à la demande des adoptants.

Adoption plénière : l'adoption est irrévocable. Aucune procédure de révocation n'est prévue par la loi, quelles que soient les circonstances.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Adoption d'un mineur par un couple

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les règles de l'adoption sont fixées par le code civil et le code de procédure civile. Vérifier les dernières évolutions auprès du tribunal judiciaire de votre domicile ou d'un avocat spécialisé en droit de la famille.

Démarches associées

Formulaires associés

Vous ne trouvez pas l'information recherchée ?

Posez votre question dans le forum ou contactez-nous. Notre équipe éditoriale s'appuie sur les retours utilisateurs pour améliorer les fiches.

Démarches en France est un site indépendant, sans affiliation officielle avec l’administration française.