Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de saisir une injonction de payer : types de créances admises, conditions, tribunal compétent, délais et procédure simplifiée pour les petites créances.
Ce qu'il faut savoir
- L'injonction de payer permet d'obtenir un titre exécutoire sans audience, sur la seule base du dossier présenté au juge.
- La créance peut provenir d'un contrat (facture, reconnaissance de dette, caution...), d'une obligation statutaire (charges de copropriété, cotisation obligatoire) ou d'un acte de commerce (lettre de change, billet à ordre, bordereau Dailly).
- Il n'y a pas de plafond de montant pour la créance principale : l'injonction de payer est ouverte quel que soit le montant dû.
- Depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, l'ordonnance portant injonction de payer doit être signifiée dans les 3 mois (contre 6 mois auparavant), sous peine d'annulation.
- Le débiteur dispose d'un délai d'1 mois à compter de la signification pour faire opposition ; ce délai est suspensif d'exécution.
- La procédure d'injonction de payer n'est pas applicable aux impayés de pension alimentaire ni aux chèques sans provision.
- Pour les créances n'excédant pas 5 000 €, une procédure simplifiée de recouvrement permet au commissaire de justice de délivrer un titre exécutoire avec l'accord du créancier et du débiteur.
Conditions essentielles
- La créance doit être certaine (non raisonnablement contestable), liquide (montant déterminé) et exigible (échéance de paiement passée).
- La créance ne doit pas être prescrite.
- La demande se fait par requête écrite (formulaire CERFA adapté à la nature de la créance).
- Le tribunal compétent est en principe celui du domicile du débiteur (ou du lieu de situation de l'immeuble pour les charges de copropriété).
- Pour la procédure simplifiée, le montant total de la créance (intérêts inclus) ne doit pas excéder 5 000 €.
Les étapes
- Vérifier que la créance remplit les conditions (certaine, liquide, exigible, non prescrite) et que la procédure est applicable (pas de pension alimentaire, pas de chèque sans provision).
- Choisir le tribunal compétent selon la nature de la créance et remplir le formulaire CERFA correspondant.
- Rédiger la requête avec le bordereau de pièces et les justificatifs, puis la déposer au tribunal (accueil ou voie postale) ou utiliser une téléprocédure en ligne.
- Attendre le jugement du juge, qui rend une ordonnance portant injonction de payer (acceptation totale ou partielle) ou rejette la demande.
- Faire signifier l'ordonnance par un commissaire de justice à chacun des débiteurs dans le délai de 3 mois (ordonnances rendues à compter du 1ᵉʳ septembre 2026).
- Attendre le délai d'opposition de 1 mois sans que le débiteur ne réagisse, puis demander au greffe un certificat d'absence d'opposition.
- En cas d'inexécution volontaire, faire pratiquer une exécution forcée (saisie de biens ou de compte bancaire) par un commissaire de justice.
Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. Les modalités propres à chaque nature de créance (loyers impayés, crédit à la consommation, dettes commerciales, Alsace-Moselle), les tarifs de la procédure simplifiée et les recours sont détaillés dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux créances commerciales, à l'Alsace-Moselle ou à la procédure simplifiée des petites créances, voir les sections « Devant quel juge saisir l'injonction de payer ? » et « La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances ».
Quand utiliser l'injonction de payer ?
L'injonction de payer est une procédure extraordinaire destinée aux créanciers dont le débiteur ne s'acquitte pas de sa dette. Elle dépend de l'origine de la créance et de ses caractéristiques juridiques.
L'injonction de payer est une requête adressée au juge qui permet d'obtenir une ordonnance enjointant au débiteur de payer une somme certaine, liquide et exigible. La procédure se déroule sans audience : le juge statue sur la base du dossier écrit.
Contrairement à une assignation classique, l'injonction de payer n'implique pas de confrontation contradictoire initiale. Le juge examine les pièces du créancier et rend une ordonnance portant injonction de payer s'il estime la demande justifiée. Cette ordonnance constitue un titre exécutoire qui ouvre la voie au recouvrement forcé si le débiteur ne paie pas volontairement. La procédure est particulièrement adaptée aux impayés de loyers, aux factures non réglées, aux reconnaissances de dette et aux dettes commerciales entre professionnels.
Règle
Vous pouvez faire une demande d'injonction de payer si votre créance a pour origine l'un des engagements suivants : un contrat (achat, emprunt, facture, reconnaissance de dette, caution...), une obligation à caractère statutaire (charges de copropriété, adhésion obligatoire à un organisme tel qu'une caisse de retraite) ou un acte de commerce (lettre de change, billet à ordre, cession de créance professionnelle par bordereau Dailly).
La procédure d'injonction de payer n'est pas applicable en cas d'impayés de pension alimentaire ni en cas de chèque sans provision. Dans ces deux cas, des procédures spécifiques existent. Il n'y a en revanche aucune limitation de montant pour la créance principale.
- Contrat : achat, emprunt, facture, reconnaissance de dette, caution.
- Obligation statutaire : charges de copropriété, cotisation à un organisme d'adhésion obligatoire.
- Acte de commerce : lettre de change, billet à ordre, bordereau Dailly (cession de créance professionnelle).
Les conditions que doit remplir la créance
Pour que le juge accepte l'injonction de payer, la créance doit réunir trois caractéristiques cumulatives et ne pas être prescrite.
La créance doit être certaine, liquide et exigible. On dit qu'elle doit être « CLC ». Ces trois conditions sont examinées par le juge au stade de la requête.
Une créance est certaine lorsque son existence ne peut pas raisonnablement être contestée : le contrat, la facture ou l'acte constatant la dette est établi. Elle est liquide lorsque son montant est déterminé : la somme due est chiffrée, y compris les intérêts éventuels. Elle est exigible lorsque la date prévue pour le paiement est passée : l'échéance contractuelle est arrivée. Enfin, la créance ne doit pas être prescrite, c'est-à-dire que le délai légal pour agir en justice n'est pas écoulé.
Règle
Si l'une de ces conditions fait défaut, le juge rejette la demande d'injonction de payer. Le créancier conserve alors la possibilité d'engager une procédure judiciaire classique (assignation) pour faire constater sa créance.
Le créancier peut être une personne physique (un particulier) ou une personne morale (une société, une association). La vérification de la prescription relève de la vigilance du créancier : les délais varient selon la nature de la créance (voir la fiche sur les délais de prescription de la DGCCRF).
- Certaine : l'existence de la dette n'est pas raisonnablement contestable.
- Liquide : le montant est déterminé.
- Exigible : l'échéance de paiement est passée.
- Non prescrite : le délai pour agir en justice n'est pas écoulé.
Qui peut faire la demande ?
La demande d'injonction de payer peut être présentée par le créancier lui-même, sans avocat, ou par un mandataire de son choix.
Le créancier (personne physique ou morale) peut déposer la requête en son nom propre. Il peut également se faire assister ou représenter par un mandataire : avocat, commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire) ou toute autre personne de son choix. Le mandataire non avocat doit être muni d'un pouvoir spécial. L'avocat et le commissaire de justice sont dispensés de produire un pouvoir.
Règle
La requête est adressée au président du tribunal compétent ou à un juge spécialement compétent au sein de ce tribunal. Le créancier qui se présente sans avocat conserve la faculté de se faire représenter ultérieurement, notamment lors de l'audience provoquée par l'opposition du débiteur.
Devant le juge des contentieux de la protection (loyers impayés, crédit à la consommation), l'avocat n'est jamais obligatoire. Devant le tribunal judiciaire ou le tribunal de commerce, l'avocat devient obligatoire pour les créances supérieures à 10 000 € uniquement en cas d'opposition du débiteur.
Devant quel juge saisir l'injonction de payer ?
Le tribunal compétent dépend de la nature de la créance et du domicile du débiteur. En cas d'impayés de charges de copropriété, le tribunal compétent est celui du lieu de situation de l'immeuble.
En principe, le tribunal compétent est celui du lieu où demeure le débiteur (ou l'un des débiteurs s'il y en a plusieurs). Pour les dettes de copropriété, le critère est le lieu de l'immeuble. Pour les dettes commerciales, le critère est le siège social du débiteur.
| Nature de la créance | Juge compétent | Tribunal compétent |
|---|---|---|
| Loyers et charges impayés (bail d'habitation) ; crédit à la consommation | Juge des contentieux de la protection | Tribunal judiciaire du domicile du débiteur, ou tribunal de proximité si le domicile est dans son ressort |
| Dette de charges de copropriété | Président du tribunal judiciaire | Tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble |
| Dette commerciale (hors Alsace-Moselle) | Président du tribunal de commerce | Tribunal de commerce du siège social du débiteur |
| Dette commerciale en Alsace-Moselle | Président de la chambre commerciale du tribunal judiciaire | Tribunal judiciaire du siège social du débiteur |
| Autres créances | Président du tribunal judiciaire | Tribunal judiciaire du domicile ou du siège social du débiteur |
Loyers et charges impayés (bail d'habitation) ; crédit à la consommation
- Juge compétent
- Juge des contentieux de la protection
- Tribunal compétent
- Tribunal judiciaire du domicile du débiteur, ou tribunal de proximité si le domicile est dans son ressort
Dette de charges de copropriété
- Juge compétent
- Président du tribunal judiciaire
- Tribunal compétent
- Tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble
Dette commerciale (hors Alsace-Moselle)
- Juge compétent
- Président du tribunal de commerce
- Tribunal compétent
- Tribunal de commerce du siège social du débiteur
Dette commerciale en Alsace-Moselle
- Juge compétent
- Président de la chambre commerciale du tribunal judiciaire
- Tribunal compétent
- Tribunal judiciaire du siège social du débiteur
Autres créances
- Juge compétent
- Président du tribunal judiciaire
- Tribunal compétent
- Tribunal judiciaire du domicile ou du siège social du débiteur
La dette commerciale est celle pour laquelle le créancier comme le débiteur sont commerçants, ou dont la dette découle d'un acte de commerce. Elle relève du tribunal de commerce, sauf en Alsace-Moselle (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle) où il n'existe pas de tribunal de commerce : la requête est alors adressée au président de la chambre commerciale du tribunal judiciaire.
Règle
La requête est déposée à l'accueil du tribunal ou adressée par voie postale, avec le bordereau (liste des justificatifs) et les pièces justificatives.
Si votre injonction de payer concerne plusieurs débiteurs, vous pouvez demander une condamnation solidaire. Le tribunal compétent est alors celui du domicile de l'un d'eux.
Préparer et déposer la requête
La demande d'injonction de payer se fait par requête écrite, à l'aide des formulaires CERFA correspondant à la nature de la créance. Des téléprocédures sont également disponibles en ligne.
Vous devez utiliser le formulaire adapté à votre situation : cas général, loyers et charges impayés, crédit à la consommation ou dette commerciale entre professionnels. La requête doit être accompagnée du bordereau de pièces et de l'ensemble des justificatifs prouvant l'existence, le montant et le défaut de paiement de la créance.
La requête expose les faits, le montant de la créance et les pièces invoquées. Vous pouvez demander, si vous le souhaitez, que l'affaire soit directement renvoyée devant la juridiction que vous estimez compétente en cas d'opposition du débiteur. La requête est adressée au président du tribunal compétent.
- Cas général : formulaire CERFA de demande en injonction de payer devant le président du tribunal judiciaire — téléprocédure disponible en ligne.
- Loyers et charges impayés : formulaire CERFA spécifique, téléprocédure devant le juge des contentieux de la protection.
- Crédit à la consommation : formulaire CERFA spécifique, téléprocédure devant le juge des contentieux de la protection.
- Dette commerciale entre professionnels : formulaire CERFA devant le président du tribunal de commerce, requête en ligne possible via Infogreffe (service payant pour frais de greffe).
- Débiteur en Alsace-Moselle : utiliser le formulaire « injonction de payer devant le président du tribunal judiciaire » en précisant que la requête s'adresse au président de la chambre commerciale du tribunal judiciaire.
Règle
La transmission se fait par dépôt à l'accueil du tribunal ou par voie postale. Pour les dettes commerciales hors Alsace-Moselle, un frais de greffe de 33,47 € doit être payé dans les 15 jours suivant la présentation de la requête.
Les téléprocédures disponibles couvrent l'injonction de payer devant le président du tribunal judiciaire, devant le juge des contentieux de la protection et devant le président du tribunal de commerce, ainsi que la demande de certificat de non-opposition. Le site Mespieces.fr permet au débiteur d'accéder aux justificatifs annexés à la requête.
La décision du juge
Le juge rend une ordonnance portant injonction de payer s'il estime la demande justifiée. Cette acceptation peut être totale ou partielle. Si la créance lui paraît discutable ou la demande non justifiée, il rejette la requête.
L'ordonnance d'injonction de payer est un titre exécutoire : le greffe remet au créancier une copie comportant la formule exécutoire, qui permet d'obtenir un recouvrement forcé. En cas d'acceptation partielle, le créancier ne peut pas faire appel. S'il souhaite obtenir une condamnation plus importante, il doit renoncer à l'injonction de payer (ne pas la signifier au débiteur) et engager une procédure judiciaire classique.
Règle
En cas de rejet de la demande, le créancier ne peut pas faire appel de cette décision. Il conserve toutefois la possibilité d'engager une procédure judiciaire classique contre son débiteur.
La procédure d'injonction de payer n'est pas contradictoire à ce stade : le juge statue sur la base du seul dossier du créancier, sans audience. La contradiction ne survient qu'en cas d'opposition du débiteur.
Faire signifier l'ordonnance au débiteur
L'ordonnance d'injonction de payer doit être signifiée au débiteur par un commissaire de justice. Depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, le délai pour effectuer cette signification est de 3 mois (il était de 6 mois auparavant pour les ordonnances rendues avant cette date).
Vous disposez de 3 mois à compter de la date de l'ordonnance pour faire signifier la requête et l'ordonnance d'injonction de payer à chacun des débiteurs. Passé ce délai, l'ordonnance est « non avenue », c'est-à-dire annulée.
L'acte de signification dressé par le commissaire de justice doit contenir plusieurs mentions obligatoires : la sommation d'avoir à payer au créancier la somme indiquée dans l'ordonnance ainsi que les intérêts et frais, le délai et la forme de l'opposition, le tribunal devant lequel l'opposition peut être formée, un avertissement au débiteur qu'il peut prendre connaissance des pièces au greffe, et l'information qu'en l'absence d'opposition dans le délai, il ne pourra plus exercer aucun recours.
Règle
Le point de départ du délai de 3 mois est la date de l'ordonnance. Le débiteur peut accéder gratuitement aux justificatifs annexés à la requête par voie électronique via la plateforme dédiée (Mespieces.fr). Si ces documents ne peuvent pas être mis à disposition sur la plateforme, le commissaire de justice doit les joindre à la requête lors de sa signification.
Pour les ordonnances rendues avant le 1ᵉʳ septembre 2026, le délai de signification reste de 6 mois. Le non-respect du délai rend l'ordonnance non avenue : une nouvelle requête doit alors être présentée.
L'opposition du débiteur
Le débiteur peut s'opposer à l'injonction de payer. Il dispose d'un délai d'1 mois à compter de la signification de l'ordonnance pour former son opposition auprès du tribunal.
Tant que le délai d'opposition n'est pas écoulé, le créancier ne peut pas forcer le débiteur à exécuter l'injonction de payer : le délai est suspensif d'exécution. Seul le débiteur peut former opposition.
L'opposition se fait au tribunal auquel appartient le juge qui a rendu la décision. Le débiteur peut déclarer son opposition oralement en se présentant au tribunal (le greffier lui remet un récépissé), ou adresser un courrier recommandé avec accusé de réception au greffe. Il peut rédiger son recours sur papier libre ou à l'aide du formulaire CERFA n° 15602. L'opposition est reçue sans frais par le greffier.
Règle
Si la signification n'a pas été faite à la personne même du débiteur, le délai d'opposition commence à courir à compter du 1ᵉʳ acte d'exécution (par exemple un avis de saisie sur un compte bancaire).
Le greffe informe le créancier que sa requête sera examinée selon une procédure ordinaire avec audience. Le créancier doit alors comparaître devant le juge ou le tribunal statuant sur l'opposition. S'il ne se présente pas, on considère qu'il abandonne ses demandes. Si le débiteur seul est absent, le juge statue sur les seuls éléments du dossier.
Modalités de comparution devant le juge ou tribunal statuant sur l'opposition
- Loyers et charges impayés et crédit à la consommation : juge des contentieux de la protection — avocat non obligatoire.
- Dette commerciale hors Alsace-Moselle : tribunal de commerce — avocat obligatoire uniquement pour les créances supérieures à 10 000 €.
- Autres créances : tribunal judiciaire — avocat obligatoire uniquement pour les créances supérieures à 10 000 €.
Exécuter l'ordonnance en l'absence d'opposition
En l'absence d'opposition dans le délai d'1 mois, l'ordonnance d'injonction de payer peut être exécutée. À votre demande, le greffe du tribunal vous délivre un certificat d'absence d'opposition, qui atteste que la décision peut être mise à exécution.
Si le débiteur n'exécute pas volontairement l'ordonnance (c'est-à-dire ne paie pas la somme due), vous pouvez demander à un commissaire de justice de procéder à une exécution forcée. Le commissaire de justice peut pratiquer une saisie de biens mobiliers ou une saisie sur compte bancaire, par exemple.
Règle
Le certificat d'absence d'opposition est délivré par le greffe à votre demande. Il constitue la preuve que l'ordonnance est devenue exécutoire. En cas de difficulté pour exécuter l'ordonnance, il est possible de s'adresser au juge de l'exécution (JEX) du tribunal judiciaire.
Le jugement rendu sur opposition remplace l'ordonnance d'injonction de payer. Si le débiteur paie volontairement après la signification mais avant toute exécution forcée, la procédure s'achève sans mesures d'exécution.
Les recours après le jugement sur opposition
Le jugement rendu sur opposition remplace l'ordonnance d'injonction de payer. Les recours possibles dépendent du montant de la demande.
L'appel est possible si le montant de la demande est supérieur à 5 000 €. Si le montant n'excède pas 5 000 €, le seul recours possible est le pourvoi en cassation devant la Cour de cassation. L'appel n'est pas possible contre une ordonnance d'injonction de payer qui accepte partiellement les demandes, ni contre le rejet de la demande.
Règle
Lors de l'audience sur opposition, le créancier et le débiteur sont convoqués par lettre recommandée avec accusé de réception. Le créancier peut se faire assister ou représenter : avocat, époux, concubin ou partenaire de Pacs, parent ou allié en ligne directe, parent ou allié en ligne collatérale jusqu'au troisième degré inclus, ou personne exclusivement attachée à son service personnel ou à son entreprise. Si le représentant n'est pas avocat, il doit justifier d'un pouvoir spécial.
En cas d'opposition à injonction de payer devant le tribunal judiciaire pour une créance de plus de 10 000 €, le greffier notifie une copie de l'opposition par courrier recommandé. Le créancier dispose alors de 15 jours à compter de la notification pour constituer avocat. À défaut, l'ordonnance est non avenue. L'avocat constitué informe ensuite le débiteur par lettre recommandée qu'il doit lui aussi prendre avocat dans un délai de 15 jours. Devant le tribunal de commerce, le greffier convoque le créancier et tous les débiteurs à l'audience par lettre recommandée, en rappelant l'obligation de prendre avocat au-delà de 10 000 €.
Combien coûte l'injonction de payer ?
La requête en injonction de payer est en principe gratuite. Des frais annexes peuvent toutefois être dus : frais de greffe pour les dettes commerciales, honoraires d'avocat ou de commissaire de justice, frais de signification.
Si la requête est déposée par un avocat, un commissaire de justice ou un mandataire, des honoraires sont dus selon la convention intervenue. La signification de l'ordonnance d'injonction de payer au débiteur entraîne des frais de commissaire de justice. Pour les créances commerciales hors Alsace-Moselle, le créancier doit acquitter des frais de greffe de 33,47 € dans les 15 jours suivant la présentation de la requête.
Règle
Les frais d'avocat et de commissaire de justice peuvent être pris en charge par l'aide juridictionnelle en cas de ressources insuffisantes. Si la demande d'injonction de payer est acceptée, le juge peut ordonner la prise en charge des frais de procédure par le débiteur.
Le tarif des frais de greffe et des émoluments du commissaire de justice est fixé par arrêté. Les montants indiqués ici correspondent aux tarifs en vigueur au moment de la vérification de la fiche ; ils sont susceptibles d'être révisés. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances
La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances est une procédure rapide qui permet au commissaire de justice de délivrer un titre exécutoire avec l'accord du créancier et du débiteur, sans passer par le tribunal.
Votre créance doit avoir pour origine un contrat (achat, emprunt...) ou résulter d'une obligation de caractère statutaire (cotisation obligatoire...). Son montant total, intérêts inclus, ne doit pas excéder 5 000 €. Elle doit remplir les mêmes conditions que pour l'injonction de payer : certaine, liquide, exigible et non prescrite.
La procédure se déroule en plusieurs étapes. Vous déposez votre dossier auprès d'un commissaire de justice compétent (celui du ressort de la cour d'appel du domicile du débiteur), en fournissant l'identité et les coordonnées du débiteur, les justificatifs de l'impayé (contrat, facture, devis, mise en demeure...) et votre marge de négociation (nombre maximum d'échéances, pourcentage de négociation...). Le commissaire de justice envoie au débiteur une lettre recommandée avec accusé de réception ou un message électronique l'invitant à participer à la procédure. Le débiteur a 1 mois pour répondre. S'il accepte, le commissaire de justice lui propose un accord sur le montant à payer et les modalités de paiement ; l'accord doit être finalisé dans un délai de 1 mois.
Règle
L'acceptation du débiteur, constatée par le commissaire de justice, suspend la prescription. En cas d'accord, le commissaire de justice constate par écrit la fin de la procédure simplifiée et délivre un titre exécutoire au créancier, dont une copie est remise au débiteur. En cas de non-respect de l'accord, ce titre exécutoire permet d'obtenir une exécution forcée (saisie des biens ou du salaire du débiteur). Pour prévenir les conflits d'intérêt, le commissaire de justice qui a établi le titre exécutoire ne peut pas être chargé des saisies.
Si le débiteur refuse de participer, ou si aucun accord n'est trouvé sur le montant et les conditions de paiement, le commissaire de justice constate par écrit la fin de la procédure simplifiée. Le délai de prescription recommence à courir et le créancier peut saisir le tribunal pour obtenir un titre exécutoire. L'absence de réponse du débiteur dans le délai d'1 mois est considérée comme un refus. La procédure simplifiée n'est pas applicable aux impayés de pension alimentaire ni aux chèques sans provision.
| Tranche d'assiette | Émolument du commissaire de justice |
|---|---|
| Jusqu'à 188 € | Forfait de 21,28 € |
| De 0 € à 125 € | 11,61 % des sommes recouvrées |
| De 125,01 € à 610 € | 10,64 % des sommes recouvrées |
| De 610,01 € à 1 525 € | 10,16 % des sommes recouvrées |
| De 1 525,01 € à 5 000 € | 3,87 % des sommes recouvrées |
- Dépôt du dossier auprès du commissaire de justice : 14,92 € TTC (à la charge du créancier).
- Émission du titre exécutoire en cas d'acceptation du débiteur : 30,06 € TTC (à la charge du créancier).
- Émoluments en cas de paiement volontaire : forfaitaires ou proportionnels selon le montant recouvré (voir tableau).
- Exécution forcée : autres tarifs applicables, alors à la charge du débiteur.
Qui peut m'aider ?
Plusieurs interlocuteurs peuvent vous accompagner dans vos démarches d'injonction de payer ou de recouvrement simplifié.
La maison de justice et du droit (MJD) propose une orientation juridique gratuite. L'annuaire des lieux d'accès aux droits du ministère de la Justice recense les points d'accès aux droits de votre territoire. Le Conseil national des barreaux (CNB) permet de trouver un avocat. Les commissaires de justice sont habilités à signifier les ordonnances et à conduire la procédure simplifiée de recouvrement.
Règle
Le greffe du tribunal compétent peut vous renseigner sur les formalités de dépôt de la requête et de délivrance du certificat d'absence d'opposition. La plateforme credicys.fr (plateforme de traitement des petites créances) est utilisée pour la procédure simplifiée.
Le site service-public.gouv.fr propose des simulateurs en ligne pour les demandes en injonction de payer devant le président du tribunal judiciaire, devant le juge des contentieux de la protection et devant le président du tribunal de commerce, ainsi que pour la demande de certificat de non-opposition.
Textes applicables
- Code de procédure civile : articles 1405 à 1422 — Injonction de payerTexte législatif
- Code des procédures civiles d'exécution : articles R. 125-1 à R. 125-6 — Procédure simplifiée de recouvrement des petites créancesTexte réglementaire
- Code de procédure civile : article 760Légifrance
- Code des procédures civiles d'exécution : articles L111-1 à L111-11Légifrance
- Code des procédures civiles d'exécution : article L125-1Légifrance
- Code de commerce : article A444-32Légifrance
- Code de commerce : articles L731-à L 731-4Légifrance
- Arrêté du 27 février 2018 fixant les tarifs réglementés des greffiers des tribunaux de commerceLégifrance
- Arrêté du 23 février 2022 fixant les tarifs réglementés des greffiers des tribunaux de commerceLégifrance
- Arrêté du 3 juin 2016 relatif à la mise en œuvre par voie électronique de la procédure simplifiée de recouvrement des petites créancesLégifrance
- Arrêté du 24 décembre 2019 établissant un modèle de lettre, message électronique et formulaires en matière de procédure simplifiée de recouvrement des petites créancesLégifrance
- Bofip-Impôts n°BOI-REC-PART relatif à la mise en recouvrement et au paiement des impôts des particuliersbofip.impots.gouv.fr
- Code civil : articles 1310 à 1319Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Recouvrement de dettes en France : injonction de payer et procédure simplifiée (Service-Public F1746, vérifié 01/09/2026)
Vérifiée le 2026-09-22
- OuvrirMinistère de l'Europe et des Affaires étrangères
DGCCRF - Délais de prescription
Vérifiée le 2026-09-22
- OuvrirLégifrance
Code de procédure civile : articles 1405 à 1422 - Injonction de payer
Vérifiée le 2026-09-22
- OuvrirLégifrance
Code des procédures civiles d'exécution : articles R125-1 à R125-6 - Procédure simplifiée de recouvrement des petites créances
Vérifiée le 2026-09-22
Voir aussi
- Demande en injonction de payer devant le président du tribunal judiciaire (téléprocédure)
- Demande en injonction de payer devant le juge des contentieux de la protection (téléprocédure)
- Demande en injonction de payer au président du tribunal de commerce (téléprocédure)
- Demande d'un certificat de non-opposition (téléprocédure)
- Plateforme de traitement des petites créances (credicys.fr)
- Mespieces.fr — accès du débiteur aux pièces de la requête
Les procédures d'injonction de payer et de recouvrement simplifié obéissent à des règles de procédure civile strictes (délais de signification, opposition, exécution). Vérifier les dernières évolutions auprès du tribunal compétent, d'un avocat ou d'un commissaire de justice. Les montants de frais et d'émoluments indiqués correspondent aux tarifs en vigueur au moment de la vérification de la fiche ; information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
