Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur le fichier des personnes recherchées (FPR) : finalités, catégories de personnes inscrites, données enregistrées, conservation et moyens de contestation.
Ce qu'il faut savoir
- Le FPR est un fichier informatique utilisé par les services de police judiciaire et de police administrative pour rechercher, surveiller ou contrôler certaines personnes.
- Il recense des données à caractère personnel et des informations concernant des personnes impliquées dans une procédure judiciaire ou administrative.
- Le fichier est organisé en 18 catégories, chaque catégorie regroupant les personnes inscrites pour un même motif.
- Les informations restent visibles jusqu'à l'aboutissement de la recherche ou jusqu'à ce que le motif de l'inscription ne soit plus valable ; elles demeurent ensuite archivées pendant 6 ans, accessibles uniquement aux personnels de la police nationale et de la gendarmerie nationale.
- La demande d'accès, de rectification ou d'effacement est traitée dans un délai de 2 mois par le ministère de l'Intérieur, et de 6 mois par la Cnil.
- En l'absence de réponse ou en cas de rejet, la personne inscrite peut saisir la Cnil et/ou le tribunal administratif de Paris.
Conditions essentielles
- La demande d'accès, de rectification ou d'effacement peut être effectuée par la personne inscrite au FPR, ou par une autre personne en son nom (représentants légaux d'un mineur, avocat).
- Elle doit mentionner le fichier concerné (Taj, FPR, etc.) et être accompagnée d'une copie d'un justificatif d'identité.
- Pour les personnes recherchées pour une menace grave contre la sécurité publique ou la sûreté de l'État, la demande doit être adressée à la Cnil et non au ministère de l'Intérieur.
Les étapes
- Identifier le motif d'inscription au FPR (décision de justice, demande de l'administration, enquête de police judiciaire).
- Déterminer l'interlocuteur compétent : ministère de l'Intérieur (directeur de la police nationale ou de la gendarmerie nationale) ou Cnil selon le motif.
- Rassembler les documents nécessaires (copie de pièce d'identité, copie des informations déjà reçues, documents attestant de l'erreur à corriger).
- Effectuer la demande en ligne (via la plateforme numérique des demandes de droit d'accès FPR ou le service en ligne de la Cnil) ou par courrier postal.
- Attendre la réponse : délai de 2 mois pour le ministère de l'Intérieur, 6 mois pour la Cnil.
- En cas de rejet ou d'absence de réponse, saisir la Cnil et/ou le tribunal administratif de Paris par requête via Télérecours citoyens.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — catégories d'inscription, listes des autorités habilitées, procédures de recours — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à l'inscription selon le motif (décision de justice, administration, enquête de police judiciaire), voir les sections « Qui est inscrit au FPR ? » et « Quelles autorités peuvent accéder au FPR ? ».
À quoi sert le FPR ?
Le fichier des personnes recherchées (FPR) est un fichier informatique utilisé par des services exerçant des missions de police judiciaire et de police administrative. Il recense des données à caractère personnel et des informations concernant des personnes impliquées dans une procédure judiciaire ou administrative.
Le FPR sert à rechercher, surveiller ou contrôler certaines personnes à la demande des autorités judiciaires, des autorités administratives ou des services de police ou de gendarmerie. Il peut également être consulté lors d'enquêtes administratives, par exemple pour le recrutement dans certains emplois. Le fichier est organisé en 18 catégories, chaque catégorie regroupant les personnes inscrites pour un même motif. À titre d'exemple, la catégorie S regroupe les personnes inscrites au FPR pour empêcher une menace grave pour la sécurité publique ou la sûreté de l'État, comme les cas de terrorisme.
Règle
Sous certaines conditions, les renseignements enregistrés dans ce fichier peuvent être consultés, rectifiés ou effacés à la demande de la personne concernée, ou en son nom par ses représentants légaux ou son avocat.
Le FPR n'est pas un fichier de renseignement général : il ne peut être alimenté que par les motifs strictement listés par la loi, qu'il s'agisse de décisions de justice, de demandes de l'administration ou d'enquêtes de police judiciaire.
Qui est inscrit au FPR ?
Trois grandes sources d'alimentation du FPR : les décisions de justice, les demandes de l'administration et les enquêtes de police judiciaire. Chaque catégorie correspond à un motif précis d'inscription.
En premier lieu, les personnes concernées par certaines décisions de justice sont inscrites au FPR. L'administration peut également demander l'inscription de personnes dans certaines situations. Enfin, une personne peut être inscrite au FPR si elle est recherchée dans le cadre d'une enquête de police judiciaire.
Les décisions de justice pouvant entraîner une inscription concernent notamment : le décernement d'un mandat de recherche ou d'arrêt ; la prononciation d'une interdiction du territoire français ; la prononciation de la peine complémentaire d'interdiction d'exercer une fonction publique ou une activité professionnelle ; l'ordonnance de suivre des obligations et interdictions dans le cadre d'un sursis probatoire, d'un suivi socio-judiciaire ou d'une libération conditionnelle ; la prononciation d'une inscription au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions terroristes (Fijait) ou du fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijais) ; la prononciation d'une interdiction de participer à des manifestations sur la voie publique.
- Décisions de justice : mandat de recherche ou d'arrêt, interdiction du territoire français, peine complémentaire d'interdiction d'exercer, sursis probatoire, suivi socio-judiciaire, libération conditionnelle, inscription au Fijait ou au Fijais, interdiction de manifestations sur la voie publique.
- Demandes de l'administration : personne recherchée pour empêcher une menace grave pour la sécurité publique ou la sûreté de l'État (si des informations ou indices réels ont été recueillis), mineur ayant interdiction de sortir de France sans l'autorisation des deux parents, mineur fugueur, personne n'ayant pas remis son permis de conduire invalidé pour solde de points nul, personne ayant tenté d'obtenir illégalement une carte nationale d'identité ou un passeport, personne faisant l'objet d'une interdiction de séjour dans tout ou partie d'un département, personne faisant l'objet d'une interdiction de paraître sur une portion de la voie publique sur laquelle un trafic de drogues est suspecté.
- Enquêtes de police judiciaire : disparition d'une personne dans des conditions inquiétantes ou suspectes, découverte d'une personne décédée ou vivante non identifiée, recherche d'un témoin d'une infraction dont l'identité est inconnue, recherche d'une personne suspectée d'avoir commis une infraction dont l'identité est inconnue.
Règle
Chaque inscription correspond à l'une des 18 catégories du fichier. La catégorie détermine notamment les modalités d'accès aux informations et les conditions de conservation.
L'enregistrement des informations concernant une victime d'usurpation d'identité répond à des règles différentes : si elle est d'accord, seules ses données à caractère personnel et les informations liées à son titre d'identité et de voyage sont inscrites au FPR.
Quelles informations sont enregistrées dans le FPR ?
En cas d'inscription d'une personne au FPR, différentes données à caractère personnel et informations la concernant sont enregistrées dans ce fichier.
Les données à caractère personnel enregistrées au FPR sont les suivantes : l'état civil (noms, prénoms, date et lieu de naissance, filiation) et le surnom ; le sexe ; la nationalité ; l'adresse du dernier domicile connu ; le lieu de commission de l'infraction ; si la personne inscrite est mineure, l'état civil, la nationalité et le numéro de téléphone des titulaires de l'autorité parentale ; l'évaluation de la dangerosité ou de la fragilité de la personne inscrite (lorsqu'elle est violente, armée, impliquée dans un acte de terrorisme, ou si elle présente un risque de suicide) ; la description de signes physiques particuliers ; les photos de la personne inscrite ; le numéro de dossier si elle est inscrite au Fijais ou au Fijait ; le numéro national d'identification si la personne est étrangère ; le numéro de dossier du permis de conduire.
Règle
Le FPR contient également des informations relatives à la recherche : les motifs de la recherche ; les décisions judiciaires ou administratives justifiant l'inscription ; l'autorité ayant rendu la décision ; si nécessaire, le descriptif et les caractéristiques des objets présentant un lien direct avec la personne inscrite et permettant de la localiser (véhicule à moteur, caravane, bateau, conteneur, avion, documents officiels vierges volés, détournés, falsifiés ou perdus, armes à feu, etc.) ; l'explication de la conduite à tenir en cas de découverte de la personne recherchée ; la catégorie et le numéro du titre d'identité ou de séjour ; la date, le pays et l'autorité de délivrance de ce titre ; la copie du titre ; le numéro du permis de conduire.
D'autres informations peuvent être enregistrées au FPR si elles sont strictement indispensables à l'identification de la personne recherchée, par exemple des informations concernant la santé ou des données génétiques.
Quelles autorités peuvent accéder au FPR ?
Des personnes, individuellement désignées et spécialement habilitées, peuvent avoir accès au FPR, de manière plus ou moins étendue.
Peuvent notamment accéder au FPR : le personnel de la police nationale ; le personnel de la gendarmerie nationale ; les agents des douanes ; les agents du ministère de l'Intérieur, des préfectures et sous-préfectures ; les agents du ministère des Affaires étrangères ; les agents du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) ; les agents de l'Agence nationale des données de voyage ; les agents de la cellule de renseignement financier nationale ; les agents du service national des enquêtes administratives de sécurité ; les agents du Commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire ; les agents du service national des enquêtes d'autorisation de voyage (SNEAV) ; les agents du service central des armes et explosifs (SCAE) ; les agents des services spécialisés de renseignement du ministère des Armées ; les agents du service national du renseignement pénitentiaire (SNRP) ; les magistrats du parquet, les magistrats chargés de l'instruction et les magistrats chargés de l'application des peines ; les agents des services judiciaires chargés de la demande d'inscription et du suivi des décisions entraînant l'inscription au FPR ; les agents de l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) ; les inspecteurs de l'environnement affectés à l'Office français de la biodiversité (OFB).
Règle
Les informations enregistrées dans le FPR sont communiquées à d'autres personnes et services, uniquement dans le cadre de leurs attributions et sous conditions : les organismes de coopération internationale en matière de police judiciaire (par exemple Interpol) et les services de police étrangers ; les agents de police municipale, à la demande d'un policier ou d'un gendarme pour rechercher une personne disparue — exceptionnellement, afin de parer à un danger pour la population, un policier ou un gendarme peut transmettre oralement certaines informations à un agent de police municipale ; les agents du service du Fijaisv ; les agents du service du Fijait.
L'étendue de l'accès varie selon l'habilitation : certaines autorités accèdent à l'ensemble des informations, d'autres à des catégories limitées, en fonction de leurs attributions.
Combien de temps sont conservées les informations enregistrées dans le FPR ?
Les informations sont conservées jusqu'à l'aboutissement de la recherche ou jusqu'à ce que le motif de l'inscription ne soit plus valable.
Lorsqu'une personne fait l'objet d'une inscription au FPR en raison d'un mandat d'arrêt, les données sont conservées jusqu'à son interpellation. Concernant l'inscription d'une personne disparue dans des conditions inquiétantes, les informations sont conservées jusqu'à ce qu'elle soit retrouvée.
Règle
Même si elles ne sont plus visibles au FPR, ces informations restent dans les archives pendant 6 ans. Durant cette période, elles sont uniquement accessibles aux personnels de la police nationale et de la gendarmerie nationale chargés de la gestion du FPR.
La conservation archivistique ne constitue pas une inscription active : la personne n'apparaît plus dans les recherches opérationnelles, mais les informations demeurent consultables par les services habilités aux fins de gestion du fichier.
Comment accéder, rectifier ou effacer ses données enregistrées au FPR ?
Les moyens pour demander l'accès, la rectification ou l'effacement des données enregistrées au FPR diffèrent en fonction du statut de la personne qui en fait la demande.
De manière générale, la demande est adressée au directeur de la police nationale ou au directeur de la gendarmerie nationale. Par exception, elle doit être effectuée auprès de la Cnil pour les personnes recherchées pour empêcher une menace grave pour la sécurité publique ou la sûreté de l'État (par exemple le trafic d'armes), si des informations ou des indices réels ont été recueillis sur elle, et pour les personnes faisant l'objet de certaines mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance.
Cas général — demande au ministère de l'Intérieur. La demande peut être effectuée en ligne (connexion par FranceConnect ou à l'aide d'une adresse mail) ou être transmise par courrier postal au directeur de la police nationale ou au directeur de la gendarmerie nationale. La personne à l'origine de la demande doit indiquer le fichier concerné (Taj, FPR, etc.) et joindre une copie d'un justificatif d'identité (carte nationale d'identité, passeport, etc.). La demande peut être effectuée par une autre personne que celle inscrite au FPR, par exemple les représentants légaux d'un mineur ou un avocat. Elle est traitée dans un délai de 2 mois suivant sa réception par l'autorité compétente.
Règle
La demande peut être rejetée ou partiellement acceptée pour l'une des raisons suivantes : éviter de gêner des enquêtes, des recherches et des procédures administratives ou judiciaires ; éviter de nuire à la prévention ou à la détection d'infractions pénales, aux enquêtes, aux poursuites en la matière, ou à l'exécution de sanctions pénales ; protéger la sécurité publique et la sécurité nationale. Quelle que soit la décision prise, la personne à l'origine de la demande en est informée par courrier postal.
Demande à la Cnil. La demande auprès de la Cnil se fait en ligne (connexion via FranceConnect ou un email) ou par courrier postal à : Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), 3 place de Fontenoy, TSA 80715, 75334 Paris Cedex 07. Il est possible de faire cette demande pour une autre personne (exemple : un mineur). La Cnil répond dans un délai de 6 mois ; selon la complexité du dossier, ce délai peut être plus long. La Cnil ne reçoit pas le public et n'assure aucun renseignement sur place ; un formulaire de contact est disponible sur son site.
Quels documents fournir pour une demande à la Cnil ?
La demande adressée à la Cnil par courrier postal doit être accompagnée de documents justificatifs dont la liste varie selon qu'il s'agit d'une demande d'accès, de rectification ou d'effacement, ou d'un recours.
- Copie d'un titre d'identité (carte nationale d'identité, passeport, etc.) de la personne pour laquelle la demande est faite.
- Copie des informations figurant dans le FPR, à condition de les avoir déjà reçues.
- Copie de tous documents attestant de l'erreur à corriger ou de l'information à effacer (par exemple, la décision judiciaire ayant entraîné l'inscription au fichier).
- Pour les représentants légaux d'un mineur : copie du livret de famille, copie d'une pièce d'identité de chaque parent et copie d'une demande signée par chaque parent.
En fonction de la situation de la personne qui fait la demande, d'autres documents peuvent être demandés par la Cnil. La demande peut porter sur l'accès aux données, leur rectification ou leur effacement.
Règle
La Cnil répond dans un délai de 6 mois. Selon la complexité du dossier, ce délai peut être plus long.
Les demandes peuvent également être déposées en ligne via les téléprocédures disponibles, notamment la plateforme numérique des demandes de droit d'accès FPR et le service en ligne de la Cnil pour les fichiers de police (Taj, FPR).
Comment contester un refus d'accès, de rectification ou d'effacement des données au FPR ?
En l'absence de réponse ou en cas de rejet de la demande, la personne inscrite au FPR peut saisir la Cnil et/ou le tribunal administratif de Paris.
Dans le cas où l'administration compétente n'a pas répondu, la personne concernée doit lui transmettre une preuve d'envoi de sa demande datée de 2 mois ou plus. La manière de faire un recours devant la Cnil dépend du statut de la personne qui conteste la décision préalablement rendue.
Règle
Pour saisir la Cnil, la personne inscrite au FPR doit lui adresser un recours par courrier postal (Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), 3 place de Fontenoy, TSA 80715, 75334 Paris Cedex 07) ou utiliser le service en ligne « Fichiers de police (Taj, FPR) : recours auprès de la Cnil » (connexion avec FranceConnect). Ce recours peut être formé au nom d'une personne autre que celle figurant dans le FPR, par exemple les parents d'un mineur. Il doit préciser le nom du ou des fichiers concernés (Taj, FPR, etc.) et l'adresse postale de la personne, et être accompagné d'une copie recto-verso d'une pièce d'identité, de la demande transmise au ministère de l'Intérieur, de la décision du ministère de l'Intérieur s'il a répondu, et de tout document permettant de justifier le recours.
Pour saisir le tribunal administratif, la personne inscrite au FPR doit lui transmettre une requête par le biais du téléservice *Télérecours citoyens*. Les personnes inscrites au FPR pour une raison liée à la sûreté de l'État forment leur réclamation directement auprès de la Cnil, avec les mêmes pièces justificatives (copie recto-verso d'une pièce d'identité, demande initiale transmise à la Cnil, décision de la Cnil si elle a répondu, tout document permettant de justifier le recours). La Cnil dispose d'un délai de 6 mois pour répondre.
Textes applicables
- Décret n°2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées (FPR)Légifrance
- Code de procédure pénale : article 230-19Légifrance
- Code des relations entre le public et l'administration : articles L231-4 à L231-5Légifrance
- Loi n°78-17 du 6 janvier 1978 - Informatique et libertésLégifrance
- Décret n°2019-536 du 29 mai 2019 pris pour l'application de la loi de 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertésLégifrance
- Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 - protection des personnes à l'égard du traitement des données personnelles (RGPD)eur-lex.europa.eu
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Fichier des personnes recherchées (FPR)
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Demande d'accès, de rectification ou d'effacement des données enregistrées au FPR, au directeur de la police nationale ou de la gendarmerie nationale
- Fichiers de police (Taj, FPR) : recours auprès de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil)
- Télérecours citoyens (recours devant le juge administratif)
Les règles d'inscription, de conservation et d'accès au FPR sont fixées par le code de la sécurité intérieure et par la loi Informatique et Libertés. Vérifier les dernières évolutions auprès de la direction générale de la police nationale, de la direction générale de la gendarmerie nationale ou de la Cnil.

