Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur l'inaptitude au travail suite à une maladie professionnelle : reconnaissance par le médecin du travail, reclassement, rémunération pendant la période de recherche d'emploi et rupture du contrat.
Ce qu'il faut savoir
- L'inaptitude est obligatoirement établie par le médecin du travail de l'entreprise, et non par votre médecin traitant.
- Avant de déclarer un salarié inapte, le médecin du travail doit réaliser un examen médical, une étude du poste et une étude des conditions de travail.
- L'employeur doit proposer un autre emploi correspondant aux capacités du salarié, sauf si l'avis mentionne que le maintien dans l'emploi est gravement préjudiciable ou que tout reclassement est impossible.
- L'emploi proposé doit s'approcher le plus possible de l'emploi occupé avant l'arrêt de travail.
- Le reclassement doit être recherché dans tous les établissements et secteurs de l'entreprise, et dans le groupe si applicable.
- L'employeur n'a pas à rémunérer le salarié au cours du 1ᵉʳ mois de recherche d'emploi, sauf dispositions conventionnelles contraires.
- Le salarié a droit à une indemnité temporaire d'inaptitude (ITI) versée par la CPAM ou la MSA, sans délai de carence, pendant au maximum 1 mois.
- Vous êtes libre de refuser l'emploi proposé par votre employeur.
- La contestation de l'avis d'inaptitude est possible devant le conseil de prud'hommes dans un délai de 15 jours.
Conditions essentielles
- Le médecin du travail constate qu'aucune mesure d'aménagement, d'adaptation ou de transformation du poste n'est possible.
- L'état de santé du salarié justifie un changement de poste.
- L'employeur doit prendre en compte les conclusions écrites du médecin du travail et ses indications sur les capacités du salarié.
Les étapes
- Visite de reprise organisée par l'employeur le jour de la reprise effective ou dans les 8 jours qui suivent.
- Le médecin du travail réalise un examen médical, une étude du poste et une étude des conditions de travail.
- Le médecin du travail peut demander des examens complémentaires et un 2ᵉ examen médical dans les 15 jours.
- Le médecin du travail déclare le salarié inapte et rédige un avis d'inaptitude avec des conclusions écrites.
- L'employeur recherche un poste de reclassement correspondant aux capacités du salarié.
- Le salarié accepte ou refuse l'emploi proposé.
- En cas de refus ou d'impossibilité de reclassement, le salarié peut être licencié pour inaptitude.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — reconnaissance de l'inaptitude, reclassement, rémunération, rupture du contrat, contestation — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à la reconnaissance de l'inaptitude, au reclassement, à la rémunération, à la rupture du contrat et à la contestation, voir les sections « Comment est reconnue l'inaptitude du salarié ? », « Comment le salarié est-il reclassé ? », « Quelle rémunération est perçue pendant la période de reclassement ? », « Que se passe-t-il en cas de rupture du contrat ? » et « Comment contester la décision du médecin du travail ? ».
Qui peut prendre l'initiative d'un rendez-vous avec le médecin du travail ?
Ce rendez-vous peut être demandé pendant votre arrêt maladie soit par vous, soit par votre employeur. Pendant l'arrêt de travail, seule une visite de pré-reprise peut être organisée.
La visite de pré-reprise peut être organisée pendant l'arrêt de travail. Elle est à l'initiative du salarié, du médecin traitant ou du médecin conseil de la Sécurité sociale. Elle ne peut pas être demandée par l'employeur. La visite de reprise, en revanche, est à l'initiative de l'employeur.
Dès que l'employeur a connaissance de la date de fin de l'arrêt de travail, il doit saisir le service de santé au travail. L'examen doit avoir lieu le jour de la reprise effective ou, au plus tard, dans les 8 jours qui suivent. En cas de carence de l'employeur, le salarié peut lui-même solliciter une visite de reprise, à condition de l'en avoir informé préalablement.
Règle
La visite de reprise est obligatoire après un arrêt de travail d'au moins 30 jours consécutifs pour maladie ou accident professionnel. L'examen doit avoir lieu le jour de la reprise effective ou au plus tard dans les 8 jours qui suivent. En cas de carence de l'employeur, le salarié peut lui-même solliciter une visite de reprise après l'en avoir informé.
Pendant l'arrêt de travail, seule une visite de pré-reprise peut être organisée. La visite de reprise est à l'initiative de l'employeur. En cas de carence de l'employeur, le salarié peut lui-même solliciter une visite de reprise après l'en avoir informé. La visite de pré-reprise est à l'initiative du salarié, du médecin traitant ou du médecin conseil de la Sécurité sociale. La visite de reprise a pour but de vérifier l'aptitude du salarié à reprendre son poste et de prévenir les risques de rechute.
- Visite de pré-reprise : pendant l'arrêt de travail, à l'initiative du salarié, du médecin traitant ou du médecin conseil.
- Visite de reprise : à l'initiative de l'employeur, le jour de la reprise ou dans les 8 jours.
- Carence de l'employeur : le salarié peut lui-même solliciter une visite de reprise après information préalable.
Comment est reconnue l'inaptitude du salarié ?
Votre inaptitude est obligatoirement établie par le médecin du travail de l'entreprise, et non par votre médecin traitant.
Le médecin du travail étudie votre état de santé (physique et/ou mental) pour déterminer si vous pouvez reprendre totalement ou en partie votre emploi. Si tel n'est pas le cas, il peut vous déclarer inapte. Avant de rendre un avis d'inaptitude, le médecin du travail doit respecter plusieurs étapes.
Le médecin du travail doit : réaliser un examen médical et éventuellement des examens complémentaires ; réaliser une étude du poste (c'est-à-dire s'assurer que vos conditions de travail soient en adéquation avec votre état de santé) ; réaliser une étude des conditions de travail dans l'établissement (avec indication de la date à laquelle la fiche d'entreprise a été actualisée) ; échanger avec l'employeur pour connaître ses observations et lui faire part de ses propositions sur un éventuel changement de poste. Le médecin du travail peut demander des examens complémentaires et réaliser un 2ᵉ examen médical, au plus tard 15 jours après le premier examen. Après ces étapes, le médecin du travail peut vous déclarer inapte à votre poste s'il constate qu'aucune mesure d'aménagement, d'adaptation ou de transformation du poste de travail occupé n'est possible et que votre état de santé justifie un changement de poste. Si le médecin du travail vous déclare inapte, il doit rédiger un avis d'inaptitude et vous en transmettre un exemplaire.
Règle
L'avis d'inaptitude comporte des conclusions écrites et des indications concernant votre reclassement. Le médecin du travail peut mentionner dans l'avis l'un des points suivants : tout maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable pour votre santé ; votre état de santé rend impossible tout reclassement dans un emploi. L'employeur doit prendre en compte l'avis et les indications ou propositions du médecin du travail.
L'employeur doit prendre en compte l'avis et les indications ou propositions du médecin du travail. S'il refuse, il vous adresse par écrit les raisons de son opposition et les communique également au médecin du travail. Vous ou votre employeur pouvez contester la décision rendue par le médecin du travail devant le conseil de prud'hommes dans un délai de 15 jours suivant la notification de l'avis d'inaptitude.
- Examen médical : examen physique et éventuellement examens complémentaires.
- Étude du poste : vérification de l'adéquation entre les conditions de travail et l'état de santé.
- Étude des conditions de travail : analyse des conditions dans l'établissement (fiche d'entreprise actualisée).
- Échange avec l'employeur : observations de l'employeur et propositions sur un changement de poste.
- 2ᵉ examen médical : possible dans les 15 jours après le premier examen.
Comment le salarié est-il reclassé ?
Lorsque le médecin du travail vous a déclaré inapte à reprendre votre emploi d'origine, votre employeur doit vous proposer un autre emploi correspondant à vos capacités.
L'obligation de reclassement incombe à l'employeur après la déclaration d'inaptitude. Toutefois, l'employeur est dispensé de rechercher un poste si l'avis d'inaptitude mentionne que votre maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable pour votre santé ou que votre état de santé vous rend inapte à toute activité professionnelle. L'employeur doit proposer un emploi correspondant à vos capacités.
La proposition de votre employeur doit prendre en compte, après avis du comité social et économique (CSE), les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il a formulées sur vos capacités à exercer l'une des tâches existantes dans l'entreprise. Le médecin du travail se prononce également sur votre possibilité de suivre une formation pour occuper un emploi adapté. L'emploi proposé doit s'approcher le plus possible de l'emploi que vous occupiez avant votre arrêt de travail. Votre employeur met en œuvre, si nécessaire, des mesures telles que l'aménagement, l'adaptation ou la transformation de postes existants ou l'aménagement du temps de travail. Le reclassement vise à vous permettre de reprendre une activité adaptée à votre état de santé.
Règle
Le reclassement doit être recherché parmi les emplois disponibles dans l'entreprise (tous établissements et tous secteurs confondus). Si l'entreprise appartient à un groupe, le reclassement doit aussi être recherché parmi les entreprises situées en France dont les activités, l'organisation ou le lieu d'exploitation permettent d'effectuer un échange de tout ou partie du personnel. Aucun délai minimal ou maximal légal n'est imposé à l'employeur pour remplir son obligation de reclassement. L'employeur doit prendre en compte les conclusions écrites du médecin du travail et ses indications sur vos capacités.
Vous pouvez bénéficier d'un accompagnement externe dans votre recherche de reclassement, notamment par les services de santé au travail, Cap emploi ou France Travail. Si votre employeur est dans l'impossibilité de vous proposer un autre emploi, il doit vous faire connaître par écrit les motifs qui s'opposent au reclassement. Vous êtes libre de refuser l'emploi proposé. Le médecin du travail se prononce également sur votre possibilité de suivre une formation pour occuper un emploi adapté.
- Recherche dans l'entreprise : tous établissements et tous secteurs confondus.
- Recherche dans le groupe : entreprises situées en France permettant un échange de personnel.
- Mesures d'aménagement : aménagement, adaptation ou transformation de postes existants.
- Accompagnement externe : services de santé au travail, Cap emploi, France Travail.
- Liberté de refuser : vous êtes libre de refuser l'emploi proposé.
- Impossibilité de reclassement : l'employeur doit vous faire connaître par écrit les motifs.
Quelle rémunération est perçue pendant la période de reclassement ?
L'employeur n'a pas à vous rémunérer au cours du 1ᵉʳ mois de recherche d'un emploi. Vous avez droit au versement d'une indemnité temporaire d'inaptitude (ITI) par la CPAM ou la MSA.
L'employeur n'a pas à vous rémunérer au cours du 1ᵉʳ mois de recherche d'un emploi. Toutefois, des dispositions conventionnelles contraires peuvent le prévoir. Vous avez droit au versement par la CPAM ou par la MSA d'une indemnité temporaire d'inaptitude (ITI). Son montant est égal au montant des indemnités journalières versées pendant votre arrêt de travail ayant précédé l'avis d'inaptitude.
Si vous percevez une rente liée à votre accident du travail, le montant mensuel de la rente est déduit de l'ITI. Pour demander l'ITI, le médecin du travail vous remet un formulaire à 3 volets : 1 volet à adresser sans délai à votre organisme de Sécurité sociale (volet 1) ; 1 volet à remettre à votre employeur (volet 3) ; 1 volet à conserver (volet 2). Sur ce formulaire, vous devez attester sur l'honneur que vous ne percevez aucune rémunération liée à votre activité salariée pendant la durée de versement de l'indemnité. En effet, le versement de l'ITI n'est pas cumulable avec votre rémunération.
Règle
L'ITI est versée, sans délai de carence, à partir du lendemain de la déclaration d'inaptitude. Elle est versée jusqu'à la date de votre reclassement ou licenciement mais au maximum pendant 1 mois. Passé ce délai, si vous n'êtes ni reclassé, ni licencié, votre employeur doit vous verser le salaire correspondant à l'emploi que vous occupiez avant votre inaptitude. Le versement de l'ITI n'est pas cumulable avec votre rémunération.
Si vous travaillez pour plusieurs employeurs, l'indemnité n'est versée que pour le poste de travail pour lequel vous êtes reconnu inapte. L'ITI n'est pas cumulable avec votre rémunération. Le montant de l'ITI est égal au montant des indemnités journalières versées pendant votre arrêt de travail ayant précédé l'avis d'inaptitude. Si vous percevez une rente liée à votre accident du travail, le montant mensuel de la rente est déduit de l'ITI.
- 1ᵉʳ mois : l'employeur n'a pas à rémunérer le salarié (sauf dispositions conventionnelles).
- ITI : indemnité temporaire d'inaptitude versée par la CPAM ou la MSA, sans délai de carence.
- Durée maximale : 1 mois à partir du lendemain de la déclaration d'inaptitude.
- Passé 1 mois : si ni reclassé ni licencié, l'employeur doit verser le salaire de l'emploi antérieur.
- Non-cumul : l'ITI n'est pas cumulable avec la rémunération.
Que se passe-t-il en cas de rupture du contrat alors que le salarié a été déclaré inapte ?
Vous pouvez être licencié pour inaptitude si vous avez refusé l'emploi proposé, si l'employeur justifie de l'impossibilité de vous proposer un emploi, ou si l'avis mentionne que votre maintien dans l'emploi est gravement préjudiciable.
En CDI, vous pouvez être licencié pour inaptitude dans l'un des cas suivants : vous avez refusé l'emploi que votre employeur vous a proposé ; votre employeur justifie de l'impossibilité de vous proposer un emploi ; l'avis mentionne que votre maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable pour votre santé ; l'avis mentionne que votre état de santé rend impossible tout reclassement dans un emploi. En CDD, votre contrat peut être rompu de manière anticipée dans les mêmes cas.
Une fois le licenciement prononcé, vous avez droit sous certaines conditions, à des indemnités liées à la rupture de votre contrat. Celles-ci diffèrent selon que votre inaptitude soit d'origine professionnelle ou non (accident ou maladie de la vie courante). Les indemnités de licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle sont généralement plus favorables que celles pour inaptitude d'origine non professionnelle.
Règle
Le licenciement pour inaptitude est possible si l'un des quatre cas suivants est rempli : refus de l'emploi proposé, impossibilité de reclassement, maintien gravement préjudiciable, ou inaptitude à toute activité professionnelle. Le licenciement ne peut être prononcé qu'après échec du reclassement.
Une fois le licenciement prononcé, vous avez droit sous certaines conditions à des indemnités liées à la rupture de votre contrat. Celles-ci diffèrent selon que votre inaptitude soit d'origine professionnelle ou non. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent. Le licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle ouvre droit à des indemnités plus favorables que le licenciement pour inaptitude d'origine non professionnelle.
- CDI : licenciement possible après échec du reclassement.
- CDD : rupture anticipée possible dans les mêmes cas.
- Quatre cas : refus de l'emploi, impossibilité de reclassement, maintien gravement préjudiciable, inaptitude à toute activité.
- Indemnités : diffèrent selon l'origine professionnelle ou non de l'inaptitude.
Comment contester la décision du médecin du travail ?
Vous (ou votre employeur) pouvez contester la décision rendue par le médecin du travail devant le conseil de prud'hommes dans un délai de 15 jours suivant la notification de l'avis d'inaptitude.
La contestation de l'avis d'inaptitude est possible devant le conseil de prud'hommes dans un délai de 15 jours suivant la notification de l'avis d'inaptitude. Le conseil de prud'hommes peut consulter le médecin-inspecteur du travail. La contestation peut être exercée par le salarié ou par l'employeur.
La contestation peut être exercée par le salarié ou par l'employeur. Elle doit être faite dans le délai de 15 jours suivant la notification de l'avis d'inaptitude. Le conseil de prud'hommes examine la contestation et peut consulter le médecin-inspecteur du travail pour un avis. La décision du conseil de prud'hommes peut être contestée devant la cour d'appel.
Règle
Le délai de contestation est de 15 jours suivant la notification de l'avis d'inaptitude. Le conseil de prud'hommes est compétent pour examiner la contestation. Le conseil de prud'hommes peut consulter le médecin-inspecteur du travail pour un avis.
Il ne faut pas confondre l'inaptitude, qui est prononcée par le médecin du travail, et l'invalidité, qui est décidée par le médecin conseil de votre organisme de sécurité sociale (CPAM ou MSA). Le conseil de prud'hommes peut consulter le médecin-inspecteur du travail. La contestation peut être exercée par le salarié ou par l'employeur.
- Délai : 15 jours suivant la notification de l'avis d'inaptitude.
- Juridiction : conseil de prud'hommes.
- Avis : le conseil de prud'hommes peut consulter le médecin-inspecteur du travail.
- Distinction : inaptitude (médecin du travail) différent de invalidité (médecin conseil CPAM/MSA).
Textes applicables
- Code du travail : articles L4624-10 à L4624-21Texte légal — Légifrance
- Code du travail : articles L1226-10 à L1226-12Texte légal — Légifrance
- Code du travail : articles L1226-18 à L1226-22Texte légal — Légifrance
- Code de la sécurité sociale : articles D433-1 à D433-8Texte légal — Légifrance
- Code du travail : articles R4624-42 à R4624-44Légifrance
- Code du travail : articles R4624-45 à R4624-45-2Légifrance
- Circulaire du 1er juillet 2010 relative à l'indemnisation du salarié déclaré inapte suite à un accident de travail ou une maladie professionnellecirculaires.gouv.fr
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Inaptitude au travail du salarié suite à une maladie professionnelle
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Code du travail : articles L4624-10 à L4624-21 (Légifrance)
- Code du travail : articles L1226-18 à L1226-22 (Légifrance)
- Code de la sécurité sociale : articles D433-1 à D433-8 (Légifrance)
- Mutualité sociale agricole (MSA) — site officiel
- Trouver votre interlocuteur MSA près de chez vous (Service-Public)
Les règles relatives à l'inaptitude au travail (reconnaissance, reclassement, rémunération, rupture du contrat, contestation) sont fixées par le code du travail et le code de la sécurité sociale. Vérifier les dernières évolutions auprès de la DDETS, du médecin du travail ou d'un conseiller juridique.


