Barista préparant un café en tenue de travail — emploi, métier et activité professionnelle

Facteurs de risques professionnels : quand et comment mettre en place un accord

L'exposition des salariés à certains risques professionnels peut avoir des conséquences sur leur santé. Afin de leur permettre de poursuivre leur activité professionnelle tout en préservant leur santé, des mesures de prévention spécifiques sont mises en place. Certaines entreprises doivent ainsi négocier un accord pour prévenir les effets de l'exposition à certains facteurs de risques.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur l'obligation de négocier un accord ou d'établir un plan d'action pour les entreprises exposant leurs salariés à des facteurs de risques professionnels.

Ce qu'il faut savoir

  • L'obligation de négocier un accord concerne les entreprises d'au moins 50 salariés (ou appartenant à un groupe d'au moins 50 salariés).
  • L'entreprise est concernée si 25 % de l'effectif est exposé à un ou plusieurs des 6 facteurs de risques listés (milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit, travail de nuit, équipes alternantes, travail répétitif) au-delà des seuils prévus, ou si l'indice de sinistralité dépasse 0,25.
  • L'employeur doit d'abord établir un diagnostic de l'exposition des salariés aux 10 facteurs de risques professionnels.
  • L'accord doit traiter au moins 2 des 3 thèmes de réduction des risques et au moins 2 des 4 thèmes d'accompagnement des salariés.
  • L'accord est conclu pour 3 ans maximum. En cas d'échec de la négociation, un plan d'action est établi par l'employeur, après avis du CSE.
  • L'accord ou le plan d'action est déposé auprès de la Dreets, qui en informe la Carsat.
  • Sans accord ni plan d'action, l'employeur peut être mis en demeure puis sanctionné par une pénalité pouvant atteindre 1 % de la masse salariale.

Conditions essentielles

  • Effectif d'au moins 50 salariés (ou groupe d'au moins 50 salariés).
  • Soit 25 % de l'effectif exposé à un ou plusieurs des 6 facteurs de risques au-delà des seuils.
  • Soit indice de sinistralité supérieur à 0,25 (calculé par la Carsat).
  • Les entreprises de 50 à moins de 300 salariés déjà couvertes par un accord de branche étendu sur les risques professionnels sont dispensées.

Les étapes

  • Vérifier si l'entreprise est concernée (effectif + proportion de salariés exposés ou indice de sinistralité).
  • Établir un diagnostic de l'exposition aux 10 facteurs de risques professionnels.
  • Engager la négociation d'un accord collectif (ou plan d'action si négociation impossible).
  • Traiter les thèmes obligatoires (au moins 2/3 + au moins 2/4) avec objectifs chiffrés et indicateurs.
  • Déposer l'accord ou le plan d'action auprès de la Dreets (via TéléAccords).
  • Communiquer les indicateurs au CSE au minimum 1 fois par an.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — critères d'engagement, thèmes de l'accord, plan d'action, sanctions — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les règles propres aux critères d'engagement, au diagnostic, aux thèmes de l'accord et aux sanctions, voir les sections correspondantes.

Vérifier si l'entreprise est concernée

L'obligation de négocier un accord dépend de deux critères : l'effectif de l'entreprise et la proportion de salariés exposés.

Le but de l'accord est de prévenir toute pénibilité et ainsi permettre aux salariés de travailler plus longtemps tout en préservant leur santé. Il doit permettre aux salariés exposés à des facteurs de risque professionnel de bénéficier d'actions de suppression ou de réduction de ces risques. L'entreprise d'au moins 50 salariés ou appartenant à un groupe d'au moins 50 salariés est concernée.

Cette obligation concerne une entreprise de droit privé, une association, un EPIC, une entreprise publique, ainsi qu'un établissement public administratif (EPA) pour son personnel de droit privé. L'entreprise est concernée si elle remplit l'un des 2 critères suivants : 25 % de l'effectif est exposé à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels suivants (au-delà des seuils prévus par le code du travail) : activités exercées en milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit, travail de nuit, travail en équipes successives alternantes, travail répétitif ; ou l'indice de sinistralité dépasse 0,25 (la Carsat calcule et communique à l'employeur son indice de sinistralité).

Règle

Les entreprises dont l'effectif est compris entre 50 et moins de 300 salariés, ou appartenant à un groupe de moins de 300 salariés, déjà couvertes par un accord de branche étendu portant sur les risques professionnels, sont dispensées de négocier un accord ou d'établir un plan d'action.

L'obligation s'applique quel que soit le secteur d'activité de l'entreprise. Le critère d'effectif s'apprécie au niveau de l'entreprise ou du groupe.

Établir un diagnostic de pénibilité

Avant de négocier l'accord, l'employeur doit établir un diagnostic de l'exposition des salariés aux 10 facteurs de risques professionnels.

L'employeur doit établir un diagnostic de l'exposition des salariés aux 10 facteurs de risques professionnels suivants : manutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux, activités exercées en milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit, travail de nuit, travail en équipes successives alternantes, travail répétitif.

L'objectif de ce diagnostic est d'identifier les risques auxquels sont exposés les salariés de l'entreprise afin de mettre en place des mesures de prévention pertinentes. Le diagnostic constitue la base de la négociation de l'accord : les mesures prévues doivent découler directement des constats du diagnostic.

Règle

Le diagnostic doit couvrir les 10 facteurs de risques professionnels, même si l'entreprise n'est concernée que par un seul d'entre eux au titre de l'obligation de négocier.

Le diagnostic de pénibilité est distinct du document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), mais il s'y rattache. Il doit être mis à jour en cas de changement des conditions de travail.

Négocier un accord collectif

L'employeur engage la négociation d'un accord prévoyant les mesures de prévention issues du diagnostic.

L'employeur engage la négociation d'un accord. Cet accord prévoit les mesures de prévention qui découlent du diagnostic préalable. La négociation peut être intégrée à la négociation annuelle sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail.

L'accord doit traiter au moins 2 des 3 thèmes suivants : réduction des polyexpositions aux facteurs de risques ; adaptation et aménagement du poste de travail ; réduction des expositions aux facteurs de risques professionnels. Il doit également traiter au moins 2 des 4 thèmes suivants : amélioration des conditions de travail, notamment sur le plan organisationnel ; développement des compétences et des qualifications ; aménagement des fins de carrière ; maintien en activité des salariés exposés aux facteurs de risques professionnels.

  • 2 des 3 thèmes obligatoires : polyexpositions, adaptation/aménagement du poste, réduction des expositions.
  • 2 des 4 thèmes obligatoires : conditions de travail, compétences/qualifications, fins de carrière, maintien en activité.
  • Pour ces 4 thèmes : préciser les mesures permettant au salarié ayant un compte professionnel de prévention (C2P) d'affecter ses points pour une formation vers un poste moins exposé ou un complément de rémunération en temps partiel.
  • Prévoir les conditions de suivi de la mise en œuvre effective des mesures.
  • Accompagner chaque thème retenu d'objectifs chiffrés et d'indicateurs de réalisation, communiqués au CSE au minimum 1 fois par an.

Règle

L'accord est conclu pour 3 ans maximum.

Les thèmes du C2P (formation vers un poste moins exposé ou complément de rémunération pour temps partiel) sont au cœur de l'accompagnement des salariés exposés. Ils permettent de traduire concrètement les mesures de prévention en bénéfices individuels.

Élaborer un plan d'action (absence ou échec de négociation)

Si aucun accord n'est conclu ou si la négociation n'est pas engagée, l'employeur établit seul un plan d'action.

Si, à la fin de la négociation, aucun accord n'est conclu, un procès-verbal de désaccord est établi. L'employeur élabore alors seul un plan d'action (au niveau de l'entreprise ou du groupe), après avis du comité social et économique (CSE). L'employeur élabore également un plan d'action en l'absence de négociation.

Le plan d'action prévoit les mesures de prévention qui découlent du diagnostic préalable, comme l'accord. Il doit traiter au moins 2 des 3 thèmes (polyexpositions, adaptation/aménagement du poste, réduction des expositions) et au moins 2 des 4 thèmes (conditions de travail, compétences/qualifications, fins de carrière, maintien en activité). Pour ces 4 thèmes, le plan précise les mesures permettant au salarié ayant un C2P d'affecter ses points pour une formation ou un complément de rémunération.

Règle

Le plan d'action prévoit les conditions de suivi de la mise en œuvre effective des mesures. Chaque thème retenu est accompagné d'objectifs chiffrés et d'indicateurs de réalisation, communiqués au CSE au minimum 1 fois par an.

Le plan d'action a la même portée que l'accord en matière de prévention de la pénibilité. La différence tient à l'absence de négociation : l'employeur décide seul des mesures, mais doit recueillir l'avis du CSE.

Dépôt de l'accord ou du plan d'action

L'accord ou le plan d'action doit être déposé auprès de la Dreets, qui en informe la Carsat.

L'accord ou le plan d'action, accompagné du procès-verbal de désaccord le cas échéant, est déposé auprès de la Dreets (direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités). La démarche se fait sur internet, via le service TéléAccords.

La Dreets en informe la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) de ce dépôt. Le dépôt permet de tracer l'existence de l'accord ou du plan d'action et de vérifier son contenu. Il constitue une formalité obligatoire pour que l'entreprise soit considérée comme couverte.

Règle

L'accord ou le plan d'action accompagné du procès-verbal de désaccord est déposé auprès de la Dreets.

Le dépôt en ligne via TéléAccords est la procédure standard. Il permet un suivi électronique du dépôt et génère un accusé de réception.

Sanctions en cas de non-respect

L'absence d'accord ou de plan d'action expose l'employeur à une mise en demeure puis à une pénalité.

Lorsque l'agent de contrôle de l'inspection du travail constate que l'entreprise n'est pas couverte par un accord collectif ou un plan d'action, il met en demeure l'employeur, par lettre recommandée avec accusé de réception, de remédier à cette situation. L'employeur a 6 mois pour négocier un accord collectif ou établir un plan d'action.

La Carsat informe la Dreets si l'entreprise n'est pas couverte par un accord ou par un plan d'action. Lorsque l'employeur ne communique pas à l'agent de contrôle les documents demandés dans le délai de 6 mois, il peut être sanctionné par la Dreets. La Dreets décide s'il a lieu de sanctionner l'employeur. En cas de sanction, elle lui adresse une notification argumentée fixant le taux de pénalité retenu.

Règle

Le taux de cette pénalité ne peut pas être supérieur à 1 % de la masse salariale versée au cours des périodes au titre desquelles l'entreprise n'est pas couverte par l'accord ou le plan d'action.

La mise en demeure est une première étape, qui laisse à l'employeur un délai de 6 mois pour se mettre en conformité. La pénalité n'intervient qu'en cas de défaut de régularisation après ce délai.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Facteurs de risques professionnels : quand et comment mettre en place un accord ?

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les règles de prévention de la pénibilité sont fixées par le code du travail (articles L.2242-19 et L.4161-1 à L.4163-3). Vérifier les dernières évolutions auprès de la Dreets ou de la Carsat.

Démarches associées

Articles liés

Vous ne trouvez pas l'information recherchée ?

Posez votre question dans le forum ou contactez-nous. Notre équipe éditoriale s'appuie sur les retours utilisateurs pour améliorer les fiches.

Démarches en France est un site indépendant, sans affiliation officielle avec l’administration française.