Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur le refus d'entrée en France : cas concernés, procédure, droits de la personne et voies de recours, y compris pour les demandeurs d'asile.
Ce qu'il faut savoir
- Un refus d'entrée peut être opposé à un étranger qui ne remplit pas les conditions d'entrée en France (documents, justificatifs, autorisation de travail…).
- Le refus d'entrée peut aussi être prononcé en cas de menace pour l'ordre public, d'enregistrement au système d'information Schengen ou de mesure d'interdiction du territoire.
- Tout refus d'entrée fait l'objet d'une décision écrite et motivée, remise en main propre et notifiée dans une langue que la personne comprend.
- En cas de refus à une frontière aérienne ou maritime, la personne peut refuser d'être rapatriée avant l'écoulement d'un délai d'1 jour franc.
- Un recours en annulation est possible devant le tribunal administratif, accompagné le cas échéant d'un référé-suspension ou d'un référé-liberté.
- Pour les demandeurs d'asile, la procédure est spécifique : audition par l'Ofpra, décision du ministre de l'Intérieur, recours suspensif possible dans les 48 heures.
- La personne peut être placée en zone d'attente dans l'attente de son rapatriement.
Conditions essentielles
- Avoir été contrôlé aux frontières françaises (police, douanes ou gendarmerie).
- Remplir l'une des situations de refus prévues par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
- Pour les ressortissants européens, d'autres règles s'appliquent (procédure distincte de refus d'entrée et éloignement).
Les étapes
- Contrôle aux frontières par la police, les douanes ou la gendarmerie.
- Notification de la décision de refus d'entrée, écrite, motivée et dans une langue comprise.
- Information sur les droits : avertir un proche, le consulat ou un avocat ; droit au recours.
- Le cas échéant, refus du rapatriement avant le délai d'1 jour franc (frontières aériennes et maritimes).
- Le cas échéant, placement en zone d'attente dans l'attente du rapatriement.
- Formulation du recours devant le tribunal administratif dans les délais impartis.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails propres aux situations de refus, à la procédure applicable aux demandeurs d'asile et aux voies de recours sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux cas de refus d'entrée, à la procédure de refus ou aux voies de recours (recours en annulation, référé-suspension, référé-liberté), voir les sections « Quel étranger peut faire l'objet d'un refus d'entrée ? », « Procédure de refus d'entrée » et « Contester une décision de refus d'entrée ».
Quel étranger peut faire l'objet d'un refus d'entrée ?
Vous pouvez faire l'objet d'un refus d'admission en France si vous vous trouvez dans l'une des situations suivantes : absence de passeport ou de visa d'entrée, absence de justificatifs de séjour, absence de documents autorisant le travail, menace pour l'ordre public, enregistrement au système d'information Schengen ou mesure d'interdiction du territoire.
Le refus d'entrée vise à empêcher l'admission sur le territoire français d'une personne qui ne remplit pas les conditions légales d'entrée ou qui présente un risque. Les conditions d'entrée incluent la possession d'un passeport et, le cas échéant, d'un visa de court séjour ou de long séjour, ainsi que la présentation des justificatifs concernant le séjour en France (hébergement, ressources, assurance médicale, etc.).
Règle
Le refus d'entrée peut également être prononcé si vous venez en France pour travailler mais n'avez pas les documents nécessaires vous y autorisant, ou si votre présence représenterait une menace pour l'ordre public. Il peut encore s'appliquer si vous êtes enregistré aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ou représentez une menace pour la sécurité, la santé publique ou les relations internationales d'un pays de l'espace Schengen.
Vous pouvez faire l'objet d'un refus d'entrée si vous faites l'objet d'une mesure d'interdiction judiciaire du territoire français (ITF), d'un arrêté d'expulsion, d'une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) ou d'une interdiction administrative du territoire (IAT). D'autres règles s'appliquent si vous êtes ressortissant d'un pays européen.
- Absence de passeport ou de visa de court séjour ou de long séjour.
- Absence de justificatifs de séjour (hébergement, ressources, assurance médicale…).
- Absence de documents autorisant à travailler en France.
- Menace pour l'ordre public.
- Enregistrement au système d'information Schengen aux fins de non-admission.
- Mesure d'interdiction : ITF, arrêté d'expulsion, IRTF ou IAT.
Procédure de refus d'entrée
Tout refus d'entrée en France fait l'objet d'une décision écrite et motivée. Cette décision doit vous être remise en main propre. Elle est prise par le chef du service de la police ou des douanes chargé du contrôle aux frontières, ou par le commandant d'unité de gendarmerie (ou un agent désigné par lui).
La décision de refus d'entrée vous est notifiée et mentionne vos droits. Vous pouvez avertir la personne chez qui vous êtes hébergé, votre consulat ou l'avocat de votre choix. En cas de refus d'entrée à une frontière aérienne ou maritime, vous pouvez aussi refuser d'être rapatrié avant 1 jour franc (le lendemain du jour de votre arrivée, à minuit).
Règle
La décision et la notification de vos droits doivent vous être communiquées dans une langue que vous comprenez. Au début de la procédure, vous devez indiquer la langue que vous comprenez et si vous savez lire. Si vous refusez, la langue utilisée est le français.
Dans l'attente de votre rapatriement, vous pouvez être placé en zone d'attente. La procédure est différente selon que vous avez demandé à bénéficier du délai d'1 jour franc ou non. L'administration peut vous reconduire de force hors de France.
- Décision écrite et motivée, remise en main propre.
- Notification de la décision avec mention des droits.
- Langue comprise : la personne indique la langue qu'elle comprend et si elle sait lire.
- Délai d'1 jour franc : refus possible d'être rapatrié avant ce délai (frontières aériennes et maritimes).
Application de la mesure de refus d'entrée
L'administration peut vous reconduire de force hors de France. En cas de refus d'entrée à une frontière aérienne ou maritime, vous pouvez demander à ne pas être expatrié avant la fin du délai d'1 jour franc.
Le délai d'1 jour franc correspond au lendemain du jour de votre arrivée, à minuit. Si vous avez refusé ce délai, vous êtes rapatrié dès que possible. Si vous avez demandé à en bénéficier, vous êtes rapatrié à la fin de ce délai. Dans les deux cas, vous êtes ensuite reconduit vers votre pays d'origine, le pays dont vous provenez ou tout autre pays où vous pouvez être admis.
Règle
Dans l'attente de votre rapatriement, vous pouvez être placé en zone d'attente. La procédure applicable varie selon que vous avez demandé ou non à bénéficier du délai d'1 jour franc.
La possibilité de refuser le rapatriement avant le délai d'1 jour franc concerne les frontières aériennes et maritimes. Pour les frontières terrestres, le rapatriement peut intervenir dès que possible sans ce délai spécifique.
Contester une décision de refus d'entrée
Vous pouvez déposer un recours en annulation contre le refus d'entrée devant le tribunal administratif. Vous pouvez en même temps faire un référé-suspension, qui permet de demander au juge de suspendre l'exécution de la décision pendant l'instruction du recours principal.
Le référé-suspension est une procédure d'urgence qui permet d'obtenir la suspension de la mesure contestée, si le juge estime que le moyen invoqué est sérieux et que l'exécution de la décision cause un préjudice difficilement réparable. Vous pouvez aussi contester le refus d'entrée par un référé-liberté, qui vise la sauvegarde d'une liberté fondamentale mise en cause par la mesure.
Règle
Les voies et délais de recours doivent figurer sur la notification de la décision de refus d'entrée. Conservez une copie de la décision et de la notification pour former votre recours dans les délais impartis.
Le recours en annulation permet de demander au juge d'annuler la décision de refus d'entrée. Le référé-suspension et le référé-liberté sont des procédures d'urgence, distinctes du recours principal, qui peuvent être engagées en parallèle.
- Recours en annulation devant le tribunal administratif.
- Référé-suspension pour demander la suspension de l'exécution de la décision.
- Référé-liberté pour la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
Refus d'entrée d'un demandeur d'asile
Un demandeur d'asile peut faire l'objet d'un refus d'entrée s'il se trouve dans l'un des cas suivants : demande rejetée comme manifestement infondée, demande irrecevable (bénéfice d'une protection dans un autre État), examen relevant d'un autre État au titre du règlement Dublin III, menace pour l'ordre public, enregistrement au système d'information Schengen ou mesure d'interdiction du territoire.
La procédure est spécifique : dans un premier temps, l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) auditionne le demandeur. La décision est ensuite prise par le ministre de l'Intérieur, après consultation de l'Ofpra. La décision de refus d'entrée est notifiée dans une langue que la personne comprend et mentionne ses droits.
Règle
Le demandeur d'asile peut avertir la personne chez qui il est hébergé, son consulat ou l'avocat de son choix. Il peut refuser d'être rapatrié avant 1 jour franc. Il peut enfin former un recours juridictionnel suspensif, dont les voies et délais sont précisés sur la décision de refus d'entrée.
Si vous êtes mineur, vous pouvez aussi faire l'objet d'un refus d'entrée. Cette procédure ne concerne pas un étranger ressortissant d'un pays européen, ni les membres de sa famille vivant en France avec lui.
- Demande manifestement infondée rejetée à la frontière.
- Demande irrecevable : protection déjà accordée dans un autre État.
- Règlement Dublin III : examen relevant d'un autre État.
- Menace pour l'ordre public.
- Système d'information Schengen ou mesure d'interdiction du territoire.
Contester le refus d'entrée d'un demandeur d'asile
Vous pouvez déposer, dans les 48 heures, un recours en annulation suspensif contre le refus d'entrée devant le tribunal administratif. Ce recours est suspensif : il suspend l'exécution de la mesure de rapatriement jusqu'à la décision du juge.
Si le tribunal rejette le recours, vous pouvez former un appel dans les 15 jours devant le président de la cour administrative d'appel. Cet appel n'est pas suspensif : le rapatriement peut intervenir malgré le dépôt de l'appel.
Règle
L'administration peut reconduire de force le demandeur d'asile hors de France, mais elle doit respecter certains délais : si un recours suspensif a été déposé, le rapatriement ne peut pas avoir lieu tant que le juge n'a pas pris de décision (il dispose d'un délai de 72 heures pour la prendre) ; à défaut de recours suspensif, le rapatriement ne peut pas avoir lieu avant 48 heures après le refus d'entrée.
Dans l'attente du rapatriement, le demandeur d'asile peut être placé en zone d'attente. Il est ensuite reconduit vers son pays d'origine, le pays dont il provenait ou tout autre pays où il peut être admis. Les voies et délais de recours sont précisés sur la notification de la décision.
- Recours en annulation suspensif dans les 48 heures devant le tribunal administratif.
- Appel dans les 15 jours devant le président de la cour administrative d'appel (non suspensif).
- Délai de 72 heures pour le juge si un recours suspensif a été déposé.
- Délai de 48 heures minimum avant rapatriement si aucun recours suspensif n'a été déposé.
Textes applicables
- Code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnesTexte européen
- CESEDA : articles L.311-1 et L.311-2Texte légal
- CESEDA : articles L.333-1 à L.333-5Texte légal
- CESEDA : articles L.352-1 à L.352-9Texte légal
- CESEDA : articles R.351-1 à R.351-6Texte réglementaire
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Refus d'entrée en France d'un étranger
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les conditions d'entrée, les procédures de refus et les voies de recours sont fixées par le CESEDA et le droit de l'Union européenne. En cas de refus d'entrée, il est recommandé de contacter rapidement un avocat ou le consulat de son pays. Vérifier les dernières évolutions auprès de l'administration compétente.

