Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir avant de faire appel d'un jugement civil ou pénal : qui peut appeler, dans quels délais, avec ou sans avocat, et à quel coût.
Ce qu'il faut savoir
- L'appel est le recours par lequel une partie conteste une décision rendue en premier ressort ; l'affaire est alors réexaminée et rejugée par la cour d'appel.
- Au civil, le délai ordinaire d'appel est de 1 mois ; il est réduit à 15 jours pour certaines décisions (référé, mesures provisoires de divorce, matière gracieuse...) et à 10 jours en matière de redressement ou de liquidation judiciaire.
- Au pénal, le délai d'appel est de 10 jours à compter du prononcé de la décision à l'audience, ou à compter de la signification si les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
- Au civil, la représentation par avocat est en principe obligatoire, sauf exceptions (protection des majeurs, prud'hommes, surendettement, pôle social notamment) ; au pénal, l'avocat n'est pas obligatoire.
- Au civil, toutes les parties doivent payer un timbre fiscal électronique de 225 € lorsque le recours à un avocat est obligatoire ; les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle en sont dispensés.
- Au pénal, la procédure d'appel est gratuite, mais la personne condamnée doit s'acquitter de droits fixes de procédure de 338 €, dus même en cas d'aide juridictionnelle.
- En principe, la décision du premier juge reste exécutoire malgré l'appel (exécutoire par provision) : elle doit être exécutée, sauf suspension demandée au premier président de la cour d'appel.
Conditions essentielles
- La décision doit avoir tranché le litige ou certains de ses points (le juge a répondu aux demandes, en les accueillant ou non).
- La décision doit être rendue en premier ressort : si elle est rendue en dernier ressort (par exemple pour les litiges dont le montant est inférieur à 5 000 €), l'appel n'est pas possible, seul le pourvoi en cassation est ouvert.
- L'appel doit être formé dans le délai applicable (1 mois, 15 jours ou 10 jours au civil ; 10 jours au pénal), faute de quoi il est déclaré irrecevable.
- L'appel doit être interjeté par une partie qui y a intérêt : demandeur ou défendeur au civil ; prévenu, partie civile, personne civilement responsable ou ministère public au pénal.
Les étapes
- Vérifier que la décision est susceptible d'appel (premier ressort) et identifier le point de départ du délai (signification, notification ou prononcé).
- Repérer le délai applicable : 1 mois en principe au civil, 15 jours ou 10 jours pour certaines décisions, 10 jours au pénal.
- Au civil : mandater un avocat près la cour d'appel (sauf procédure sans avocat) et faire la déclaration d'appel au greffe de la cour d'appel, avec copie de la décision attaquée.
- Au civil sans avocat : remplir le formulaire cerfa n° 15774 et le déposer au greffe de la cour d'appel du ressort du tribunal qui a rendu la décision.
- Au pénal : former l'appel par déclaration au greffe du tribunal, de la cour d'assises ou de la cour criminelle qui a rendu la décision (ou au greffe de la maison d'arrêt si la personne est détenue).
- Le cas échéant, déposer la demande d'aide juridictionnelle pendant le délai d'appel : elle interrompt le délai, qui recommence à courir après la décision sur l'aide.
- Attendre l'audience devant la cour d'appel (la procédure peut parfois se dérouler sans audience à la demande des avocats) et l'arrêt qui confirme ou infirme la première décision.
Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. Les cas particuliers — appel pénal sur la seule peine ou sur les seuls intérêts civils, exécution provisoire, appel abusif — sont détaillés dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à l'appel civil (procédure, avocat, effets) et à l'appel pénal (délai, formation, effets selon la portée du recours), voir les sections dédiées ci-dessous.
Quand faire appel d'un jugement civil ?
L'appel civil est possible contre les décisions qui tranchent un litige et qui sont rendues en premier ressort. Il ouvre un second degré de juridiction devant la cour d'appel.
L'appel est la voie de recours ordinaire qui permet de faire réexaminer par la cour d'appel une décision rendue en premier ressort. La cour d'appel juge à nouveau les points mentionnés dans la déclaration d'appel.
Deux conditions doivent être réunies pour qu'un jugement civil puisse faire l'objet d'un appel. Premièrement, la décision doit avoir tranché le litige ou certains de ses points, c'est-à-dire que le juge a répondu aux demandes présentées par les parties, en les accueillant ou en les rejetant. Deuxièmement, la décision doit être rendue en premier ressort. Lorsqu'elle est rendue en dernier ressort, l'appel n'est pas possible : c'est le cas, par exemple, pour les litiges dont le montant est inférieur à 5 000 €. Le seul recours possible est alors le pourvoi en cassation devant la Cour de cassation, qui ne réexamine pas l'affaire mais vérifie l'application de la loi et le respect de la procédure.
Règle
Il est possible de faire appel de l'intégralité de la décision ou de limiter l'appel à certaines dispositions du jugement. Dans tous les cas, la déclaration d'appel doit préciser tous les points de la décision critiquée. Les voies de recours et les démarches sont toujours indiquées dans l'acte de signification de la décision par commissaire de justice ou dans la notification par le greffe : il est essentiel de lire attentivement cet acte, qui fait courir les délais.
Attention : si le jugement n'est pas notifié dans le délai de 2 ans de son prononcé, la partie qui avait comparu ne peut plus faire appel. À l'inverse, la procédure d'appel peut parfois se dérouler sans audience, à la demande des avocats des parties et avec l'accord du ministère public lorsqu'il intervient.
- Premier ressort : la décision peut être frappée d'appel ; le second degré est la cour d'appel.
- Dernier ressort : la décision est définitive ; seul le pourvoi en cassation est ouvert (litiges inférieurs à 5 000 € notamment).
- Matière gracieuse (adoption, changement de régime matrimonial, tutelle...) : appel possible, mais délai réduit à 15 jours et pas d'avocat obligatoire.
- Décision par défaut : au pénal, la voie de recours est d'abord l'opposition, pas l'appel (voir section pénale).
Qui peut faire appel ?
Au civil comme au pénal, le droit d'appel appartient à toutes les parties au procès, qu'elles aient été demanderesse ou défenderesses. Ce droit peut être exercé par une seule partie ou par toutes.
Toutes les parties au procès ont la possibilité de faire appel, demandeur comme défendeur. Le droit d'appel est personnel : chaque partie décide seule de contester la décision.
En matière civile, le droit d'appel appartient à toute partie ayant participé à l'instance. En matière gracieuse, c'est-à-dire dans les affaires où il n'y a pas d'adversaire (une adoption, par exemple), ce droit appartient à la personne concernée par la décision ou aux personnes à qui le jugement a été notifié ; le procureur de la République peut également faire appel de ces décisions. En matière pénale, le champ du droit d'appel varie selon la qualité de la partie : la personne condamnée peut faire appel de toutes les condamnations civiles et pénales, ou limiter son appel aux seules condamnations civiles ou aux seules condamnations pénales.
Règle
La partie civile et la personne civilement responsable ne peuvent faire appel que des condamnations civiles du jugement (dommages et intérêts, amendes...) : elles ne peuvent pas contester la relaxe ni la peine infligée à l'auteur des faits. Le procureur de la République et le procureur général près la cour d'appel peuvent, de leur côté, faire appel uniquement des condamnations pénales de la décision.
Le recours à l'opposition est possible lorsque la décision pénale a été rendue par défaut, c'est-à-dire lorsque le prévenu était absent et n'avait pas eu connaissance de sa convocation. Dans ce cas, l'affaire est rejugée par le tribunal qui a prononcé la décision, sans passer par la cour d'appel.
La procédure d'appel au civil
La déclaration d'appel au civil est faite au greffe de la cour d'appel, accompagnée d'une copie de la décision attaquée. La procédure varie selon que l'avocat est obligatoire ou non.
Au civil, la déclaration d'appel est faite au greffe de la cour d'appel, avec une copie de la décision attaquée. La cour d'appel compétente est celle du ressort du tribunal qui a rendu la décision : elle peut être située dans une autre ville que ce tribunal. Par exemple, pour un jugement rendu par le tribunal judiciaire de Lille, c'est la cour d'appel de Douai qui est compétente.
Dans le cas général, la représentation par avocat est obligatoire : c'est l'avocat qui se charge de toutes les démarches, notamment du dépôt de la déclaration d'appel. Lorsque la procédure ne vous oblige pas à prendre un avocat — c'est le cas, par exemple, pour les procédures de protection des majeurs (tutelle, curatelle, habilitation familiale) —, vous pouvez déposer vous-même la déclaration en remplissant le formulaire cerfa n° 15774, disponible en téléprocédure. Dans ces procédures sans avocat, la déclaration doit être faite au greffe du juge des contentieux de la protection qui a rendu la décision.
Règle
Dans les procédures où l'avocat est obligatoire, l'affaire peut se dérouler sans audience à la demande des avocats des parties ; le ministère public, lorsqu'il intervient, doit donner son accord. La cour d'appel peut également siéger en formation collégiale classique pour réexaminer l'affaire à l'audience.
Devant la cour d'appel, vous pouvez choisir un autre avocat que celui qui vous représentait en première instance. Si vos ressources sont insuffisantes pour payer ses honoraires, vous pouvez demander l'aide juridictionnelle, même si vous en aviez déjà bénéficié pour la première instance — à condition de faire cette demande pendant le délai d'appel.
- Cas général : avocat obligatoire, déclaration d'appel au greffe de la cour d'appel avec copie de la décision.
- Procédure sans avocat : formulaire cerfa n° 15774 déposé au greffe de la cour d'appel du ressort.
- Protection des majeurs (tutelle, curatelle, habilitation familiale) : formulaire cerfa n° 15774, avocat non obligatoire, déclaration au greffe du juge des contentieux de la protection.
Faut-il un avocat pour faire appel d'un jugement civil ?
Au civil, la représentation par avocat est la règle. Le code de procédure civile prévoit toutefois des exceptions précises, pour certaines procédures énumérées.
La représentation par avocat est obligatoire pour faire appel d'un jugement civil. C'est l'avocat qui se charge des démarches et qui signe les actes de la procédure d'appel.
Cette obligation s'applique devant la cour d'appel pour la grande majorité des contentieux civils : contrats, responsabilité, droit de la famille contentieux, baux, litiges pécuniaires, etc. L'avocat assure la rédaction de la déclaration d'appel, le respect des délais de procédure, la communication des conclusions et la représentation à l'audience. Si vous souhaitez être assisté par un avocat mais que vos ressources sont insuffisantes, vous pouvez bénéficier de l'aide juridictionnelle : cette demande doit être déposée pendant le délai d'appel, ce qui a pour effet d'interrompre ce délai. Un nouveau délai, de même durée que le délai initial, recommence alors à courir à compter de la décision définitive d'admission ou de rejet du bénéfice de l'aide.
Règle
L'avocat n'est pas obligatoire pour les procédures suivantes : protection des majeurs (tutelle, curatelle, habilitation familiale...), contentieux prud'homal (la représentation peut alors être assurée par un défenseur syndical), surendettement, placement d'un enfant par le juge des enfants, délégation d'autorité parentale, affaires relevant du tribunal paritaire des baux ruraux, et affaires relevant du pôle social (sécurité sociale, incapacité...).
L'obligation d'avocat ne doit pas être confondue avec l'obligation de se présenter : dans les procédures où l'avocat est obligatoire, l'affaire peut parfois être traitée sans audience, sur déclaration conjointe des avocats et avec l'accord du ministère public le cas échéant.
Faire appel d'un jugement pénal
Toutes les décisions rendues par les juridictions pénales peuvent faire l'objet d'un appel. L'avocat n'est pas obligatoire : vous pouvez vous présenter seul devant la cour d'appel.
L'appel est formé par déclaration au greffe du tribunal, de la cour d'assises ou de la cour criminelle qui a rendu la décision. Si la personne est détenue, la déclaration peut être faite au greffe de la maison d'arrêt. L'appel peut porter sur l'intégralité de la décision ou sur une partie seulement.
Les décisions susceptibles d'appel sont celles rendues par le tribunal de police (contraventions de 5ᵉ classe, décisions prononçant une suspension du permis de conduire ou une amende supérieure à 150 €), le tribunal correctionnel, la cour d'assises ou la cour criminelle, ainsi que les décisions du juge d'instruction, du juge de l'application des peines et du juge des libertés et de la détention. La déclaration d'appel doit être signée par le greffier et par l'appelant, par son avocat ou par un fondé de pouvoir spécial muni d'un pouvoir. Contrairement au civil, l'avocat n'est pas obligatoire : vous pouvez vous présenter seul devant la cour d'appel. Si vous souhaitez être assisté et que vos ressources sont insuffisantes, vous pouvez demander l'aide juridictionnelle pendant le délai d'appel, ce qui interrompt ce délai.
Règle
Le délai d'appel en matière pénale est de 10 jours. Il court à compter du prononcé de la décision à l'audience. Si les parties n'étaient ni présentes ni représentées par un avocat à l'audience, le délai court à compter de la signification de la décision.
Si la décision a été rendue par défaut — le prévenu était absent et n'avait pas eu connaissance de sa convocation —, la voie de recours est l'opposition : l'affaire est alors rejugée par le tribunal qui a prononcé la décision, et non par la cour d'appel.
- Tribunal de police : contraventions de 5ᵉ classe, suspension du permis de conduire, amendes supérieures à 150 €.
- Tribunal correctionnel : délits (peines d'emprisonnement correctionnel, amendes...).
- Cour d'assises ou cour criminelle : crimes ; l'appel de l'arrêt est possible.
- Juge d'instruction, juge de l'application des peines, juge des libertés et de la détention : leurs décisions peuvent également être frappées d'appel selon les cas.
Les effets de l'appel
La cour d'appel réexamine l'affaire et rend un arrêt qui confirme ou infirme la première décision. Les effets de l'appel diffèrent selon qu'il concerne le civil ou le pénal, et, au pénal, selon sa portée.
La cour d'appel juge à nouveau les points mentionnés dans la déclaration d'appel et rend un arrêt qui peut confirmer partiellement ou totalement la décision du tribunal, ou l'infirmer, c'est-à-dire l'annuler, partiellement ou totalement. On ne peut pas soumettre à la cour d'appel une nouvelle demande, sauf si celle-ci est la conséquence ou le complément de la demande initiale.
Au civil, le principe est que la décision rendue par le premier juge est exécutoire par provision, sauf disposition contraire prévue par la décision ou par la loi : cela signifie que le jugement doit être exécuté même s'il y a appel. Si la partie qui a fait appel ne justifie pas avoir exécuté la décision alors qu'elle est en mesure de le faire, l'affaire peut être radiée des affaires en cours ; à l'expiration d'un délai de 2 ans à compter du prononcé de cette radiation, si la décision n'a pas été exécutée, le juge met fin à la procédure. La partie condamnée peut demander par référé au premier président de la cour d'appel de suspendre l'exécution provisoire si celle-ci entraîne des conséquences manifestement excessives pour elle.
Règle
Au pénal, les effets dépendent de la portée de l'appel. Lorsque l'appel ne porte que sur la condamnation pénale, la peine n'est pas mise à exécution pendant l'instance : la personne incarcérée avant son procès est maintenue en détention ; la personne condamnée et libre peut être incarcérée si la cour décerne un mandat de dépôt (risque de fuite par exemple). Si le procureur n'a pas fait appel, la cour d'appel ne peut pas condamner à une peine plus importante que celle prononcée en première instance. Lorsque l'appel ne porte que sur les intérêts civils, la cour ne rejuge pas la condamnation pénale et l'exécution de la décision sur les intérêts civils est suspendue : la partie civile ne peut récupérer les dommages et intérêts que si la décision précise qu'elle est exécutoire par provision.
En cas d'appel abusif — par exemple un appel formé dans le seul but de retarder l'exécution du jugement —, vous pouvez être condamné à une amende dont le maximum est de 10 000 € et à verser des dommages-intérêts à l'autre partie. Si le juge d'appel infirme et accorde des dommages et intérêts moindres que ceux déjà perçus par la partie civile au titre du premier jugement, celle-ci doit rembourser le trop perçu.
Les délais pour agir
Les délais d'appel sont stricts : passé le délai, l'appel est déclaré irrecevable et l'affaire n'est pas réexaminée par la cour d'appel. Le point de départ diffère selon le type de décision.
Au civil, le délai ordinaire d'appel est d'1 mois. Il est réduit à 15 jours pour certaines décisions et à 10 jours en matière de redressement ou de liquidation judiciaire. Au pénal, le délai est de 10 jours à compter du prononcé de la décision à l'audience.
Le délai civil de 15 jours s'applique en matière gracieuse (adoption, changement de régime matrimonial, tutelles, par exemple), aux ordonnances de référé ou rendues en la forme des référés, aux ordonnances de mesures provisoires en matière de divorce, aux ordonnances de mise en état et aux jugements rendus pendant la mise en état, aux décisions du juge de l'exécution, et aux ordonnances de rejet de requête. Le délai de 10 jours s'applique en matière de redressement ou de liquidation judiciaire. Ces délais sont augmentés pour les personnes éloignées du tribunal : de 1 mois pour la partie qui demeure en outre-mer lorsque la décision a été rendue en métropole (et inversement), et de 2 mois pour la personne demeurant à l'étranger.
Règle
Le délai d'appel commence à courir à partir de la signification de la décision par un commissaire de justice, de sa notification par le greffe, ou à compter du prononcé de la décision à une audience publique. L'appel est déclaré irrecevable si ces délais n'ont pas été respectés : l'affaire n'est alors pas réexaminée par la cour d'appel.
Si vous voulez bénéficier de l'aide juridictionnelle pour faire appel, la demande doit être déposée pendant le délai d'appel. Cette demande interrompt le délai : un nouveau délai, de même durée que le délai initial, recommence à courir à compter de la décision définitive d'admission ou de rejet du bénéfice de l'aide. En matière pénale, si les parties n'étaient ni présentes ni représentées à l'audience, le délai de 10 jours court à compter de la signification de la décision.
Combien coûte une procédure d'appel ?
Le coût d'un appel dépend du type de juridiction : au civil, un timbre fiscal est dû lorsque l'avocat est obligatoire ; au pénal, la procédure est gratuite mais des droits fixes sont exigés du condamné.
Au civil, toutes les parties à une procédure d'appel doivent payer un timbre fiscal électronique d'un montant de 225 €, dès lors que le recours à un avocat est obligatoire. Ce timbre s'achète en ligne. Au pénal, la procédure d'appel est en principe gratuite.
Au civil, s'ajoutent au timbre fiscal les honoraires de l'avocat, dont le montant est librement fixé et négocié avec lui. D'autres frais peuvent intervenir : frais de commissaire de justice, frais d'expertise, par exemple. Les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle sont dispensés du timbre fiscal de 225 €. Au pénal, si les parties sont assistées ou représentées par un avocat, elles doivent payer ses honoraires ; d'autres frais peuvent s'ajouter, comme les frais d'expertise.
Règle
Au pénal, la personne condamnée doit s'acquitter de droits fixes de procédure d'un montant de 338 €. Ces droits sont dus même si l'aide juridictionnelle a été accordée : la dispense de timbre fiscal au civil ne vaut pas dispense de ces droits au pénal.
Le montant du timbre fiscal (225 €) et des droits fixes de procédure (338 €) provient de la fiche Service-Public et peut évoluer ; vérifier les montants à jour auprès du greffe de la cour d'appel ou sur service-public.gouv.fr avant de former l'appel.
Après l'arrêt de la cour d'appel
L'arrêt de la cour d'appel met fin au second degré de juridiction. Si une partie estime que la loi n'a pas été correctement appliquée ou que la procédure n'a pas été respectée, un pourvoi en cassation reste possible.
Si vous estimez qu'une règle de droit n'a pas été correctement appliquée ou que la procédure n'a pas été respectée, vous pouvez former un pourvoi en cassation devant la Cour de cassation. Les magistrats de la Cour de cassation ne rejugent pas l'affaire : ils vérifient que la loi a bien été appliquée et que la procédure a été respectée.
Le pourvoi en cassation est un recours contre l'arrêt de la cour d'appel (ou contre la décision de première instance si elle n'a pas été frappée d'appel, par exemple en dernier ressort). Il ne suspend pas, en principe, l'exécution de la décision : le pourvoi en cassation n'empêche pas l'exécution de la décision. Les délais et conditions du pourvoi sont stricts et distincts des délais d'appel ; ils sont exposés dans la fiche consacrée au recours en cassation.
Règle
Au civil comme au pénal, l'exécution de la décision passe par les voies d'exécution de droit commun (commissaire de justice, Trésor public, administration pénitentiaire pour les peines). En cas d'exécution provisoire, l'exécution peut commencer dès le premier jugement, sans attendre l'arrêt d'appel — sauf suspension ordonnée par le premier président de la cour d'appel.
Il convient de distinguer soigneusement l'appel — qui ouvre un second degré de juridiction réexaminant l'affaire — du pourvoi en cassation — qui contrôle la légalité de la décision sans réexamen du fond. Les deux voies se succèdent : l'appel d'abord, la cassation ensuite.
Textes applicables
- Code de procédure civile : articles 514 à 524Texte légal — Légifrance
- Code de procédure civile : articles 528 à 537Texte légal — Légifrance
- Code de procédure civile : articles 538 à 541Légifrance
- Code de procédure civile : articles 542 à 570Légifrance
- Code de procédure civile : articles 640 à 647-1Légifrance
- Code de procédure civile : articles 780 à 797Légifrance
- Code de procédure civile : article 899Légifrance
- Code de procédure civile : articles 901 à 916Légifrance
- Code de procédure civile : articles 931 à 949Légifrance
- Code de procédure civile : 963 à 964-1Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 380-1 à 380-8Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 380-9 à 380-13Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 380-14 et 380-15Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 496 à 509-1Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 512 à 520-1Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 546 à 549Légifrance
- Code général des impôts : article 1635 bis PLégifrance
- Code général des impôts : article 1018 ALégifrance
- Décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridiqueLégifrance
- Code pénal : articles 131-12 à 131-18Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Faire appel d'un jugement civil ou pénal
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Formulaire cerfa n° 15774 — Déclaration d'appel au civil (sans représentation obligatoire)
- Code de procédure civile — appel (Légifrance)
Les délais, montants (timbre fiscal de 225 €, droits fixes de 338 €, amende d'appel abusif de 10 000 €) et conditions d'appel sont fixés par le code de procédure civile et le code de procédure pénale. Vérifier les dernières évolutions auprès du greffe de la cour d'appel compétente ou d'un avocat.

