Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur le cyberharcèlement : définition, signalement, suppression des contenus et poursuites.
Ce qu'il faut savoir
- Le cyberharcèlement est une forme de harcèlement pratiqué par internet (réseau social, jeu vidéo multijoueurs, blog, messagerie privée...).
- Il peut prendre la forme d'un harcèlement moral, scolaire ou sexuel sur internet.
- Le cyberharcèlement nécessite toujours une répétition des faits : une seule action isolée ne constitue pas une infraction.
- Pour que l'infraction soit retenue, les agissements doivent avoir dégradé les conditions de vie, porté atteinte à la dignité ou créé une situation intimidante pour la victime.
- La victime doit collecter un maximum de preuves : captures d'écrans, copies de mails, enregistrements, attestations de témoins, certificats médicaux.
- La plainte doit être déposée dans un délai de 6 ans à compter du jour où le dernier acte de cyberharcèlement a eu lieu.
- Des numéros d'assistance existent : 3018 (gratuit, anonyme, 7 j/7 de 9 h à 23 h) et 116 006 (écoute aux victimes).
Conditions essentielles
- Être victime ou témoin d'un harcèlement commis par internet (réseau social, jeu en ligne, blog, messagerie...).
- Les faits doivent être répétés (répétition nécessaire) et avoir causé un préjudice (dégradation, atteinte à la dignité, situation intimidante).
- Collecter les preuves avant toute demande de suppression ou dépôt de plainte.
Les étapes
- Identifier le cyberharcèlement et collecter les preuves (captures d'écrans, mails, enregistrements, attestations, certificats médicaux).
- Signaler le cyberharcèlement aux forces de l'ordre via le tchat dédié (majeur ou mineur) ou en se présentant au commissariat ou en gendarmerie.
- Demander la suppression des contenus illicites à l'hébergeur de la plateforme (réseau social, site internet).
- Déposer plainte contre l'auteur des faits (ou contre X si son identité est inconnue) dans un délai de 6 ans.
- Se constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts.
- Demander l'aide juridictionnelle si vos ressources sont insuffisantes pour régler un avocat.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — définition du cyberharcèlement, modalités de signalement selon l'âge, procédure de signalement à l'hébergeur, poursuites judiciaires et ressources utiles — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres au signalement aux forces de l'ordre (tchat majeur/mineur) et à la procédure de plainte, voir les sections « Signaler le cyberharcèlement aux forces de l'ordre » et « Agir en justice contre l'auteur du cyberharcèlement ».
Identifier un cas de cyberharcèlement
Le cyberharcèlement s'effectue par internet : sur un réseau social, un jeu vidéo multijoueurs, un blog, etc. Il peut s'agir de publications sur une plateforme en ligne publique (par exemple, un forum) ou d'échanges privés (par exemple, sur la messagerie privée d'un réseau social).
Le cyberharcèlement peut prendre plusieurs formes : un harcèlement moral sur internet qui consiste à intimider et à humilier la victime par des messages d'insultes, des moqueries, des menaces, etc. ; un harcèlement scolaire sur internet lorsqu'un élève subit des humiliations, des brimades ou fait l'objet de rumeurs de la part d'une personne étudiant ou enseignant dans l'établissement scolaire ; un harcèlement sexuel sur internet qui se manifeste par l'envoi à la victime de messages, de photographies, de vidéos ou de montages vidéo à connotation sexuelle ou sexiste.
Le cyberharcèlement se distingue de l'agression isolée par son caractère répété : une seule insulte ou un seul message déplacé ne constitue pas un cyberharcèlement. L'exemple type est la publication quotidienne de messages d'insultes sur le mur « Facebook » de la victime. Le lieu numérique n'efface pas la réalité du harcèlement : les faits commis en ligne ont les mêmes conséquences psychologiques et sociales que ceux commis dans la vie réelle.
Règle
Le cyberharcèlement nécessite toujours une répétition des faits. Pour que cette infraction soit retenue, il faut également que les agissements commis aient : entraîné une dégradation des conditions de vie de la victime ; ou porté atteinte à la dignité de la victime ; ou créé une situation intimidante, hostile ou offensante à l'encontre de la victime. Cette infraction peut être commise par une seule personne qui agit de manière répétée, ou par un groupe de personnes sans que chacune d'entre elles ait agi de manière répétée.
La distinction entre harcèlement moral, scolaire et sexuel sur internet détermine les sanctions applicables et les procédures spécifiques. Dans tous les cas, le cyberharcèlement est une infraction pénale réprimée par le code pénal, indépendamment du canal numérique utilisé.
Collecter des preuves du cyberharcèlement
La victime d'un cyberharcèlement doit collecter un maximum de preuves de ces faits avant toute démarche de signalement ou de plainte.
Les preuves peuvent notamment s'agir de : captures d'écrans (par exemple, des images envoyées par message privé) ; copies de mails ; enregistrements audios ou vidéos ; d'une attestation de témoins (avec leur identité complète) ; d'un certificat médical ; d'une main courante préalablement déposée contre l'auteur du harcèlement.
Les captures d'écrans sont la preuve la plus courante en cyberharcèlement : elles documentent les messages, publications ou commentaires illicites. Les attestations de témoins (avec identité complète) permettent de corroborer les faits. Le certificat médical atteste des conséquences psychologiques ou physiques du harcèlement. La main courante déposée au commissariat ou en gendarmerie constitue un premier acte officiel qui peut être invoqué ultérieurement.
Règle
Dans tous les cas, la victime doit être la plus précise possible : tous ces documents doivent être datés. Ces preuves sont indispensables pour effectuer un signalement ou si la victime souhaite déposer plainte. Elles seront prises en compte par les services compétents, même si le cyberharcèlement a eu lieu pendant plusieurs années.
La victime peut faire appel à un commissaire de justice pour qu'il constate le harcèlement. Les constats de ce professionnel sont payants mais constituent une preuve solide devant la justice. Le constat peut porter sur les contenus en ligne, les messages reçus ou les conséquences du harcèlement sur la vie de la victime.
Signaler le cyberharcèlement aux forces de l'ordre
Toute personne majeure ou mineure, victime ou témoin, peut signaler un cyberharcèlement aux forces de l'ordre. Les dispositifs de signalement diffèrent en fonction de l'âge de la personne.
Pour les majeurs, une messagerie instantanée (tchat) permet aux victimes et aux témoins de dialoguer avec un policier ou un gendarme spécialement formé pour ce type d'infraction. Pour les mineurs, un tchat spécifique permet de signaler ces faits aux autorités compétentes (police ou gendarmerie). Dans les deux cas, à tout moment, la personne peut quitter le tchat et l'historique de discussion est effacé.
Lors de ce signalement, le policier ou le gendarme conseille la victime ou le témoin et l'aide dans ses démarches administratives (exemple : dépôt de plainte). S'ils l'estiment nécessaires, les policiers et gendarmes peuvent contacter l'hébergeur du site ou de la plateforme concerné et lui demander de supprimer les contenus illégaux.
Règle
Si le cyberharcèlement se manifeste par des menaces ou des incitations à la violence, la victime ou le témoin peut faire un signalement sur PHAROS (plateforme de signalement des contenus illicites sur internet). Pour les mineurs, un service spécifique de signalement est disponible sur le site masecurite.interieur.gouv.fr, couvrant le cyberharcèlement, la sextorsion, les menaces en ligne, le chantage, le revenge porn et la diffusion de contenus illicites.
Le tchat est un dispositif confidentiel et gratuit, particulièrement adapté aux personnes qui ne souhaitent pas se déplacer physiquement en commissariat ou en gendarmerie. Il permet un premier contact avec les forces de l'ordre et un accompagnement personnalisé dans les démarches.
Dénoncer le cyberharcèlement à l'hébergeur
Les hébergeurs doivent proposer aux internautes des mécanismes leur permettant de signaler un contenu publié sur un site ou une plateforme en ligne, lorsqu'ils le considèrent comme illicite.
Ces mécanismes doivent être facilement accessibles à toute personne qui souhaite signaler une donnée illégale. Elle doit pouvoir émettre un signalement par voie électronique. Les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok, etc.) ont des systèmes de signalement élaborés qui permettent d'expliquer la situation et de dénoncer le contenu illicite de manière précise.
Lorsqu'il s'agit de sites internet indépendants (par exemple, le site internet d'une entreprise), la personne qui souhaite faire un signalement doit rechercher les coordonnées de l'hébergeur (par exemple, adresse mail). De manière générale, les coordonnées de l'hébergeur se trouvent dans les mentions légales du site internet.
Règle
Le signalement doit contenir les informations suivantes : description du contenu illicite ; localisation du contenu (par exemple, l'adresse URL) ; coordonnées du signalant (nom, prénom, adresse mail, etc.) ; déclaration de bonne foi. Si une personne signale un contenu comme étant illicite en étant conscient qu'il ne l'est pas, elle risque une peine d'un an de prison et de 15 000 € d'amende.
La déclaration de bonne foi est une garantie fondamentale : elle protège le signalant qui signale un contenu qu'il croit sincèrement illicite. La mauvaise foi (signaler sciemment un contenu légal pour le faire supprimer) est un délit puni par la loi. Le signalement à l'hébergeur est une démarche complémentaire au dépôt de plainte : elle permet une suppression rapide des contenus sans attendre l'issue de la procédure pénale.
Agir en justice contre l'auteur du cyberharcèlement
Toute victime de cyberharcèlement peut déposer plainte contre l'auteur des faits (ou contre X si elle ne connaît pas son identité).
La plainte doit être déposée dans un délai de 6 ans à compter du jour où le dernier acte de cyberharcèlement a eu lieu. Pour porter plainte, la victime peut se présenter au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de son choix. Elle a également la possibilité d'écrire au procureur de la République.
Lors du dépôt de plainte, la victime peut se constituer partie civile pour que l'auteur du cyberharcèlement soit condamné à lui régler des dommages et intérêts. À la suite de la plainte, une enquête est menée et l'auteur présumé du cyberharcèlement peut être poursuivi devant le tribunal correctionnel. S'il est reconnu coupable, des peines peuvent être prononcées contre lui, dépendant du type de cyberharcèlement commis : harcèlement sexuel sur internet, harcèlement moral sur internet, ou harcèlement scolaire commis sur internet.
Règle
Les services de police ou de gendarmerie sont obligés d'enregistrer la plainte de la victime d'une infraction. C'est le procureur de la République qui décide de la suite à donner à la plainte (enquête, classement sans suite...). Durant toute la procédure, la victime peut être assistée d'un avocat. Si elle n'a pas les ressources financières suffisantes pour régler ce professionnel, elle peut éventuellement demander l'aide juridictionnelle. Si la victime s'est constituée partie civile, le tribunal peut également ordonner à l'auteur des faits de lui verser des dommages et intérêts.
Si la victime est mineure, ses représentants légaux doivent l'accompagner pour qu'elle puisse se constituer partie civile. La plainte par courrier doit être envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception (de préférence), par lettre simple ou par lettre suivie, ou déposée directement à l'accueil du tribunal. Un récépissé est transmis à la victime dès que les services du procureur de la République ont enregistré la plainte.
Ressources utiles et contacts
Plusieurs dispositifs d'assistance et de signalement sont à la disposition des victimes et des témoins de cyberharcèlement.
Le 3018 est le numéro gratuit et anonyme dédié au cyberharcèlement, ouvert 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h. Il permet de dialoguer avec un professionnel formé qui conseille la victime et l'aide dans ses démarches. Le 116 006 est le numéro d'écoute et d'orientation aux victimes, joignable tous les jours de l'année de 9 h à 20 h en France métropolitaine, et au +33 (0)1 80 52 33 76 depuis l'étranger ou les départements d'outre-mer.
- 3018 — numéro cyberharcèlement, gratuit et anonyme, 7 j/7 de 9 h à 23 h.
- 116 006 — numéro d'écoute et d'orientation aux victimes, gratuit, tous les jours de l'année de 9 h à 20 h.
- PHAROS — plateforme de signalement des contenus illicites sur internet (menaces, incitations à la violence).
- Tchat cyberharcèlement majeur — service.service-public.gouv.fr/cmi2 (dialogue avec un policier ou gendarme formé).
- Tchat cyberharcèlement mineur — masecurite.interieur.gouv.fr (service réservé aux mineurs).
- e-enfance.org — association de lutte contre le cyberharcèlement des mineurs.
- Application 3018 — disponible sur App Store et Google Play.
- CNIL — Commission nationale de l'informatique et des libertés, pour les questions liées à la protection des données personnelles.
Règle
Le tchat est accessible à tout moment : la personne peut quitter la discussion à tout moment et l'historique est effacé. Le policier ou le gendarme conseille la victime et peut, si nécessaire, contacter l'hébergeur pour demander la suppression des contenus illégaux.
La CNIL (3 Place de Fontenoy, TSA 80715, 75334 Paris Cedex 07) peut être contactée par courrier, téléphone (+33 1 53 73 22 22, accueil du lundi au vendredi de 9 h 30 à 17 h) ou formulaire de contact en ligne pour toute question relative à la protection des données personnelles dans le cadre d'un cyberharcèlement. La CNIL ne reçoit pas le public et n'assure aucun renseignement sur place.
Textes applicables
- Code pénal : articles 222-32 et 222-33 — LégifranceHarcèlement moral
- Code pénal : articles 222-33-2 à 222-33-2-3 — LégifranceHarcèlement sexuel
- Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 : article 6 — LégifranceObligations des hébergeurs
- Loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 : article 48 — LégifranceSignalement des contenus illicites
- Loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 : article 16 — LégifranceDispositions cyberharcèlement
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Cyberharcèlement (harcèlement sur internet)
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Signaler un cyberharcèlement aux forces de l'ordre (tchat majeurs)
- Signaler un cyberharcèlement, une sextorsion, des menaces en ligne, chantage, un revenge porn — service réservé aux mineurs
- Porter plainte auprès du procureur de la République (simulateur)
- e-enfance — association de lutte contre le cyberharcèlement des mineurs
- Formulaire de contact CNIL
Les règles relatives au cyberharcèlement sont fixées par le code pénal et la loi pour la confiance dans l'économie numérique. Vérifier les dernières évolutions auprès des forces de l'ordre, du 3018 ou d'un avocat. Les montants d'amende et les délais mentionnés correspondent aux dispositions en vigueur au moment de la vérification de la fiche.
