Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur le mandat de protection future : définition, personnes concernées, formes, mise en œuvre, coût et fin de la mesure.
Ce qu'il faut savoir
- Le mandat de protection future est un contrat par lequel une personne (le mandant) organise à l'avance sa protection, sans intervention du juge des tutelles.
- Le mandant désigne un ou plusieurs mandataires qui le représenteront le jour où il ne sera plus en capacité de gérer ses intérêts, en raison d'une altération physique ou mentale.
- Le mandat peut porter sur la protection de la personne, de ses biens, ou des deux à la fois, et peut être limité à une part du patrimoine.
- Deux formes de mandat existent : l'acte sous signature privée (rédigé entre mandant et mandataire, avec contresignature d'un avocat) et l'acte notarié (rédigé par un notaire, acte authentique).
- Le mandat ne produit aucun effet tant qu'il n'a pas été activé : la mise en œuvre suppose un certificat médical circonstancié et un visa du greffe du tribunal judiciaire.
- Le coût varie selon la forme : gratuit pour la rédaction sous signature privée (125 € d'enregistrement + honoraires d'avocat), frais de notaire pour le mandat notarié.
- Le mandataire exerce sa mission à titre gratuit, sauf si le mandat prévoit sa rémunération ou son indemnisation.
- Le mandat peut être révoqué ou modifié à tout moment avant sa mise en œuvre, et par le juge des tutelles après.
Conditions essentielles
- Être majeur ou mineur émancipé, ne pas faire l'objet d'une mesure de tutelle ou d'habilitation familiale.
- Pour une personne sous curatelle : conclure le mandat avec l'accord de son curateur.
- Le mandataire doit être majeur ou mineur émancipé, capable juridiquement (pas sous mesure de protection).
- Pour le mandat sous signature privée : apposer la contresignature d'un avocat ou utiliser le formulaire CERFA n° 13592.
- Pour le mandat notarié : se présenter en présence du mandant et du mandataire chez le notaire.
Les étapes
- Choisir la forme du mandat (sous signature privée ou notarié) et désigner le ou les mandataires.
- Rédiger le mandat en précisant les missions confiées, les souhaits du mandant et, pour le mandat sous signature privée, la personne chargée du contrôle.
- Signer le mandat (contresignature de l'avocat si sous signature privée, présence du mandataire si notarié).
- Enregistrer le mandat par voie postale auprès des services des impôts du domicile du mandant (frais de 125 € pour le mandat sous signature privée).
- Le jour où le mandant n'est plus en état de gérer seul ses intérêts, le mandataire fait établir un certificat médical circonstancié.
- Le mandant et le mandataire se présentent au greffe du service des majeurs protégés du tribunal judiciaire avec les pièces requises.
- Le greffier vérifie les pièces, parafe chaque page du mandat et appose son visa : le mandat prend effet.
- Le mandataire informe les administrations et établissements bancaires de la mise en œuvre du mandat.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — effets selon la forme, missions du mandataire, contrôle et responsabilité — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux formes du mandat, à la mise en œuvre et au coût, voir les sections dédiées.
Qu'est-ce que le mandat de protection future ?
Le mandat de protection future est un contrat par lequel une personne, appelée mandant, organise à l'avance sa dépendance en désignant une personne qui la représentera le jour où elle ne sera plus en capacité de gérer ses intérêts.
Le mandat de protection future est un outil d'anticipation : il permet à une personne, en pleine possession de ses moyens, de préparer la gestion de sa protection en cas d'altération de ses facultés. Il est établi sans l'intervention du juge des tutelles, ce qui le distingue des mesures de protection judiciaire classiques (tutelle, curatelle).
Le mandant désigne une ou plusieurs personnes, appelées mandataires, pour le représenter le jour où il n'a plus la capacité de gérer ses intérêts, en raison d'une altération physique ou mentale. Le mandat de protection future peut servir à protéger la personne, ses biens ou les deux à la fois. Il peut porter également sur une part limitée du patrimoine. Le mandat ne fait perdre ni les droits, ni la capacité juridique du mandant : celui-ci conserve tous ses droits tant que le mandat n'a pas été activé.
Règle
Le mandat de protection future ne produit aucun effet tant qu'il n'a pas été activé (c'est-à-dire tant que le mandant est en état de gérer seul ses intérêts). La mise en œuvre du mandat suppose la réunion de conditions précises (certificat médical, visa du greffe).
Le mandat de protection future peut également être utilisé par les parents pour leur enfant (mineur ou majeur) à charge qui souffre d'une maladie ou d'un handicap déjà identifié : il permet de désigner à l'avance une personne pour représenter l'enfant le jour où les parents ne seront plus en capacité de gérer ses intérêts.
Qui peut conclure un mandat de protection future ?
Le mandat peut être conclu par toute personne, majeure ou mineure émancipée, ne faisant pas l'objet d'une mesure de tutelle ou d'habilitation familiale.
La capacité de conclure un mandat de protection future suppose d'être majeur (ou mineur émancipé) et de ne pas être déjà placé sous une mesure de protection qui aurait pour effet de restreindre cette capacité.
Peut conclure un mandat : toute personne majeure ou mineure émancipée ; une personne placée sous curatelle peut conclure un mandat, uniquement avec l'accord de son curateur ; une personne placée sous tutelle ou faisant l'objet d'une habilitation familiale ne peut pas conclure un mandat de protection future. Le mandat peut également être établi par les parents pour leur enfant (mineur ou majeur) à charge souffrant d'une maladie ou d'un handicap déjà identifié.
Règle
La personne placée sous curatelle conserve sa capacité juridique, mais ses actes sont soumis à l'assistance de son curateur : la conclusion du mandat suppose donc l'accord de celui-ci.
Le mandat est un acte volontaire : personne ne peut être contraint de le conclure, et sa rédaction suppose que le mandant soit en pleine possession de ses facultés au moment de sa signature.
Qui peut devenir mandataire ?
Le mandataire doit être majeur ou mineur émancipé et capable juridiquement. Il peut s'agir d'une personne physique ou d'une personne morale inscrite sur la liste des mandataires judiciaires.
Le mandataire est la personne chargée de représenter le mandant le jour où celui-ci ne sera plus en capacité de gérer ses intérêts. Le choix du mandataire est libre : il appartient au mandant.
Le mandataire doit être majeur ou mineur émancipé. Il doit être capable juridiquement, c'est-à-dire ne pas être sous une mesure de protection juridique (tutelle, curatelle, habilitation familiale). Il peut s'agir d'une personne physique choisie par le mandant : un membre de la famille, un proche, un professionnel (avocat, expert-comptable...). Il peut également s'agir d'une personne morale inscrite sur la liste des mandataires judiciaires à la protection des personnes (par exemple, une association tutélaire). Cette liste est consultable auprès de la préfecture.
Règle
Pendant toute l'exécution du mandat, le mandataire doit avoir la capacité juridique. S'il est placé sous une mesure de protection en cours d'exécution, sa mission peut être remise en cause.
Le choix entre une personne physique (proche, famille) et une personne morale (mandataire judiciaire professionnel) dépend des souhaits du mandant : proximité personnelle d'un côté, expertise et impartialité de l'autre.
Comment établir un mandat de protection future ?
Le mandat de protection future peut s'établir soit par acte sous signature privée, soit par acte notarié. Les deux formes produisent des effets différents.
Le choix de la forme du mandat est déterminant : il conditionne l'étendue des pouvoirs du mandataire (actes d'administration seulement, ou actes de disposition) et le mode de contrôle de sa mission.
Le mandat par acte sous signature privée est rédigé et signé entre le mandant et le mandataire, sans passer devant un notaire. Il peut se faire sur papier libre, à condition d'apposer la contresignature d'un avocat. Sinon, il peut être rédigé à l'aide du formulaire CERFA n° 13592. Pour que le mandat ne soit pas contestable, il doit être enregistré afin de lui donner date certaine : l'enregistrement se fait par voie postale auprès des services des impôts du domicile du mandant. Il faut établir autant d'exemplaires en original qu'il y a de mandataires. Le mandat par acte notarié est un acte authentique rédigé en présence du mandant et du mandataire. La présence du mandataire vaut acceptation de sa mission.
Règle
Dans le mandat sous signature privée, la signature du mandataire vaut acceptation de sa mission. Dans le mandat notarié, c'est la présence physique du mandataire chez le notaire qui vaut acceptation.
Le mandat doit prévoir la désignation de la personne chargée du contrôle de l'activité du mandataire, notamment dans le cadre d'un acte sous signature privée.
Quels sont les effets du mandat selon sa forme ?
Les effets du mandat diffèrent selon qu'il s'agit d'un acte sous signature privée (gestion limitée aux actes d'administration) ou d'un acte notarié (gestion complète du patrimoine).
Le mandat notarié confère au mandataire des pouvoirs plus étendus que le mandat sous signature privée. La forme choisie détermine la nature des actes que le mandataire pourra accomplir sans autorisation du juge.
Lorsque le mandat prend la forme d'un acte sous signature privée, la gestion des biens se limite aux actes d'administration du patrimoine — c'est-à-dire à une gestion courante, comparable à ce qu'un tuteur peut faire sans autorisation du juge des tutelles. Pour tous les actes de disposition du patrimoine (vente d'un bien immobilier, donation, etc.), le mandataire devra obtenir l'accord du juge des tutelles. Le mandat notarié permet de confier au mandataire une gestion complète du patrimoine : le mandataire pourra accomplir des actes d'administration et de disposition, comme par exemple vendre un bien immobilier ou faire une donation, sans autorisation préalable du juge.
Règle
La distinction entre actes d'administration et actes de disposition est fondamentale : elle détermine l'autonomie réelle du mandataire dans la gestion du patrimoine du mandant.
Le mandant peut, dans les deux formes, indiquer ses souhaits concernant son logement, sa santé, ses loisirs, ses animaux et ses relations personnelles : ces souhaits orientent le mandataire dans l'exercice de sa mission.
Quelles sont les missions et obligations du mandataire ?
Le mandataire exécute les missions qui lui sont confiées conformément au mandat et selon la volonté du mandant. Il a des obligations comptables strictes.
Le mandataire est tenu d'exercer sa mission dans l'intérêt du mandant, en respectant les instructions et souhaits exprimés dans le mandat. Il est soumis à des obligations de transparence et de gestion prudente.
Le mandat de protection future peut porter sur la gestion du patrimoine et/ou de la personne. Le mandant peut indiquer ses souhaits concernant son logement, sa santé, ses loisirs, ses animaux et ses relations personnelles. Le mandataire peut accomplir tous les actes patrimoniaux que le tuteur a le pouvoir d'accomplir seul. Pour les actes de disposition du patrimoine (dans le cadre d'un mandat sous signature privée), le mandataire doit obtenir l'autorisation du juge des tutelles. Le mandataire a l'obligation de dresser un inventaire du patrimoine et d'en assurer son actualisation. Dans le cadre d'un mandat notarié, il doit établir chaque année des comptes de gestion et les présenter au notaire. Il doit tenir à disposition l'inventaire et les 5 derniers comptes de gestion.
Règle
Le mandataire peut renoncer à la mission qui lui est confiée en le notifiant au mandant. S'il ne souhaite plus exercer sa mission après la mise en œuvre du mandat, il doit notifier sa décision au notaire et au mandant, en rapportant la preuve qu'ils ont bien été informés.
Les obligations comptables (inventaire, comptes de gestion) constituent une garantie essentielle pour le mandant et ses proches : elles permettent de vérifier la bonne gestion du patrimoine par le mandataire.
Comment mettre en œuvre le mandat de protection future ?
Le mandat ne produit aucun effet tant qu'il n'a pas été activé. La mise en œuvre suppose un certificat médical circonstancié et un visa du greffe du tribunal judiciaire.
La procédure de mise en œuvre est identique quel que soit la forme du mandat. Elle vise à vérifier que le mandant est bien dans l'impossibilité de gérer seul ses intérêts.
Lorsque le mandant n'est plus en état de gérer seul ses intérêts, le mandataire doit faire établir un certificat médical circonstancié par un médecin spécialisé inscrit sur une liste établie par le procureur de la République (souvent psychiatres, gériatres, neurologues, parfois médecins généralistes). Ce certificat détermine le degré d'altération des facultés mentales et physiques de la personne. Le mandant et le mandataire doivent se présenter, en personne, au greffe du service des majeurs protégés du tribunal judiciaire dont dépend le domicile du mandant. Le mandant n'a pas à se rendre au tribunal s'il est établi par le certificat médical que sa présence est incompatible avec son état de santé : il sera alors informé de la mise en œuvre par lettre recommandée avec avis de réception.
Règle
Les pièces à présenter au greffe sont : l'original du mandat ; le certificat médical circonstancié datant de moins de 2 mois ; la pièce d'identité de chacune des parties ; le justificatif de domicile du mandant ou un certificat de résidence habituelle. Après vérification, le greffier paraphe chaque page du mandat, mentionne en fin d'acte que le mandat prend effet à compter de ce jour, puis appose un visa : c'est la certification du mandat, qui lui donne date certaine.
Si les conditions de mise en œuvre ne sont pas remplies, le greffier peut refuser de viser le mandat. Le juge des tutelles doit alors être saisi pour trancher le litige : il statue sans audience, et sa décision ne peut pas faire l'objet d'un recours. Aucune copie du mandat n'est conservée ou enregistrée par le greffier.
Comment est contrôlé le mandat de protection future ?
Le contrôle du mandat diffère selon sa forme : mandat sous signature privée (contrôle par une personne désignée) ou mandat notarié (contrôle par le notaire).
Le contrôle de l'activité du mandataire est une garantie pour le mandant : il permet de détecter d'éventuels abus ou mauvaise gestion.
Dans le cadre d'un mandat sous signature privée, le mandant doit désigner une personne chargée de contrôler la mission du mandataire. Il peut s'agir d'une personne physique (un proche, un professionnel) ou d'une personne morale (par exemple, une association tutélaire). Le mandat doit prévoir les modalités du contrôle des comptes de gestion. En cas de problème, la personne chargée du contrôle, le mandant ou un tiers peut saisir, par écrit, le juge des tutelles pour dénoncer des mouvements financiers suspects ou non conformes aux actes prévus par le mandat. Dans le cadre d'un mandat notarié, le notaire contrôle l'activité du mandataire par la remise de l'inventaire, des comptes de gestion et des pièces justificatives. Le notaire en assure la conservation et l'actualisation. En cas de problème, le notaire peut saisir, par écrit, le juge des tutelles, pour cause de mouvements financiers suspects, non justifiés ou non conformes aux actes prévus par le mandat.
Règle
Le contrôle est exercé pendant toute la durée d'exécution du mandat. Il prend fin en même temps que le mandat (rétablissement des facultés, révocation, décès, etc.).
Le choix du mode de contrôle (personne physique ou notaire) doit être fait en cohérence avec le choix de la forme du mandat : un mandat notarié offre un contrôle professionnel, tandis qu'un mandat sous signature privée repose sur la confiance accordée à une personne désignée.
Quelle est la responsabilité du mandataire ?
Le mandataire peut engager sa responsabilité civile et, dans certains cas, sa responsabilité pénale, s'il commet des fautes dans l'exercice de sa mission.
Le mandataire est tenu d'exercer sa mission avec diligence et loyauté. Tout manquement à cette obligation peut engager sa responsabilité, civile ou pénale.
Le mandataire peut engager sa responsabilité civile et dans certains cas pénale s'il commet des fautes dans l'exercice de sa mission. Il peut s'agir d'une négligence portant atteinte aux intérêts du mandant, d'une mauvaise exécution du mandat, ou d'une faute liée à une mauvaise gestion des comptes. Le juge des tutelles et/ou le procureur de la République peuvent être saisis, par écrit, par le mandant, ses proches ou toute autre personne, pour dénoncer ces manquements. Si la faute constitue une infraction pénale (abus de faiblesse, abus de confiance...), le procureur de la République pourra engager des poursuites pénales. Si le mandataire est responsable civilement d'un préjudice (perte financière, mauvaise gestion...), il peut être condamné à le réparer en versant des dommages et intérêts.
Règle
La responsabilité du mandataire peut être engagée même en l'absence de mauvaise foi : une simple négligence ou imprudence peut suffire, dès lors qu'elle a causé un préjudice au mandant.
La possibilité pour toute personne de saisir le juge des tutelles ou le procureur de la République constitue une garantie importante : le contrôle du mandataire n'est pas réservé au mandant ou à ses proches.
Quel est le coût d'un mandat de protection future ?
Le coût du mandat varie selon sa forme : le mandat sous signature privée est le moins coûteux, tandis que le mandat notarié génère des frais de notaire plus importants.
Le coût du mandat comprend les frais de rédaction, les frais d'enregistrement et, le cas échéant, les frais de mise en œuvre (certificat médical).
Pour un mandat sous signature privée : la rédaction est gratuite ; des frais d'avocat sont dus pour la contresignature (honoraires fixés librement) ; les frais d'enregistrement auprès du service des impôts du domicile du mandant sont de 125 €. Pour un mandat notarié : des frais de notaire sont dus, incluant la rédaction du mandat notarié et son enregistrement auprès du service des recettes des impôts. Pour la mise en œuvre du mandat (les deux formes) : le coût du certificat médical circonstancié est à la charge du mandant ; toutefois, aucun frais n'est requis lors de l'apposition du visa par le greffe du juge des tutelles.
Règle
Le mandataire et la personne chargée du contrôle exercent leur mission à titre gratuit, sauf si le mandat prévoit leur rémunération ou leur indemnisation.
| Élément de coût | Mandat sous signature privée | Mandat notarié |
|---|---|---|
| Rédaction | Gratuite | Inclus dans les frais de notaire |
| Signature / contresignature | Honoraires d'avocat (libres) | Inclus dans les frais de notaire |
| Enregistrement | 125 € | Inclus dans les frais de notaire |
| Certificat médical (mise en œuvre) | À la charge du mandant | À la charge du mandant |
| Visa du greffe | Gratuit | Gratuit |
Rédaction
- Mandat sous signature privée
- Gratuite
- Mandat notarié
- Inclus dans les frais de notaire
Signature / contresignature
- Mandat sous signature privée
- Honoraires d'avocat (libres)
- Mandat notarié
- Inclus dans les frais de notaire
Enregistrement
- Mandat sous signature privée
- 125 €
- Mandat notarié
- Inclus dans les frais de notaire
Certificat médical (mise en œuvre)
- Mandat sous signature privée
- À la charge du mandant
- Mandat notarié
- À la charge du mandant
Visa du greffe
- Mandat sous signature privée
- Gratuit
- Mandat notarié
- Gratuit
Le mandat notarié est plus coûteux mais offre des garanties supplémentaires : acte authentique (date certaine, force exécutoire) et contrôle professionnel par le notaire.
Comment révoquer ou modifier le mandat de protection future ?
Le mandat de protection future peut être révoqué ou modifié. La procédure diffère selon que le mandat a été mis en œuvre ou non.
La révocation ou la modification est libre tant que le mandat n'a pas pris effet. Après la mise en œuvre, elle suppose une décision du juge des tutelles.
Tant que le mandat n'a pas pris effet, il est révocable ou modifiable à tout moment, peu importe qu'il s'agisse d'un mandat notarié ou sous signature privée. La révocation ou la modification est libre : elle peut se faire par écrit, sur papier libre daté et signé, ou par acte notarié. Le mandataire doit être informé de ces changements ; aucun formalisme n'est imposé, mais il faut pouvoir rapporter la preuve que le mandataire a bien été averti. Après la mise en œuvre du mandat, la révocation ou la modification peut être demandée par le mandant, le mandataire, un proche ou le procureur de la République. La demande doit être adressée, par écrit, au juge des tutelles.
Règle
Si le mandataire ne souhaite plus exercer sa mission, il doit notifier sa décision au notaire et au mandant, en rapportant la preuve qu'ils ont bien été informés.
La liberté de révocation avant la mise en œuvre est un avantage important du mandat de protection future : le mandant peut changer d'avis à tout moment, sans avoir à se justifier.
Quand prend fin le mandat de protection future ?
Le mandat prend fin dans plusieurs situations : rétablissement des facultés du mandant, révocation du mandataire par le juge, ouverture d'une mesure de curatelle ou de tutelle, ou décès du mandant.
La fin du mandat est déclenchée par des événements extérieurs (décès, rétablissement) ou par des décisions judiciaires (révocation, ouverture d'une mesure de protection).
Le mandat de protection future prend fin dans l'une des situations suivantes : la personne retrouve ses facultés mentales (si le mandat est en cours d'exécution, il faut saisir le juge des tutelles pour qu'il y mette fin) ; le juge des tutelles est saisi d'une contestation portant sur la mise en œuvre ou l'exécution du mandat ; le juge des tutelles prononce la révocation du mandataire ; le juge des tutelles prononce l'ouverture d'une mesure de curatelle ou de tutelle ; la personne décède.
Règle
L'ouverture d'une mesure de curatelle ou de tutelle met fin au mandat de protection future : ces mesures se substituent au mandat, qui est un dispositif préventif incompatible avec une protection judiciaire active.
Le décès du mandant met fin au mandat. Le mandataire doit alors cesser toute gestion et restituer le patrimoine aux héritiers, en rendant ses comptes.
Textes applicables
- Loi du 5 mars 2007 - Création du mandat de protection futureLégifrance
- Code civil : articles 394 à 397Légifrance
- Code civil : articles 415 à 424Légifrance
- Code civil : articles 457-1 à 463Légifrance
- Code civil : articles 477 à 488Légifrance
- Code civil : articles 489 à 491Légifrance
- Code civil : articles 492 à 494Légifrance
- Code de procédure civile : articles 1258 à 1260Légifrance
- Arrêté du 23 décembre 2009 relatif au mandat de protection futureLégifrance
- Décret n°2008-1484 du 22 décembre 2008 relatif aux actes de gestion du patrimoine des personnes placées en curatelle ou en tutelleLégifrance
- Code général des impôts : articles 677 à 681Légifrance
- Code civil : article 1145Légifrance
- Code civil : articles 1372 à 1377Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Mandat de protection future (Service-Public F16670, vérifié 26/06/2026)
Vérifiée le 2026-09-22
- OuvrirLégifrance
Code civil : articles 457-1 à 463 - Droits et obligations du mandataire
Vérifiée le 2026-09-22
- OuvrirLégifrance
Code civil : articles 457-1 à 463 - Droits et obligations du mandataire
Vérifiée le 2026-09-22
- OuvrirLégifrance
Code civil : articles 477 à 488 - Mandat de protection future
Vérifiée le 2026-09-22
- OuvrirLégifrance
Décret n°2024-1032 du 16 novembre 2024 : registre des mandats de protection future
Vérifiée le 2026-09-22
- OuvrirLégifrance
Code civil : articles 477 à 488 - Mandat de protection future
Vérifiée le 2026-09-22
- OuvrirLégifrance
Décret n°2024-1032 du 16 novembre 2024 : registre des mandats de protection future
Vérifiée le 2026-09-22
Voir aussi
- Formulaire CERFA n° 13592 — Mandat de protection future
- Décret n° 2024-1032 — Registre des mandats de protection future (Légifrance)
Les règles du mandat de protection future sont fixées par le code civil et la loi du 5 mars 2007. Vérifier les dernières évolutions, notamment la création du registre national dématérialisé (décret n° 2024-1032), auprès d'un notaire ou d'un avocat.
