Vue d'ensemble
Devenir français par naturalisation est une démarche longue et exigeante : elle articule des conditions de fond (résidence, assimilation, ressources, moralité), un dossier documentaire dense, un entretien et une enquête administrative. Voici l'essentiel à connaître avant de vous lancer, puis les étapes clés du parcours jusqu'à la publication du décret au Journal officiel.
Ce qu'il faut savoir
- La naturalisation par décret est ouverte aux étrangers majeurs résidant en France de manière légale et habituelle depuis au moins 5 ans en règle générale (exceptions possibles : réfugiés, personnes venues de pays francophones, anciens combattants, services exceptionnels à la France — durée ramenée à 2 ans ou supprimée).
- Le dépôt est possible dès 17 ans ; la naturalisation suppose d'avoir 18 ans au moment de l'obtention.
- L'assimilation à la communauté française se vérifie par la réussite de l'examen civique et un entretien en préfecture ; la connaissance de la langue française doit atteindre le niveau B1.
- L'insertion professionnelle est une condition essentielle : il faut disposer de revenus stables et suffisants pour soi et son foyer fiscal.
- La démarche coûte 255 € (timbre fiscal), soit 127,50 € en Guyane ; l'acquisition de la nationalité est sinon gratuite — méfiez-vous des sites privés payants.
- L'administration a 18 mois à partir du récépissé pour répondre, 12 mois si vous résidez en France depuis au moins 10 ans ; ce délai peut être prolongé 1 fois de 3 mois.
Conditions essentielles
- Être âgé de 18 ans (dépôt possible dès 17 ans) et avoir un titre de séjour en cours de validité au moment du dépôt (sauf ressortissants européens (EEE) et suisses).
- Résider en France depuis au moins 5 ans, avec le centre de ses intérêts matériels (notamment professionnels) et de ses liens familiaux en France.
- Ne pas faire l'objet d'un arrêté d'expulsion ou d'une interdiction du territoire français toujours en vigueur.
- Justifier de l'assimilation à la communauté française (examen civique + entretien), d'une connaissance suffisante du français et d'une insertion professionnelle stable.
- Être de bonnes vie et mœurs : pas de condamnation à une peine sans sursis de 6 mois ou plus, ni de crime ou délit contre les intérêts fondamentaux de la Nation ou acte de terrorisme (sauf réhabilitation ou exclusion de la mention au bulletin n°2 du casier judiciaire).
Les étapes
- Vérifier votre éligibilité (âge, résidence, titre de séjour, conditions d'assimilation et de moralité).
- Rassembler les documents : état civil, domicile, ressources et impôts, diplôme ou attestation de français, attestation d'examen civique, justificatifs familiaux, casier judiciaire étranger si nécessaire.
- Acheter le timbre fiscal de 255 € (127,50 € en Guyane) et constituer le dossier.
- Envoyer la demande en ligne via le téléservice de l'ANTS (recommandé) ou par courrier avec le formulaire CERFA n° 12753 auprès de la plateforme de naturalisation de votre domicile.
- Conserver le récépissé et suivre l'avancement (espace personnel en ligne, notifications par mail).
- Répondre aux éventuelles demandes de documents complémentaires dans le délai fixé, puis passer l'entretien avec les originaux des documents.
- Attendre la décision : inscription au décret publié au Journal officiel, ou décision motivée de refus ou de classement sans suite.
Cette synthèse reprend les règles essentielles de la naturalisation par décret. Les détails — documents à fournir par catégorie de situation, modalités d'envoi en Guyane ou à l'étranger, calcul des délais, recours — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les justificatifs détaillés par situation (couple, enfants, divorce, ressources) et les voies de recours, voir les sections « Préparer le dossier de naturalisation » et « Si la demande est refusée : voies de recours ».
Qui peut demander la naturalisation par décret ?
La naturalisation par décret s'adresse aux étrangers qui souhaitent acquérir la nationalité française tout en résidant en France. Elle se distingue de la déclaration de nationalité (mariage, filiation, naissance en France) : ici, c'est le Gouvernement qui accorde la nationalité par une décision discrétionnaire encadrée par la loi.
Vous devez être âgé de 18 ans pour être naturalisé français. Vous pouvez toutefois déposer votre demande dès l'âge de 17 ans. La naturalisation peut aussi être accordée à un enfant mineur resté étranger bien que l'un de ses parents soit devenu français, à condition que l'enfant ait résidé en France avec ce parent durant les 5 années précédant le dépôt de la demande.
La naturalisation par décret suppose de résider en France au moment de la signature du décret (la décision), c'est-à-dire d'avoir en France le centre de vos intérêts matériels (notamment professionnels) et de vos liens familiaux. Si vous résidez en France mais que votre époux ou épouse et/ou vos enfants résident à l'étranger, la nationalité française peut vous être refusée.
Règle
Certaines situations permettent d'être naturalisé sans remplir la condition de durée de résidence de 5 ans (durée ramenée à 2 ans ou supprimée) : il s'agit notamment des réfugiés, des personnes venues de pays francophones, des anciens combattants et de celles qui ont rendu des services exceptionnels à la France. Par ailleurs, vous pouvez être naturalisé sans attendre l'écoulement normal des 5 ans si vous exercez une activité professionnelle publique ou privée pour le compte de l'État français ou d'un organisme dont l'activité présente un intérêt particulier pour l'économie ou la culture française, si vous résidez à Monaco, si vous faites votre service national ou êtes engagé dans une formation régulière de l'armée française, ou si vous êtes volontaire du service national. Si vous remplissez l'une de ces conditions, cela implique que votre époux(se) et vos enfants mineurs qui habitent avec vous les remplissent aussi.
- Majeurs : dépôt possible dès 17 ans, naturalisation à partir de 18 ans.
- Mineur : enfant resté étranger d'un parent devenu français, s'il a vécu en France avec lui pendant 5 ans.
- Résidence habituelle : 5 ans minimum en règle générale, avec exceptions (réfugiés, pays francophones, anciens combattants, services exceptionnels).
- Titre de séjour : exigé au moment du dépôt, sauf ressortissants européens (EEE) et suisses.
- Interdictions : aucun arrêté d'expulsion ni interdiction du territoire français en vigueur.
Si vous ne remplissez pas toutes les conditions de la naturalisation par décret, vérifiez si vous pouvez devenir français par une autre procédure (mariage avec un Français, naissance en France, réintégration, déclaration par ascendant).
Conditions de résidence en France
La condition de résidence est au cœur de la naturalisation : il ne suffit pas d'être présent sur le territoire, il faut y avoir implanté sa vie familiale et professionnelle de façon habituelle et continue.
Une durée minimale de 5 ans de résidence en France est exigée. Des exceptions existent (voir la section précédente). La résidence doit être légale et habituelle : vous devez avoir un titre de séjour en cours de validité au moment du dépôt de votre demande, sauf si vous êtes européen (EEE) ou suisse.
Résider en France signifie que vous devez y avoir le centre de vos intérêts matériels (notamment professionnels) et de vos liens familiaux. Cette implantation s'apprécie concrètement : emploi ou activité en France, foyer fiscal, logement, vie familiale. Si vous résidez en France mais que votre époux ou épouse et/ou vos enfants résident à l'étranger, la nationalité française peut vous être refusée.
Règle
Vous ne devez pas avoir fait l'objet d'un arrêté d'expulsion ou d'une interdiction du territoire français (ITF) toujours en vigueur. Si vous avez la nationalité d'un pays non européen et que vous êtes allé dans l'espace Schengen à partir d'un État ne faisant pas partie de cet espace pour une durée inférieure à 3 mois au cours des 5 années précédant le dépôt, vous devez fournir votre passeport ou tout document équivalent (par exemple un visa Schengen), et ceux de vos enfants mineurs qui pourraient devenir français à leur majorité.
La condition de résidence de 10 ans réduit le délai maximal d'instruction de la demande (12 mois au lieu de 18 mois) : c'est un argument à connaître si vous êtes installé(e) en France depuis longtemps.
Assimilation, langue française et insertion professionnelle
Au-delà de la durée de résidence, l'administration évalue votre adhésion à la communauté française, votre maîtrise du français et votre capacité à subvenir à vos besoins. Ces trois piliers — assimilation, langue, insertion professionnelle — sont déterminants dans l'instruction du dossier.
Vous devez justifier de votre assimilation à la communauté française. Cette assimilation est vérifiée par la réussite à l'examen civique et un entretien en préfecture. L'entretien a pour but de vérifier votre adhésion aux principes et valeurs essentiels de la République, tels qu'indiqués par la charte des droits et devoirs du citoyen français.
Vous devez justifier d'une connaissance suffisante de la langue française — le niveau attendu pour la naturalisation est celui du B1 (niveau intermédiaire du cadre européen commun de référence pour les langues). Un diplôme ou une attestation justifiant de ce niveau doit être joint au dossier. Pour préparer l'entretien, vous pouvez consulter le livret du citoyen.
Règle
L'insertion professionnelle est une condition essentielle de l'assimilation et de l'intégration en France : vous devez avoir des revenus stables et suffisants pour subvenir à vos besoins et à ceux de votre foyer fiscal. L'administration vérifie également votre comportement civique (par exemple le paiement des impôts) et peut compléter son enquête par une consultation des organismes consulaires et sociaux. Votre éventuel passé judiciaire en France et à l'étranger est contrôlé.
Si vous ne vous présentez pas à l'entretien, sans raison légitime, votre demande peut être classée sans suite — c'est-à-dire qu'elle ne sera pas étudiée.
Moralité, cas particuliers et situation familiale
La condition de « bonnes vie et mœurs » exclut certaines condamnations pénales de la naturalisation. Par ailleurs, la situation familiale (couple, divorces antérieurs, enfants) impose des justificatifs supplémentaires et peut révéler des cas particuliers.
Vous devez être de bonnes vie et mœurs, ce qui signifie notamment que vous ne devez pas avoir commis d'actes contraires à l'ordre public. Vous ne devez pas être dans l'une des situations suivantes : avoir été condamné(e) en France à une peine de prison sans sursis de 6 mois ou plus ; avoir été condamné(e) pour un crime ou un délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme. Toutefois, cette exclusion ne vous concerne pas en cas de réhabilitation ou d'exclusion de la mention de la condamnation du bulletin n°2 de votre casier judiciaire.
Si les deux membres d'un couple veulent déposer une demande de naturalisation, ils doivent constituer deux dossiers séparés. Lors de la demande, vous pouvez demander la francisation de votre nom et/ou de vos prénom(s), ainsi que la francisation des prénoms de vos enfants. Vous pouvez aussi demander l'attribution d'un prénom français, si vous ou vos enfants n'en avez aucun.
Règle
Des justificatifs complémentaires sont exigés selon votre situation : si vous vivez en couple ; si vous avez déjà été marié (divorce ou veuvage) ; si vous avez des enfants mineurs ; si vous êtes ancien combattant ou légionnaire (état des services, décorations et citations obtenues). Si vous vivez en France depuis moins de 10 ans, vous devez fournir un extrait original de casier judiciaire étranger ou document équivalent, délivré par une autorité compétente du ou des pays dans lesquels vous avez vécu, ou à défaut de votre pays de nationalité — ce document n'est pas exigé, concernant votre pays d'origine, si vous êtes réfugié ou apatride protégé par l'Ofpra.
L'enquête sur le comportement civique et le contrôle du passé judiciaire complètent l'examen des justificatifs : la transparence sur votre historique pénal et fiscal est indispensable, toute dissimulation pouvant entraîner le rejet ou, plus tard, le retrait du décret.
Préparer le dossier de naturalisation
Le dossier de naturalisation est un ensemble documentaire précis. Même lorsque l'envoi se fait en ligne, vous devez préparer les originaux des documents : ils vous seront demandés lors de l'entretien. Un dossier incomplet ou mal traduit retarde l'instruction.
Préparez les documents suivants pour constituer votre dossier : le timbre fiscal de 255 € (127,50 € en Guyane) ; la copie recto-verso de votre titre de séjour en cours de validité, sauf si vous avez la nationalité suisse ou d'un État européen (UE/EEE) ; un document officiel d'identité (passeport ou titre de séjour) ; les justificatifs de votre état civil et de nationalité ; les justificatifs de votre domicile ; les justificatifs de vos ressources et de vos impôts ; un diplôme ou attestation justifiant votre niveau de connaissance de la langue française ; l'attestation justifiant de la réussite à l'examen civique ; les justificatifs si vous vivez en couple ; les justificatifs si vous avez déjà été marié (divorce ou veuvage) ; les justificatifs si vous avez des enfants mineurs.
Un acte de l'état civil doit être fourni en copie intégrale et en original dans la langue du pays d'origine. Un acte de l'état civil français doit être délivré depuis moins de 3 mois. Une copie d'un acte de l'état civil étranger doit être accompagnée, si nécessaire, d'une copie de la décision en exécution de laquelle il a été établi, rectifié ou modifié. Vous pouvez fournir des copies des autres documents, mais vous devez pouvoir présenter les originaux si nécessaire.
Règle
Vous devez joindre une traduction en français de chaque document rédigé en langue étrangère, dans l'original de la traduction, effectuée par un traducteur agréé ou habilité à intervenir auprès des autorités judiciaires ou administratives d'un autre pays européen. La traduction d'un extrait plurilingue d'acte de naissance ou d'acte de mariage dont l'une des langues est le français n'est pas nécessaire pour une personne majeure. Un formulaire multilingue peut être joint pour certains documents délivrés par un pays de l'Union européenne. Certains documents établis à l'étranger doivent enfin être légalisés ou apostillés pour être acceptés en France.
- Timbre fiscal de 255 € (127,50 € en Guyane).
- Titre de séjour en cours de validité (copie recto-verso), sauf EEE/Suisse.
- État civil et nationalité : actes en copie intégrale et original ; acte français de moins de 3 mois.
- Domicile : justificatifs de votre adresse en France.
- Ressources et impôts : avis d'imposition et justificatifs de revenus stables.
- Français (B1) : diplôme ou attestation de niveau.
- Examen civique : attestation de réussite.
- Situation familiale : couple, mariage antérieur (divorce/veuvage), enfants mineurs.
- Casier judiciaire étranger (si résidence en France depuis moins de 10 ans), sauf réfugié/apatride Ofpra.
- Traductions par traducteur agréé, légalisation ou apostille si nécessaire.
Selon votre situation, d'autres documents peuvent vous être demandés. Le service instructeur peut demander des documents complémentaires ou vous fixer des formalités administratives nécessaires à l'examen de votre demande.
Envoyer la demande : en ligne ou par courrier
La démarche varie selon où vous habitez et selon que vous préférez le dépôt en ligne ou le format papier. Le dépôt en ligne est recommandé : il permet de suivre l'avancement et de répondre aux demandes complémentaires depuis un espace personnel.
Vous pouvez envoyer votre demande en ligne, via le téléservice de demande d'accès à la nationalité française (ANTS). À chaque étape du traitement de votre demande, vous recevez un mail à l'adresse électronique indiquée. En cas de difficultés, vous pouvez bénéficier d'un accompagnement auprès du centre de contact citoyens de l'ANTS (tél. 0806 001 620, numéro non surtaxé, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h, depuis la France métropolitaine, l'Outre-Mer et l'étranger), via un point d'accueil numérique installé dans chaque préfecture et dans la plupart des sous-préfectures, ou à l'aide du formulaire d'assistance aux usagers.
Si vous ne parvenez pas à déposer votre demande via le téléservice, vous pouvez déposer votre demande par courrier auprès de la plateforme de naturalisation de votre domicile. Toutefois, vous devez fournir, soit un mail du centre de contact citoyens de l'ANTS, soit un document de la préfecture ou de la sous-préfecture attestant de l'impossibilité de déposer votre demande en ligne. Ajoutez à votre dossier une enveloppe timbrée à votre adresse et une lettre « suivie » 500 g vierge. Le formulaire papier de référence est le CERFA n° 12753 (demande d'acquisition de la nationalité française par naturalisation ou réintégration).
Règle
Si vous habitez en Guyane et que vous n'êtes pas actuellement légionnaire, vous devez déposer votre dossier auprès de la préfecture de la Guyane. Si vous êtes à l'étranger, le dépôt se fait auprès de l'ambassade ou du consulat français compétent. Un récépissé vous est délivré lorsque vous avez fourni tous les documents demandés.
Même avec le téléservice, préparez les originaux : l'entretien qui suivra sera l'occasion de les présenter. Conservez précieusement le récépissé : il démarre le délai d'instruction de votre dossier.
Coût de la démarche
La naturalisation comporte un seul paiement obligatoire : un timbre fiscal. Attention aux arnaques : de nombreux sites privés proposent des services payants qui ne sont pas nécessaires.
La démarche coûte 255 €, soit 127,50 € en Guyane. Cette taxe se règle avec un timbre fiscal. L'acquisition de la nationalité française est par ailleurs une démarche gratuite : excepté le timbre fiscal, aucun autre paiement n'est exigé par l'administration.
Des sites internet privés proposent un service payant pour les démarches d'acquisition de la nationalité française — par exemple pour vous obtenir un rendez-vous en préfecture ou monter votre dossier. Ces services ne sont ni requis ni supervisés par l'administration : seul le timbre fiscal constitue une dépense officielle.
Règle
Si vous déposez votre dossier à l'ambassade ou au consulat (demande déposée à l'étranger), le paiement de 255 € se fait auprès du consulat, lors du dépôt de votre dossier. Consultez le site de votre consulat pour savoir quels moyens de paiement sont acceptés (espèces, carte bancaire ou virement).
En cas de doute sur la légitimité d'une demande de paiement, vérifiez toujours auprès des sites officiels (Service-Public.gouv.fr, immigration.interieur.gouv.fr) avant de régler quoi que ce soit.
Suivi du dossier, entretien et enquête
Après le dépôt, votre dossier entre en instruction. Vous pouvez suivre son avancement, devez répondre aux demandes complémentaires, puis êtes convoqué à un entretien si votre demande est jugée recevable.
Vous pouvez suivre l'avancement de votre demande sur votre espace personnel en ligne et répondre aux éventuelles demandes supplémentaires (document manquant, non-conformité de l'état civil). À chaque étape du traitement, vous recevez une notification par mail. Le service instructeur peut vous demander de fournir des documents complémentaires ou de faire des formalités administratives nécessaires à l'examen de votre demande ; il vous fixe un délai pour ces démarches.
Si votre demande est recevable, vous serez convoqué à un entretien. L'entretien vérifie votre assimilation à la communauté française, notamment votre adhésion aux principes et valeurs essentiels de la République, en référence à la charte des droits et devoirs du citoyen français. Vous devez apporter les originaux des documents tels qu'ils sont indiqués sur votre convocation. À la fin de l'entretien, vous devez signer la charte des droits et devoirs du citoyen français.
Règle
Une enquête est faite sur votre comportement civique (manifesté par exemple par le paiement des impôts). L'enquête peut être complétée par une consultation des organismes consulaires et sociaux. L'administration vérifie également votre éventuel passé judiciaire en France et à l'étranger.
- Suivi : espace personnel en ligne, notifications par mail à chaque étape.
- Demandes complémentaires : documents ou formalités à fournir dans un délai fixé ; à défaut, classement sans suite possible.
- Entretien : convoqué si la demande est recevable ; originaux des documents à apporter ; signature de la charte des droits et devoirs du citoyen français.
- Enquête : comportement civique, impôts, organismes consulaires et sociaux, passé judiciaire en France et à l'étranger.
- Absence à l'entretien : sans raison légitime, la demande peut être classée sans suite.
Si votre situation change après la délivrance du récépissé (situation familiale ou professionnelle, changement d'adresse), vous devez informer l'administration : via votre espace personnel en ligne si vous avez déposé en ligne, ou en remplissant la déclaration de changement de situation jointe au formulaire CERFA n° 12753 si vous avez déposé par courrier, en joignant les justificatifs.
Délais de réponse de l'administration
La naturalisation n'est pas un droit automatique : l'administration dispose de délais encadrés pour statuer. Ces délais courent à partir de la délivrance du récépissé et varient selon votre ancienneté de résidence.
L'administration a 18 mois au maximum à partir de la délivrance du récépissé pour répondre à une demande de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française. Ce délai est réduit à 12 mois lorsque vous justifiez avoir votre résidence habituelle en France depuis au moins 10 ans à la date de la remise du récépissé.
Les délais de réponse peuvent être prolongés 1 fois pour une période de 3 mois. Dans ce cas, l'administration doit motiver sa décision de prolongation, c'est-à-dire expliquer pourquoi elle a besoin de plus de temps pour répondre.
Règle
Le délai légal maximale de réponse s'applique que votre dossier ait été déposé en ligne ou par courrier. Pendant toute cette durée, conservez votre récépissé et assurez-vous que vos coordonnées (adresse, mail) restent à jour pour recevoir les notifications.
L'expiration du délai sans réponse ne vaut pas accord : c'est l'inscription au décret publiée au Journal officiel qui matérialise l'acceptation. En l'absence de publication, une décision motivée (favorable ou défavorable) vous sera notifiée.
Si la demande est acceptée : le décret de naturalisation
L'acceptation de la demande se traduit par l'inscription de votre nom dans un décret de naturalisation publié au Journal officiel. Ce décret produit des effets précis, notamment sur vos enfants mineurs, et peut faire l'objet d'un retrait dans des conditions encadrées.
Vous êtes informé par mail de votre inscription dans le décret de naturalisation après sa publication au Journal officiel (ou par courrier si vous n'avez pas communiqué d'email lors de la constitution de votre dossier). Vous devez ensuite télécharger votre décret de naturalisation sur le site Légifrance. Le décret de naturalisation prend effet à la date de sa signature.
Vos enfants mineurs non mariés qui résident habituellement avec vous deviennent également français si leur nom est mentionné dans le décret de naturalisation. La minorité de l'enfant s'apprécie à la date de signature du décret.
Règle
Le décret de naturalisation peut être retiré dans le délai de 2 ans à partir de sa publication au Journal officiel, sur avis conforme du Conseil d'État, si l'administration constate que vous ne remplissez pas les conditions. Le décret peut également être retiré en cas de fraude, dans un délai de 2 ans à partir de la découverte de la fraude.
Une fois devenu français, vous pouvez demander une carte nationale d'identité et/ou un passeport. Si vos enfants sont devenus français en même temps que vous, vous pouvez demander ces documents pour chacun d'eux. Un jeune devenu français entre 16 et 25 ans doit se faire recenser dans le mois qui suit l'obtention de la nationalité française.
Si la demande est refusée : voies de recours
L'administration peut prendre une décision défavorable : irrecevabilité, rejet, ajournement ou classement sans suite. Chaque situation ouvre des voies de recours spécifiques, et certaines décisions permettent de présenter une nouvelle demande.
L'administration peut prendre une décision défavorable si votre demande est irrecevable ou inopportune. La décision de l'administration doit être motivée. Votre demande est irrecevable si les conditions fixées par la loi ne sont pas remplies : si les motifs de l'irrecevabilité disparaissent, vous pouvez faire une nouvelle demande.
Votre demande est inopportune si l'acquisition de la nationalité française n'est pas, ou pas encore, envisageable : votre demande peut être refusée (rejetée) ou reportée (ajournée). En cas de report, un délai est imposé, par exemple pour vous permettre d'améliorer votre insertion professionnelle. Une fois ce délai passé, vous pouvez faire une nouvelle demande.
Règle
Si votre demande a été déclarée inopportune et refusée (rejetée), une nouvelle demande présentée moins de 5 ans après la notification du refus peut être classée sans suite, après examen des éventuelles circonstances nouvelles que vous indiquez. Si votre demande a été déclarée inopportune et reportée (ajournée), une nouvelle demande présentée avant la fin du délai imposé peut être classée sans suite. Une demande classée sans suite signifie qu'elle n'est pas étudiée ; la décision de classement sans suite indique les voies et délais de recours.
- Irrecevable : conditions légales non remplies → nouvelle demande possible si les motifs disparaissent.
- Inopportune refusée (rejetée) : nouvelle demande moins de 5 ans après la notification peut être classée sans suite, sauf circonstances nouvelles.
- Inopportune reportée (ajournée) : délai imposé ; nouvelle demande avant la fin de ce délai = classement sans suite.
- Classée sans suite : le dossier n'est pas étudié ; la décision indique les voies et délais de recours.
- Recours : le recours administratif préalable auprès du ministre chargé des naturalisations n'est pas obligatoire ; vous pouvez directement faire un recours contentieux.
Si votre demande a été déposée en ligne, le recours contre une décision défavorable s'effectue via votre espace personnel ; si elle a été déposée par courrier, les voies de recours sont précisées dans la notification de la décision.
Après la naturalisation et corrections possibles
Après la publication du décret, deux démarches peuvent se présenter : la régularisation d'erreurs de transcription dans le Journal officiel, et l'obtention des documents d'identité français pour vous et vos enfants.
Si vous constatez une erreur, un oubli… dans le décret de naturalisation publié au Journal officiel, vous pouvez demander une rectification si le décret contient une ou plusieurs erreurs, ou une modification si le décret ne prend pas en compte un évènement survenu avant sa signature. Un téléservice permet de faire cette démarche en ligne lorsque votre dossier a été envoyé en ligne.
Si vous avez envoyé votre dossier papier et que vous constatez une erreur de transcription relative à votre état civil dans le décret publié au Journal officiel, signalez-la par courrier ou par mail au ministère de l'intérieur (Direction générale des étrangers en France, Direction de l'intégration et de l'accès à la nationalité).
Règle
Une fois devenu français, demandez une carte nationale d'identité et/ou un passeport. Pour vos enfants devenus français avec vous, ces documents peuvent être demandés individuellement. Un jeune devenu français entre 16 et 25 ans doit se faire recenser dans le mois qui suit l'obtention de la nationalité française.
Vérifiez attentivement les mentions d'état civil du décret dès sa publication : la rectification est plus simple avant toute demande de documents d'identité.
Qui peut aider ?
Plusieurs points d'appui officiels accompagnent les demandeurs de naturalisation, du dépôt en ligne jusqu'au suivi du dossier.
Le centre de contact citoyens de l'ANTS répond aux questions sur le dépôt en ligne et le suivi du dossier : 0806 001 620 (numéro non surtaxé), du lundi au vendredi de 9 h à 17 h, depuis la France métropolitaine, l'Outre-Mer et l'étranger. Un formulaire de contact et un formulaire d'assistance aux usagers sont disponibles en ligne.
Règle
Des points d'accueil numérique sont installés dans chaque préfecture et dans la plupart des sous-préfectures : ils permettent d'obtenir de l'aide pour le dépôt en ligne et des informations sur le suivi. Renseignez-vous auprès de votre préfecture pour savoir comment prendre rendez-vous. Les plateformes de naturalisation (carte interactive officielle) recensent, pour chaque département, l'adresse du guichet d'accueil du public, l'adresse postale, les horaires d'ouverture et les coordonnées.
- Centre de contact citoyens ANTS : 0806 001 620, aide au dépôt en ligne et suivi (lundi-vendredi, 9 h-17 h).
- Points d'accueil numérique : dans les préfectures et sous-préfectures, aide au dépôt en ligne.
- Plateformes de naturalisation : annuaire officiel des guichets par département (carte interactive IGN).
- Ambassades et consulats de France : dépôt des dossiers à l'étranger et liste des traducteurs agréés.
- Formulaires officiels : CERFA n° 12753 (dépôt papier), téléservice en ligne (dépôt dématérialisé).
Ces services sont gratuits et officiels : aucun intermédiaire payant n'est nécessaire pour déposer ou suivre une demande de naturalisation.
Textes applicables
- Code civil : articles 21-14-1 à 21-25-1Légifrance
- Code civil : articles 21-26 à 21-27-1Légifrance
- Code civil : articles 21-28 et 21-29Légifrance
- Code civil : articles 22 à 22-3Légifrance
- Code civil : articles 27 à 27-3Légifrance
- Décret n°2012-127 du 30 janvier 2012 approuvant la charte des droits et devoirs du citoyen françaisLégifrance
- Décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025 modifiant le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 - déclarations de nationalité, décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité françaiseLégifrance
- Décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité françaiseLégifrance
- Arrêté du 3 juillet 2026 portant approbation du livret du citoyen mentionné à l'article 37 du décret n° 93-136 du 30 décembre 1993 modifié relatif aux procédures concernant la nationalité françaiseLégifrance
- Arrêté du 10 octobre 2025 relatif au programme, aux épreuves et aux modalités d'organisation de l'examen civiqueLégifrance
- Arrêté du 3 février 2023 relatif au dépôt et à la notification des communications de l'administration dans les procédures dématérialisées d'acquisition ou de perte de la nationalité françaiseLégifrance
- Arrêté du 3 février 2023 relatif à l'accueil et à l'accompagnement des usagers pour l'accomplissement, par voie électronique, des formalités liées aux demandes relatives à la nationalité françaiseLégifrance
- Arrêté du 30 juillet 2021 fixant le calendrier de déploiement des différentes procédures dématérialisées d'acquisition ou de perte de la nationalité françaiseLégifrance
- Arrêté du 19 mars 2015 relatif aux modalités d'instruction des demandes de naturalisationLégifrance
- Circulaire du 2 mai 2025 concernant les orientations relatives à l’acquisition de la nationalité française par décision de l’autorité publiqueLégifrance
- Circulaire du 6 mai 2019 relative aux conséquences de propos ou d'actes à caractère raciste ou antisémite tenus ou commis par un étranger sur le droit au séjour et l'accès à la nationalité françaiseLégifrance
- Circulaire du 27 juillet 2010 relative à la déconcentration de la procédure d'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publiqueLégifrance
- Code général des impôts : articles 4A à 8 quinquiesLégifrance
- Code pénal : articles 421-1 à 421-8Légifrance
- Convention du 19 juin 1990 d'application de l'accord de Schengen du 14 juin 1985eur-lex.europa.eu
- Décret n°65-67 du 22 janvier 1965 portant publication de la convention de La Haye du 5 octobre 1961 supprimant l'exigence de la légalisation des actes publics étrangersLégifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Naturalisation française par décret
Vérifiée le 2026-09-19
Voir aussi
- Demande en ligne de naturalisation française ou de réintégration (téléservice ANTS)
- Formulaire CERFA n° 12753 — Demande d'acquisition de la nationalité française
- Charte des droits et devoirs du citoyen français (Légifrance)
- Plateformes de naturalisation — carte officielle IGN
Les conditions et la procédure de naturalisation par décret sont fixées par le code civil (livre Ier, titre II) et la circulaire interministérielle sur l'application de ce titre. Le montant de la taxe (255 €, 127,50 € en Guyane) et les délais d'instruction (18 mois, 12 mois après 10 ans de résidence) doivent être vérifiés avant le dépôt. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
