Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur l'audition de témoin lors d'un procès pénal : qui peut témoigner, convoquation, déroulement de l'audition, indemnités et peines encourues.
Ce qu'il faut savoir
- Toute personne ayant des informations sur l'affaire jugée peut être témoin lors d'un procès pénal.
- La citation à comparaître vous est remise par un commissaire de justice et doit respecter des délais selon votre lieu de résidence.
- Le témoin doit prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, sauf exceptions (mineur de moins de 16 ans, ascendants, descendants, alliés, époux du prévenu).
- Le faux témoignage fait sous serment est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende.
- Le refus de témoigner ou de prêter serment est puni d'une amende pouvant atteindre 3 750 €.
- Les témoins ont droit à des indemnités de comparution, de perte de revenus et de remboursement des frais de transport et de séjour.
Conditions essentielles
- Avoir des informations sur les faits ou sur le caractère et le comportement des parties au procès.
- Ne pas avoir le statut de prévenu, accusé, victime ou partie civile (ces personnes sont entendues en fonction de leur statut).
- Respecter les délais de citation avant l'audience.
- Se présenter au tribunal avec la convocation et un document d'identité.
Les étapes
- Recevoir la citation à comparaître remise par un commissaire de justice.
- Vérifier que la citation respecte les délais applicables selon votre lieu de résidence.
- Vous présenter au tribunal avec la convocation et un document d'identité.
- Attendre dans la salle réservée aux témoins qu'on vous appelle.
- Déclarer votre identité complète et votre lien éventuel avec les parties.
- Prêter serment (sauf exceptions) et déposer sur les faits dont vous avez connaissance.
- Demander vos indemnités au greffier et compléter l'état de frais.
Un mineur peut également être témoin. Les témoins anonymisés bénéficient de protections spécifiques lors de l'audition.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à la convocatation, au serment, à l'indemnisation et à la protection des témoins, voir les sections détaillées ci-dessous.
Qui peut témoigner lors d'un procès pénal ?
Toute personne ayant des informations sur l'affaire jugée peut être témoin lors d'un procès pénal.
Lorsqu'une personne a le statut de prévenu, accusé, victime ou partie civile, elle ne peut pas être citée comme témoin. Elle est convoquée et entendue en fonction de son statut.
Vous pouvez être appelé à témoigner si vous avez donné des informations sur les faits au cours de l'enquête. Vous pouvez également témoigner sur le caractère et/ou le comportement du prévenu, de l'accusé, de la victime ou de la partie civile. Votre rôle est d'aider le tribunal à cerner la personnalité des parties.
Règle
Vous pouvez être auditionné lors d'un procès devant le tribunal de police, le tribunal correctionnel, la cour criminelle départementale ou la cour d'assises. Un mineur peut également être témoin.
Le témoin se distingue de la victime et de la partie civile : il apporte des informations sur les faits ou les parties, sans être directement lésé par l'infraction.
Comment est-on convoqué pour témoigner ?
La citation à comparaître devant le tribunal vous est remise par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur).
La citation indique le tribunal saisi, le lieu, la date et l'heure d'audience. Elle précise que vous êtes cité en tant que témoin et doit mentionner que la non-comparution, le refus de témoigner et le faux témoignage sont punis par la loi.
Vous pouvez être convoqué à la demande du prévenu, de l'accusé, de la victime, de la partie civile ou du ministère public (procureur de la République ou procureur général à la cour d'assises et à la cour criminelle départementale).
Règle
Si vous ne vous présentez pas au tribunal et que vous n'avez pas d'excuse valable (une hospitalisation par exemple), le tribunal peut vous y contraindre avec le recours de la police.
Si vous avez des difficultés pour vous exprimer en français, si vous êtes sourd, malentendant ou muet, vous pouvez prévenir le tribunal pour qu'il désigne un interprète. Cela facilite la préparation de l'audience.
Quels délais de citation respecter ?
La citation doit être faite en respectant un certain délai avant l'audience. Ce délai varie selon que vous habitez en métropole, en outre-mer ou à l'étranger.
- Métropole : la citation doit être faite au moins 10 jours avant l'audience. Si le procès a lieu dans un département ou un territoire d'outre-mer, la délivrance doit être faite au moins 10 jours et 1 mois avant l'audience.
- Outre-mer : si le procès a lieu dans votre département d'outre-mer, la citation doit être faite au moins 10 jours avant l'audience. Si le procès a lieu dans un autre département d'outre-mer ou en métropole, elle doit être faite au moins 10 jours et 1 mois avant l'audience.
- Étranger — pays de l'Union européenne : la citation doit être faite au moins 10 jours et 1 mois avant l'audience.
- Étranger — hors Union européenne : la citation doit être faite au moins 10 jours et 2 mois avant l'audience.
Ces délais permettent au témoin de préparer sa venue au tribunal et d'organiser ses déplacements, notamment s'il réside à l'étranger ou dans un département d'outre-mer.
Règle
Le non-respect de ces délais de citation peut entraîner l'annulation de la citation et le report de l'audition du témoin.
Vérifiez attentivement les délais mentionnés sur votre citation. En cas de doute, contactez le greffe du tribunal.
Que doit-on faire en arrivant au tribunal ?
Vous devez avoir votre convocation et un document d'identité (carte d'identité, passeport, permis de conduire, titre de séjour...).
Vous devez vous présenter soit à l'huissier audiencier, soit au greffier. Votre identité est vérifiée avant de vous faire entrer dans la salle d'audience.
L'appel de toutes les parties (prévenu, accusé, victime, partie civile, enquêteurs, témoins, experts...) est fait dès le début de l'audience. Ensuite, les témoins sont dirigés vers une salle qui leur est réservée. Des dispositions peuvent être prises pour éviter toute discussion entre les témoins avant leur déposition (présence d'un policier).
Règle
Vous devez attendre qu'on vous appelle pour entrer dans la salle d'audience. Ne quittez pas le tribunal sans avoir été entendu ou sans autorisation.
Prévoyez d'arriver à l'heure indiquée sur la convocation. Le tribunal peut être amené à vous contraindre à comparaître si vous ne vous présentez pas sans excuse valable.
Le serment du témoin
À l'appel de votre nom, vous devez déclarer votre identité complète : nom, prénoms, âge, profession, domicile. Vous devez préciser si vous êtes parent ou allié d'une des parties au procès et si vous travaillez pour elle.
Ensuite, le président vous demande de prêter serment. Il vous lit la formule « de dire toute la vérité, rien que la vérité ». Vous devez répondre « je le jure », debout, la main droite levée, la tête découverte (sans casquette, chapeau...).
La formule du serment prononcé devant la cour d'assises ou la cour criminelle est différente : le président vous demande « de parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité, rien que la vérité ». Vous devez répondre « je le jure », debout, la main droite levée, la tête découverte.
Règle
Le témoin qui a prêté serment n'est pas tenu de le renouveler s'il est entendu une nouvelle fois au cours des débats.
Le serment est une formalité essentielle. Témoigner sous serment engage votre responsabilité pénale en cas de fausse déclaration.
Les témoins entendus sans serment
Certains témoins sont entendus sans prêter serment, en raison de leur lien avec le prévenu ou de leur âge.
- Mineur de moins de 16 ans.
- Père, mère ou autre ascendant du prévenu.
- Enfant ou autre descendant du prévenu.
- Allié du prévenu.
- Époux du prévenu, même en cas de divorce.
Lors d'un procès devant la cour d'assises ou la cour criminelle, d'autres témoins sont également entendus sans prêter serment : le partenaire de PACS (même en cas de dissolution), le frère ou la sœur de l'accusé, le concubin (même en cas de séparation), la partie civile, et le coauteur ou complice de l'accusé.
Règle
L'exemption de serment vise à ne pas placer les proches du prévenu dans une situation de conflit entre leur lien familial et leur obligation de dire la vérité.
Même sans serment, le témoin doit répondre sincèrement aux questions du tribunal. Le faux témoignage reste punissable, y compris sans serment.
Comment se passe une audition en tant que témoin ?
Devant le tribunal correctionnel ou de police, le président interroge d'abord le prévenu. Devant la cour d'assises ou la cour criminelle, le président interroge les parties dans l'ordre qui lui convient.
Le président du tribunal vous pose des questions directement. Le ministère public, le prévenu, l'accusé, la victime, la partie civile ou leurs avocats, les jurés de la cour d'assises peuvent vous poser des questions en demandant la parole au président.
Vous devez donner un témoignage spontané, sans être interrompu. Devant la cour d'assises ou la cour criminelle, le président peut interrompre vos déclarations en vous posant des questions pour clarifier vos propos ou recentrer le débat.
Règle
Vous répondez aux questions posées par le tribunal. De manière exceptionnelle, vous pouvez vous aider de documents sur autorisation du président du tribunal. Les pièces à conviction peuvent vous être présentées afin d'avoir vos observations.
En fonction des débats, le président peut vous demander de rester dans la salle d'audience, de vous retirer dans la salle réservée aux témoins ou de partir définitivement.
Est-on indemnisé en cas de témoignage ?
Vous avez droit (sauf le mineur de moins de 16 ans) à des indemnités de comparution, de perte de revenus et de remboursement des frais de transport et de séjour.
Vous devez demander les indemnités au greffier à l'audience, qui vous donne ou vous envoie ultérieurement un document intitulé « état de frais » à compléter.
- Attestation délivrée par l'employeur ou bulletin de salaire pour justifier de la perte de salaire ou de traitement.
- Copie de votre convocation au tribunal.
- Billets de train, avion ou bus par exemple, ou copie de la carte grise du véhicule utilisé (le taxi ou le VTC ne sont pas remboursés).
Règle
Si vous avez dû aller au restaurant ou à l'hôtel (impossibilité de rentrer car audition tardive, nouvelle audition prévue un autre moment...), vous recevez une indemnité forfaitaire pour l'hôtel et les repas.
Si vous ne pouvez pas payer vos frais de déplacement pour venir témoigner, vous pouvez demander au tribunal une avance sur l'indemnité. Cette avance peut être demandée à la régie (services financiers) du tribunal judiciaire. Lorsque vous n'utilisez pas les transports en commun, l'acompte ne peut pas dépasser la moitié du montant de l'indemnité totale de transport.
Quelles peines sont encourues en cas de faux témoignage ?
Le faux témoignage fait sous serment est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende.
En cas de refus de témoigner ou de prêter serment, vous risquez une amende d'un montant maximum de 3 750 €.
En cas de fausse déclaration, le président demande au greffier d'en prendre note. Vous devez rester au tribunal. Vous pouvez même être placé en état d'arrestation provisoire par la police.
Règle
Quand le jugement est rendu le jour même, après la lecture de la condamnation, le tribunal ordonne que vous soyez conduit devant le procureur de la République pour demander l'ouverture d'une information judiciaire pour faux témoignage.
Le faux témoignage est une infraction grave qui porte atteinte à l'administration de la justice. Témoignez toujours avec sincérité.
Les témoins sont-ils protégés ?
Si, lors de l'enquête, vous avez été autorisé à témoigner de manière anonyme ou sans déclarer votre adresse, vous pouvez tout de même être auditionné au cours du procès en présence du prévenu ou de l'accusé.
Si votre adresse personnelle a été anonymisée, la convocation vous est délivrée par la police ou la gendarmerie. À l'audience, vous pouvez continuer à déclarer comme adresse celle du commissariat ou de la gendarmerie, mais le tribunal peut vous demander de déclarer votre véritable adresse.
Si vous avez bénéficié de l'anonymisation totale, la convocation est transmise par l'intermédiaire du procureur de la République. Dans ce cas, l'audition est faite à distance, au moyen d'un dispositif technique permettant de ne pas vous reconnaître et rendant votre voix non identifiable.
Règle
Une condamnation ne peut pas être prononcée si elle se fonde uniquement sur les éléments recueillis auprès d'un témoin ayant bénéficié d'une anonymisation totale.
La protection des témoins est un principe fondamental du procès pénal. Les dispositifs d'anonymisation visent à garantir la sécurité des témoins tout en assurant le droit de la défense.
Textes applicables
- Code de procédure pénale : articles 306 à 316-1Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 323 à 346Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 400 à 405Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 406 à 417Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 427 à 457Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 458 à 461Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 534 à 543Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 550 à 566Légifrance
- Code de procédure pénale : articles 706-57 à 706-63Légifrance
- Code de procédure pénale : article R92Légifrance
- Code de procédure pénale : articles R123 à R128Légifrance
- Code de procédure pénale : articles R123 à R138Légifrance
- Code pénal : articles 434-7-1 à 434-23-1Légifrance
- Code civil : articles 388 à 388-2Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Audition de témoin lors d'un procès pénal
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les règles relatives à l'audition de témoin lors d'un procès pénal sont fixées par le code de procédure pénale et le code pénal. Vérifiez les dernières évolutions auprès du greffe du tribunal compétent ou d'un professionnel du droit.
