Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir en cas d'agression sexuelle : définition, procédure, peines et accompagnement de la victime.
Ce qu'il faut savoir
- L'agression sexuelle est un contact physique à caractère sexuel imposé sans consentement et sans pénétration (caresses, baisers, attouchements). Elle constitue un délit.
- Le consentement doit être libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable ; il ne peut jamais être déduit du silence ou de l'absence de réaction de la victime.
- En cas d'urgence, composer le 15 (Samu), le 17 (Police-Secours) ou le 112 (numéro d'urgence européen, 24h/24 et 7j/7, gratuit).
- Les personnes sourdes, malentendantes, sourdes-aveugles ou aphasiques, et toute personne dans l'impossibilité de parler à voix haute, peuvent envoyer un SMS au 114 (gratuit, 24h/24).
- Le dépôt de plainte peut se faire au commissariat ou à la brigade de gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur.
- Le délai pour porter plainte est de 6 ans à compter de la commission des faits.
- L'auteur risque jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende, peine portée à 7 ans et 100 000 € en cas de circonstances aggravantes, et 10 ans et 150 000 € si la victime est particulièrement vulnérable avec circonstances aggravantes.
- La victime peut se faire indemniser en se constituant partie civile, via le FGTI (par la Civi), ou en saisissant les juridictions civiles.
Conditions essentielles
- Un contact physique à caractère sexuel a été imposé sans le consentement de la victime.
- La victime est une personne majeure (18 ans et plus) ; pour les mineurs, des règles différentes s'appliquent.
- L'acte est réalisé sans pénétration (sinon, il s'agit d'un viol, qualification distincte et plus grave).
- La plainte peut être déposée dans un délai de 6 ans à compter des faits.
- Pour être indemnisée, la victime doit établir son préjudice et suivre l'une des voies ouvertes (partie civile, FGTI, juridictions civiles).
Les étapes
- En cas d'urgence immédiate, contacter les secours : 15 (Samu), 17 (Police-Secours), 112 (Union européenne), ou SMS 114 si impossible de parler.
- Signaler les faits à la police ou à la gendarmerie, ou aux agents SNCF/RATP via le 3117 en cas de faits dans les transports.
- Demander un examen médical en unité médico-judiciaire (UMJ) : constat des lésions, recherche de traces ADN, certificat médical.
- Se faire accompagner : 3919 (Violences Femmes Info), 116 006 (numéro d'aide aux victimes), site Parcours-Victimes, avocat, psychologue.
- Déposer plainte au commissariat, en gendarmerie, ou par courrier au procureur (délai : 6 ans).
- Suivre l'enquête : audition de la victime et de l'auteur présumé, éventuelle confrontation, saisine du procureur.
- Le procureur décide des suites : alternative aux poursuites, saisine du tribunal correctionnel, information judiciaire, ou classement sans suite.
- Obtenir une indemnisation : constitution de partie civile, demande FGTI via la Civi, ou action civile.
Cette synthèse reprend les règles applicables à l'agression sexuelle sur une personne majeure. Si la victime a moins de 18 ans, les règles applicables peuvent être différentes. Les numéros d'urgence (15, 17, 112, 114, 3117, 3919, 116 006) sont gratuits et disponibles 24h/24 sauf mention contraire.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail du consentement, des procédures de plainte, des peines, de l'indemnisation et des ressources d'accompagnement, voir les sections suivantes.
Qu'est-ce qu'une agression sexuelle ?
L'agression sexuelle est un acte sexuel imposé par une personne à une autre personne. Ce délit implique un contact physique, à caractère sexuel, sans pénétration (par exemple : caresses, baisers, attouchements).
L'agression sexuelle se distingue du viol par l'absence de pénétration. Elle peut être retenue quelle que soit la relation entretenue par les personnes ayant eu le contact à caractère sexuel : un supérieur hiérarchique, un conjoint, un membre de la famille, un inconnu, etc. La qualification ne dépend pas du lien entre l'auteur et la victime, mais du caractère imposé de l'acte.
Règle
L'agression sexuelle est caractérisée lorsque le geste à caractère sexuel a été commis sans le consentement de la personne. L'acte doit avoir lieu sans contrainte, violence, menace ou surprise. Dès lors que l'acte est intervenu dans ces conditions, on considère qu'il n'était pas consenti.
L'agression sexuelle peut être retenue dans des situations variées : attouchements imposés à une personne frappée avant et/ou pendant l'acte (violence) ; attouchements imposés à une personne retenue de force dans un lieu fermé sans être frappée (contrainte physique) ; attouchements imposés par un supérieur hiérarchique (contrainte morale, y compris à la suite d'un harcèlement sexuel) ; attouchements commis par un agresseur muni d'une arme (menane) ; attouchements commis sur une personne qui dort (surprise).
Le consentement : condition essentielle
Le consentement est la condition centrale de l'agression sexuelle. Il doit être, à la fois, libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable.
Le consentement est libre et éclairé lorsque les partenaires sont en capacité de donner leur accord (par exemple, sans être ivre) et consentissent à l'acte sans aucune forme de pression. Il est spécifique : les partenaires peuvent consentir à un acte sexuel sans pour autant être d'accord pour un autre acte. Il est préalable : le consentement doit avoir été donné avant tout contact physique à caractère sexuel. Il est révocable : les partenaires peuvent changer d'avis à tout moment.
Règle
Par ailleurs, l'acte sexuel doit avoir lieu sans contrainte, violence, menace ou surprise. Dès lors que l'acte est intervenu dans ces conditions, on considère qu'il n'était pas consenti.
Le consentement ne peut pas être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime. Par exemple, si une personne caresse les parties intimes d'une autre personne à laquelle des somnifères ont été administrés, il s'agit d'un acte non consenti. La preuve du consentement ne se présume pas.
Prise en charge urgente : secours et signalement
Dès les premiers instants, la victime (ou un témoin) peut contacter les services d'urgence pour une prise en charge rapide.
Les services d'urgence (Samu, Police-Secours) peuvent intervenir rapidement après que la victime (ou un témoin) les ait contactés. L'agression sexuelle peut aussi être signalée à la police ou à la gendarmerie. Enfin, si les faits se sont déroulés dans un transport public de la SNCF ou de la RATP, il est possible de faire un signalement aux agents de ces entreprises.
Les moyens de contacter les services d'urgence sont adaptés à la situation personnelle de la victime. Le Samu (15) intervient pour les situations d'urgence médicale ; Police-Secours (17) pour un trouble à l'ordre public ou une infraction pénale ; le 112 est le numéro d'urgence européen, utilisable dans tous les pays de l'Union européenne.
Règle
Un appel sur ces numéros (15, 17, 112) est géolocalisé, identifié et priorisé. Il n'apparaît pas sur les factures. Si la situation ne relève pas d'une urgence, il faut composer le numéro du commissariat ou de la brigade de gendarmerie. Si la victime se trouve dans un autre état de l'Union européenne, elle peut contacter le service d'urgence européen en composant le 112 (gratuit, 24h/24 et 7j/7, agents francophones ou anglophones).
À Paris, les victimes de violences sexuelles peuvent se présenter dans un établissement de l'AP-HP (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris) pour être examinées par un médecin et rassembler un maximum de preuves, sans pour autant déposer plainte. Avec leur accord, elles peuvent être réorientées à la Maison des femmes, où elles seront examinées par une sage-femme et un médecin légiste de l'unité médico-judiciaire, avec consultation d'un psychologue. Si le médecin légiste l'estime nécessaire, des prélèvements ADN sont effectués et conservés pendant 3 ans : les constatations et prélèvements permettront de prouver l'agression si la victime souhaite déposer plainte ultérieurement.
Le 114 : alerte pour personnes sourdes, malentendantes ou en impossibilité de parler
La victime ou le témoin d'une agression sexuelle qui est sourde, malentendante, sourde-aveugle ou aphasique, ou qui se trouve dans une impossibilité de parler à voix haute (par exemple, l'auteur des violences est dans la même pièce), peut envoyer un SMS au 114.
Le 114 permet de communiquer uniquement par écrit avec les agents du 114, qui gèrent l'alerte en lien direct avec le service d'urgence le plus proche. Ce service est gratuit et fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Règle
Pour pouvoir faire intervenir rapidement les secours, le 114 a besoin : du nom de son interlocuteur, de son adresse précise, et du motif de l'appel.
Le 114 s'adresse également aux personnes qui, pour une raison quelconque (peur, présence de l'agresseur, handicap), ne peuvent pas passer un appel vocal classique. Il constitue un canal d'alerte alternatif au 15 et au 17.
Signalement dans les transports publics (3117)
La victime ou le témoin de violences sexuelles (viol, agression) dans les transports publics (train, bus, métro, etc.) peut obtenir l'assistance d'un agent SNCF ou RATP en contactant le 3117, en envoyant un SMS au 31177, ou en téléchargeant l'application « Alerte 3117 ».
L'application « Alerte 3117 » permet de se géolocaliser en temps réel, ce qui facilite l'intervention des équipes de sécurité. Ces services sont ouverts 7 jours sur 7 et 24h/24. Il est également possible de demander de l'aide à un agent présent en gare ou en station.
Règle
En contactant ces agents, la victime ou le témoin facilite l'intervention des secours et/ou des équipes de sécurité de la SNCF ou de la RATP.
Le signalement via le 3117 est indépendant du dépôt de plainte : il permet une prise en charge immédiate dans le réseau de transport, puis la victime peut déposer plainte ensuite.
Accompagnement et soutien de la victime
Plusieurs organismes (associations d'aide aux victimes) et professionnels (psychologues, psychiatres, avocats) sont à la disposition des victimes pour les écouter, les conseiller et leur apporter leur soutien.
Le site Parcours-Victimes (parcours-victimes.fr) permet d'avoir connaissance des structures qui peuvent venir en aide aux victimes de violences sexuelles (violences physiques, sexuelles ou psychologiques). Les victimes peuvent également prendre contact avec des organismes spécialisés comme Violences Femmes Info (3919) et le numéro d'aide aux victimes 116 006.
Règle
Les victimes qui souhaitent saisir la justice peuvent demander l'assistance d'un avocat (annuaire sur le site du Conseil national des barreaux), qui les accompagnera tout au long de la procédure. Si la victime n'a pas les ressources financières pour régler les honoraires, elle peut éventuellement faire une demande d'aide juridictionnelle.
- Violences Femmes Info — 3919 : écoute, information et orientation des femmes victimes de violences (physiques, verbales, psychologiques, y compris harcèlement sexuel, coups et blessures, viols). Appel gratuit, anonyme, 24h/24 et 7j/7 (métropole et DOM), ne figurant pas sur les factures. Ne traite pas les situations d'urgence (ce n'est pas un service de police ou de gendarmerie).
- 116 006 — Numéro d'aide aux victimes (France Victimes) : écoute et orientation des victimes d'infractions (hors atteintes aux biens sur internet). Appel gratuit, joignable tous les jours de l'année de 9h à 20h, accessible aux personnes sourdes et malentendantes. Depuis l'étranger ou hors métropole : + 33 (0)1 80 52 33 76. Courriel : victimes@116006.fr.
- Avocat : conseil national des barreaux (CNB), annuaire des avocats de France.
- Maison des femmes / unité médico-judiciaire (Paris, AP-HP) : examen médical, prélèvements ADN, psychologue, sans obligation de porter plainte.
Le 3919 et le 116 006 sont des lignes d'écoute et d'orientation, pas des services d'urgence. Pour une situation d'urgence immédiate, composer le 15, le 17 ou le 112.
Dépôt de plainte
Une victime d'agression sexuelle peut porter plainte contre l'auteur de cette infraction dans un délai de 6 ans à compter de la commission des faits.
Pour déposer plainte, la victime peut se déplacer directement au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de son choix. Elle a également la possibilité d'adresser un courrier au procureur de la République du lieu où les faits se sont produits.
Au moment du dépôt de plainte, il est recommandé de se munir de tous les éléments qui démontrent l'infraction subie et qui permettent d'identifier l'auteur de ces faits : SMS, témoignages, photographies de l'agresseur, vidéos, etc. Si la victime a déjà signalé les faits aux forces de l'ordre et pris rendez-vous dans un commissariat ou une brigade, elle doit se rendre au rendez-vous fixé par l'agent auquel le signalement a été fait.
Règle
Pour déposer plainte auprès du procureur de la République par courrier, la victime doit envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur. Le courrier doit préciser : l'état civil et coordonnées complètes (adresse et numéro de téléphone), le récit détaillé des faits, la date et le lieu de l'infraction, le nom de l'auteur supposé (sinon, la plainte sera déposée contre X), le nom et adresse des éventuels témoins, la description et estimation provisoire ou définitive du préjudice, et les documents de preuve (certificats médicaux, arrêts de travail, photographies, vidéos, factures diverses, etc.).
La plainte peut être envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception (de préférence), par lettre simple ou par lettre suivie. Elle peut aussi être déposée directement à l'accueil du tribunal. Dans tous les cas, un récépissé est transmis à la victime dès que les services du procureur de la République ont enregistré la plainte. Lors de la plainte, la victime peut se constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts.
Suite de la procédure pénale
À la suite d'une plainte, un examen médical et une enquête sont menés. L'affaire est ensuite saisine du procureur de la République, qui décide des suites à donner.
Le policier ou le gendarme peut demander à un médecin spécialisé d'examiner la victime au sein d'une unité médico-judiciaire (UMJ). Ce médecin constate les éventuelles blessures et recherche des traces ADN ; il peut également rechercher toute trace de drogue qui aurait été délivrée par l'auteur. À l'issue de l'examen, le médecin délivre un certificat médical indiquant les lésions subies : ce document sert d'élément de preuve contre l'auteur des faits. Il est recommandé à la victime de garder les vêtements qu'elle portait au moment de l'infraction et de se munir de tous les documents médicaux en lien avec les faits (certificat du médecin traitant, etc.).
Règle
Au cours de l'enquête, les forces de l'ordre recherchent tous les éléments permettant d'établir la vérité. L'auteur présumé peut être immédiatement interpelé (si la victime a pu l'identifier) ou convoqué ultérieurement pour être entendu. La durée de l'enquête varie en fonction de la complexité de l'affaire ; elle aboutit à la saisine du procureur de la République. Le procureur a 4 options : prononcer une mesure alternative aux poursuites ; saisir le tribunal correctionnel pour que l'affaire soit directement jugée ; si les faits sont complexes (plusieurs auteurs ou complices), saisir le juge d'instruction pour ouvrir une information judiciaire ; ou classer l'affaire sans suite.
L'auteur présumé d'une agression sexuelle est jugé par le tribunal correctionnel. En principe, les procès y sont publics ; néanmoins, le tribunal peut ordonner une audience à huis clos s'il estime qu'un procès public peut nuire à la sérénité des débats, à la dignité de la victime ou aux intérêts d'autres personnes. Les enquêteurs peuvent recevoir la victime en même temps que l'auteur présumé pour entendre leurs deux versions ; durant cette confrontation, chaque partie peut être assistée d'un avocat.
Peines encourues par l'auteur
L'auteur d'une agression sexuelle (ou d'une tentative d'agression sexuelle) encourt une peine principale dont la gravité dépend des circonstances dans lesquelles l'infraction a été commise.
Dans le cas général, l'auteur d'une agression sexuelle risque une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. Cette peine peut être portée à 7 ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende lorsque l'agression sexuelle est accompagnée de circonstances aggravantes.
Règle
Les circonstances aggravantes ouvrant droit à une peine de 7 ans et 100 000 € sont les suivantes :
- Agression ayant entraîné une blessure, une lésion ou une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours.
- Agression commise par une personne qui abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions (policier, juge, etc.).
- Agression commise par plusieurs personnes agissant en tant que co-auteurs ou complices.
- Agression commise sur un professionnel de santé (médecin, infirmier, etc.) durant l'exercice de son activité.
- Agression commise avec usage ou menace d'une arme.
- Agression commise sur une personne se livrant à la prostitution, y compris de manière occasionnelle.
- Agression commise par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime (employeur, enseignant, etc.).
- Agression commise par une personne mise en contact avec la victime par le biais d'un service de communication en ligne.
- Agression commise par la personne avec laquelle la victime est mariée, pacsée ou en concubinage.
- Agression commise par une personne qui était sous l'emprise de l'alcool ou de drogues.
- Agression commise alors que la victime a été droguée à son insu de sorte qu'elle ne pouvait pas comprendre ce qui lui arrivait ou contrôler ses actes.
- Agression commise devant un mineur.
- Agression commise dans un transport en commun (bus, train, etc.) ou dans un lieu permettant d'accéder à ce transport (gare, station de métro, arrêt de bus, etc.).
Agression sur une personne particulièrement vulnérable : lorsque l'auteur est conscient que la victime est une personne particulièrement vulnérable (en raison de son âge, d'une maladie, d'un handicap physique ou mental, d'une grossesse, d'une situation financière complexe, etc.), il encourt une peine de 7 ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende. Cette peine peut être portée à 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende lorsque l'agression est commise dans les circonstances suivantes : blessures ; par un ascendant ou une personne ayant autorité (supérieur hiérarchique) ; par une personne abusant de l'autorité de ses fonctions (policier) ; par plusieurs personnes (co-auteurs ou complices) ; avec usage ou menace d'une arme ; par une personne en état d'ivresse ou sous l'emprise de drogues ; sur une personne droguée à son insu ; dans un transport en commun ou un lieu d'accès à ce transport.
Peines complémentaires
- L'auteur peut également être condamné à des peines complémentaires telles qu'un suivi socio-judiciaire ou une interdiction d'exercer l'activité professionnelle au cours de laquelle l'infraction a été commise.
Indemnisation de la victime
Pour obtenir une indemnisation, la victime dispose de plusieurs voies : la constitution de partie civile dans le procès pénal, la demande au fonds de garantie des victimes (FGTI) par la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi), ou la saisine des juridictions civiles.
La constitution de partie civile permet à la victime de demander des dommages et intérêts devant la juridiction pénale. Elle peut avoir lieu dès le dépôt de plainte, jusqu'au jour du procès. Le FGTI (fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions) indemnise les victimes d'infractions, notamment lorsque l'auteur est insolvable ou inconnu ; la demande passe par la Civi. Si la victime ne souhaite pas être partie au procès pénal, elle peut saisir les juridictions civiles d'une demande de dommages et intérêts.
Règle
Les trois voies ne sont pas exclusives entre elles, mais la stratégie d'indemnisation doit être coordonnée (notamment entre partie civile et Civi). Les justificatifs du préjudice (certificats médicaux, arrêts de travail, factures, etc.) sont indispensables.
La victime qui se constitue partie civile devient acteur du procès pénal : elle peut faire valoir son préjudice devant le tribunal correctionnel. La Civi, quant à elle, intervient en amont ou en parallèle pour garantir une indemnisation même en l'absence de condamnation définitive, sous réserve des conditions du fonds.
- Partie civile : constitution possible dès le dépôt de plainte jusqu'au jour du procès, demande de dommages et intérêts devant le tribunal correctionnel.
- FGTI / Civi : demande d'indemnisation par la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions.
- Juridictions civiles : saisine pour dommages et intérêts si la victime ne souhaite pas être partie au procès pénal.
Numéros utiles et ressources
Liste des numéros d'urgence, d'écoute et d'accompagnement accessibles aux victimes et témoins d'agression sexuelle.
Les services d'urgence (15, 17, 112, 114), les lignes d'écoute (3919, 116 006) et les services de signalement (3117 pour les transports) forment un réseau complet de prise en charge, adaptés à chaque situation (urgence médicale, urgence policière, handicap, impossibilité de parler, transports).
Chaque numéro a une vocation spécifique : le 15 pour l'urgence médicale, le 17 pour l'urgence policière, le 112 pour l'urgence européenne, le 114 pour l'alerte par SMS (sourds, malentendants, aphasiques, impossibilité de parler), le 3117 pour les transports SNCF/RATP, le 3919 pour l'écoute des femmes victimes de violences, le 116 006 pour l'écoute et l'orientation générale des victimes.
Règle
Tous ces services sont gratuits. Le 15, le 17, le 112 et le 114 fonctionnent 24h/24 et 7j/7. Le 3919 est ouvert 24h/24 et 7j/7 (métropole et DOM), anonyme, et ne figure pas sur les factures. Le 116 006 est joignable tous les jours de l'année de 9h à 20h. Le 3117 est ouvert 7j/7 et 24h/24.
En cas de doute sur le numéro à appeler, le 112 est le numéro universel d'urgence : il oriente vers le service compétent. Les appels sur le 15, le 17 et le 112 sont géolocalisés et n'apparaissent pas sur les factures.
- 15 — Samu : urgences médicales. Gratuit, 24h/24 et 7j/7, métropole et Outre-mer.
- 17 — Police-Secours : accidents de la route, troubles à l'ordre public, infractions pénales. Équipe de policiers ou de gendarmes sur place.
- 112 — Numéro d'urgence européen : utilisable dans tous les pays de l'Union européenne, accessible depuis un téléphone fixe ou portable, gratuit, 24h/24 et 7j/7, agents français ou anglais.
- 114 — Alerte SMS : pour personnes sourdes, malentendantes, sourdes-aveugles, aphasiques, ou dans l'impossibilité de parler à voix haute. SMS gratuit, 24h/24 et 7j/7.
- 3117 / SMS 31177 / app Alerte 3117 : assistance SNCF et RATP en cas de violences dans les transports. 7j/7 et 24h/24.
- 3919 — Violences Femmes Info : écoute, information, orientation. Gratuit, anonyme, 24h/24 et 7j/7 (métropole et DOM).
- 116 006 — Numéro d'aide aux victimes (France Victimes) : écoute et orientation. Gratuit, 9h à 20h tous les jours. Depuis l'étranger : +33 (0)1 80 52 33 76. Courriel : victimes@116006.fr.
- Site Parcours-Victimes : annuaire des structures d'aide aux victimes de violences sexuelles (parcours-victimes.fr).
Textes applicables
- Code pénal : articles 222-22 à 222-22-2 — LégifranceTexte légal
- Code pénal : articles 222-27 à 222-31 — LégifranceTexte légal
- Code pénal : articles 222-44 à 222-48-5 — LégifranceTexte légal
- Décret n° 2025-1208 du 11 décembre 2025 — LégifranceTexte réglementaire
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Agression sexuelle commise sur une personne majeure
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Signaler des violences conjugales, sexuelles ou sexistes aux forces de l'ordre
- Porter plainte auprès du procureur de la République
- Parcours-Victimes — structures d'aide aux victimes
- Annuaire des avocats de France — Conseil national des barreaux
- Juridictions pénales — justice.gouv.fr
- Suivi socio-judiciaire — justice.fr
- Fonds de garantie des victimes — formulaire de contact
Les peines et délais mentionnés (5 ans / 75 000 €, 7 ans / 100 000 €, 10 ans / 150 000 €, délai de plainte de 6 ans) sont ceux prévus par le code pénal pour l'agression sexuelle sur personne majeure. Vérifier les dernières évolutions législatives auprès d'un avocat ou du ministère chargé de la justice.

