Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur le prêt personnel : définition, caractéristiques, procédure d'octroi et protections du emprunteur.
Ce qu'il faut savoir
- Le prêt personnel est un crédit à la consommation dont l'utilisation est libre : vous n'avez pas à préciser l'usage que vous ferez des fonds empruntés.
- Le montant doit être compris entre 200 € et 75 000 €, et la durée doit être supérieure à 3 mois (la loi ne fixe pas de durée maximale).
- Le prêt n'est pas gratuit : il est soumis à des intérêts fixés librement par le prêteur, mais plafonnés par le taux de l'usure.
- Avant de vous accorder le prêt, la banque doit vérifier vos capacités de remboursement (revenus vs charges) et consulter le fichier FICP.
- Vous disposez d'un délai de rétractation de 14 jours calendaires après la signature de l'offre de prêt.
- La somme peut être versée 7 jours calendaires après la signature, si aucune rétractation n'a été exercée.
- En cas de difficultés, plusieurs solutions existent : assurance emprunteur, report ou aménagement des échéances, délai de grâce au juge, dossier de surendettement.
Conditions essentielles
- Avoir entre 200 € et 75 000 € à emprunter, pour une durée supérieure à 3 mois.
- Disposer de capacités financières de remboursement vérifiées par le prêteur (revenus supérieurs aux charges obligatoires).
- Ne pas être inscrit au fichier FICP pour des incidents de remboursement antérieurs (vérification obligatoire du prêteur).
- Fournir, si le montant dépasse 3 000 €, des justificatifs d'identité, de domicile et de revenus.
Les étapes
- Comparer les offres de plusieurs prêteurs (banques, établissements de crédit, courtiers) sur la base du TAEG.
- Demander le prêt auprès du prêteur de votre choix ; le prêteur vérifie vos capacités de remboursement et consulte le FICP.
- Recevoir la fiche d'information précontractuelle détaillée (taux, montant total dû, durée, frais...).
- Recevoir l'offre écrite de crédit, maintenue pendant 15 jours francs.
- Signer l'offre de prêt, puis exercer éventuellement votre droit de rétractation dans les 14 jours calendaires.
- Attendre le délai de rétractation (aucun versement avant) ; la somme est versée 7 jours après la signature si aucune rétractation.
- Rembourser le prêt par échéances mensuelles (capital + intérêts + assurance éventuelle), selon le tableau d'amortissement.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Le détail de la procédure d'octroi, des mentions obligatoires de l'offre et des solutions en cas de difficultés est traité dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le coût du prêt et le taux d'usure, voir « Coût du prêt : intérêts, taux d'usure et TAEG » ; pour la procédure d'octroi, voir « Procédure d'octroi » ; pour les recours en cas de difficultés, voir « En cas de difficultés de remboursement ».
Caractéristiques du prêt personnel
Le prêt personnel est un crédit à la consommation dont le montant peut être utilisé librement, sans justification. Il peut servir à financer un bien (électroménager, meubles, voiture) ou une prestation (voyage, travaux, mariage).
Contrairement au crédit affecté, qui est adossé à un achat déterminé (un véhicule, un voyage...), le prêt personnel ne nécessite aucune justification de l'usage des fonds. Cette liberté d'utilisation est sa caractéristique principale, mais elle s'accompagne en principe d'un taux d'intérêt plus élevé que le crédit affecté, le prêteur prenant davantage de risque.
Règle
Le prêt personnel ne peut pas servir à financer l'achat d'un bien immobilier ou d'un terrain à construire : ces opérations relèvent du crédit immobilier, soumis à un régime juridique différent et plus protecteur.
Le prêt personnel est un prêt soumis à des intérêts : il n'est jamais gratuit. Le taux est fixé librement par le prêteur (banque ou établissement de crédit), sans pouvoir dépasser le taux d'usure (taux d'intérêt maximal légal). La banque peut également facturer des frais de dossier et vous proposer de souscrire une assurance emprunteur pour vous couvrir en cas de problèmes de santé ou de perte d'emploi.
Montant et durée du prêt
Le montant du prêt personnel doit être compris entre 200 € et 75 000 €. La durée du prêt doit être supérieure à 3 mois. La loi ne fixe pas de durée maximale : le prêteur et l'emprunteur conviennent librement de la durée du remboursement.
Le montant minimum de 200 € correspond au seuil en deçà duquel le crédit à la consommation n'est pas soumis au régime du code de la consommation. Le plafond de 75 000 € délimite l'ensemble du champ du crédit à la consommation : au-delà, l'opération relève du crédit immobilier (ou d'un autre régime). La durée supérieure à 3 mois exclut du régime les crédits très courts (micro-crédits), qui obéissent à des règles distinctes.
Règle
La durée librement convenue entre les parties détermine le nombre d'échéances mensuelles et le coût total du crédit : à durée égale, un taux plus élevé se traduit par un coût total plus important ; à taux égal, une durée plus longue réduit la mensualité mais augmente le coût total des intérêts.
Avant de vous engager, simulez l'impact de différentes durées sur votre mensualité et le coût total. Une durée plus courte alourdit la mensualité mais réduit le coût global ; une durée plus longue allège la mensualité mais renchérit le crédit.
Coût du prêt : intérêts, taux d'usure et TAEG
Le coût du prêt personnel se compose des intérêts, des frais de dossier et, le cas échéant, des primes d'assurance. La banque doit vous communiquer le taux annuel effectif global (TAEG), qui réunit tous ces coûts.
Le prêt personnel est un prêt soumis à des intérêts. Le taux est fixé librement par le prêteur, mais ne peut pas dépasser le taux de l'usure : c'est le taux d'intérêt maximal légal, publié périodiquement par les autorités (Banque de France).
Le taux d'usure est le plafond légal au-delà duquel un taux d'intérêt est considéré comme usuraire et donc interdit. Il est mis à jour régulièrement et dépend du type de crédit et de la date de souscription : les taux d'intérêt des crédits à la consommation sont plafonnés par ce taux, et le taux applicable dépend de la date de souscription du crédit. Un avis du 26 mars 2026 fixe de nouveaux seuils de taux d'usure, applicables à compter du 1er avril 2026 : les crédits à la consommation souscrits à partir de cette date doivent respecter ces plafonds.
Règle
La banque doit vous communiquer le taux annuel effectif global (TAEG) du prêt. Ce taux prend en compte la totalité des frais occasionnés par le prêt : intérêts bancaires, frais de dossier, frais d'assurance, commission de courtier, etc. Le TAEG est l'indicateur à comparer entre les offres pour évaluer le coût réel du crédit.
L'assurance emprunteur n'est pas obligatoire en droit pour le prêt personnel, mais le prêteur peut l'imposer comme condition préalable à l'octroi du prêt (même si la loi ne l'impose pas). En cas d'incapacité de remboursement due à certains événements (maladie, perte d'emploi...), cette assurance couvre, selon le contrat, les mensualités.
Procédure d'octroi : vérification des capacités de remboursement
Avant de vous accorder le prêt, la banque ou l'établissement de crédit doit vérifier que vous avez les moyens de rembourser les mensualités, en comparant vos revenus à vos charges puis en consultant le fichier FICP.
La banque ou l'établissement de crédit doit vérifier si vous avez les capacités financières de rembourser les mensualités du crédit. Cette vérification est une obligation légale destinée à protéger l'emprunteur contre l'endettement excessif.
La vérification se fait d'abord par la comparaison entre vos revenus et vos dépenses obligatoires : loyer ou mensualité de prêt immobilier, chauffage, électricité, eau, alimentation, remboursement de crédits à la consommation, etc. Cela permet à la banque de connaître la somme disponible dans votre revenu une fois vos dépenses obligatoires payées. Ensuite, la banque doit consulter le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) pour vérifier si vous avez déjà eu des difficultés à rembourser d'autres crédits ou si vous avez émis des chèques sans provision.
Règle
Lorsque le contrat est souscrit sur internet ou par téléphone, le prêteur doit vous faire compléter par écrit une fiche de dialogue qui indique vos revenus, vos charges et votre niveau d'endettement. Vous devez signer cette fiche en déclarant sur l'honneur que les informations communiquées sont réelles.
Si le montant du prêt dépasse 3 000 €, le prêteur doit obligatoirement vous demander des justificatifs d'identité, de domicile et de revenus. En dessous de ce seuil, la vérification repose sur vos déclarations (fiche de dialogue pour les souscriptions à distance).
Fiche d'information précontractuelle et offre écrite
Avant la signature du contrat, le prêteur doit vous fournir une fiche d'information précontractuelle détaillée, puis vous transmettre une offre écrite maintenue pendant 15 jours francs.
Avant de signer le contrat, le prêteur doit vous fournir les informations vous permettant de savoir si le crédit est adapté à vos besoins et à votre situation financière. Il doit obligatoirement vous communiquer une fiche d'information précontractuelle.
La fiche d'information précontractuelle comporte : l'identité et l'adresse du prêteur, le type de crédit, le montant du crédit et les conditions de mise à disposition de la somme, la durée du contrat, le nombre et le calendrier des remboursements, le montant total dû, le coût total des frais exprimé par un montant précis, le TAEG (sauf en cas de location avec option d'achat) avec explications sur son mode de calcul, les indemnités à payer en cas de retard de paiement, l'existence du délai de rétractation (14 jours calendaires), les articles du code de la consommation sur la durée de validité de l'offre et le délai minimal de réflexion, votre droit à obtenir sur demande et sans frais un exemplaire de l'offre, et, pour un crédit affecté, le bien ou la prestation financée.
Règle
Si vous êtes d'accord, après lecture de la fiche, le prêteur doit vous transmettre une offre écrite. L'offre doit être maintenue pendant un délai de 15 jours francs : vous disposez de ce délai minimum pour l'étudier et vous décider. Le contrat doit comporter une clause vous signalant votre droit de rétractation, exercable dans un délai de 14 jours calendaires après la signature.
La fiche d'information précontractuelle peut aussi vous servir à comparer le crédit proposé par un commerçant à d'autres propositions de crédit : le TAEG est l'indicateur de référence pour cette comparaison.
Comment faire une demande de prêt personnel ?
Vous pouvez faire votre demande auprès du prêteur de votre choix (banque, établissement de crédit) ou passer par un courtier, qui peut vous aider à comparer les meilleures offres moyennant une commission sur les sommes empruntées.
Chaque prêteur fixe ses propres conditions d'octroi de crédit : taux, durée, exigences de justificatifs, conditions d'assurance. Vous n'êtes pas obligé de préciser l'usage que vous allez faire du prêt : c'est précisément la définition du prêt personnel. Le courtier, s'il est mandaté, négocie en votre nom mais perçoit une commission, qui alourdit le coût total (et doit figurer dans le TAEG).
Règle
Le prêteur peut imposer, comme condition préalable à l'octroi du prêt, le fait que vous preniez l'assurance de son établissement, même si la loi ne l'impose pas. Vous pouvez toutefois comparer avec une assurance externe si le prêteur l'accepte — vérifiez les conditions du contrat.
Avant de choisir, comparez systématiquement les offres sur la base du TAEG (et non du seul taux nominal), car il intègre l'ensemble des frais : frais de dossier, assurance, commission de courtier.
Droit de rétractation et versement des fonds
La loi vous accorde un délai de rétractation de 14 jours calendaires après la signature de l'offre de prêt. Aucun paiement ni versement ne peut intervenir avant la fin de ce délai.
Vous disposez d'un droit de rétractation que vous pouvez exercer dans un délai de 14 jours calendaires après la signature de l'offre de prêt. Pour l'exercer, vous devez envoyer en recommandé avec avis de réception une lettre de résiliation au prêteur, dans les 14 jours suivant la signature.
Le délai de rétractation est un délai de réflexion légal : vous pouvez renoncer au crédit sans avoir à vous justifier et sans pénalité. La lettre de résiliation doit être envoyée à l'adresse du prêteur indiquée dans l'offre ; conservez l'avis de réception comme preuve.
Règle
La somme peut être versée 7 jours calendaires après la signature de l'offre, si aucune rétractation n'est exercée. Aucun paiement ne doit être fait avant la signature de l'offre de crédit.
Vous commencez à rembourser le crédit uniquement après la signature de l'offre et après l'expiration du délai de rétractation. C'est seulement après ces étapes que le contrat de crédit entre en vigueur et que vous recevez les sommes prêtées.
Remboursement et remboursement anticipé
Le remboursement du prêt personnel se fait par échéances mensuelles. Chaque échéance comprend un montant de remboursement de capital, un montant d'intérêts et un montant de frais d'assurance si vous avez pris l'option.
Ces différents montants doivent être indiqués séparément sur le tableau d'amortissement de votre contrat, de même que le montant global de l'échéance. Le tableau d'amortissement vous permet de visualiser la répartition, mois après mois, entre capital remboursé, intérêts et assurance, ainsi que le capital restant dû.
Règle
Vous pouvez rembourser le prêt personnel par anticipation : la procédure et les conditions du remboursement anticipé doivent être indiquées dans le contrat. La banque peut insérer une clause vous obligeant à payer des frais de remboursement anticipé (dans les limites prévues par le code de la consommation).
Un remboursement anticipé (total ou partiel) réduit le coût total du crédit : les intérêts non échus sont en principe diminués à hauteur du capital remboursé par anticipation. Vérifiez les frais éventuels pour mesurer le gain réel.
En cas de difficultés de remboursement
Si vous rencontrez des difficultés pour rembourser les mensualités de votre crédit à la consommation, plusieurs démarches progressives peuvent être envisagées : assurance, aménagement amiable, délai de grâce judiciaire, surendettement.
La première démarche consiste à vérifier si votre assurance peut prendre le relais : si vous avez souscrit une assurance pour le crédit et que vos difficultés proviennent d'une des circonstances prévues au contrat (maladie, invalidité, perte d'emploi par exemple), l'assureur peut payer les mensualités à votre place.
Si l'assurance ne couvre pas votre situation, vous pouvez demander à l'organisme prêteur un report de mensualités, une baisse temporaire des mensualités, un rééchelonnement ou une prolongation de la durée du crédit. Le prêteur n'est pas obligé d'accepter, et certains établissements peuvent facturer des frais de réaménagement : vérifiez les conditions prévues dans votre contrat. En dernier recours amiable, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour demander un délai de grâce, c'est-à-dire une suspension ou réduction des mensualités pouvant aller jusqu'à 2 ans : durant cette période, aucune pénalité de retard ne peut être appliquée et les garanties (caution, hypothèque...) ne peuvent pas être mises en œuvre.
Règle
Si vos difficultés sont importantes et durables, vous pouvez déposer auprès de la Banque de France un dossier de surendettement. Les organismes de crédit doivent transmettre à la commission de surendettement les informations nécessaires à l'étude de votre dossier et ne peuvent pas poursuivre les mesures d'exécution une fois la procédure ouverte.
- Assurance emprunteur : contactez votre assureur dès le premier signe de difficulté (certains contrats prévoient des délais de déclaration).
- Report ou aménagement d'échéances : demande amiable auprès du prêteur, qui peut refuser.
- Délai de grâce : saisine du tribunal judiciaire, suspension ou réduction des mensualités jusqu'à 2 ans, sans pénalités.
- Surendettement : dépôt d'un dossier auprès de la Banque de France en cas de difficultés importantes et durables, suspension des mesures d'exécution.
Plus vous agissez tôt, plus les options restent ouvertes : contacter l'assureur ou le prêteur dès le premier incident de paiement permet d'éviter l'inscription au FICP et la dégradation de votre situation.
Textes applicables
- Code de la consommation : article L.311-1 — LégifranceTexte législatif
- Code de la consommation : articles L.312-1 à L.312-4 — LégifranceTexte législatif
- Avis du 26 mars 2026 — Nouveaux seuils de taux d'usureTexte officiel
- Code de la consommation : articles L312-18 à L312-27Légifrance
- Code de la consommation : articles L312-28 à L312-30Légifrance
- Code de la consommation : articles L312-36 à L312-40Légifrance
- Code de la consommation : articles L312-57 à L312-83Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Crédit à la consommation : prêt personnel
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Crédit à la consommation : crédit affecté
- Qu'est-ce que le taux annuel effectif global (TAEG) ?
- Location de voiture : LOA ou LLD
- Difficultés à payer les mensualités d'un crédit immobilier (délai de grâce)
- Déposer un dossier de surendettement (particuliers)
- Banque de France — Taux d'usure
Le taux d'usure et les plafonds de taux d'intérêt évoluent périodiquement (dernier avis : 26 mars 2026, applicable au 1er avril 2026). Vérifiez les taux en vigueur à la date de souscription de votre crédit sur le site de la Banque de France avant de vous engager.
