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Comment récupérer une facture impayée par voie judiciaire ?

Lorsque la relance et la mise en demeure n’ont pas permis d’obtenir le paiement, le créancier peut saisir la justice. Trois voies principales existent : l’injonction de payer, le référé-provision et l’assignation en paiement. Le choix dépend du montant, de la certitude de la créance et de la contestation du débiteur.

Vue d’ensemble

Le recouvrement judiciaire suppose une créance certaine, liquide et exigible, et une action engagée avant l’expiration du délai de prescription. Le créancier doit choisir une procédure adaptée : rapide et simplifiée lorsque la dette est incontestable, contradictoire lorsqu’elle est discutée.

Ce qu'il faut savoir

  • L’injonction de payer permet d’obtenir un titre exécutoire sans audience, quel que soit le montant, si la créance est certaine, liquide et exigible.
  • Le référé-provision permet d’obtenir une avance lorsque la créance est évidente et n’est pas sérieusement contestable ; aucune urgence n’est exigée.
  • L’assignation en paiement est la procédure contradictoire adaptée lorsque la créance est contestée ou que le créancier veut un jugement après débat.
  • Le tribunal compétent est en principe celui du siège social du débiteur pour une créance commerciale, et celui de son domicile pour les autres créances.
  • L’avocat n’est pas obligatoire pour les créances inférieures ou égales à 10 000 €, mais il le devient au-delà.
  • Une mise en demeure ne suffit pas à interrompre la prescription : une demande en justice, une reconnaissance de dette ou une mesure conservatoire sont nécessaires.

Conditions essentielles

  • La créance doit être certaine, liquide et exigible.
  • La créance ne doit pas être prescrite.
  • Le débiteur doit être identifié et, en principe, ne pas faire l’objet d’une procédure collective.
  • Les preuves de la créance et de l’impayé doivent être réunies.
  • Le montant et la nature de la créance déterminent la procédure et le tribunal.

Les étapes

  • Vérifier la créance, son montant, son échéance et l’absence de prescription.
  • Tenter une résolution amiable lorsque la loi l’exige ou lorsque la négociation reste possible.
  • Choisir entre injonction de payer, référé-provision et assignation en paiement.
  • Réunir les pièces et établir un bordereau.
  • Saisir le tribunal compétent et respecter les délais de procédure.
  • Faire signifier la décision et, si nécessaire, engager une exécution forcée.

Cette synthèse présente les trois voies principales. Les conditions, les délais et les coûts propres à chaque procédure sont détaillés dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Les conditions de chaque voie, le tribunal compétent, les documents et l’exécution du jugement sont traités dans les sections suivantes.

Vérifier la créance avant d’agir

Avant de saisir le juge, il faut s’assurer que la créance peut être prouvée et qu’elle n’est pas prescrite. Une procédure mal préparée coûte du temps et de l’argent.

La créance doit être certaine, liquide et exigible. Le créancier doit pouvoir démontrer l’existence de la dette, son montant et l’absence de paiement.

  • Contrat, bon de commande ou devis signé.
  • Factures impayées et décompte des sommes dues.
  • Bons de livraison ou preuves d’exécution de la prestation.
  • Mise en demeure et preuve de son envoi ou de sa réception.
  • Relances et échanges avec le débiteur.
  • Reconnaissance de dette ou promesse de paiement, le cas échéant.
  • Extrait Kbis ou avis Sirene du débiteur.
  • Vérification de la prescription applicable.

Une créance certaine est une créance dont l’existence n’est pas raisonnablement contestable. Elle est liquide lorsque son montant est déterminé, et exigible lorsque l’échéance est passée.

Si la créance est sérieusement contestée, l’injonction de payer et le référé-provision sont inadaptés. Il faut engager une assignation en paiement ou tenter une médiation.

À savoir

  • Une créance prescrite ne peut plus être recouvrée par la contrainte si le débiteur invoque la prescription.
  • Une relance ou une mise en demeure ne suffit pas à interrompre la prescription.
  • Une reconnaissance de dette ou un paiement partiel peut interrompre le délai.

Choisir la voie judiciaire

Les trois voies principales n’ont pas le même objet ni le même coût. Le choix dépend de la certitude de la créance et de l’attitude du débiteur.

  • Injonction de payer

    Quand l’utiliser
    Créance certaine, liquide et exigible, non sérieusement contestée
    Caractéristiques
    Sans audience, sur dossier, quel que soit le montant
  • Référé-provision

    Quand l’utiliser
    Créance évidente, non sérieusement contestable
    Caractéristiques
    Décision rapide, provisoire, exécutoire
  • Assignation en paiement

    Quand l’utiliser
    Créance contestée ou besoin d’un jugement après débat
    Caractéristiques
    Procédure contradictoire avec audience, plus longue

Le référé-provision est une procédure d’urgence qui permet au juge d’ordonner le paiement d’une avance sur la créance. L’injonction de payer est une procédure simplifiée sans audience. L’assignation est la procédure de droit commun.

Le référé-provision ne permet pas d’obtenir des dommages et intérêts. L’injonction de payer ne permet pas de débattre contradictoirement avant l’ordonnance.

À savoir

  • L’injonction de payer est la voie la plus simple pour une créance incontestable.
  • Le référé-provision convient lorsque la créance est évidente mais que le créancier veut une décision rapide.
  • L’assignation est adaptée aux créances contestées.

Quel tribunal saisir ?

Le tribunal compétent dépend de la qualité du débiteur et de la nature de la créance. Une erreur de juridiction peut entraîner un rejet ou un renvoi.

Lorsque le débiteur est un commerçant ou une société commerciale, le tribunal de commerce est compétent. Dans les autres cas, le tribunal judiciaire est compétent.

  • Commerçant ou société commerciale

    Tribunal
    Tribunal de commerce
    Lieu
    Siège social du débiteur ou lieu d’exécution de la prestation
  • Particulier, profession libérale ou société civile

    Tribunal
    Tribunal judiciaire
    Lieu
    Domicile du débiteur ou lieu d’exécution de la prestation
  • Débiteur établi en Alsace-Moselle

    Tribunal
    Chambre commerciale du tribunal judiciaire
    Lieu
    Siège social du débiteur

Le tribunal de commerce est compétent pour les litiges entre commerçants, entre sociétés commerciales et pour les actes de commerce. Le tribunal judiciaire traite les autres litiges civils.

Pour une injonction de payer, le tribunal compétent est en principe celui du domicile ou du siège social du débiteur. Pour une assignation, le demandeur peut parfois choisir le lieu d’exécution de la prestation.

À savoir

  • Le tribunal de commerce n’existe pas en Alsace-Moselle.
  • Une clause du contrat peut désigner un autre tribunal compétent.
  • Le montant de la créance peut déterminer la formation du tribunal judiciaire.

L’injonction de payer

L’injonction de payer est la procédure la plus rapide pour une créance incontestable. Elle se déroule sans audience et aboutit à une ordonnance exécutoire.

Le créancier dépose une requête au tribunal compétent, avec un bordereau et les pièces justificatives. Le juge statue sur dossier. S’il accepte, l’ordonnance doit être signifiée au débiteur.

  1. 1

    Préparer la requête

    Remplissez le Cerfa adapté : 12946 pour le tribunal de commerce, 12948 pour le tribunal judiciaire, ou le formulaire spécifique pour les loyers et le crédit à la consommation.

  2. 2

    Déposer ou envoyer

    Déposez la requête au greffe ou envoyez-la par voie postale, avec le bordereau et les pièces. Devant le tribunal de commerce, un frais de greffe de 33,47 € est dû dans les quinze jours.

  3. 3

    Attendre la décision

    Le juge peut accepter totalement ou partiellement, ou rejeter la demande. Il n’y a pas d’audience.

  4. 4

    Signifier l’ordonnance

    Faites signifier l’ordonnance par un commissaire de justice dans les trois mois de sa date pour les ordonnances rendues depuis le 1er septembre 2026, ou six mois avant.

  5. 5

    Gérer l’opposition

    Le débiteur dispose d’un mois pour s’opposer. Sans opposition, le créancier peut engager une exécution forcée.

L’injonction de payer n’est pas applicable aux pensions alimentaires impayées ni aux chèques sans provision. Elle est adaptée aux créances certaines, liquides et exigibles.

À savoir

  • Aucun plafond de montant n’est prévu.
  • Le juge statue sans audience.
  • Une opposition du débiteur ouvre une procédure contradictoire.

Le référé-provision

Le référé-provision permet d’obtenir rapidement une avance sur une créance évidente. Il ne tranche pas définitivement le litige, mais il peut débloquer une situation.

La créance doit être certaine, déterminée et non sérieusement contestable. Il n’est pas nécessaire de justifier d’une urgence. Le juge rend une ordonnance provisoire, exécutoire.

  1. 1

    Réunir les preuves

    Le créancier doit démontrer l’existence et le montant de la créance : bon de commande, devis signé, facture, bon de livraison, conditions générales acceptées, relances.

  2. 2

    Charger un commissaire de justice

    Le commissaire de justice délivre une assignation au débiteur. Elle mentionne l’identité des parties, le montant réclamé, le fondement de la demande et la date de l’audience.

  3. 3

    Audience

    Le créancier et le débiteur présentent leurs arguments. L’avocat n’est pas obligatoire pour les créances inférieures ou égales à 10 000 €.

  4. 4

    Décision

    Le juge peut accorder une provision et des intérêts de retard. Il ne peut pas accorder de dommages et intérêts dans cette procédure.

  5. 5

    Signification et recours

    L’ordonnance est signifiée au débiteur. En cas de rejet, le créancier peut faire appel dans un délai de quinze jours francs, sauf si le litige est inférieur ou égal à 5 000 €.

L’ordonnance de référé est provisoire. Si le débiteur engage une procédure au fond, le juge du fond peut statuer différemment. Le créancier peut aussi assigner en paiement pour obtenir une décision définitive.

À savoir

  • Aucune urgence n’est exigée.
  • La créance doit être évidente et non sérieusement contestable.
  • La décision est provisoire mais exécutoire.
  • Les dommages et intérêts ne peuvent pas être demandés dans cette procédure.

L’assignation en paiement

L’assignation en paiement est la procédure contradictoire de droit commun. Elle est adaptée lorsque la créance est contestée ou lorsque le créancier veut un jugement définitif après un débat.

Le créancier fait délivrer une assignation au débiteur par un commissaire de justice, puis dépose l’affaire au greffe. Le tribunal statue après audience.

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    Choisir le tribunal

    Tribunal de commerce pour un débiteur commerçant ou une société commerciale ; tribunal judiciaire dans les autres cas.

  2. 2

    Faire délivrer l’assignation

    L’assignation est délivrée par un commissaire de justice. Elle contient les mentions obligatoires : parties, tribunal, objet de la demande, faits, pièces et, le cas échéant, avocat.

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    Respecter les délais

    L’assignation doit être délivrée au moins quinze jours avant l’audience. Une copie doit être déposée au greffe au plus tard huit jours avant l’audience.

  4. 4

    Audience

    Les parties exposent leurs arguments. L’avocat est obligatoire au-delà de 10 000 €. Le juge peut renvoyer l’affaire s’il manque des éléments.

  5. 5

    Jugement

    Le tribunal rend sa décision. Elle peut être frappée d’appel si la demande dépasse 5 000 €, ou d’un pourvoi en cassation dans les autres cas.

Avant d’assigner en paiement une somme inférieure à 5 000 € devant le tribunal judiciaire, une tentative de résolution amiable est obligatoire, sauf si une procédure simplifiée de recouvrement a échoué. Vérifiez les règles applicables devant le tribunal de commerce.

À savoir

  • La procédure est contradictoire.
  • L’avocat est obligatoire au-delà de 10 000 €.
  • L’assignation doit être délivrée et déposée dans les délais.
  • Le jugement peut être exécuté après signification.

Documents à préparer

Le dossier doit permettre au juge de comprendre la créance et de vérifier son montant. Les pièces doivent être classées et numérotées.

  • Contrat, bon de commande ou devis signé.
  • Factures impayées et décompte des sommes dues.
  • Bons de livraison ou preuves d’exécution de la prestation.
  • Mise en demeure et preuve de son envoi ou de sa réception.
  • Relances écrites et échanges avec le débiteur.
  • Reconnaissance de dette ou promesse de paiement, le cas échéant.
  • Extrait Kbis ou avis Sirene du débiteur.
  • Justificatif de l’identité du créancier ou de son représentant.
  • Pouvoir spécial du mandataire, le cas échéant.
  • Bordereau de pièces justificatives.
  • Justificatif de paiement des frais de greffe ou de procédure.
Injonction de payer

Joignez le Cerfa, le bordereau et les pièces. Vérifiez la version du formulaire et le tribunal compétent.

Référé-provision

Le dossier doit démontrer que la créance est évidente : contrat, facture, bon de livraison, conditions générales acceptées et relances.

Assignation en paiement

Préparez un dossier complet pour l’audience : contrat, factures, preuves de livraison, mise en demeure, relances et décompte.

Jugement et exécution

Obtenir une décision ne suffit pas : il faut la faire signifier et, si le débiteur ne paie pas, engager une exécution forcée.

Le jugement ou l’ordonnance doit être signifié au débiteur par un commissaire de justice. Une fois exécutoire, il permet des mesures d’exécution forcée.

  1. 1

    Signifier la décision

    Le commissaire de justice porte la décision à la connaissance du débiteur. La signification fait courir les délais de recours.

  2. 2

    Attendre la fin des délais

    Les voies de recours doivent être épuisées ou les délais écoulés pour que la décision devienne définitive.

  3. 3

    Engager l’exécution

    Le commissaire de justice peut procéder à une saisie de biens mobiliers, une saisie sur compte bancaire ou d’autres mesures d’exécution.

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    Saisir le juge de l’exécution

    En cas de difficulté, le juge de l’exécution du tribunal judiciaire peut être saisi.

Certains biens sont insaisissables. L’exécution doit rester proportionnée et respecter les règles protectrices du débiteur.

À savoir

  • Une décision non signifiée ne peut pas être exécutée.
  • L’exécution forcée peut être confiée à un commissaire de justice.
  • Le juge de l’exécution tranche les difficultés d’exécution.

Coûts et délais

Les coûts diffèrent selon la procédure et le tribunal. L’injonction de payer est la moins coûteuse ; l’assignation est plus longue et plus onéreuse.

  • Injonction de payer devant le tribunal judiciaire

    Coût indicatif
    Gratuite, hors signification
    Délai ou observation
    Signification dans les trois mois de l’ordonnance depuis le 1er septembre 2026
  • Injonction de payer devant le tribunal de commerce

    Coût indicatif
    33,47 € de frais de greffe
    Délai ou observation
    Hors Alsace-Moselle ; signification en sus
  • Référé-provision

    Coût indicatif
    Variable : commissaire de justice, avocat éventuel
    Délai ou observation
    Décision rendue en principe dans un délai d’un mois environ
  • Assignation en paiement

    Coût indicatif
    Variable : commissaire de justice, avocat, frais de greffe
    Délai ou observation
    Audience et jugement ; procédure plus longue

Les frais d’avocat et de commissaire de justice peuvent être pris en charge par l’aide juridictionnelle en cas de ressources insuffisantes. Le juge peut mettre les frais de procédure à la charge du débiteur.

  • L’injonction de payer est gratuite devant le tribunal judiciaire.
  • Elle est payante devant le tribunal de commerce.
  • Le référé-provision et l’assignation génèrent des frais variables.
  • L’exécution forcée peut ajouter des frais.

Questions fréquentes

Quelle procédure choisir pour une facture impayée ?

Si la créance est certaine et non contestée, l’injonction de payer est la voie la plus simple. Si elle est évidente mais que le créancier veut une décision rapide, le référé-provision peut être adapté. Si elle est contestée, l’assignation en paiement est nécessaire.

Faut-il un avocat ?

L’avocat n’est pas obligatoire pour les créances inférieures ou égales à 10 000 €. Il est obligatoire au-delà devant le tribunal judiciaire et le tribunal de commerce. Pour une injonction de payer, le créancier peut agir seul.

Combien de temps prend la procédure ?

L’injonction de payer est plus rapide car il n’y a pas d’audience initiale. Le référé-provision est rendu en principe dans un délai d’un mois environ. L’assignation en paiement est plus longue en raison de l’audience et des délais de procédure.

Peut-on agir si le débiteur est une société étrangère ?

Une procédure d’injonction de payer européenne peut être utilisée lorsque le litige est transfrontalier au sein de l’Union européenne, hors Danemark. Vérifiez les conditions et le formulaire applicable.

Que faire si le débiteur ne paie pas après le jugement ?

Le jugement doit être signifié, puis exécuté par un commissaire de justice. Des mesures d’exécution forcée peuvent être engagées, dans les limites prévues par la loi.

Textes applicables

Sources officielles

  • Recouvrement judiciaire : assignation en paiement — F38432

    Vérifiée le 2026-11-04

    Ouvrir
  • Recouvrement judiciaire : référé-provision devant les juridictions civiles ou commerciales — F38405

    Vérifiée le 2026-11-04

    Ouvrir
  • Recouvrement judiciaire : injonction de payer en France et en Europe — F38156

    Vérifiée le 2026-11-04

    Ouvrir
  • Litige commercial : déroulement d’une affaire devant le tribunal de commerce — F1792

    Vérifiée le 2026-11-04

    Ouvrir
  • Service-Public.fr

    Recouvrement de dettes en France : injonction de payer et procédure simplifiée (Service-Public F1746, vérifié 01/09/2026)

    Vérifiée le 2026-09-22

    Ouvrir
  • Légifrance

    Code des procédures civiles d’exécution : articles L111-1 à L111-11

    Vérifiée le 2026-11-04

    Ouvrir

Voir aussi

Sources officielles consultées le 5 novembre 2026. Les procédures, seuils et tarifs doivent être vérifiés au regard de la situation et de la date. Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.

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