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Accepter ou renoncer à la succession (option successorale)

Lorsqu'un proche décède, l'héritier dispose de trois options : accepter purement et simplement la succession, l'accepter à concurrence de l'actif net, ou y renoncer. Cette décision, appelée option successorale, détermine si vous devez ou non payer les dettes du défunt.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir de l'option successorale : les trois choix possibles, leurs effets sur les dettes, les démarches et les délais.

Ce qu'il faut savoir

  • L'héritier dispose de trois options : accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l'actif net, ou renoncer à la succession.
  • L'acceptation pure et simple engage votre patrimoine personnel : vous payez les dettes du défunt dans la limite de vos droits.
  • L'acceptation à concurrence de l'actif net protège vos biens personnels : vous ne payez pas les dettes qui dépassent la valeur des biens reçus.
  • La renonciation vous fait considérer comme n'ayant jamais été héritier : vous ne recevez rien et ne payez rien (sauf participation aux frais d'obsèques pour ascendants/descendants).
  • Personne ne peut vous obliger à choisir pendant 4 mois après l'ouverture de la succession.
  • Si personne ne vous oblige à choisir, vous disposez de 10 ans au maximum pour vous prononcer.
  • L'option successorale est indivisible : vous ne pouvez pas accepter une partie et renoncer à une autre.

Conditions essentielles

  • Faire partie des héritiers du défunt (légal ou testamentaire).
  • Respecter les délais : 4 mois de réflexion, puis 2 mois si sommé par un créancier ou cohéritier, ou 10 ans maximum.
  • Pour l'acceptation à concurrence de l'actif net : faire un inventaire des biens et des dettes dans les 2 mois de la déclaration.
  • Pour la renonciation : déposer une déclaration de renonciation au greffe du tribunal ou chez un notaire.
  • Pour changer d'avis après renonciation : accepter dans les 10 ans et qu'aucun autre héritier n'ait déjà accepté.

Les étapes

  • Identifier les héritiers et évaluer approximativement l'actif (biens) et le passif (dettes) de la succession.
  • Choisir l'option la plus adaptée : acceptation pure et simple, à concurrence de l'actif net, ou renonciation.
  • Pour l'acceptation à concurrence de l'actif net : déclarer l'acceptation (greffe du tribunal ou notaire), publier au Bodacc, faire un inventaire dans les 2 mois.
  • Pour la renonciation : remplir le formulaire de renonciation et le déposer au greffe ou chez un notaire.
  • Pour l'acceptation pure et simple : rédiger un acte (sous signature privée ou authentique) ou laisser un acte tacite.
  • Respecter les délais de publication (1 mois pour l'avis au journal d'annonces légales) et de dépôt de l'inventaire (2 mois).
  • En cas de dette cachée découverte postérieurement : saisir le tribunal dans les 5 mois.

Cette synthèse reprend les règles essentielles. Les détails — démarches selon l'époque d'ouverture de la succession, effets financiers, délais — sont développés dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les règles propres aux démarches d'acceptation à concurrence de l'actif net, aux délais d'option et à l'indivisibilité, voir les sections « Acceptation à concurrence de l'actif net », « Délais » et « Indivisibilité ».

Les trois options successorales

L'option successorale offre trois solutions : accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l'actif net, ou renoncer.

Lorsque vous acceptez purement et simplement la succession, vous recevez votre part d'héritage, mais vous devez également payer les dettes du défunt et les frais occasionnés par le décès (les *charges*), dans la limite de vos droits dans la succession. Si vous avez droit au quart de la succession, vous devez payer un quart des dettes et des charges.

L'acceptation à concurrence de l'actif net signifie que vous ne payez pas les dettes qui dépassent la valeur des biens du défunt. Vous recevez votre part d'héritage sans avoir à payer les dettes qui dépasseraient la valeur de l'héritage : vos biens personnels sont protégés. Exemple : si la valeur des biens du défunt est de 3 000 € et le passif de 5 000 €, vous ne devez contribuer aux dettes qu'à hauteur de 3 000 €.

Règle

Si vous renoncez à la succession, vous êtes considéré comme n'ayant jamais été héritier. Vous ne recevez pas de bien et vous n'avez pas à payer les dettes du défunt. Toutefois, si vous êtes ascendant ou descendant du défunt, vous pouvez être amené à participer aux frais d'obsèques en fonction de vos moyens.

Si vous renoncez, ce sont vos descendants qui héritent. Ils devront à leur tour décider d'accepter ou de renoncer. Si vous êtes relancé par les créanciers du défunt, vous pouvez leur adresser une copie de votre renonciation et les inviter à faire nommer le Domaine pour régler la succession.

Le caractère définitif du choix

Le choix de l'option successorale n'est pas toujours définitif : certaines options permettent de changer d'avis sous conditions.

Lorsque vous acceptez purement et simplement la succession, vous ne pouvez plus renoncer ni accepter à concurrence de l'actif net : le choix est irréversible.

Lorsque vous acceptez la succession à concurrence de l'actif net, vous ne pouvez plus renoncer. Vous pouvez en revanche accepter purement et simplement si vous constatez que la valeur des biens transmis est supérieure aux dettes. Ce passage vers le haut est possible, l'inverse non.

Règle

Lorsque vous renoncez, vous pouvez encore changer d'avis et décider d'accepter purement et simplement, sous 2 conditions : un autre héritier (ou l'État) ne doit pas avoir accepté la succession entre-temps, et vous devez accepter dans les 10 ans suivant l'ouverture de la succession.

La succession peut avoir été acceptée purement et simplement par un ou plusieurs héritiers, et à concurrence de l'actif net par d'autres. Dans ce cas, l'acceptation à concurrence de l'actif net s'impose à tous les héritiers jusqu'au jour du partage des biens.

Acceptation pure et simple : démarches

L'acceptation pure et simple peut être expresse (écrite) ou tacite (révélée par certains actes).

L'acceptation expresse doit être écrite. Elle peut être faite par acte sous signature privée ou par acte authentique (par exemple, rédiger par un notaire un acte d'acceptation pure et simple). La rédaction d'un acte authentique par un notaire est payante.

L'acceptation tacite est révélée si vous réalisez certains actes ou démarches qui supposent nécessairement votre volonté d'accepter. Par exemple, vendre un objet qui dépend de la succession vaut acceptation tacite pure et simple.

Règle

Toutefois, vous pouvez réaliser certains actes sans que cela soit considéré comme une acceptation de la succession. Par exemple, payer l'assurance de la maison ou encaisser les loyers ne vaut pas acceptation tacite.

L'acceptation tacite est une source de litiges fréquents. En cas de doute, il est plus sûr de formaliser l'acceptation par un écrit (acte sous signature privée) ou de renoncer expressément si vous souhaitez préserver votre patrimoine.

Acceptation à concurrence de l'actif net : démarches

L'acceptation à concurrence de l'actif net est une procédure formelle comportant déclaration, publication et inventaire.

Vous devez déclarer l'acceptation à concurrence de l'actif net, soit sur papier libre, soit à l'aide d'un formulaire. Pour une succession ouverte après octobre 2017, vous pouvez adresser ou déposer la déclaration au greffe du tribunal du dernier domicile du défunt ou chez un notaire. Si vous adressez la déclaration à un notaire, il doit en envoyer une copie au tribunal judiciaire dans le mois suivant la déclaration (service possiblement facturé).

Vous devez publier la déclaration au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc) pour informer les créanciers du défunt. Les frais de publication de 16 € sont à la charge de la succession. Vous devez également faire publier un avis dans un journal d'annonces légales dans le délai d'1 mois après le dépôt au greffe. Ensuite, vous devez demander à un commissaire de justice ou un notaire de faire un inventaire de la succession (biens et dettes du défunt). Cet inventaire doit être déposé au greffe du tribunal dans un délai de 2 mois à partir de la déclaration d'acceptation, délai prolongeable par le juge.

Règle

L'inventaire doit également être publié au Bodacc, les frais étant à la charge de la succession. Les créanciers et légataires de sommes d'argent peuvent consulter l'inventaire et en obtenir une copie. À partir de la publication de la déclaration, les créanciers ont 15 mois pour réclamer ce qui leur appartient, en notifiant leurs créances au domicile de l'héritier ou du notaire chargé du règlement.

Si vous ne déposez pas l'inventaire dans les délais, vous êtes considéré comme ayant accepté purement et simplement la succession : la protection de vos biens personnels est perdue. Vous pouvez demander au juge de désigner un mandataire pour gérer à votre place les biens de la succession et en régler les dettes. Pour une succession ouverte avant octobre 2017, la déclaration doit être déposée ou envoyée au greffe du tribunal (pas de possibilité de passer par un notaire).

Renonciation : démarches

La renonciation à la succession se formalise par une déclaration déposée au greffe du tribunal ou adressée à un notaire.

Pour une succession ouverte après octobre 2017, vous devez remplir une déclaration à l'aide d'un formulaire (la notice indique les documents à joindre). Vous avez le choix d'adresser ou de déposer cette déclaration au greffe du tribunal du dernier domicile du défunt ou chez un notaire. Si vous passez par un notaire, il doit envoyer une copie au tribunal judiciaire dans le ressort duquel la succession s'est ouverte (service possiblement facturé).

Pour une succession ouverte avant novembre 2017, vous devez remplir le formulaire de renonciation et l'adresser ou le déposer au greffe du tribunal du dernier domicile du défunt uniquement (pas de recours possible à un notaire).

Règle

Si vous renoncez, vous êtes considéré comme n'ayant jamais été héritier. Vous ne recevez aucun bien et ne payez aucune dette du défunt. Seule exception : si vous êtes ascendant ou descendant du défunt, vous pouvez être amené à participer aux frais d'obsèques en fonction de vos moyens.

Si vous êtes relancé par les créanciers du défunt après votre renonciation, vous pouvez leur adresser une copie de votre renonciation. Vous pouvez également les inviter à faire nommer le Domaine (l'État) pour régler la succession. Si vous renoncez, ce sont vos descendants qui héritent et devront décider d'accepter ou de renoncer.

Effets financiers de chaque option

Chaque option a des conséquences financières distinctes sur votre patrimoine personnel et votre responsabilité pour les dettes du défunt.

En acceptant purement et simplement, vous payez les dettes du défunt et les charges dans la limite de vos droits dans la succession. Si vous découvrez une dette pouvant dégrader gravement votre patrimoine personnel, vous pouvez saisir le tribunal pour en être déchargé totalement ou partiellement, sous 2 conditions : vous aviez des raisons légitimes d'ignorer l'existence de cette dette au moment de l'acceptation, et le paiement risquerait de porter gravement atteinte à votre patrimoine.

L'acceptation à concurrence de l'actif net signifie que vous ne payez pas les dettes qui dépassent la valeur des biens du défunt. Vos biens personnels sont protégés. Exemple : actif de 3 000 €, passif de 5 000 € → vous ne contribuez aux dettes qu'à hauteur de 3 000 €.

Règle

La renonciation vous met à l'abri de toute dette, sauf participation aux frais d'obsèques pour les ascendants et descendants selon vos moyens.

En cas de dette cachée découverte après une acceptation pure et simple, vous devez saisir le tribunal judiciaire dans un délai de 5 mois à partir du jour où vous avez connaissance de ce passif. Passé ce délai, l'action est irrecevable.

Délais pour exercer l'option successorale

Des délais stricts encadrent l'exercice de l'option successorale, avec une période de réflexion initiale de 4 mois.

Personne ne peut vous obliger à exercer l'option successorale pendant un délai de 4 mois à partir de l'ouverture de la succession. Ce délai constitue une période de réflexion protégée.

Si vous n'avez pas pris de décision après 4 mois, les personnes suivantes ont le droit de vous obliger à faire un choix : un créancier de la succession, un cohéritier, un héritier de rang subséquent (personne qui hériterait si vous renonciez), ou l'État. Ces personnes peuvent, par acte extrajudiciaire, vous obliger à faire un choix. Vous disposez alors de 2 mois pour vous prononcer ou demander un délai supplémentaire au juge. Si vous ne décidez pas dans ce délai, vous êtes considéré comme ayant accepté purement et simplement.

Règle

Si personne ne vous oblige à faire un choix, vous avez 10 ans au maximum pour vous prononcer. Après ce délai, vous êtes considéré comme ayant renoncé à la succession. Le délai de 10 ans est inapplicable dans certains cas, notamment si vous prouvez que vous n'avez pas eu connaissance de l'ouverture de la succession.

Si vous décédez avant d'avoir exercé l'option, ce sont vos héritiers qui devront l'exercer, séparément, chacun pour leur part. Le délai de 4 mois s'applique alors à vos héritiers, et débute à partir de l'ouverture de votre propre succession.

Indivisibilité de l'option

L'option successorale est indivisible : elle porte sur la totalité de la succession, pas sur une partie.

L'option successorale est indivisible. Cela signifie que vous ne pouvez pas accepter une partie de la succession et renoncer à une autre partie. L'option choisie vaut pour la totalité de la succession.

Toutefois, si vous êtes à la fois héritier légal et légataire (bénéficiaire d'un testament) d'une même succession, vous avez un droit d'option distinct pour chacune de ces qualités. Cela signifie que vous pouvez, par exemple, refuser les biens que vous recevez par testament et accepter la part minimale qui vous est attribuée par la loi.

Règle

L'indivisibilité vise à éviter les situations de fragmentation de la succession, qui compliqueraient le règlement des dettes et le partage entre héritiers.

Le droit d'option distinct héritier/légataire est une exception étroitement encadrée. Il permet à un héritier qui refuserait certains biens testamentaires de conserver néanmoins sa qualité d'héritier légal pour la part réservataire.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Accepter ou renoncer à la succession (option successorale)

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

L'option successorale est régie par le Code civil. Les délais et formalités sont stricts : en cas de doute sur la situation de la succession (actif, passif, dettes cachées), il est vivement recommandé de consulter un notaire.

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