Vue rapprochée d'une personne consultant des documents — démarche administrative

Nationalité française par mariage (déclaration)

Un étranger marié(e) avec un(e) Français(e) peut acquérir la nationalité française par déclaration, sans avoir à demander une naturalisation par décret. Encore faut-il remplir un ensemble de conditions — ancienneté du mariage, communauté de vie ininterrompue, régularité du séjour, connaissance du français — puis convaincre le service instructeur lors d'un entretien. Voici la marche à suivre, les pièces à réunir, les délais d'instruction et les voies de recours ouvertes en cas de refus d'enregistrement.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir avant de déposer une déclaration de nationalité française par mariage : conditions à remplir, coût de la démarche, procédure et voies de recours.

Ce qu'il faut savoir

  • La déclaration de nationalité par mariage est ouverte à l'étranger(e) marié(e) avec un(e) Français(e) depuis au moins 4 ans, sous réserve de remplir l'ensemble des conditions prévues par le Code civil.
  • La démarche coûte 255 € (127,50 € en Guyane), réglés par timbre fiscal électronique. Hors cette taxe, l'acquisition de la nationalité française est une démarche gratuite.
  • Votre époux(se) doit être de nationalité française le jour du mariage et l'avoir conservée depuis cette date.
  • La communauté de vie — vivre ensemble matériellement et affectivement — doit être continue depuis le mariage, sans interruption.
  • Vous devez justifier d'une connaissance suffisante de la langue française et ne pas avoir été condamné(e) à une peine de prison sans sursis de 6 mois ou plus, ni pour un crime ou délit contre les intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme.
  • L'obtention de la nationalité par déclaration n'est pas automatique : votre dossier fait l'objet d'un entretien et d'une instruction par la plateforme d'accès à la nationalité, puis éventuellement par le ministère chargé des naturalisations.

Conditions essentielles

  • Être marié(e) avec un(e) Français(e) depuis au moins 4 ans (5 ans dans certains cas, voir section sur l'ancienneté du mariage).
  • Justifier d'une communauté de vie continue avec votre époux(se) depuis le mariage.
  • Vivre en France régulièrement, avec un titre de séjour en cours de validité au moment du dépôt (sauf ressortissant de l'Espace économique européen ou de Suisse).
  • Ne pas faire l'objet d'un arrêté d'expulsion ou d'une interdiction du territoire français toujours en vigueur.
  • Justifier d'une connaissance suffisante de la langue française.
  • Ne pas avoir été condamné(e) aux conditions écartant l'acquisition (peine de 6 mois ou plus sans sursis, atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, terrorisme).

Les étapes

  • Vérifier que vous remplissez toutes les conditions (ancienneté du mariage, communauté de vie, régularité du séjour, français, casier judiciaire).
  • Remplir le formulaire cerfa n° 15277 en 2 exemplaires, le signer avec votre époux(se), et joindre les 2 photos d'identité et le timbre fiscal électronique de 255 €.
  • Rassembler les pièces d'état civil, de nationalité de votre époux(se), de résidence et de communauté de vie, avec traductions et apostilles le cas échéant.
  • Envoyer ou déposer le dossier auprès de la plateforme d'accès à la nationalité française dépendant de votre lieu de résidence (guichet ou courrier recommandé), ou auprès d'un consulat français si vous résidez à l'étranger.
  • Passer l'entretien auquel vous et votre époux(se) êtes convoqués, avec les originaux de vos documents d'identité et une attestation sur l'honneur de communauté de vie.
  • Attendre la décision : la déclaration est enregistrée si toutes les conditions sont remplies, sinon le dossier est transmis au ministère chargé des naturalisations.
  • En cas d'enregistrement, récupérer l'exemplaire de votre déclaration et conserver précieusement ce document, qui prouve votre nationalité.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — pièces à fournir selon votre situation, traduction et apostille, délais d'instruction, procédure de refus et d'opposition — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des pièces à fournir et des règles propres aux personnes mariées depuis moins de 5 ans ou ayant vécu à l'étranger, voir les sections « Rédiger le formulaire et rassembler les pièces », « Justificatifs d'état civil, de nationalité et de communauté de vie » et « Refus d'enregistrement et opposition du ministre ».

Qui peut bénéficier de la déclaration par mariage ?

La déclaration de nationalité française par mariage est une procédure d'acquisition de la nationalité distincte de la naturalisation par décret : elle ne suppose ni stage, ni condition de ressources, ni examen de naturalisation. Elle suppose en revanche que l'ensemble des conditions posées par le Code civil soit rempli au jour de la souscription de la déclaration.

La procédure est ouverte à l'étranger(e) marié(e) avec un(e) Français(e) qui remplit toutes les conditions légales. Votre époux(se) doit être de nationalité française le jour de votre mariage et avoir conservé la nationalité française depuis cette date : si votre conjoint a perdu la nationalité française après le mariage, la condition n'est pas remplie. Si votre mariage a été célébré à l'étranger, il doit en outre avoir été transcrit sur les registres de l'état civil français, formalisme qui authentifie le mariage auprès des autorités françaises.

La nationalité française peut s'acquérir par mariage selon deux voies distinctes : la déclaration de nationalité (procédure régie par le Code civil, traitée dans cet article) et, à défaut de remplir ses conditions, l'obtention de la nationalité française par une autre procédure — notamment la naturalisation par décret. Si votre mariage ne remplit pas les conditions de la déclaration (par exemple si la communauté de vie a cessé), il convient de vérifier si une autre voie d'acquisition de la nationalité française vous est ouverte.

Règle

Vous devez avoir un titre de séjour en cours de validité au moment du dépôt de votre demande, sauf si vous avez la nationalité d'un pays de l'Espace économique européen ou si vous êtes suisse. De plus, vous ne devez pas avoir fait l'objet d'un arrêté d'expulsion ou d'une interdiction du territoire français toujours en vigueur : ces mesures font obstacle à l'acquisition de la nationalité tant qu'elles demeurent applicables.

La condition de régularité du séjour s'apprécie au jour du dépôt de la déclaration. Le fait d'avoir résidé irrégulièrement dans le passé ne fait pas, à lui seul, obstacle à la demande, pourvu que vous soyez en situation régulière le jour où vous souscrivez votre déclaration.

Ancienneté du mariage et résidence en France

L'ancienneté du mariage est la condition centrale de la procédure. La règle de droit commun est une ancienneté de 4 ans à la date de la déclaration, mais cette durée peut être portée à 5 ans selon votre parcours de résidence depuis le mariage.

Si vous vivez en France sans interruption depuis votre mariage, vous devez être marié(e) depuis 4 ans minimum avec un(e) Français(e) à la date de votre déclaration. La communauté de vie, qui implique de vivre ensemble tant sur le plan matériel qu'affectif, doit s'être exercée en France de manière continue.

Si vous avez vécu moins de 3 ans de manière continue en France depuis votre mariage, deux situations se présentent. Si votre époux(se) français(e) a été inscrit(e) sur les registres consulaires pendant votre séjour à l'étranger, vous devez être marié(e) depuis 4 ans minimum à la date de votre déclaration. Si votre époux(se) n'a pas été inscrit(e) sur les registres consulaires, l'ancienneté exigée est portée à 5 ans minimum.

Règle

Si vous avez vécu plus de 3 ans de manière continue en France depuis le mariage — quel que soit le temps passé à l'étranger auparavant — la règle de droit commun s'applique : 4 ans de mariage minimum à la date de votre déclaration. L'inscription consulaire de votre époux(se) n'est alors pas déterminante.

La preuve de la résidence régulière et ininterrompue en France pendant au moins 3 ans depuis le mariage est apportée par vos titres de séjour, récépissés, contrats de travail, attestations France Travail, factures d'électricité ou bulletins de salaire. Si vous avez résidé à l'étranger, le certificat d'inscription de votre époux(se) français(e) au registre des Français établis hors de France pendant la durée de votre communauté de vie à l'étranger complète le dossier.

Connaissance du français, assimilation et interdictions

Au-delà de l'ancienneté du mariage, trois familles de conditions complémentaires encadrent l'acquisition : la connaissance de la langue française, l'assimilation à la société française et l'absence de condamnations ou de mesures d'éloignement incompatibles avec la procédure.

Vous devez justifier d'une connaissance suffisante de la langue française, en fournissant un diplôme ou une attestation concernant votre niveau en français. L'assimilation à la communauté française implique d'être d'accord avec les principes et valeurs essentiels de la République : des éléments révélant une attitude discriminatoire fondée notamment sur des critères de sexe, de race, de religion ou de nationalité constituent un défaut d'assimilation.

Vous ne devez pas être dans l'une des situations d'interdiction suivantes : avoir été condamné(e) en France à une peine de prison sans sursis de 6 mois ou plus, ou avoir été condamné(e) pour un crime ou un délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme. Toutefois, cette interdiction ne vous concerne pas en cas de réhabilitation ou d'exclusion de la mention de la condamnation du bulletin n° 2 de votre casier judiciaire.

Règle

Vous ne devez pas non plus avoir fait l'objet d'un arrêté d'expulsion ou d'une interdiction du territoire français toujours en vigueur. Ces mesures, lorsqu'elles demeurent applicables, font obstacle à la déclaration de nationalité par mariage indépendamment des autres conditions.

Le ministre en charge des naturalisations peut s'opposer à votre acquisition de la nationalité française pour indignité ou pour défaut d'assimilation autre que linguistique. Une telle opposition ouvre un recours spécifique devant le Conseil d'État dans un délai de 2 mois, avec assistance obligatoire d'un avocat (voir la section « Refus d'enregistrement et opposition du ministre »).

Rédiger le formulaire et rassembler les pièces

La constitution du dossier est l'étape la plus exigeante de la procédure. Elle combine le formulaire cerfa n° 15277, des pièces d'identité et de domicile, des actes d'état civil, des justificatifs de nationalité et de communauté de vie, et éventuellement des traductions ou apostilles.

Le dossier comporte en premier lieu le formulaire cerfa n° 15277 en 2 exemplaires, que vous devez remplir, dater et signer — votre époux(se) doit également le signer. Vous joignez 2 photos d'identité récentes, collées sur les 2 exemplaires du formulaire, ainsi que le timbre fiscal électronique de 255 € (127,50 € en Guyane).

S'y ajoutent la copie d'une pièce d'identité (passeport ou titre de séjour) et la copie d'un justificatif récent de domicile mentionnant nom, prénom et adresse complète. Si vous avez la nationalité d'un pays non européen et que vous êtes allé dans l'espace Schengen à partir d'un État non membre de cet espace pour une durée inférieure à 3 mois au cours des 5 années précédant le dépôt, vous devez fournir votre passeport ou tout document équivalent (par exemple un visa Schengen), et ceux de vos enfants mineurs qui pourraient devenir français à leur majorité.

Règle

Si vous avez des enfants, joignez leurs actes de naissance (majeurs ou mineurs, nés avant ou après le mariage) ; un acte de naissance délivré en France doit avoir moins de 3 mois. Pour vos enfants mineurs étrangers pouvant devenir français en même temps que vous, fournissez les actes d'état civil ou décisions de justice établissant la filiation avec vous, et les documents prouvant leur résidence habituelle avec vous — ou leur résidence alternée en cas de séparation ou divorce (attestation de présence en crèche, certificat de scolarité de l'année en cours). Si vous souhaitez faire une déclaration conjointe de choix de nom pour vos enfants mineurs, joignez le formulaire cerfa n° 15286 rempli et signé.

Lors de votre demande, vous pouvez demander la francisation de vos nom et/ou prénom(s), ainsi que la francisation des prénoms de vos enfants. Vous pouvez aussi demander l'attribution d'un prénom français si vous, ou vos enfants, n'en avez aucun. Ces demandes s'inscrivent dans le dossier de déclaration et suivent les mêmes voies d'instruction.

Justificatifs d'état civil, de nationalité et de communauté de vie

Le dossier doit établir trois réalités juridiques distinctes : votre état civil, la nationalité française de votre époux(se) et la communauté de vie ininterrompue depuis le mariage, assortie le cas échéant d'une preuve de résidence régulière en France.

Pour votre état civil, fournissez votre acte de naissance original, délivré par l'officier d'état civil du lieu où l'acte est conservé et indiquant nom, prénom, date et lieu de naissance de vos parents. S'il manque l'une de ces informations, le service instructeur peut vous demander les actes de naissance de vos parents. Joignez ensuite votre acte de mariage original de moins de 3 mois — si le mariage a été célébré à l'étranger, la copie de sa transcription sur les registres consulaires français, délivrée depuis moins de 3 mois et justifiant d'un mariage contracté depuis 4 ans ou plus.

En cas de mariages antérieurs, fournissez les actes de mariage et tous documents justifiant leur dissolution (copie du jugement de divorce, acte de décès). Pour prouver la nationalité française de votre époux(se), vous devez fournir l'un des documents suivants : acte de naissance original s'il est né en France de 2 parents nés en France, ou copie de son acte de naissance mentionnant sa nationalité française, ou décision de justice lui reconnaissant la qualité de Français(e), ou tout document délivré par les autorités françaises indiquant son acquisition de la nationalité, ou enfin certificat de nationalité française.

Règle

Pour la résidence régulière et la communauté de vie, joignez la copie de votre titre de séjour, ou de votre passeport en cours de validité si vous êtes européen non soumis à l'obligation de détenir un titre de séjour. Tout document prouvant que la communauté de vie tant affective que matérielle n'a pas cessé depuis le mariage est utile : avis d'imposition fiscale commun aux conjoints, actes de naissance de vos enfants communs. Fournissez aussi tout document récent aux deux noms portant votre adresse actuelle : facture récente d'électricité, d'eau ou de téléphone fixe, attestation bancaire récente d'un compte joint en activité.

Si vous êtes marié(e) depuis moins de 5 ans, ajoutez le justificatif de la résidence régulière et ininterrompue en France pendant au moins 3 ans depuis le mariage (titres de séjour, récépissés de demande de titre de séjour ou d'asile, autorisation provisoire de séjour, contrats de travail, attestations France Travail, factures d'électricité, bulletins de salaire). Si vous avez résidé à l'étranger, joignez le certificat d'inscription de votre époux(se) français(e) au registre des Français établis hors de France pendant la durée de votre communauté de vie à l'étranger.

Traduction, légalisation et apostille

Les pièces établies à l'étranger doivent satisfaire des règles de forme précises : traduction en français par un traducteur agréé, et, le cas échéant, légalisation ou apostille. Ces formalités conditionnent l'acceptation de vos documents par le service instructeur.

Un acte de l'état civil doit être fourni en copie intégrale et en original dans la langue du pays d'origine. Un acte de l'état civil français doit être délivré depuis moins de 3 mois. Une copie d'un acte de l'état civil étranger doit être accompagnée, si nécessaire, d'une copie de la décision en exécution de laquelle il a été établi, rectifié ou modifié.

Vous pouvez fournir des copies des documents demandés à l'exception des actes de l'état civil, qui doivent être présentés en original. Vous devez toutefois pouvoir présenter les originaux des documents si nécessaire. Pour la traduction, joignez l'original de la traduction en français de chaque document rédigé en langue étrangère ; la traduction doit être faite par un traducteur agréé ou habilité à intervenir auprès des autorités judiciaires ou administratives d'un autre pays européen. Si vous êtes à l'étranger, adressez-vous à l'ambassade ou au consulat de France pour consulter la liste des traducteurs agréés.

Règle

La traduction d'un extrait plurilingue d'acte de naissance ou d'acte de mariage dont l'une des langues est le français n'est pas nécessaire pour une personne majeure. De plus, pour éviter d'avoir à traduire certains documents délivrés par un pays de l'Union européenne, un formulaire multilingue peut être joint ; le site e-justice de l'Union européenne fournit des informations complémentaires à ce sujet.

Certains documents établis à l'étranger doivent être légalisés ou apostillés pour être acceptés en France. Renseignez-vous auprès de l'ambassade ou du consulat de France dans le pays concerné pour la légalisation, et auprès de l'ambassade ou du consulat du pays concerné pour l'apostille. L'apostille relève de la Convention de La Haye du 5 octobre 1961 supprimant l'exigence de la légalisation des actes publics étrangers.

Dépôt du dossier à la plateforme ou au consulat

Le dépôt du dossier dépend de votre lieu de résidence : en France, il s'effectue auprès de la plateforme d'accès à la nationalité française compétente ; à l'étranger, auprès d'un consulat français. Le mode de dépôt — guichet ou courrier recommandé — varie selon les plateformes.

Vous devez vous adresser à la plateforme d'accès à la nationalité française qui dépend du lieu où vous habitez. Selon les plateformes, le dossier doit être déposé au guichet ou envoyé par courrier en recommandé avec accusé de réception. Une carte interactive permet de savoir quelle démarche vous devez faire selon votre commune de résidence.

Si votre demande est à envoyer par courrier, ajoutez à votre dossier une enveloppe timbrée à votre adresse et une lettre « suivie » 500 grammes vierge, qui serviront au retour de votre dossier. Si vous résidez à l'étranger, vous devez déposer votre dossier auprès d'un consulat français ; les modalités de paiement de la taxe (espèces, carte bancaire ou virement) varient selon les consulats, consultez le site de votre consulat.

Règle

Vous devez impérativement signaler à votre préfecture — ou, si vous résidez à l'étranger, au consulat — tout changement de situation survenu après l'envoi ou le dépôt de votre demande, par exemple un changement d'adresse ou un divorce. Le non-respect de cette obligation de signalement peut compromettre l'instruction de votre dossier.

Le service instructeur peut vous demander d'autres documents que ceux listés, et vous fixer un délai pour les fournir. Si votre dossier n'est pas complet, il peut vous mettre en demeure de fournir les documents manquants ; à défaut, votre dossier peut être classé sans suite.

Entretien et instruction de la déclaration

Le dépôt du dossier n'est que la première étape. Vous et votre époux(se) êtes ensuite convoqués à un entretien, au cours duquel la réalité de votre communauté de vie et votre assimilation à la société française sont vérifiées. Votre dossier est ensuite instruit par la plateforme, puis éventuellement transmis au ministère.

Lors de l'entretien, vous devez fournir les originaux de vos documents officiels d'identité et signer une attestation sur l'honneur certifiant que votre communauté de vie affective et matérielle n'a pas cessé depuis votre mariage. Une fois l'entretien terminé, un récépissé vous est remis : ce document atteste du dépôt de votre déclaration et marque le point de départ des délais d'instruction.

L'assimilation à la communauté française implique d'être d'accord avec les principes et valeurs essentiels de la République. Des éléments révélant une attitude discriminatoire fondée notamment sur des critères de sexe, de race, de religion ou de nationalité constituent un défaut d'assimilation, susceptible de faire échec à l'enregistrement de la déclaration ou de motiver une opposition du ministre.

Règle

La plateforme de naturalisation étudie votre déclaration. Si toutes les conditions sont remplies, votre déclaration est enregistrée. Sinon, votre dossier est transmis au ministère chargé des naturalisations, avec un avis motivé, dans un délai de 6 mois suivant la date de souscription de votre déclaration. Le ministère peut faire procéder à toute enquête complémentaire s'il estime utile de vérifier votre situation et les motifs pouvant empêcher l'obtention de la nationalité française.

Pour vous renseigner sur l'avancement de votre demande ou communiquer des documents compléments, vous devez vous adresser par mail au service en charge de l'instruction des demandes d'acquisition de la nationalité française (adresse de la sous-direction de l'accès à la nationalité française indiquée en fin d'article).

Enregistrement de la déclaration et effets

Lorsque toutes les conditions sont réunies, votre déclaration de nationalité française par mariage est enregistrée. Cet enregistrement emporte des effets juridiques précis : une date d'effet, un document officiel à conserver et l'ouverture du droit aux documents d'identité français.

Votre préfecture — ou votre consulat si vous résidez à l'étranger — vous remet un exemplaire de votre déclaration de nationalité française par mariage. Votre déclaration mentionne qu'elle a été enregistrée. Vous devez conserver ce document, qui constitue la preuve officielle de votre nationalité française.

La date d'effet de votre nationalité française est la date de souscription de votre déclaration, et non la date d'enregistrement : c'est à compter de cette date que vous êtes juridiquement français(e). Cette précision est importante pour l'appréciation de vos droits (droit de vote, droits civiques, etc.) situés dans l'intervalle entre la souscription et l'enregistrement.

Règle

Une fois devenu Français, vous pouvez demander une carte nationale d'identité et/ou un passeport. Si vos enfants sont devenus français en même temps que vous, vous pouvez demander une carte nationale d'identité et un passeport pour chacun d'eux. Un jeune devenu français entre 16 et 25 ans doit se faire recenser dans le mois qui suit l'obtention de la nationalité française.

Vérifiez attentivement votre déclaration de nationalité pour signaler toute éventuelle erreur : en cas d'erreur dans les informations mentionnées sur la déclaration, envoyez un courrier au ministère de l'Intérieur ; en cas d'erreur sur l'acte d'état civil (naissance et/ou mariage), envoyez un courrier au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.

Refus d'enregistrement et opposition du ministre

Si l'une des conditions prévues par la loi n'est pas remplie, le ministre en charge des naturalisations refuse l'enregistrement de votre déclaration. Deux procédures de recours distinctes s'ouvrent alors, selon le motif du refus : le recours devant le tribunal judiciaire pour un refus d'enregistrement, et le recours devant le Conseil d'État contre une opposition motivée par l'indignité ou le défaut d'assimilation.

Le ministère dispose d'un délai de 1 an pour refuser d'enregistrer votre déclaration, ou de 2 ans si une procédure d'opposition à votre acquisition de la nationalité française a été engagée. Ce délai court à partir de la délivrance du récépissé remis à la fin de l'entretien. Le ministère vous notifie sa décision motivée.

Refus d'enregistrement : si les conditions légales ne sont pas remplies, l'enregistrement est refusé. Vous avez alors un délai de 6 mois pour contester la décision devant le tribunal judiciaire compétent de votre lieu de résidence. L'avocat est obligatoire : c'est lui qui se charge de la démarche. Opposition du ministre : le ministre peut s'opposer à votre acquisition de la nationalité française pour indignité ou pour défaut d'assimilation autre que linguistique ; vous avez alors un délai de 2 mois pour contester la décision devant le Conseil d'État, avec avocat obligatoire également.

Règle

La décision de classement sans suite — prononcée si vous ne fournissez pas les documents demandés dans le délai fixé — ne vous empêche pas de faire une nouvelle déclaration de nationalité française. Vous pouvez faire un recours contre cette décision dans un délai de 6 mois devant le tribunal judiciaire.

La distinction entre refus d'enregistrement et opposition est déterminante pour le choix de la juridiction et du délai : 6 mois devant le tribunal judiciaire pour le refus d'enregistrement, 2 mois devant le Conseil d'État pour l'opposition. Dans les deux cas, l'assistance d'un avocat est une obligation légale.

Où s'adresser pour une information complémentaire

Plusieurs services sont compétents selon la nature de votre question : la plateforme d'accès à la nationalité française pour le dépôt du dossier, la sous-direction de l'accès à la nationalité française du ministère de l'Intérieur pour l'avancement de la demande, le Service central d'état civil pour les actes d'état civil, et les ambassades et consulats pour les situations relevant de l'étranger.

Pour le dépôt du dossier, adressez-vous à la plateforme d'accès à la nationalité française compétente pour votre lieu de résidence (carte interactive disponible en ligne), ou au consulat français si vous résidez à l'étranger. Pour suivre l'avancement d'une demande déposée par courrier ou communiquer des documents compléments, contactez par mail la sous-direction de l'accès à la nationalité française.

Ministère de l'Intérieur — Naturalisation : Direction générale des étrangers en France, Direction de l'intégration et de l'accès à la nationalité, Sous-direction de l'accès à la nationalité française, 12 rue Francis-le-Carval, 44404 Rezé Cedex. Par mail : sdanf-accueil@interieur.gouv.fr (et sdanf-brupi-preuve-nat@interieur.gouv.fr pour toute preuve de nationalité française). Service central d'état civil (Scec) : 11 rue de la Maison Blanche, 44941 Nantes Cedex 09 — le Scec n'accueille pas de public, uniquement par courrier ; une demande d'acte d'état civil peut aussi être faite via le téléservice en ligne.

Règle

Pour toute information complémentaire sur l'état civil et la nationalité française, consultez le site diplomatie.gouv.fr ou utilisez le formulaire en ligne du service d'état civil du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.

Attention : des sites internet privés proposent un service payant pour les démarches d'acquisition de la nationalité française, par exemple pour obtenir un rendez-vous en préfecture. Or, excepté le timbre fiscal de 255 €, l'acquisition de la nationalité française est une démarche gratuite : méfiez-vous des intermédiaires payants qui promettent un traitement accéléré.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Nationalité française par mariage

    Vérifiée le 2026-05-15

    Ouvrir
  • Légifrance

    Code civil : article 21-2 (acquisition de la nationalité française par mariage)

    Vérifiée le 2026-05-15

    Ouvrir
  • Légifrance

    Décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité

    Vérifiée le 2026-05-15

    Ouvrir

Voir aussi

L'acquisition de la nationalité française par déclaration de mariage est régie par le Code civil et le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, modifié par le décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025. Seules la taxe de 255 € (127,50 € en Guyane), réglée par timbre fiscal électronique, et les frais éventuels de traduction ou d'apostille sont à votre charge : l'acquisition de la nationalité est par ailleurs une démarche gratuite. Vérifier les dernières évolutions auprès de la plateforme d'accès à la nationalité française compétente pour votre lieu de résidence ou de l'ambassade ou du consulat de France.

Démarches associées

Formulaires associés

Articles liés

Vous ne trouvez pas l'information recherchée ?

Posez votre question dans le forum ou contactez-nous. Notre équipe éditoriale s'appuie sur les retours utilisateurs pour améliorer les fiches.

Démarches en France est un site indépendant, sans affiliation officielle avec l’administration française.