Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur le déroulement d'un procès civil devant le tribunal judiciaire : saisine, préparation du dossier, audience, jugement et recours.
Ce qu'il faut savoir
- Devant le tribunal judiciaire, les parties au procès doivent obligatoirement être représentées par un avocat, sauf dans certains cas.
- Deux procédures coexistent : la procédure écrite (avocat obligatoire, échanges écrits de conclusions) et la procédure orale (avocat facultatif, audience centrale).
- En procédure écrite, la préparation du dossier s'appelle la mise en état : les avocats échangent des conclusions accompagnées de pièces justificatives, sous le principe du contradictoire.
- La mise en état est en principe conventionnelle (organisée entre les parties) et, par exception, judiciaire (sous le contrôle du juge de la mise en état).
- À tout moment, le juge peut convoquer les parties à une audience de règlement amiable (ARA) : comparution en personne avec avocat, confidentialité, procès-verbal d'accord.
- Après l'audience, le juge fixe la date de délibéré ; le jugement est mis à disposition au greffe ou prononcé oralement, puis notifié ou signifié.
- Le jugement est exécutoire par provision (il s'applique même pendant un recours), sauf décision contraire du juge. Les recours possibles dépendent du dispositif : appel (premier ressort), pourvoi en cassation (dernier ressort), opposition (jugement par défaut).
Conditions essentielles
- Être demandeur (saisir le tribunal par assignation ou requête) ou défendeur (recevoir une assignation ou une convocation du greffe).
- En procédure écrite : être représenté par un avocat ; le défendeur doit prendre un avocat dans un délai de 15 jours s'il souhaite être représenté.
- Respecter le principe du contradictoire : communiquer ses pièces et ses conclusions à l'adversaire et au tribunal, sans les communiquer à la dernière minute.
Les étapes
- Saisir le tribunal : l'avocat rédige l'assignation, délivrée à l'adversaire par un commissaire de justice (ou dépôt d'une requête selon le litige).
- Procédure écrite : engager la mise en état — échanges de conclusions et de pièces entre avocats, communication électronique au greffe.
- Le cas échéant : participer à une audience de règlement amiable (ARA) ou à une mesure de conciliation/médiation ordonnée par le juge.
- La clôture des échanges par le juge, qui fixe ensuite la date d'audience de plaidoiries.
- Se présenter à l'audience : en procédure écrite, l'avocat plaide ou dépose le dossier ; en procédure orale, les parties présentent oralement leurs demandes et arguments.
- Les débats : parole au demandeur puis au défendeur, éventuelle audition de témoins, note d'audience au greffe.
- La clôture des débats et la fixation de la date du délibéré.
- Le jugement : mis à disposition au greffe ou prononcé oralement, puis notifié (lettre recommandée du greffe) ou signifié (commissaire de justice).
- Le cas échéant : contester la décision dans le délai indiqué (appel, pourvoi en cassation, opposition) ou demander une rectification d'erreur matérielle.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — mise en état conventionnelle et judiciaire, ARA, audience en procédure orale, jugement et recours — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à la mise en état (conventionnelle et judiciaire), à l'audience de règlement amiable, à l'audience en procédure orale et aux voies de recours, voir les sections « La mise en état conventionnelle », « L'audience de règlement amiable (ARA) » et « Comment contester la décision civile ? ».
Procédure écrite, procédure orale et rôle de l'avocat
Devant le tribunal judiciaire, les parties au procès doivent obligatoirement être représentées par un avocat, sauf dans certains cas. Les règles diffèrent selon le type de procédure engagée : procédure écrite ou procédure orale.
En procédure écrite, l'avocat est obligatoire : le dossier est préparé par des échanges écrits de conclusions et de pièces, et l'audience de plaidoiries intervient après la clôture des échanges. En procédure orale, l'avocat est facultatif : le procès s'articule autour d'une audience unique où les parties présentent oralement leurs demandes et arguments. Que vous soyez demandeur ou défendeur en procédure écrite, vous devez être assisté du début à la fin de la procédure par un avocat. La représentation par avocat protège la régularité de la procédure : seuls les avocats peuvent communiquer au greffe, rédiger les conclusions et plaider dans le cadre de la procédure écrite.
Règle
Devant le tribunal judiciaire, la représentation par avocat est obligatoire, sauf exceptions prévues par la loi (voir les cas d'accès direct au tribunal). Le choix entre procédure écrite et procédure orale dépend de la nature du litige et du tribunal compétent.
Si vous ne disposez pas des ressources pour financer un avocat, l'aide juridictionnelle peut prendre en charge tout ou partie des frais. Renseignez-vous auprès d'une maison de justice et du droit (MJD) ou du Conseil national des barreaux (CNB) : annuaire des avocats disponible en ligne.
Comment saisir le tribunal judiciaire pour un litige civil ?
Si vous souhaitez saisir le tribunal judiciaire, vous êtes le demandeur. Pour saisir le tribunal, vous devez d'abord faire appel à un avocat pour rédiger votre assignation en justice, délivrée à votre adversaire par un commissaire de justice. Si vous êtes le destinataire d'une assignation, vous êtes le défendeur.
La saisine du tribunal se fait de deux manières selon le litige : par assignation (acte rédigé par l'avocat et délivré à l'adversaire par un commissaire de justice) ou par requête (document déposé au tribunal). La date de l'audience figure dans l'assignation ; si le tribunal est saisi par requête, vous êtes convoqué à l'audience, tout comme votre adversaire. Le défendeur qui souhaite être représenté dans la procédure doit obligatoirement prendre un avocat dans un délai de 15 jours. Il peut y avoir plusieurs demandeurs et plusieurs défendeurs dans une procédure. Attention : vous devez saisir le tribunal en respectant impérativement les règles de procédure ; par exemple, si vous envoyez une requête alors qu'une assignation est nécessaire, votre affaire ne peut pas être jugée.
Règle
La communication des pièces et des demandes à l'adversaire — et l'envoi des pièces au tribunal — obéit au principe du contradictoire : chaque partie doit connaître les demandes et les arguments de l'autre avant l'audience.
En procédure orale, les pièces que vous souhaitez utiliser doivent être transmises au tribunal avant l'audience (ou déposées le jour même). Ne communiquez pas vos pièces à votre adversaire à la dernière minute : si elles sont communiquées trop tardivement, le juge peut refuser de les prendre en compte.
La mise en état du dossier
Vous et votre adversaire devez préparer votre dossier pour qu'il puisse être jugé. Cette période de préparation s'appelle la mise en état. Lors de cette période, les avocats doivent présenter leurs demandes et leurs arguments (appelés moyens) dans un écrit nommé conclusions, accompagné des pièces justificatives.
La mise en état est le cœur de la procédure écrite : c'est elle qui transforme un litige en dossier jugable. C'est uniquement votre avocat qui doit assurer la communication avec le tribunal et votre adversaire — vous ne pouvez pas communiquer directement. En principe, la mise en état est conventionnelle, c'est-à-dire organisée par les parties entre elles. Par exception, la mise en état est judiciaire, c'est-à-dire placée sous le contrôle d'un juge. Toutes les pièces et conclusions sont communiquées électroniquement, par les avocats, au greffe du tribunal — la communication électronique est devenue la règle.
Règle
À tout moment de la mise en état, le juge peut décider, à votre demande ou de sa propre initiative (après avoir recueilli votre avis), de vous faire convoquer à une audience de règlement amiable (ARA).
La durée de la mise en état dépend du nombre de conclusions échangées, du respect du calendrier fixé le cas échéant par le juge, et de la nature et de la difficulté de l'affaire. Plus les échanges sont nombreux et les demandes complexes, plus la procédure est longue : la convention de mise en état permet de maîtriser ce calendrier.
La mise en état conventionnelle
Dans la mise en état conventionnelle, vous devez vous mettre d'accord avec votre adversaire sur la manière de préparer votre dossier. Cet accord est consigné dans une convention, signée par vos avocats.
La convention de mise en état peut faire apparaître les éléments suivants : les points de droit auxquels vous limitez le débat ; les délais de communication de vos conclusions et de vos pièces ; l'accord sur le recours à un technicien (expert) ; les constatations et avis donnés par un technicien ; vos auditions effectuées en présence de vos avocats ; les témoignages. La convention est signée par vos avocats. Vous devez ensuite informer le juge qu'une convention a été conclue. Une fois informé, le juge fixe une date d'audience lointaine — par exemple, 6 mois ou 1 an — pour laquelle les parties devront avoir rendu leurs conclusions ; pour fixer cette date, il prend en considération le contenu de la convention et la complexité de l'affaire. À cette audience, si votre affaire est en état d'être jugée, le juge clôture les échanges et fixe la date d'audience de plaidoiries. En revanche, s'il constate que l'affaire n'est pas en état d'être jugée — par exemple, si une partie n'a pas rendu ses conclusions —, il peut ordonner une mise en état judiciaire.
Règle
Les affaires mises en état conventionnellement sont prioritaires dans le planning d'audience du tribunal. À tout moment de la procédure, vous pouvez aussi décider de mettre en état votre dossier sans intervention d'un juge en concluant avec votre adversaire une convention de procédure participative aux fins de mise en état : cette convention comprend des engagements et des garanties réciproques, a pour but de mettre le dossier en état d'être plaidé, et doit notamment fixer un terme — la limite de temps pendant laquelle elle est valable. Votre avocat (ou celui de l'adversaire) doit informer le juge de la signature d'une convention et lui en transmettre une copie ; le juge fixe alors la date de clôture de l'instruction et la date de l'audience de plaidoiries.
La mise en état conventionnelle suppose une relation de confiance avec l'adversaire et une discipline de calendrier : les délais convenus s'imposent aux deux parties. Si l'un des camps ne respecte pas la convention, le passage à la mise en état judiciaire est la sanction naturelle — le juge reprend alors la main sur le calendrier.
La mise en état judiciaire
En mise en état judiciaire, un juge de la mise en état veille au bon déroulement de la procédure. Il effectue le contrôle du dossier lors des audiences de mise en état, qui se tiennent régulièrement jusqu'à ce que le dossier soit prêt à être jugé.
Communication des conclusions : l'assignation en justice constitue les premières conclusions du demandeur. Par la suite, les conclusions sont préparées à tour de rôle par votre adversaire et vous. Au début de la mise en état, c'est au défendeur de répondre à l'assignation en préparant ses premières conclusions. Vous devez vous échanger tous vos documents et les transmettre au tribunal : c'est le principe du contradictoire. Les audiences de mise en état se déroulent de façon virtuelle : vous n'avez pas à vous présenter au tribunal. Lors de ces audiences, le juge contrôle que l'échange des conclusions et des pièces a eu lieu dans les délais qu'il fixe. Il peut, par exemple, imposer à une partie de fournir ses conclusions dans un délai fixé, clôturer l'affaire sans les conclusions d'une partie, ou encore radier l'affaire en cas de non-respect de ses demandes.
Règle
Le juge de la mise en état peut fixer un calendrier de mise en état : le calendrier indique le nombre prévisible et la date des échanges de conclusions, la date de clôture, la date des débats et la date du prononcé de la décision. À tout moment, le juge peut vous ordonner de rencontrer un conciliateur de justice ou un médiateur. Vous pouvez formuler certaines demandes au juge : solliciter une expertise, ou demander qu'il impose à la partie adverse de fournir des documents.
Une fois le dossier complet, le juge de la mise en état clôture les échanges et fixe la date d'audience de votre affaire : l'audience de plaidoiries. Vous ne pouvez plus fournir de nouvelles conclusions ou de nouvelles pièces après la date de clôture — c'est une règle absolue, sauf autorisation exceptionnelle. En cas d'accord avec votre adversaire, vous pouvez demander au juge que la procédure se déroule sans audience de plaidoiries (procédure sans audience, voir section dédiée).
L'audience de règlement amiable (ARA)
À tout moment de la mise en état, le juge peut décider, à votre demande ou de sa propre initiative, de vous faire convoquer à une audience de règlement amiable (ARA). Un juge, autre que celui saisi du litige, tient un rôle de conciliateur dans cette procédure.
L'ARA est une tentative de résolution du litige à l'amiable, encadrée et présidée par un juge conciliateur distinct du juge du fond. Vous êtes convoqués à cette audience par tous moyens. Vous devez comparaître en personne et être assisté par un avocat. Sauf accord entre vous, tout ce qui est dit, écrit ou fait au cours de l'audience est confidentiel : la confidentialité protège la liberté de parole dans la recherche d'un accord. Vous pouvez demander au juge de l'ARA de constater votre accord (partiel ou total) ; le procès-verbal d'accord est transmis au juge saisi du litige à la fin de l'ARA. Si l'accord est constaté, il clôt le litige dans les termes convenus.
Règle
La comparution en personne et l'assistance d'un avocat sont obligatoires lors de l'ARA.
L'ARA est une étape souvent féconde : un accord évite les délais et l'incertitude du procès. La confidentialité est une garantie essentielle : les concessions faites en ARA ne peuvent pas être retournées contre vous dans la suite du litige. Si l'accord n'est pas trouvé, la procédure reprend son cours normal.
L'audience de plaidoiries (procédure écrite)
Le jour de l'audience, vous devez être représenté par votre avocat ; c'est également le cas pour votre adversaire. La procédure étant écrite, votre avocat peut plaider ou simplement déposer son dossier sans plaider.
L'audience de plaidoiries est l'audience à laquelle l'affaire est jugée, après la clôture des échanges. Parce que le débat est essentiellement écrit — conclusions et pièces échangées pendant la mise en état —, la plaidoirie orale est facultative : l'avocat peut se contenter de déposer le dossier. Vous avez le droit d'assister à l'audience de plaidoiries, mais votre présence n'est pas obligatoire. À la fin de l'audience, le juge donne la date de prononcé du délibéré — c'est-à-dire la date à laquelle le jugement sera rendu. Si le juge décide de rendre le jugement à une autre date que celle annoncée au départ, il doit adresser un avis à votre avocat, indiquant la nouvelle date et les motifs du report.
Règle
Durant l'attente du délibéré, vous ne pouvez plus déposer de note pour appuyer vos observations. Vous pouvez déposer une nouvelle note uniquement si le juge vous a invité à le faire — pour éclaircir un point du dossier — ou si les débats sont rouverts.
Le dépôt de dossier sans plaidoirie est fréquent dans les affaires où l'écrit a suffisamment éclairé le juge. Votre avocat apprécie si une plaidoirie est utile. Assistez à l'audience si vous le souhaitez : c'est votre droit, même si votre présence n'est pas requise.
L'audience en procédure orale
La procédure étant orale, le procès s'articule autour d'une audience. Afin de respecter le principe du contradictoire, vous devez communiquer vos pièces et vos demandes à votre adversaire ; si votre adversaire prend un avocat, c'est à lui que vous devez les envoyer.
Préparation : les pièces que vous souhaitez utiliser doivent être transmises au tribunal avant l'audience (ou déposées le jour même). Vous pouvez tenter de vous mettre d'accord avec votre adversaire même si le tribunal est saisi : un accord amiable peut intervenir à tout moment et mettre fin à la procédure. Comparution : vous pouvez vous présenter en personne à l'audience, éventuellement assisté par un avocat. Si vous êtes absent, vous pouvez vous faire représenter par un avocat, ou par une autre personne qu'un avocat au moyen d'un pouvoir — document écrit permettant à la personne désignée de se présenter à l'audience et de prendre la parole à votre place et en votre nom. Le représentant désigné doit être majeur et se présenter avec le pouvoir et une pièce d'identité. Dans votre pouvoir, vous devez désigner l'une des personnes suivantes : la personne avec qui vous vivez en couple ; votre père ou votre mère ; votre enfant ; votre frère ou votre sœur ; votre neveu ou votre nièce ; votre tante ou votre oncle ; une personne attachée à votre service personnel ou à votre entreprise (le juriste de l'entreprise ou un employé de maison, par exemple). Si vous vous rendez à l'audience, ces mêmes personnes sont autorisées à vous assister à la place d'un avocat. Procédure sans audience : l'audience n'est pas obligatoire si vous donnez votre accord (votre adversaire doit faire de même) ; le juge peut toutefois décider de tenir une audience s'il l'estime nécessaire ou si l'une des parties le demande. Si la procédure se déroule sans audience, vous devez exposer par écrit vos demandes et arguments ; la communication se fait par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, sauf si vous avez pris un avocat.
Règle
Votre absence à l'audience a des conséquences différentes selon votre qualité. Demandeur : si vous êtes absent et non représenté, le juge peut prononcer la caducité de l'affaire — décision qui met fin à la procédure. Défendeur : le procès peut se tenir si vous vous faites représenter par un avocat ou un tiers muni d'un pouvoir ; il peut également avoir lieu si vous êtes absent et non représenté, à la condition que votre convocation soit régulière — le juge doit pouvoir vérifier que vous avez été informé de l'existence du procès (convocation par lettre recommandée ou par commissaire de justice). Vous pouvez demander le renvoi de votre affaire : la demande doit être justifiée (délai trop court pour préparer votre défense, demande d'aide juridictionnelle en cours de traitement…) ; le juge l'accepte s'il estime le motif légitime (grave et justifié) et fixe la date de la prochaine audience ; il peut aussi refuser, auquel cas l'affaire est examinée le jour même.
Avant d'évoquer le litige en lui-même, la question de la compétence matérielle ou territoriale du tribunal peut être soulevée — par vous ou par le juge. Le tribunal peut se déclarer incompétent si le contentieux relève de la compétence d'un autre juge (par exemple, le juge aux affaires familiales), d'un autre tribunal (par exemple, le conseil de prud'hommes) ou d'un tribunal situé dans une autre ville. Un modèle de pouvoir est disponible pour la représentation par un tiers.
Les débats et le délibéré
Les débats vous permettent, ainsi qu'à votre adversaire, de présenter oralement vos demandes et vos arguments concernant le litige. Le juge qui préside l'audience organise la tenue des débats.
Le président donne la parole, en premier lieu au demandeur, puis, dans un deuxième temps, au défendeur. Si vous souhaitez apporter des explications supplémentaires après votre tour, vous pouvez demander au juge à reprendre la parole. Le juge peut demander à l'une ou l'autre des parties des précisions. Il peut aussi auditionner des témoins. Les échanges lors des débats sont consignés par le greffier dans une note d'audience, consultable auprès du greffe. Si le juge considère que l'affaire nécessite d'autres débats ou la recherche d'informations complémentaires — par exemple, une expertise ou un déplacement sur les lieux —, il peut renvoyer l'affaire à une autre date. À tout moment, si le juge constate qu'un accord peut être trouvé, il peut désigner un conciliateur de justice ou un médiateur civil ; si cette voie amiable échoue, les débats peuvent reprendre.
Règle
Une fois que les parties se sont exprimées, le juge clôt les débats et donne la date du délibéré — la date à laquelle le jugement sera rendu. Aucune demande ou aucun argument ne peut être pris en compte après la clôture des débats, sauf si le juge l'autorise expressément.
La note d'audience est un document utile pour comprendre ce qui a été dit et discuté : elle est consultable au greffe. La possibilité de médiation ou de conciliation pendant les débats illustre la priorité donnée par le droit français au règlement amiable des litiges, y compris au stade le plus avancé du procès.
Comment le tribunal rend-il sa décision ?
Le tribunal rend sa décision sous la forme d'un jugement. Le jour du délibéré, le jugement est mis à disposition au greffe : les parties peuvent le consulter au tribunal avec une pièce d'identité. Plus rarement, le jugement est prononcé oralement lors d'une audience.
Le jugement doit répondre à l'ensemble des demandes — les vôtres et celles de votre adversaire. La décision comporte deux parties essentielles : les motifs, qui exposent le raisonnement du tribunal, et le dispositif, qui indique, pour chaque demande, si elle est accordée ou non. Dans tous les cas, une copie du jugement vous est par la suite adressée. La décision peut vous être notifiée par le greffe, par lettre recommandée avec accusé de réception. Si ce n'est pas le cas, la décision doit être signifiée par un commissaire de justice : cette signification est généralement effectuée par la partie qui a intérêt à faire exécuter la décision — celle qui a gagné le procès.
Règle
Le jugement est exécutoire par provision, c'est-à-dire qu'il s'applique même si une partie exerce une voie de recours, sauf indication contraire dans la décision. Toutefois, le juge peut supprimer l'exécution provisoire, de sa propre initiative ou à la demande d'une partie ; dans ce cas, il doit argumenter sa décision pour expliquer pourquoi il écarte l'exécution provisoire.
Parfois, le tribunal ne peut pas statuer sur le litige : c'est le cas, par exemple, si le demandeur a saisi le mauvais tribunal — le tribunal rend alors une décision d'incompétence. Le juge peut également prononcer un sursis à statuer : une mesure qui provoque une pause dans le procès jusqu'à une date donnée ou l'arrivée d'un événement. La lecture du dispositif est la clé pour connaître l'issue du procès et le recours possible.
Comment contester la décision civile ?
Vous pouvez contester le jugement dans le délai indiqué dans la signification. Le recours possible est indiqué dans la notification du greffe ou du commissaire de justice, et peut aussi se déduire de la rédaction du dispositif du jugement.
Le dispositif indique si le jugement est rendu en premier ressort, en dernier ressort ou par défaut. Jugement rendu en premier ressort : vous pouvez contester en faisant appel. Jugement rendu en dernier ressort : vous pouvez contester en déposant un pourvoi en cassation. Jugement rendu par défaut : vous pouvez contester en formant opposition. Le jugement par défaut est celui rendu en dernier ressort et pour lequel la citation n'a pas été délivrée au défendeur à la procédure. Attention : le délai pour contester commence à partir de la signification, de la notification par le greffe du tribunal ou de la lecture de la décision en audience publique.
Règle
Si vous constatez une erreur matérielle dans votre décision de justice, vous pouvez déposer une demande de rectification. La même démarche est possible si le juge a oublié de statuer sur une demande d'une des parties au litige : vous pouvez le saisir pour qu'il rende une décision sur la demande oubliée. Si un point du jugement est équivoque — c'est-à-dire qu'il peut s'interpréter de plusieurs manières —, vous pouvez demander au juge d'interpréter sa propre décision en déposant une requête : cette demande n'est possible que si la décision n'est pas attaquée en appel ; le juge se prononce après avoir sollicité l'avis des parties.
Les délais de recours sont stricts : une contestation tardive est irrecevable. Conservez la notification (lettre recommandée du greffe ou acte de signification) qui fixe le point de départ du délai. Pour identifier le bon recours et son délai, l'assistance d'un avocat est vivement recommandée ; les maisons de justice et du droit (MJD) et le Conseil national des barreaux (CNB) peuvent vous orienter.
Textes applicables
- Code de procédure civile : article 750Légifrance
- Code de procédure civile : article 760Légifrance
- Code de procédure civile : article 761Légifrance
- Code de procédure civile : article 762Légifrance
- Code de procédure civile : articles 411 à 420Légifrance
- Code de procédure civile : article 763Légifrance
- Code de procédure civile : article 15Légifrance
- Code de procédure civile : articles 775 à 807-3Légifrance
- Code de procédure civile : articles 817 à 833Légifrance
- Code de procédure civile : articles 127 à 131-8Légifrance
- Code de procédure civile : articles 780 à 797Légifrance
- Code de procédure civile : articles 748-1 à 748-9Légifrance
- Code de procédure civile : articles 1532 à 1532-3Légifrance
- Code de procédure civile : articles 430 à 446Légifrance
- Code de procédure civile : articles 446-1 à 446-4Légifrance
- Code de l'organisation judiciaire : article L212-5-1Légifrance
- Code de procédure civile : articles 467 à 479Légifrance
- Code de procédure civile : articles 122 à 126Légifrance
- Code de procédure civile : articles 394 à 399Légifrance
- Code de procédure civile : articles 450 à 466Légifrance
- Code de procédure civile : articles 651 à 694Légifrance
- Code de procédure civile : articles 514 à 524Légifrance
- Code de procédure civile : articles 528 à 537Légifrance
- Code de procédure civile : articles 543 à 545Légifrance
- Code de procédure civile : articles 571 à 578Légifrance
- Code de procédure civile : articles 605 à 618Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Déroulement d'un procès civil devant le tribunal judiciaire
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Code de procédure civile — article 750, assignation (Légifrance)
- Code de procédure civile — articles 411 à 420, procédure orale (Légifrance)
- Code de procédure civile — article 760, mise en état conventionnelle (Légifrance)
- Code de procédure civile — article 763, juge de la mise en état (Légifrance)
- Code de procédure civile — articles 775 à 807-3, audience de règlement amiable (Légifrance)
- Code de procédure civile — articles 748-1 à 748-9, communication électronique (Légifrance)
- Code de procédure civile — articles 467 à 479, jugement (Légifrance)
- Code de l'organisation judiciaire — article L. 212-5-1 (Légifrance)
- Formulaire CERFA n° 16037 — consentement à la procédure sans audience
- Annuaire des avocats de France — Conseil national des barreaux (CNB)
- Annuaire des maisons de justice et du droit (Ministère de la Justice)
Les règles de déroulement du procès civil sont fixées par le code de procédure civile et par le code de l'organisation judiciaire. Les délais de recours sont stricts et courrent à partir de la signification, de la notification ou de la lecture publique de la décision. Vérifier les dernières évolutions (réforme de la procédure civile, délais applicables) auprès d'un avocat, d'une maison de justice et du droit ou du Conseil national des barreaux (CNB).
