Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur le plan de sauvegarde de l'emploi : seuils d'obligation, contenu, procédure de validation et voies de recours.
Ce qu'il faut savoir
- Le PSE est obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés qui envisagent un licenciement économique d'au moins 10 salariés sur 30 jours.
- Le PSE peut être établi par accord collectif (signé par des syndicats représentant au moins 50 % des suffrages exprimés) ou par décision unilatérale de l'employeur.
- Le PSE doit prévoir des mesures de reclassement interne en France, de formation, de réduction du temps de travail, ou encore de congé de reclassement ou de contrat de sécurisation professionnelle.
- La Dreets contrôle la procédure : elle formule des observations et valide ou refuse le PSE.
- L'employeur transmet tous les documents via le portail RUPCO (ruptures collectives de contrats de travail).
- À la fin de la mise en œuvre des mesures, l'employeur adresse un bilan à la Dreets dans un délai d'1 mois.
- Le salarié, le CSE ou les syndicats peuvent contester le PSE devant le tribunal administratif (ou le conseil de prud'hommes pour les aspects de mise en œuvre).
Conditions essentielles
- Entreprise d'au moins 50 salariés.
- Licenciement économique d'au moins 10 salariés sur une période de 30 jours.
- Les mesures du PSE doivent porter sur le reclassement en France des salariés concernés.
Les étapes
- L'employeur engage la procédure et informe la Dreets de l'engagement de négociation (si accord collectif).
- Négociation de l'accord PSE avec les syndicats représentatifs, ou élaboration d'un document unilatéral soumis à consultation du CSE.
- Consultation du CSE et recueil de l'avis (en cas de document unilatéral).
- Transmission du PSE à la Dreets via le portail RUPCO.
- La Dreets formule des observations et/ou des propositions d'amélioration.
- La Dreets valide ou refuse le PSE.
- En cas de validation : l'employeur met en œuvre le PSE et notifie les licenciements.
- En cas de refus : l'employeur modifie le PSE, reconsulte le CSE et présente une nouvelle demande.
- À l'issue de la mise en œuvre : l'employeur adresse un bilan à la Dreets dans un délai d'1 mois.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels. Les détails sur le contenu obligatoire, le rôle de la Dreets et les voies de recours sont développés dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le contenu précis des mesures du PSE, voir la section « Quel est le contenu d'un PSE ? ». Pour le rôle de la Dreets et la procédure de validation, voir « Rôle de la Dreets ». Pour les recours, voir « Contester le PSE ».
Qu'est-ce qu'un plan de sauvegarde de l'emploi ?
Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est un ensemble de mesures destinées à éviter les licenciements économiques ou à en limiter le nombre dans une entreprise confrontée à des difficultés économiques, à des mutations technologiques ou à une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité.
Le PSE s'inscrit dans le cadre de la procédure de licenciement économique collectif. Il constitue une obligation légale pour les entreprises d'au moins 50 salariés qui envisagent de licencier au moins 10 salariés pour motif économique sur 30 jours. Le PSE doit prévoir des mesures de reclassement en France pour les salariés dont le licenciement est envisagé. Ces mesures visent à leur proposer des solutions alternatives au licenciement, notamment par la mobilité interne, la formation, l'aménagement du temps de travail ou le reclassement externe.
Règle
Le PSE peut comprendre des mesures obligatoires (reclassement interne, formation, réduction du temps de travail, congé de reclassement ou CSP) et des mesures facultatives (primes d'incitation au départ volontaire, mesures spécifiques pour les personnes handicapées ou les femmes enceintes, bilans-évaluations). L'employeur est libre d'engager ou non des négociations avec les syndicats : la procédure diffère selon qu'il opte pour un accord collectif ou une décision unilatérale.
Le PSE est distinct du congé de reclassement et du contrat de sécurisation professionnelle (CSP), qui sont des mesures que le PSE peut prévoir pour accompagner les salariés licenciés ou menacés de licenciement. Ces dispositifs sont eux-mêmes encadrés par des dispositions spécifiques du code du travail.
Quand le PSE est-il obligatoire ?
La mise en place d'un PSE est obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés lorsque l'employeur envisage d'effectuer un licenciement économique d'au moins 10 salariés sur une période de 30 jours.
Le seuil d'effectif de 50 salariés s'entend au niveau de l'entreprise ou de l'unité économique et sociale (UES) lorsque plusieurs établissements forment une entité juridique unique. Le décompte des 10 salariés licenciés porte sur les licenciements pour motif économique projetés sur une fenêtre glissante de 30 jours. Si l'employeur franchit ce seuil, le PSE devient obligatoire et ne peut être contourné.
Règle
L'obligation de PSE s'applique quel que soit le motif économique du licenciement : difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité, cessation d'activité. Le motif économique doit être réel et sérieux, apprécié au regard des critères fixés par le code du travail.
En dessous de ces seuils, l'employeur n'est pas tenu de mettre en place un PSE, mais il doit néanmoins respecter la procédure de licenciement économique individuelle (reclassement, préavis, indemnités). Chaque salarié licencié peut, le cas échéant, bénéficier d'un congé de reclassement ou d'un contrat de sécurisation professionnelle.
Quel est le contenu d'un PSE ?
Le PSE doit prévoir des mesures obligatoires visant à éviter les licenciements ou à faciliter le reclassement des salariés. Ces mesures sont encadrées par le code du travail et doivent être réelles, effectives et adaptées à la situation de l'entreprise.
Les mesures obligatoires du PSE couvrent un champ étendu : actions de reclassement interne en France sur des emplois de la même catégorie ou équivalents (ou de catégorie inférieure avec accord écrit du salarié) ; actions favorisant la reprise de tout ou partie des activités pour éviter la fermeture d'établissements ; créations d'activités nouvelles ; actions de reclassement externe, notamment par le soutien à la réactivation du bassin d'emploi ; actions de soutien à la création d'activités nouvelles par les salariés ; actions de formation, VAE ou reconversion pour faciliter le reclassement ; réduction ou aménagement du temps de travail et réduction des heures supplémentaires ; conditions de mise en œuvre du congé de reclassement ou du CSP ; et un plan de reclassement visant les salariés âgés ou ceux dont la réinsertion est particulièrement difficile.
Règle
Le PSE peut également prévoir des mesures facultatives, par exemple des primes d'incitation au départ volontaire, des mesures pouvant tenir compte des problèmes spécifiques de certains salariés (personnes handicapées, femmes enceintes), ou des actions de bilan-évaluation destinées à permettre aux intéressés de mieux se situer sur le marché de l'emploi.
Le contenu du PSE doit être proportionné à la gravité de la situation économique et au nombre de licenciements envisagés. Les mesures doivent être réalisables dans les délais impartis et financées par l'employeur ou par des dispositifs de financement externes. La Dreets vérifie la cohérence et l'effectivité des mesures proposées.
Accord collectif ou décision unilatérale ?
L'employeur dispose de deux voies pour établir le PSE : la voie conventionnelle (accord collectif) ou la voie unilatérale (décision unilatérale). Il est libre de choisir l'une ou l'autre, et la procédure diffère selon le mode retenu.
L'accord PSE est négocié avec les syndicats représentatifs de l'entreprise. Il doit être signé par les syndicats représentatifs ayant recueilli au moins 50 % des suffrages exprimés au premier tour des dernières élections professionnelles du CSE. Si aucun syndicat ne franchit ce seuil, l'employeur peut recueillir l'approbation de l'accord par les salariés (scrutin à la majorité des suffrages exprimés). La décision unilatérale de l'employeur, quant à elle, n'a pas besoin d'être négociée : elle est établi par l'employeur seul, mais elle doit être soumise à consultation du CSE.
Règle
Lorsque la procédure se déroule par accord, l'employeur doit informer la Dreets de l'engagement de négociation. Le CSE peut mandater un expert-comptable pour apporter toute analyse utile aux organisations syndicales dans la préparation de la négociation. L'expert est désigné par le CSE et son intervention est financée par l'entreprise.
Le choix entre accord et décision unilatérale a des conséquences sur la durée de la procédure, le rôle du CSE et le contrôle de la Dreets. Une procédure par accord peut être plus rapide (pas de consultation du CSE sur le document) mais suppose un accord des syndicats. Une procédure unilatérale est plus rapide à établir mais impose la consultation du CSE et peut être plus facilement contestée.
Consultation du comité social et économique
Le comité social et économique (CSE) joue un rôle central dans la procédure de PSE, que l'employeur opte pour un accord collectif ou pour une décision unilatérale.
En cas de décision unilatérale, le document élaboré par l'employeur est soumis à la consultation du CSE sur l'ensemble des éléments qu'il contient. Le CSE rend un avis sur le PSE. Cet avis n'est pas un accord : il s'agit d'un avis consultatif qui ne lie pas l'employeur, mais dont l'absence ou le non-respect de la procédure de consultation peut être contesté. En cas d'accord collectif, le CSE n'est pas consulté sur les mesures figurant dans le PSE lui-même, mais les représentants syndicaux participent à la négociation de l'accord.
Règle
Le CSE peut mandater un expert-comptable pour l'aider dans la préparation de la négociation ou de la consultation. L'expert apporte une analyse économique et financière de la situation de l'entreprise et éclaire les représentants du personnel sur les conséquences du PSE. Les réunions du CSE doivent être organisées dans le respect des délais légaux et les comptes rendus doivent être transmis aux salariés.
Le non-respect de la procédure de consultation du CSE constitue un vice de procédure qui peut entraîner la nullité des licenciements ou des dommages-intérêts au profit des salariés. Le CSE doit être informé de manière loyale et complète sur la situation économique de l'entreprise et les perspectives d'emploi.
Rôle de la Dreets dans la procédure
La direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Dreets) est l'organisme public chargé de contrôler la procédure de PSE et de valider ou de refuser le plan.
L'employeur doit informer la Dreets de l'engagement de négociation pour un accord PSE. Tout au long de la procédure, la Dreets peut formuler des propositions d'amélioration du PSE et des observations. Ces observations portent notamment sur la cohérence des mesures, leur adéquation à la situation économique et leur effectivité. La Dreets dispose d'un droit de regard sur l'ensemble de la procédure, de l'engagement de la négociation jusqu'à la transmission du bilan final.
Règle
Tous les documents et informations relatifs au PSE doivent être transmis par l'employeur tout au long de la procédure via le portail des ruptures collectives de contrats de travail (RUPCO). À la fin de la procédure, le PSE doit être transmis via ce même portail. La Dreets rend ensuite une décision de validation ou de refus du PSE.
En cas de validation par la Dreets, le PSE s'applique : l'employeur peut mettre en œuvre les mesures et notifier les licenciements. En cas de refus, l'employeur doit apporter les modifications nécessaires, reconsulter le CSE et présenter une nouvelle demande. L'employeur ne peut pas notifier les licenciements tant que le PSE n'est pas validé. La décision de la Dreets peut être contestée devant le tribunal administratif.
Information des salariés
Le PSE doit être porté à la connaissance des salariés par tout moyen sur le lieu de travail. L'employeur a l'obligation d'informer l'ensemble du personnel de l'existence du plan et de son contenu.
L'information des salariés peut être assurée par tout moyen : affichage, diffusion par courriel, réunion d'information, dépôt sur un intranet, etc. L'employeur doit également afficher sur le lieu de travail les éventuelles propositions de la Dreets en vue d'améliorer le PSE ainsi que sa réponse motivée à ces observations. Cette obligation de transparence vise à permettre aux salariés de prendre connaissance des mesures qui les concernent et, le cas échéant, d'exercer leurs droits de contestation.
Règle
L'information des salariés intervient à différentes étapes de la procédure : à l'issue de l'accord ou de la consultation du CSE, après la transmission du PSE à la Dreets, et après la décision de validation ou de refus. L'employeur doit veiller à ce que l'information soit complète, loyale et accessible à tous les salariés, y compris ceux en arrêt maladie ou en congé.
Le défaut d'information des salariés peut constituer un vice de procédure opposable devant le juge. Les salariés doivent être en mesure de comprendre les mesures du PSE et leurs conséquences sur leur emploi. En cas de doute sur l'information reçue, chaque salarié peut se rapprocher de ses représentants du personnel ou d'un conseiller juridique.
Bilan de mise en œuvre du PSE
À l'issue de la mise en œuvre des mesures de reclassement, l'employeur doit établir et adresser à la Dreets un bilan de la mise en œuvre effective du PSE. Ce bilan est transmis dans un délai d'1 mois après la fin de la mise en œuvre, par voie dématérialisée.
Le bilan constitue un outil de contrôle de l'effectivité des mesures du PSE. Il permet à la Dreets de vérifier que les engagements pris dans le plan ont bien été traduits en actions concrètes. Le bilan doit contenir des données quantitatives détaillées sur le déroulement de la procédure et sur le sort réservé aux salariés concernés.
Règle
Le bilan doit contenir les éléments suivants : nombre de réunions de la commission de suivi ; nombre de mobilités et reclassements internes (au sein de l'entreprise, de l'UES ou du groupe) ; nombre de départs volontaires (dont le nombre de salariés de 57 ans et plus) ; nombre de salariés licenciés pour motif économique (dont ceux de 57 ans et plus) ; nombre d'adhésions aux dispositifs d'accompagnement (CSP, congé de reclassement ou de mobilité) ; mesures d'accompagnement à la mobilité externe (formations, VAE, aides à la création ou reprise d'entreprise, aides à la mobilité géographique, allocation temporaire dégressive ou indemnité complémentaire en cas de reclassement dans un emploi moins rémunéré).
L'employeur doit également décrire la situation des personnes à l'issue du PSE : nombre de personnes en CDI (dont dans les 6 premiers mois), nombre de personnes ayant créé ou repris une entreprise (dont dans les 6 premiers mois), nombre de personnes en CDD ou CTT de 6 mois et plus (dont dans les 6 premiers mois), nombre de personnes en CDD ou CTT de moins de 6 mois (dont dans les 6 premiers mois), et ceux qui sont dans une autre situation (formation, retraite, préretraites d'entreprise, recherche d'un emploi).
Contester le PSE
Le salarié, le CSE ou les syndicats peuvent contester le PSE. La contestation peut porter sur la décision de validation elle-même (par exemple pour vice de formalisme), sur l'accord PSE ou sur le contenu du PSE.
Le tribunal administratif est compétent pour régler les litiges relatifs à la décision de validation de la Dreets. Il contrôle la légalité de la décision administrative : respect des procédures, motif réel et sérieux, proportionnalité des mesures. Le conseil de prud'hommes, quant à lui, peut être saisi pour toute contestation qui ne peut être jugée par le tribunal administratif, notamment les litiges relatifs à la mise en œuvre des mesures du PSE (reclassement effectif, indemnisation, application des mesures individuelles).
Règle
La contestation du PSE peut être engagée par chaque salarié individuellement ou par les représentants du personnel en qualité de défenseur des intérêts collectifs. Les syndicats signataires de l'accord peuvent également contester l'accord devant le tribunal administratif. Les délais de recours varient selon la juridiction saisie et la nature de la contestation.
La contestation du PSE n'a pas d'effet suspensif sur la procédure de licenciement, sauf décision contraire du juge. Les salariés doivent agir dans les délais impartis par le code de justice administrative ou le code du travail. En cas de doute sur la juridiction compétente ou les délais applicables, il est recommandé de consulter un conseiller juridique ou de saisir le bureau de conseil du conseil de prud'hommes.
Textes applicables
- Code du travail — articles L.1233-11 à L.1233-14Texte législatif
- Code du travail — articles L.1233-26 et L.1233-27Texte législatif
- Code du travail — articles L.1233-28 à L.1233-33Texte législatif
- Arrêté du 3 avril 2014 — bilan du PSE (Dreets)Texte réglementaire
- Code du travail : articles L1233-57 à L1233-57-8Légifrance
- Code du travail : articles L1233-61 à L1233-64Légifrance
- Code du travail : article L1235-7-1Légifrance
- Code du travail : articles L2232-24 à L2232-26Légifrance
- Code du travail : article D1233-14Légifrance
- Code du travail : article D1233-14-4Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) - Licenciement économique
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Portail RUPCO — ruptures collectives de contrats de travail
- Conseillers entreprises — renseignement en droit du travail
- Code du travail — articles L.1233-57 à L.1233-57-8 (bilan PSE)
- Code du travail — article L.1235-7-1 (contestation PSE)
- Code du travail — articles L.2232-24 à L.2232-26 (expertise CSE)
Les règles relatives au PSE sont fixées par le code du travail et peuvent évoluer. Vérifier les dernières évolutions auprès de la Dreets compétente ou d'un conseiller juridique. La procédure de PSE est complexe et les conséquences d'un défaut de PSE ou d'un vice de procédure peuvent être lourdes pour l'employeur et pour les salariés.


