Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur le fichier des auteurs d'infractions terroristes (Fijait) : inscription, obligations, droits et conservation.
Ce qu'il faut savoir
- Le Fijait est un fichier judiciaire qui centralise des informations sur des personnes mises en cause ou condamnées pour des infractions liées au terrorisme.
- Les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent pas être inscrits au Fijait ; pour les autres personnes, les règles diffèrent en fonction de leur âge.
- L'inscription est automatique, sauf décision contraire et motivée d'un juge (mise en examen) ou du procureur de la République (condamnations et irresponsabilité pénale).
- Les personnes inscrites ont des obligations de déclaration d'adresse et de déplacements, à accomplir auprès de la gendarmerie, de la police, d'un consulat ou du service gestionnaire selon leur situation.
- Toute personne inscrite (majeure ou mineure) peut demander la communication, la rectification et, sous conditions, l'effacement des données qui la concernent.
Conditions essentielles
- Inscription possible pour les personnes mises en examen ou condamnées (même non définitivement) pour des infractions liées au terrorisme.
- Obligations de déclaration d'adresse tous les 3 mois et de déplacements à l'étranger au moins 15 jours avant le départ.
- Demandes de rectification ou d'effacement adressées aux autorités judiciaires compétentes, avec recours possible devant le président de la chambre de l'instruction.
Les étapes
- Vérifier si vous êtes concerné par une inscription au Fijait (mise en examen ou condamnation pour une infraction terroriste).
- Respecter les obligations de déclaration d'adresse et de déplacements dans les délais impartis.
- Si besoin, demander la communication, la rectification ou l'effacement des données auprès de l'autorité compétente.
- En cas de refus ou de silence de plus de 3 mois, former un recours devant le président de la chambre de l'instruction dans un délai de 10 jours.
- Suivre les durées de conservation propres à votre situation (de 3 à 20 ans selon l'infraction et l'âge).
Cette synthèse présente les points essentiels. Le détail des obligations, des procédures de rectification, des recours et des durées de conservation est développé dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux recours, voir la section « Les recours ».
Qu'est-ce que le Fijait ?
Le Fijait est un fichier de police judiciaire spécialisé, créé pour centraliser les informations relatives aux infractions terroristes.
Le Fijait (fichier des auteurs d'infractions terroristes) est un fichier judiciaire qui centralise des informations sur des personnes mises en cause ou condamnées pour des infractions liées au terrorisme. Il peut être consulté par plusieurs autorités judiciaires et administratives.
Le fichier s'inscrit dans un dispositif plus large de prévention et de lutte contre le terrorisme. Il est encadré par le code de procédure pénale (articles 706-25-3 à 706-25-14) et par la directive européenne dite « Police-Justice » relative au traitement des données personnelles en matière d'infractions pénales.
- Consultation
- Les informations du Fijait sont consultables par plusieurs autorités judiciaires et administratives, dans le cadre de leurs missions de prévention et de répression des infractions terroristes.
- Droits des personnes inscrites
- Les personnes qui y sont inscrites peuvent demander la communication des données qui les concernent, leur rectification et leur effacement. Ces droits s'exercent auprès des autorités judiciaires compétentes, selon la situation pénale de la personne (mise en examen ou condamnée).
- Mineurs de moins de 13 ans
- Les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent pas être inscrits au Fijait. Pour les autres personnes, les règles diffèrent en fonction de leur âge (mineur de 13 à 17 ans ou majeur).
Règle
Le Fijait est donc un outil de police judiciaire au service de la lutte contre le terrorisme, dont l'encadrement juridique prévoit des droits de regard pour les personnes concernées : information, accès aux données, rectification et effacement.
L'inscription au Fijait n'est pas une condamnation en soi : elle peut résulter d'une mise en examen (simple soupçon) comme d'une condamnation, et ses effets administratifs (obligations de déclaration) s'appliquent dès la notification.
Qui peut être inscrit ?
L'inscription au Fijait concerne les personnes mises en examen ou condamnées pour des infractions spécifiques liées au terrorisme.
Les personnes mises en examen ou condamnées (même de manière non encore définitive) peuvent être inscrites au Fijait, pour les faits suivants : acte de terrorisme ; provocation et apologie du terrorisme ; non-respect d'une interdiction de sortie de territoire (IST) ordonnée en raison de déplacements à l'étranger ayant pour objet la participation à des activités terroristes ; non-restitution du passeport et de la carte d'identité après notification d'une IST ; non-respect des règles du contrôle administratif mis en place au retour en France après un déplacement à l'étranger pouvant être lié à des opérations de groupements terroristes.
- Inscription automatique
- L'inscription est automatique, sauf décision contraire et motivée d'un juge (par exemple le juge d'instruction). La personne concernée (ou son représentant légal s'il s'agit d'un majeur protégé) en est informée, avec l'indication des obligations qu'elle doit respecter. La notification peut avoir lieu à l'oral ou par courrier postal envoyé à la dernière adresse déclarée.
- Condamnés par une juridiction étrangère
- Les personnes condamnées par une juridiction étrangère et celles qui ont été déclarées irresponsables pénalement sont également inscrites au Fijait. Pour ces cas, l'inscription est automatique, sauf décision contraire et motivée du procureur de la République.
- Mineurs
- Les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent pas être inscrits. Les mineurs de 13 à 17 ans peuvent l'être, avec des règles adaptées (obligations accomplies par les représentants légaux, durées de conservation réduites).
Règle
Deux autorités peuvent s'opposer à l'inscription automatique : le juge (pour les mises en examen) et le procureur de la République (pour les condamnations étrangères et les irresponsabilités pénales). La décision de non-inscription doit être motivée.
L'information de la personne inscrite (ou de son représentant légal) est une garantie essentielle : elle déclenche le point de départ des obligations de déclaration et des droits d'accès, de rectification et d'effacement.
Les obligations de déclaration
Les personnes inscrites au Fijait doivent respecter des obligations régulières de déclaration d'adresse et de déplacements.
Une personne résidant en France doit respecter les obligations suivantes : dans les 15 jours suivant la notification de l'inscription au Fijait, indiquer une première fois son adresse postale ; indiquer son adresse postale tous les 3 mois ; déclarer tout changement d'adresse dans les 15 jours de ce changement ; déclarer tout déplacement à l'étranger au moins 15 jours avant le départ.
- Résidence en France
- Pour accomplir ces obligations, la personne doit se présenter personnellement à la brigade de gendarmerie ou au commissariat de police de son domicile. Elle doit avoir un justificatif de domicile datant de moins de 3 mois (quittance de loyer, facture d'électricité, etc.).
- Résidence à l'étranger — nationalité française
- Les mêmes obligations s'appliquent (adresse dans les 15 jours, tous les 3 mois, changement dans les 15 jours, déplacement étranger 15 jours avant). La personne doit se présenter au consulat de France ou à la section consulaire de l'ambassade de France la plus proche de son domicile, avec un justificatif de domicile de moins de 3 mois (par exemple une copie de facture de téléphone ou d'Internet).
- Résidence à l'étranger — nationalité étrangère
- La personne de nationalité étrangère doit remplir ses obligations de déclaration de domicile et de déplacements auprès du service gestionnaire du Fijait, par lettre recommandée avec accusé de réception. La lettre doit être accompagnée d'un justificatif de domicile de moins de 3 mois, comportant le visa de l'autorité du pays dans lequel elle se trouve, de l'ambassade ou du consulat.
- Mineurs
- Pour un mineur résidant à l'étranger, les représentants légaux se présentent au consulat de France ou à la section consulaire de l'ambassade ; la présence du mineur est fortement conseillée mais n'est pas obligatoire. Pour un mineur de nationalité étrangère, les représentants légaux doivent déclarer leur adresse (et leur changement d'adresse) au service gestionnaire du Fijait par lettre recommandée avec accusé de réception.
Règle
Le point commun de toutes ces obligations est la régularité (tous les 3 mois) et la promptitude (15 jours pour le premier enregistrement, les changements d'adresse, et 15 jours avant tout déplacement à l'étranger). Le non-respect de ces obligations peut avoir des conséquences juridiques.
Rectifier ou effacer ses données
Toute personne inscrite au Fijait, qu'elle soit majeure ou mineure, peut demander la rectification ou l'effacement des informations qui la concernent.
La manière de solliciter une rectification ou un effacement dépend de la situation pénale de la personne : mise en examen ou condamnée.
- Personne mise en examen
- La demande de rectification ou d'effacement peut être adressée à 2 autorités judiciaires : au procureur de la République de la dernière juridiction qui a ordonné la mise en examen et l'inscription au Fijait, ou directement au juge d'instruction ayant ordonné la mise en examen et l'inscription au fichier. La demande se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par déclaration au greffe.
- Personne condamnée
- Il est toujours possible de demander la rectification des données inscrites au Fijait. En revanche, lorsque ces informations sont liées à une procédure en cours, leur effacement ne peut pas être sollicité. Les demandes doivent être adressées au procureur de la République de la dernière juridiction qui a prononcé une condamnation ayant entraîné une inscription au Fijait. Si la dernière juridiction est une cour d'appel, les demandes doivent être transmises au procureur de la République du siège de la cour d'appel. Si la personne réside à l'étranger, la demande doit être adressée au parquet national anti-terroriste.
- Exemples de destinataires
- Une personne condamnée 2 fois avec inscription au Fijait (tribunal de Saintes en 2022, puis tribunal de Paris en 2024) doit adresser sa demande au procureur de la République du tribunal judiciaire de Paris. Une personne condamnée par la cour d'appel de Rennes doit adresser sa demande au procureur de la République du tribunal judiciaire de Rennes.
- Communication des données
- Outre la rectification et l'effacement, toute personne inscrite peut demander la communication des données qui la concernent, dans les mêmes conditions de procédure.
Règle
Le critère déterminant est la dernière juridiction compétente : c'est vers le procureur de cette juridiction (ou le juge d'instruction en cas de mise en examen) que la demande doit être dirigée. La présence d'une procédure en cours fait obstacle à l'effacement, mais jamais à la rectification.
Les mineurs inscrits au Fijait bénéficient des mêmes droits de rectification et d'effacement que les majeurs, les demandes étant formulées par leurs représentants légaux.
Les recours
En cas de refus ou de silence de l'autorité saisie, un recours est possible devant le président de la chambre de l'instruction.
Le magistrat compétent (procureur ou juge d'instruction) peut accepter la demande ou la rejeter. Quoi qu'il en soit, il a 3 mois à compter de la réception de la demande pour y répondre. Sa décision est notifiée à la personne concernée par courrier recommandé avec accusé de réception.
- Ouverture du recours
- En l'absence de réponse dans le délai de 3 mois ou en cas de refus de la demande, il est possible de faire un recours auprès du président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel.
- Délai et forme du recours
- Le recours se fait par lettre ou par déclaration au greffe, dans un délai de 10 jours suivant la notification du refus ou la fin du délai de 3 mois. Le recours doit être argumenté : la personne doit expliquer les raisons pour lesquelles elle fait un recours.
- Décision du président de la chambre de l'instruction
- Le président de la chambre de l'instruction accepte ou refuse la demande dans un délai de 3 mois à partir de la date de réception du recours. Il peut accepter ou rejeter la demande. Sa décision est notifiée à la personne concernée par lettre recommandée avec accusé de réception.
Règle
La procédure de recours est ainsi doublement encadrée dans le temps : 3 mois pour la première décision, 10 jours pour former le recours, puis 3 mois pour la décision du président de la chambre de l'instruction. Le caractère argumenté du recours est une exigence de forme indispensable.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel est la juridiction de second degré chargée du contrôle de l'instruction pénale : le président de cette chambre statue alors comme autorité de recours sur les demandes relatives au Fijait.
Les durées de conservation
La durée de conservation des données dépend de l'infraction commise et de l'âge de la personne inscrite.
La durée de conservation des données enregistrées au Fijait dépend de l'infraction commise et, pour les mineurs, de leur âge. Les délais courent à compter de la notification de la décision d'inscription ; si la personne est en prison, ces délais courent à compter de sa libération.
| Infraction | Adulte (majeur) | Mineur (13 à 17 ans) |
|---|---|---|
| Actes de terrorisme | 20 ans | 10 ans |
| Provocation ou apologie d'actes terroristes | 5 ans | 3 ans |
| Violation d'une interdiction de sortie de territoire (IST) | 5 ans | 3 ans |
Actes de terrorisme
- Adulte (majeur)
- 20 ans
- Mineur (13 à 17 ans)
- 10 ans
Provocation ou apologie d'actes terroristes
- Adulte (majeur)
- 5 ans
- Mineur (13 à 17 ans)
- 3 ans
Violation d'une interdiction de sortie de territoire (IST)
- Adulte (majeur)
- 5 ans
- Mineur (13 à 17 ans)
- 3 ans
- Retrait automatique
- Dans les cas suivants, les données sont automatiquement retirées du Fijait avant la fin du délai initialement prévu : décès de la personne inscrite ; décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement en faveur de la personne inscrite.
- Point de départ des délais
- Les délais courent à compter de la notification de la décision d'inscription. Si la personne est en prison, les délais ne commencent à courir qu'à compter de sa libération.
Règle
La hiérarchie des durées reflète la gravité des infractions : les actes de terrorisme sont conservés 20 ans (10 ans pour les mineurs), tandis que les infractions accessoires (provocation, apologie, violation d'IST) le sont 5 ans (3 ans pour les mineurs).
Les retraits automatiques (décès, non-lieu, relaxe, acquittement) garantissent que le fichier ne conserve pas de données au-delà de ce qui est strictement nécessaire : le retrait est automatique et ne nécessite pas de démarche de la personne concernée.
Où s'adresser
Plusieurs interlocuteurs interviennent selon la nature de la démarche : obligations de déclaration, demandes de rectification, recours.
Les interlocuteurs dépendent de la démarche à accomplir : déclaration d'adresse (gendarmerie, police, consulat, service gestionnaire), demandes de rectification ou d'effacement (procureur, juge d'instruction, parquet national anti-terroriste), recours (président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel).
- Déclaration d'adresse en France
- Brigade de gendarmerie ou commissariat de police du domicile, avec justificatif de domicile de moins de 3 mois. Présence personnelle obligatoire.
- Déclaration à l'étranger — nationalité française
- Consulat de France ou section consulaire de l'ambassade la plus proche, avec justificatif de domicile de moins de 3 mois.
- Déclaration à l'étranger — nationalité étrangère
- Service gestionnaire du Fijait (TSA 77927, 44379 NANTES Cedex 3), par lettre recommandée avec accusé de réception, avec justificatif de domicile visé.
- Rectification / effacement — mise en examen
- Procureur de la République de la dernière juridiction ayant ordonné l'inscription, ou juge d'instruction. Par lettre recommandée avec accusé de réception ou déclaration au greffe.
- Rectification / effacement — condamnation
- Procureur de la République de la dernière juridiction ayant prononcé la condamnation (ou du siège de la cour d'appel si la dernière juridiction est une cour d'appel). Si la personne réside à l'étranger : parquet national anti-terroriste.
- Recours
- Président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel, par lettre ou déclaration au greffe, dans les 10 jours.
- Aide et orientation
- Maison de justice et du droit : lieu d'accès aux droits et d'orientation juridique, utile pour être accompagné dans ces démarches.
Les informations de cette fiche sont vérifiées et datées (vérification du 5 octobre 2026). Les procédures et coordonnées peuvent évoluer : se référer aux sites officiels du ministère de la Justice et à la maison de justice et du droit pour les informations les plus récentes.
Textes applicables
- Code de procédure pénale : articles 706-25-3 à 706-25-14Dispositif légal du Fijait
- Code de procédure pénale : articles R. 50-30 à R. 50-68Règles d'application du Fijait
- Code pénal : articles 421-1 à 421-8Infractions terroristes
- Code de justice pénale des mineurs : articles L. 633-1 à L. 633-4Dispositions propres aux mineurs inscrits au Fijait
- Circulaire du 30 juin 2016 relative au fonctionnement du FijaitInstructions de service sur le fonctionnement du fichier
- Code de procédure pénale : articles 16 à 19-1Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Fichier des auteurs d'infractions terroristes (Fijait)
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Le Fijait est un fichier de police judiciaire dont les inscriptions, obligations et durées de conservation sont fixées par le code de procédure pénale. Les personnes inscrites disposent de droits d'accès, de rectification et d'effacement, avec recours possible devant le président de la chambre de l'instruction. Vérifier les procédures en vigueur auprès des autorités judiciaires compétentes.
