Vue d’ensemble
Ce qu’il faut retenir sur la délivrance des autorisations de travail pour les salariés étrangers : qui demande, quelles conditions, quels cas particuliers.
Ce qu'il faut savoir
- L’employeur qui souhaite embaucher un salarié étranger (hors Union européenne) doit vérifier que celui-ci a une autorisation de travail : dans certains cas, le titre de séjour autorise le travail.
- L’autorisation de travail est accordée lorsque la demande remplit 4 conditions cumulatives : emploi proposé, employeur, profession exercée et rémunération.
- Dans le cas général, l’emploi doit soit figurer sur la liste des métiers en tension, soit avoir été publié 3 semaines consécutives dans les 6 mois précédant le dépôt auprès des organismes du service public de l’emploi, sans candidature valable reçue.
- L’étudiant étranger titulaire d’une carte de séjour étudiant peut travailler dans la limite de 964 heures par an ; au-delà, l’autorisation de travail est nécessaire.
- La rémunération ne peut pas être inférieure au Smic, ni au salaire prévu par la convention collective applicable si ce salaire est plus élevé que le Smic.
- L’autorisation peut être refusée si le projet de recrutement est manifestement disproportionné au regard de l’activité économique du demandeur.
Conditions essentielles
- Le salarié étranger est hors Union européenne et ne dispose pas d’un titre de séjour lui permettant déjà de travailler.
- L’emploi proposé remplit l’une des conditions du cas général (métier en tension ou offre publiée sans candidature valable) ou relève d’un cas particulier (étudiant, carte recherche d’emploi, diplôme master).
- L’employeur, le donneur d’ordre ou l’entreprise utilisatrice remplissent l’ensemble des conditions liées à leur statut et à leur activité.
- Si le métier est une profession réglementée, les conditions réglementaires d’exercice sont respectées.
- La rémunération n’est pas inférieure au Smic ni au salaire de la convention collective plus élevé que le Smic.
Les étapes
- Vérifier si le titre de séjour du salarié autorise déjà le travail.
- Déterminer si l’emploi proposé relève du cas général ou d’un cas particulier (étudiant, carte recherche d’emploi / création d’entreprise, diplôme master).
- S’assurer que l’emploi figure sur la liste des métiers en tension ou qu’il a été publié 3 semaines consécutives dans les 6 mois précédant le dépôt, sans candidature valable.
- Rassembler les conditions liées à l’employeur : obligations sociales, attestation de cotisations de moins de 6 mois, absence de condamnations ou sanctions dans les matières listées.
- Respecter les conditions de rémunération : au moins le Smic ou le salaire conventionnel s’il est plus élevé.
- Déposer la demande d’autorisation de travail avec les pièces prévues par la réglementation.
Cette synthèse reprend l’essentiel de la fiche. Les conditions par cas d’étudiant, les obligations de l’employeur et les motifs de refus sont détaillés dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des conditions par cas de figure et des obligations de l’employeur, voir les sections « Cas général : quelles conditions pour l’emploi proposé ? » et « Quelles conditions pour l’employeur, le donneur d’ordre ou l’entreprise utilisatrice ? ».
Qui doit demander l’autorisation de travail ?
Un employeur qui souhaite embaucher un salarié étranger (hors Union européenne) doit vérifier que celui-ci a une autorisation de travail. Dans certains cas, le titre de séjour autorise le travail. Lorsque ce n’est pas le cas, l’employeur doit faire une demande d’autorisation de travail.
L’autorisation de travail est accordée lorsque la demande remplit 4 conditions cumulatives : des conditions liées à l’emploi proposé, des conditions liées à l’employeur (ou au donneur d’ordre, à l’entreprise utilisatrice ou d’accueil), des conditions liées à l’exercice du métier s’il est réglementé, et des conditions de rémunération.
Le donneur d’ordre est la personne qui commande des travaux ou des services à une autre entreprise ; l’entreprise utilisatrice ou d’accueil est l’entreprise dans laquelle le travailleur étranger exerce effectivement son activité. Les conditions posées par la fiche s’appliquent à l’ensemble de ces acteurs.
Règle
La vérification de l’autorisation de travail incombe à l’employeur : avant l’embauche, il doit s’assurer que le salarié étranger est en mesure de travailler légalement en France.
Les ressortissants de l’Union européenne ne sont pas concernés par cette procédure : ils disposent du droit de libre circulation et de travail dans l’UE.
Cas général : quelles conditions pour l’emploi proposé ?
Pour demander l’autorisation de travail dans le cas général, l’emploi proposé doit remplir l’une des conditions suivantes.
- Figurer sur la liste des métiers en tension.
- Avoir été publié pendant 3 semaines consécutives dans les 6 mois précédant le dépôt de la demande auprès des organismes concourant au service public de l’emploi (par exemple France Travail, ancien Pôle emploi), sans qu’aucune candidature valable n’ait été reçue.
À savoir
- Il existe des listes de métiers en tension différentes pour la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion et la Martinique.
- La publication de l’offre auprès des organismes du service public de l’emploi doit durer 3 semaines consécutives, dans les 6 mois précédant le dépôt de la demande.
- La condition de publication suppose qu’aucune candidature valable n’ait été reçue : une candidature valable rend l’emploi non éligible dans ce cas de figure.
| Condition | Détail |
|---|---|
| Métier en tension | L’emploi figure sur la liste des métiers et zones caractérisés par des difficultés de recrutement |
| Offre publiée | Publication pendant 3 semaines consécutives dans les 6 mois précédant le dépôt, sans candidature valable reçue |
| Outre-mer | Listes distinctes pour la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion et la Martinique |
Étudiants et cartes de séjour spécifiques
Des cas particuliers existent pour les étudiants étrangers et les titulaires de certaines cartes de séjour. Dans ces cas, les conditions applicables à l’emploi proposé diffèrent du cas général.
Carte de séjour étudiant ou étudiant-programme de mobilité
L’étudiant étranger peut travailler dans la limite de 964 heures par an. Au-delà, l’autorisation de travail est nécessaire. Pour la demander, l’emploi doit remplir l’une des conditions du cas général (métier en tension ou offre publiée 3 semaines sans candidature valable).
Exemple
Si l’étranger a terminé son cursus en France, l’emploi proposé doit correspondre aux diplômes et à l’expérience acquise en France ou à l’étranger.
Carte recherche d’emploi / création d’entreprise
Lorsque l’emploi proposé remplit 2 conditions — un contrat de travail en relation avec la formation ou les recherches d’emploi de l’étranger, et une rémunération au moins égale à 2 800,53 € — l’employeur n’a pas à publier une offre d’emploi auprès des organismes du service public de l’emploi. L’emploi peut aussi ne pas figurer sur la liste des métiers en tension.
Étudiant étranger ayant un diplôme équivalent au grade de master
Lorsque l’emploi proposé remplit 2 conditions — un contrat de travail en relation avec la formation et une rémunération au moins égale à 2 800,53 € — l’employeur n’a pas à publier une offre d’emploi et l’emploi peut ne pas figurer sur la liste des métiers en tension. Le diplôme doit avoir été obtenu dans l’année.
Ces cas particuliers allègent les obligations de recherche de candidats (publication d’offre, métiers en tension) mais imposent des conditions propres : durée maximale d’activité pour les étudiants, rémunération minimale et lien avec la formation pour les cartes recherche d’emploi et les diplômes master.
Quelles conditions pour l’employeur, le donneur d’ordre ou l’entreprise utilisatrice ?
L’employeur, le donneur d’ordre, l’entreprise utilisatrice ou d’accueil doivent remplir l’ensemble des conditions suivantes pour que l’autorisation de travail puisse être accordée.
- Respecter les obligations sociales liées à leur statut ou à leur activité.
- Ne pas avoir été condamnés pénalement ou fait l’objet de sanctions administratives pour : travail illégal ; infractions aux règles générales de santé et de sécurité ; aide à l’entrée et au séjour irrégulier ; méconnaissance des règles du détachement temporaire ; atteintes à la personne humaine ; faux et usage de faux.
- Ne pas avoir fait l’objet d’un manquement grave constaté par l’administration dans ces mêmes matières.
- Fournir une attestation du versement des cotisations sociales à l’organisme chargé de leur recouvrement, datant de moins de 6 mois.
- Lorsque la demande concerne un emploi saisonnier, fournir la preuve que le travailleur aura, pour la durée de son séjour, un logement lui assurant des conditions de vie décentes.
Règle
L’ensemble de ces conditions s’applique cumulativement : le non-respect d’une seule d’entre elles empêche l’obtention de l’autorisation de travail.
Les infractions listées couvrent plusieurs domaines : le travail illégal, la santé et la sécurité au travail, l’aide à l’entrée et au séjour irrégulier, le détachement temporaire, les atteintes à la personne humaine et le faux et usage de faux.
Profession réglementée et conditions de rémunération
Deux conditions supplémentaires encadrent l’exercice du métier et le niveau de salaire du futur salarié étranger.
Profession réglementée
Le métier exercé par le futur salarié peut être une profession réglementée. Dans cette hypothèse, les conditions réglementaires d’exercice devront être respectées. La fiche source renvoie à l’annuaire des activités et professions réglementées de l’INPI pour vérifier le statut du métier.
Conditions de rémunération
La rémunération ne peut pas être inférieure au Smic, ni au salaire prévu dans la convention collective applicable à l’entreprise si cette rémunération est plus élevée que le Smic.
| Condition | Seuil ou exigence |
|---|---|
| Rémunération minimale | Au moins le Smic, ou le salaire de la convention collective s’il est plus élevé que le Smic |
| Rémunération (carte recherche d’emploi / master) | Au moins égale à 2 800,53 € |
| Profession réglementée | Respect des conditions réglementaires d’exercice du métier |
Le Smic est le salaire minimum interprofessionnel de croissance. La convention collective applicable est celle dont relève l’activité de l’entreprise.
Dans quels cas l’autorisation peut-elle être refusée ?
L’autorisation de travail n’est pas automatique : l’administration apprécie la cohérence du projet de recrutement au regard de l’activité économique du demandeur.
L’autorisation de travail peut être refusée si le projet de recrutement est manifestement disproportionné au regard de l’activité économique du demandeur.
Règle
Ce motif de refus vise à empêcher des recrutements sans rapport avec l’activité réelle de l’entreprise. Il s’ajoute aux conditions cumulatives liées à l’emploi, à l’employeur, à la profession et à la rémunération.
À savoir
- La publication de l’offre d’emploi et l’absence de candidature valable sont des conditions vérifiées dans le cas général.
- Les listes de métiers en tension sont actualisées par arrêté, avec des listes distinctes pour la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion et la Martinique.
- L’attestation de cotisations sociales doit dater de moins de 6 mois au moment de la demande.
Ressources et textes de référence
Plusieurs ressources officielles permettent de vérifier les listes de métiers en tension, le statut réglementé d’un métier et les pièces à fournir.
- Liste des métiers en tension : arrêté du 21 mai 2025 fixant la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement, en application de l’article L. 414-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
- Listes outre-mer : arrêtés du 9 juin 2026 fixant les listes des métiers caractérisés par des difficultés de recrutement pour la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion et la Martinique.
- Pièces à fournir : arrêté du 1ᵉʳ avril 2021 fixant la liste des pièces à fournir pour obtenir une autorisation de travail.
- Code du travail : articles R5221-17 à R5221-22 relatifs à l’autorisation de travail des salariés étrangers.
- Professions réglementées : annuaire des activités et professions réglementées de l’INPI, pour vérifier si le métier exercé est réglementé.
Les listes de métiers en tension sont susceptibles d’être actualisées par de nouveaux arrêtés : vérifier en permanence la version en vigueur des listes applicables au territoire concerné.
Textes applicables
- Code du travail : articles R5221-17 à R5221-22Textes légaux
- Arrêté du 21 mai 2025 fixant la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutementTextes réglementaires
- Arrêté du 1ᵉʳ avril 2021 fixant la liste des pièces à fournir pour obtenir une autorisation de travailTextes réglementaires
- Arrêté du 9 juin 2026 fixant la liste des métiers caractérisés par des difficultés de recrutement sur le territoire de la Guadeloupe en application de l'article L. 414-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asileLégifrance
- Arrêté du 9 juin 2026 fixant la liste des métiers caractérisés par des difficultés de recrutement sur le territoire de la Guyane en application de l'article L. 414-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asileLégifrance
- Arrêté du 9 juin 2026 fixant la liste des métiers caractérisés par des difficultés de recrutement sur le territoire de La Réunion en application de l'article L. 414-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asileLégifrance
- Arrêté du 9 juin 2026 fixant la liste des métiers caractérisés par des difficultés de recrutement sur le territoire de la Martinique en application de l'article L. 414-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asileLégifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Salarié étranger : comment sont délivrées les autorisations de travail ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Liste des métiers en tension (métropole) — Légifrance
- Annuaire des activités et professions réglementées — INPI
- Code du travail — autorisation de travail des salariés étrangers
- Arrêté du 1ᵉʳ avril 2021 — pièces à fournir
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.

