Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de passer en télétravail : cadre juridique, mise en place, droits et obligations, frais et refus.
Ce qu'il faut savoir
- Le télétravail est une forme d'organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait pu être réalisé dans les locaux de l'employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux, avec les technologies de l'information et de la communication.
- Le salarié doit être volontaire ; en principe, le télétravail résulte d'un accord collectif, d'une charte ou d'un accord individuel.
- En cas de circonstances exceptionnelles (menace d'épidémie par exemple) ou de force majeure, le télétravail peut être imposé sans l'accord du salarié.
- Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le comité social et économique (CSE), lorsqu'il existe, doit être consulté avant la mise en place du télétravail.
- L'employeur doit prendre en charge les frais engagés par le salarié pour la réalisation de son contrat de travail, y compris les frais occasionnés par le télétravail.
- Le salarié en télétravail bénéficie des mêmes droits individuels et collectifs que les salariés travaillant dans les locaux de l'entreprise.
- L'accident survenu sur le lieu d'exercice du télétravail pendant l'activité professionnelle est présumé être un accident de travail.
- Le refus du salarié d'accepter de passer en télétravail n'est pas un motif de rupture du contrat de travail.
Conditions essentielles
- Le salarié doit être volontaire pour passer en télétravail, sauf en cas de circonstances exceptionnelles ou de force majeure.
- La mise en place du télétravail suppose un accord collectif ou une charte élaborée par l'employeur, ou à défaut un accord direct entre l'employeur et le salarié.
- L'accord collectif ou la charte doit préciser les conditions de passage et de retour, les formalités d'acceptation, le contrôle du temps de travail, les plages horaires de contact, et les formalités d'accès des travailleurs handicapés, des salariées enceintes et des salariés aidants.
- Le CSE doit être consulté dans les entreprises de plus de 50 salariés, lorsqu'il existe.
Les étapes
- Vérifier si un accord collectif ou une charte de télétravail existe dans l'entreprise.
- À défaut d'accord ou de charte, convenir d'un commun accord avec l'employeur des conditions du télétravail (contrat de travail ou avenant).
- Formaliser l'accord par tout moyen, de préférence par écrit, afin d'éviter les litiges.
- Dans les entreprises de plus de 50 salariés, consulter le CSE avant la mise en place du télétravail.
- Définir les lieux de travail autorisés et la fréquence du télétravail (régulier ou occasionnel).
- L'employeur fournit, installe et entretient les équipements nécessaires au télétravail à domicile.
- L'employeur organise chaque année un entretien portant sur les conditions d'activité du salarié et sa charge de travail.
- En cas de retour à une exécution du contrat sans télétravail, convenir des conditions de retour, prévues par l'accord collectif ou la charte.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — contenu de l'accord collectif, obligations de l'employeur en matière d'équipement et de protection des données, prise en charge des frais, règles propres aux refus — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le contenu obligatoire de l'accord collectif ou de la charte, voir la section « Mise en place du télétravail ». Pour les obligations de l'employeur en matière d'équipement, de données et de charge de travail, voir la section « Obligations de l'employeur envers le salarié en télétravail ». Pour la prise en charge des frais et des transports, voir la section « Frais liés au télétravail et prise en charge des transports ».
Mise en place du télétravail
Le télétravail peut être mis en place dans le cadre d'un accord collectif ou d'une charte élaborée par l'employeur. En l'absence d'accord collectif ou de charte, l'employeur et le salarié peuvent convenir de recourir au télétravail d'un commun accord.
Le télétravail est une forme d'organisation du travail dont la mise en place suppose, en principe, un cadre écrit : un accord collectif négocié avec les organisations syndicales, ou une charte unilatérale élaborée par l'employeur et accompagnée, le cas échéant, de l'avis du comité social et économique.
L'accord collectif ou la charte constitue le socle du télétravail dans l'entreprise : il fixe les règles applicables à l'ensemble des salariés concernés et évite les négociations individuelles successives. À défaut de telles dispositions, l'employeur et le salarié peuvent néanmoins convenir de recourir au télétravail : leur accord est formalisé par tout moyen, par exemple sous la forme d'une clause insérée dans le contrat de travail ou d'un avenant au contrat. Pour éviter les litiges, il est préférable que cet accord soit écrit. L'employeur et le salarié peuvent, à tout moment, convenir de recourir au télétravail.
Règle
L'accord collectif ou la charte élaborée par l'employeur doit préciser un ensemble d'éléments obligatoires : les conditions de passage en télétravail (en particulier en cas d'épisode de pollution) et les conditions de retour à une réalisation du contrat de travail sans télétravail ; les formalités d'acceptation par le salarié des conditions de mise en œuvre du télétravail ; les formalités de contrôle du temps de travail ou de régulation de la charge de travail ; la détermination des plages horaires durant lesquelles l'employeur peut habituellement contacter le salarié en télétravail ; les formalités d'accès des travailleurs handicapés au télétravail ; les formalités d'accès des salariées enceintes au télétravail ; et les formalités d'accès des salariés aidants d'un enfant, d'un parent ou d'un proche à une organisation en télétravail.
En cas de circonstances exceptionnelles (menace d'épidémie par exemple), le télétravail peut être imposé sans l'accord du salarié. Cette disposition s'applique aussi en cas de force majeure. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le comité social et économique (CSE), lorsqu'il existe, doit être consulté avant la mise en place du télétravail.
- Accord collectif : négocié avec les organisations syndicales représentatives, il s'impose à l'ensemble des salariés de l'entreprise ou de l'établissement.
- Charte : document unilatéral élaboré par l'employeur, qui définit les modalités du télétravail ; le CSE doit être consulté dans les entreprises de plus de 50 salariés.
- Accord individuel : à défaut d'accord ou de charte, l'employeur et le salarié conviennent des conditions du télétravail d'un commun accord, formalisé par tout moyen (clause, avenant).
- Circonstances exceptionnelles et force majeure : le télétravail peut être imposé sans l'accord du salarié.
Lieux et fréquences du télétravail
Lorsqu'il est en télétravail, le salarié peut travailler dans tous les lieux définis par l'accord collectif, la charte ou autorisés par l'employeur. Deux fréquences de télétravail coexistent : le télétravail régulier et le télétravail occasionnel.
Le lieu de travail du télétravailleur n'est pas limité à son domicile : il peut s'agir de tout lieu préalablement défini ou autorisé, par exemple le domicile du salarié, un télécentre (bureau partagé) ou tout autre lieu pour les salariés effectuant de nombreux déplacements.
La fréquence du télétravail est précisée dans l'accord collectif ou dans la charte élaborée par l'employeur. En l'absence d'accord ou de charte, la fréquence du télétravail est déterminée par accord entre l'employeur et le salarié, par exemple dans le contrat de travail ou dans un avenant. Le télétravail régulier permet d'avoir une régularité dans l'emploi du temps (1 à 2 jours par semaine par exemple) ; ce dispositif est précisé dans l'accord collectif ou dans la charte. Le télétravail occasionnel consiste par exemple à faire quelques jours ou semaines par an en télétravail.
Règle
Les lieux dans lesquels le salarié peut exercer le télétravail et la fréquence de celui-ci doivent être déterminés par l'accord collectif, la charte ou l'accord individuel. L'employeur autorise les lieux de travail retenus.
Le salarié placé en position de télétravail n'est pas un travailleur à domicile : le télétravail est une modalité d'exécution du contrat de travail dans l'entreprise, et non un contrat de travail à domicile.
Obligations de l'employeur envers le salarié en télétravail
Le télétravail est une forme d'organisation du travail qui peut faire l'objet d'une évaluation des risques professionnels. Cette évaluation peut notamment intégrer les risques liés à l'éloignement du salarié de la communauté de travail et à l'usage des outils numériques.
L'évaluation des risques du télétravail doit être inscrite dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP). Le télétravail étant une forme de réalisation du contrat de travail, les démarches à effectuer en cas d'accident du travail sont les mêmes que pour les autres salariés de l'entreprise. Lorsque le télétravail s'exerce à domicile, l'employeur doit fournir, installer et entretenir les équipements nécessaires au télétravail. Cette obligation doit être respectée si les installations électriques et les lieux de travail sont conformes. Si, exceptionnellement, le télétravailleur utilise son propre équipement, l'employeur en assure l'adaptation et l'entretien.
Règle
L'employeur a une obligation de protection des données utilisées et traitées par ses salariés, y compris le télétravailleur. Cette obligation s'applique que le télétravailleur utilise le matériel de l'employeur ou son propre matériel. L'employeur informe le salarié de toute restriction d'usage d'équipements ou outils informatiques ou de services de communication électronique ; cette information doit prévenir l'utilisateur des sanctions en cas de non-respect de ces restrictions.
La charge de travail, les normes de production et les critères de résultats exigés du télétravailleur doivent être équivalents à ceux des salariés en situation comparable travaillant dans les locaux. Des points de repère identiques à ceux utilisés dans l'entreprise sont donnés au télétravailleur. La charge de travail et les délais de réalisation sont évalués suivant les mêmes méthodes que celles utilisées pour les travaux faits dans les locaux de l'entreprise ; ils doivent, en particulier, permettre au télétravailleur de respecter les règles relatives à la durée du travail et tout spécialement la durée maximale de travail et les temps de repos. L'employeur doit en outre organiser chaque année un entretien qui porte notamment sur les conditions d'activité du salarié et sa charge de travail ; cet entretien est distinct de l'entretien d'évaluation et de l'entretien de parcours professionnel.
- Évaluation des risques : inscription des risques liés au télétravail (éloignement, outils numériques) dans le DUERP.
- Équipements : fourniture, installation et entretien par l'employeur ; en cas d'exception, adaptation et entretien du matériel personnel par l'employeur.
- Protection des données : obligation incombant à l'employeur, quel que soit le matériel utilisé, avec information sur les restrictions d'usage et les sanctions.
- Charge de travail : équivalence avec les salariés en situation comparable travaillant dans les locaux.
- Entretien annuel : obligation de l'employeur, distinct de l'entretien d'évaluation et de l'entretien de parcours professionnel.
Organisation du temps de travail et plages de contact
Le télétravail ne modifie pas les règles relatives à la durée du travail : l'accord collectif ou la charte doit prévoir les formalités de contrôle du temps de travail ou de régulation de la charge de travail, ainsi que les plages horaires durant lesquelles l'employeur peut habituellement contacter le salarié.
Les plages horaires de contact constituent un élément obligatoire de l'accord collectif ou de la charte : elles délimitent le temps pendant lequel le salarié en télétravail est susceptible d'être joignable par son employeur ou par ses collègues, en dehors desquelles le salarié conserve sa liberté d'organisation.
La détermination de ces plages horaires répond à un double objectif : garantir au salarié la maîtrise de son temps hors des périodes de contact habituelles, et permettre à l'entreprise d'assurer la continuité de son activité. Parallèlement, les formalités de contrôle du temps de travail ou de régulation de la charge de travail figurent elles aussi parmi les mentions obligatoires de l'accord collectif ou de la charte : elles précisent les modalités selon lesquelles l'employeur s'assure que la charge de travail et les délais de réalisation restent compatibles avec les règles relatives à la durée du travail, y compris la durée maximale de travail et les temps de repos.
Règle
La charge de travail, les normes de production et les critères de résultats exigés du télétravailleur doivent être équivalents à ceux des salariés en situation comparable travaillant dans les locaux de l'entreprise. Des points de repère identiques à ceux utilisés dans l'entreprise sont donnés au télétravailleur. La charge de travail et les délais de réalisation sont évalués suivant les mêmes méthodes que celles utilisées pour les travaux faits dans les locaux de l'entreprise.
L'employeur doit organiser chaque année un entretien portant notamment sur les conditions d'activité du salarié et sa charge de travail. Cet entretien est distinct de l'entretien d'évaluation et de l'entretien de parcours professionnel (EPP) : il vise à examiner les conditions concrètes d'exercice du télétravail et non à évaluer les performances du salarié.
Droits du salarié en télétravail
Le télétravailleur est un salarié de l'entreprise : il bénéficie donc des mêmes droits individuels et collectifs que l'ensemble des salariés.
Les droits du salarié en télétravail couvrent notamment le droit à la formation, le respect de la vie privée, la santé et sécurité au travail, et l'accès aux activités sociales de l'entreprise, aux informations syndicales et aux avantages sociaux (titres-restaurant, chèques-vacances par exemple). Le salarié en télétravail a le même droit à la formation et aux possibilités de déroulement de carrière que s'il n'était pas en télétravail. Le salarié en télétravail de manière régulière reçoit, en outre, une formation appropriée : elle est ciblée sur les équipements techniques à sa disposition et sur les caractéristiques de cette forme d'organisation du travail.
Règle
L'employeur doit donner la priorité au salarié pour occuper ou reprendre un poste sans télétravail qui correspond à ses qualifications et compétences professionnelles. Il doit aussi l'informer de tout poste de cette nature. L'accident survenu sur le lieu où est exercé le télétravail pendant l'exercice de l'activité professionnelle du télétravailleur est présumé être un accident de travail.
L'employeur et le salarié peuvent, d'un commun accord, convenir de mettre fin au télétravail et organiser le retour du salarié dans les locaux de l'entreprise. Des conditions particulières de retour à une réalisation du contrat sans télétravail peuvent être prévues par l'accord collectif ou la charte applicable dans l'entreprise ; ces conditions peuvent éventuellement prévoir les formalités pour mettre fin au télétravail sans l'accord de l'autre partie. Le télétravailleur est prioritaire pour occuper ou reprendre un poste sans télétravail correspondant à ses qualifications, et son employeur doit porter à sa connaissance la disponibilité de tout poste de cette nature.
Obligations du salarié en télétravail
Le salarié en télétravail a les mêmes obligations que tout autre salarié de l'entreprise.
Il doit respecter les consignes de l'employeur, les clauses prévues dans l'accord collectif, la charte ou le contrat de travail. Il doit par exemple respecter les horaires de travail ou les conditions d'utilisation des équipements fournis par l'employeur. Comme pour tout autre salarié, l'employeur peut contrôler son travail.
Règle
Les obligations du télétravailleur découlent du contrat de travail, de l'accord collectif ou de la charte applicable : elles portent notamment sur le respect du temps de travail, la confidentialité des informations traitées, l'usage régulier des équipements et la disponibilité au regard des plages horaires de contact définies par l'employeur.
Le salarié placé en position de télétravail n'est pas un travailleur à domicile : il demeure soumis au droit du travail applicable à l'ensemble des salariés de l'entreprise, y compris en matière de santé et de sécurité.
Frais liés au télétravail et prise en charge des transports
L'employeur doit prendre en charge les frais engagés par un salarié dans le cadre de la réalisation de son contrat de travail. À ce titre, il prend donc en charge les frais occasionnés par le télétravail.
Cette prise en charge peut s'effectuer de deux façons : soit par un remboursement sur la base des dépenses réellement engagées par le salarié et justifiées (factures à l'appui), soit par le versement d'une indemnité forfaitaire. Le mode de prise en charge est déterminé selon les modalités prévues par l'accord collectif, la charte ou l'accord individuel.
Règle
Le salarié qui utilise les transports publics de personnes ou les services publics de location de vélos pour se rendre sur son lieu de travail bénéficie d'une prise en charge par l'employeur. Seules les cartes d'abonnement sont prises en charge par l'employeur ; elles peuvent être annuelles, mensuelles ou hebdomadaires. Les titres de transport achetés à l'unité ne sont pas remboursables.
La prise en charge des frais de transport domicile-travail obéit à des règles propres (abonnements de transports publics et services publics de location de vélos uniquement) ; les dépenses de carburant ou d'électricité liées au télétravail relèvent de la prise en charge des frais occasionnés par le télétravail elle-même.
Refus du télétravail par l'employeur ou par le salarié
Le télétravail peut être refusé par l'employeur dans certains cas, et le salarié peut lui-même refuser de passer en télétravail sans que ce refus constitue un motif de rupture du contrat de travail.
S'agissant du refus de l'employeur : en l'absence d'accord collectif ou de charte, l'employeur peut expliquer son refus, mais n'en a pas l'obligation. Lorsque la demande de recours au télétravail est faite par un travailleur handicapé ou un salarié aidant d'un enfant, d'un parent ou d'un proche, l'employeur doit expliquer les motifs de son refus. L'employeur qui refuse d'accorder le télétravail à un salarié occupant un poste permettant d'en bénéficier doit expliquer les motifs de sa réponse.
Règle
S'agissant du refus du salarié : le refus pour le salarié d'accepter de passer en télétravail n'est pas un motif de rupture du contrat de travail. En revanche, en cas de circonstances exceptionnelles (menace d'épidémie par exemple), le télétravail peut être imposé sans l'accord du salarié ; cette disposition s'applique aussi en cas de force majeure.
L'obligation de motiver le refus vise à encadrer le pouvoir de direction de l'employeur et à garantir l'égalité de traitement entre les salariés, notamment pour les travailleurs handicapés et les salariés aidants. En l'absence d'accord collectif ou de charte, l'employeur peut refuser le télétravail sans avoir à motiver sa décision, sauf dans les cas précités.
Textes applicables
- Code du travail : articles L.1222-9 à L.1222-11Texte légal
- Accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020 relatif au télétravailAccord collectif de branche
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Télétravail du salarié dans le secteur privé
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Code du travail — articles L.1222-9 à L.1222-11 (télétravail)
- Accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020 sur le télétravail
- Accord national interprofessionnel du 19 juillet 2005 sur le télétravail
Les conditions de mise en place du télétravail sont fixées par le code du travail et par les accords collectifs applicables dans l'entreprise. Vérifier les dernières évolutions auprès de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) ou d'un conseiller juridique.

