Vue d'ensemble
Ce qu’il faut savoir pour estimer et calculer les droits de succession : étapes du calcul, abattements par lien de parenté et barèmes applicables.
Ce qu'il faut savoir
- Le calcul des droits de succession suit trois étapes : établir l’actif brut (inventaire et estimation des biens), soustraire le passif (dettes déductibles), puis appliquer les abattements et le barème sur la part de chaque héritier.
- L’intervention d’un notaire est obligatoire en présence d’un bien immobilier.
- L’administration fiscale applique un barème progressif sur votre part de succession, après déduction de l’abattement dont vous pouvez bénéficier en fonction de votre lien de parenté avec le défunt.
- L’époux ou le partenaire de Pacs survivant est exonéré de droits de succession.
- L’enfant (et l’ascendant) bénéficie d’un abattement de 100 000 € par parent décédé ; un héritier en situation de handicap bénéficie en plus d’un abattement de 159 325 €.
- Le frère ou la sœur peut être exonéré s’il remplit trois conditions au moment du décès ; à défaut, son abattement est de 15 932 € et son barème spécifique démarre à 35 %.
- Certaines dettes sont déductibles (par exemple frais de santé, emprunts, frais funéraires dans la limite de 1 500 €) ; d’autres ne le sont pas (dettes reconnues par testament, dettes échues depuis plus de 3 mois avant le décès, sauf preuve contraire).
- Un simulateur officiel permet d’estimer le montant des droits de succession.
Conditions essentielles
- Établir l’inventaire complet des biens et des dettes du défunt (et, le cas échéant, liquider le régime matrimonial avant la succession).
- Estimer chaque bien selon les règles applicables (valeur vénale, valeur argus, forfait de 5 % pour les meubles, barème pour l’usufruit).
- Ne déduire que les dettes existant au jour du décès et pouvant être prouvées.
- Déterminer la part de chaque héritier en tenant compte de la dévolution légale, du testament et des donations antérieures.
- Appliquer les abattements puis le barème en vigueur au jour du décès.
Les étapes
- Faire l’inventaire des biens et des dettes du défunt.
- Estimer la valeur des biens (l’actif brut).
- Soustraire les dettes déductibles (le passif) pour obtenir l’actif net taxable.
- Calculer la part de chaque héritier (dévolution légale, testament, donations antérieures).
- Appliquer les abattements selon le lien de parenté et le cas échéant le cumul d’abattements pour handicap.
- Appliquer le barème progressif ou le barème spécifique selon le lien de parenté.
- Retrancher une éventuelle réduction de droits (par exemple mutilé de guerre).
- Utiliser le simulateur officiel puis déposer la déclaration de succession.
Certaines successions sont exonérées de droits de succession, sous de strictes conditions — c’est notamment le cas des successions de victimes de guerre ou d’actes de terrorisme. La notice du formulaire de déclaration de succession détaille chaque étape du calcul et donne des exemples.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des règles d’évaluation par type de bien, voir « Estimer la valeur des biens ». Pour les barèmes et abattements, voir « Appliquer les abattements et le barème selon le lien avec le défunt ».
Faire l’inventaire et déterminer la valeur de la succession
Pour calculer le montant taxable de la succession, vous devez d’abord établir un bilan complet du patrimoine du défunt, puis en déduire les dettes.
Pour calculer le montant taxable de la succession, vous devez passer par les étapes suivantes : faire l’inventaire des biens et des dettes du défunt ; estimer la valeur des biens du défunt (l’actif brut) ; soustraire les dettes (le passif). Vous obtenez le montant de l’actif net taxable (actif brut – passif).
Vous devez lister les biens et les dettes du défunt : c’est un bilan complet de son patrimoine. Si la personne décédée était mariée, il faut au préalable identifier et séparer les patrimoines des deux époux, ce qu’on appelle la liquidation du régime matrimonial. Si les époux étaient mariés sous le régime de la communauté, la succession comprend les biens propres du défunt et la moitié des biens communs.
Règle
La liquidation de la communauté se fait en plusieurs étapes : inventaire des biens propres de chaque époux et des biens communs ; inventaire des dettes personnelles et communes ; récompenses entre la communauté et les biens propres de chaque époux ; reprise des biens propres de chaque époux ; partage de la communauté par moitié (partage des biens et partage des dettes).
L’intervention d’un notaire est obligatoire en présence d’un bien immobilier. Vous pouvez lister vous-même les biens et les dettes du défunt, ou recourir à un notaire : le recours au notaire est obligatoire uniquement dans certaines situations, par exemple en présence d’une personne à protéger (mineur, personne sous tutelle, etc.). L’inventaire notarié se déroule au domicile du défunt pour les meubles et dans les autres biens immobiliers dont il était propriétaire ; le notaire peut être accompagné d’un commissaire de justice qui évalue les biens ; en tant qu’héritier, vous êtes prévenu de la visite et devez être présent ou vous faire représenter. Le tarif de l’inventaire notarié est réglementé.
Estimer la valeur des biens
Le calcul de la valeur des biens dépend des biens concernés. L’administration fiscale pourra contrôler votre déclaration : des règles particulières s’appliquent pour certains d’entre eux.
Vous devez estimer la valeur des biens de la succession. Des règles particulières s’appliquent pour notamment les comptes bancaires, les véhicules, les meubles, les bijoux et objets d’art, les biens immobiliers et les biens démembrés (usufruit et nue-propriété).
Les montants des comptes bancaires du défunt sont arrêtés à la date du décès, qu’il s’agisse de comptes courants ou de comptes d’épargne (PEL, compte titres, PEA, etc.) : vous devez lister les comptes individuels du défunt, mais aussi les éventuels comptes ouverts avec une ou plusieurs autres personnes (compte joint ou compte indivis). Les véhicules et autres véhicules immatriculés sont estimés selon la valeur argus, les informations nécessaires figurant sur la carte grise (certificat d’immatriculation). Les meubles d’un logement (aussi appelés meubles meublants : biens mobiliers servant à l’usage et à l’ornement d’un logement, par exemple lits, sièges, tables, miroirs, horloges, électroménager) sont évalués selon l’inventaire notarié s’il a été dressé ; en l’absence d’inventaire notarié, les meubles sont évalués à un forfait de 5 % de la valeur des autres biens de la succession, ce forfait couvrant tous les objets et équipements du lieu de vie (ou des lieux de vie, par exemple dans une résidence secondaire). La valeur des bijoux et objets d’art ne peut pas être inférieure à celle fixée dans les contrats d’assurance qui les protègent ; les valeurs mobilières et créances sont évaluées selon des règles spécifiques.
Règle
Les biens immobiliers sont estimés à leur valeur vénale au jour du décès. Vous pouvez demander une estimation, par exemple à un agent immobilier, ou utiliser les bases de données de l’administration fiscale. La résidence principale du défunt au jour du décès, maison ou appartement, peut bénéficier, sous conditions, d’un abattement de 20 % de sa valeur : le logement doit aussi être la résidence principale, au jour du décès, de l’époux ou de l’épouse du défunt, du partenaire de Pacs du défunt, d’un enfant (mineur ou majeur protégé) du défunt, de son époux ou partenaire, ou d’un enfant majeur du défunt, de son époux ou partenaire dont l’infirmité physique ou mentale ne lui permet pas d’avoir un revenu suffisant. En cas de démembrement du droit de propriété, la valeur imposable de l’usufruit et de la nue-propriété des biens transmis est évaluée selon un barème ; un simulateur officiel permet de connaître les valeurs fiscales de l’usufruit et de la nue-propriété.
La valeur vénale est le montant estimé du prix qui pourrait être obtenu pour un bien en cas de vente dans des conditions normales de marché. L’administration fiscale peut contrôler les estimations portées dans la déclaration.
Déduire les dettes
Pour calculer la valeur de la succession (l’actif net), vous devez déduire les dettes de la personne décédée exigibles au moment du décès, à condition qu’elles remplissent deux critères.
Pour que la dette soit déductible, il faut que les 2 conditions suivantes soient remplies : la dette existe au jour du décès et elle peut être prouvée.
Les dettes déductibles sont notamment les dettes suivantes : frais de santé (hôpital, par exemple) ; frais d’accueil et de soins en maison de retraite ou Ehpad ; emprunts (capital et intérêts) dus au jour du décès ; impôts dus par le défunt ; frais funéraires dans la limite de 1 500 € ; loyers à rembourser à l’époux ou au partenaire pacsé survivant pour son droit temporaire au logement. Pour les emprunts que le défunt devait rembourser, vérifiez au préalable s’ils étaient couverts par une assurance décès.
Règle
Certains impôts, bien que dus en partie pour une période postérieure au décès, sont déductibles en totalité : c’est notamment le cas de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires due au titre de l’année du décès et de la taxe foncière. L’impôt sur le revenu dû par les héritiers du fait du défunt peut faire l’objet d’une réclamation lorsque son montant est connu (on parle de déduction par voie de réclamation) ; les droits de succession versés en trop sont restitués.
Certaines dettes ne sont pas déductibles, par exemple les dettes reconnues par testament et les dettes arrivées à échéance depuis plus de 3 mois avant le décès : celles-ci sont présumées remboursées, sauf preuve contraire apportée par le créancier — elles doivent néanmoins être réglées au créancier concerné. Les dettes dont vous demandez la déduction doivent être détaillées dans la déclaration de succession ; les justificatifs sont à conserver (facture, contrat, tout écrit) et une copie doit être jointe à la déclaration.
Calculer la part de chaque héritier
Vous devez déterminer la part de chaque héritier en fonction de l’ordre des héritiers, en tenant compte des donations antérieures, de la donation au dernier vivant et du testament éventuel.
Vous devez déterminer la part de chaque héritier en fonction de l’ordre des héritiers. Il faut tenir compte des éventuelles donations antérieures : le rapport civil permet de vérifier que les donations réalisées respectent les droits des héritiers.
Pour déterminer votre part de la succession, vous devez prendre en compte les éléments suivants : les règles de la dévolution légale (ordre et droits des héritiers fixés par la loi) ; les donations déjà reçues, si c’est le cas ; la donation au dernier vivant, si votre époux ou épouse en avait effectuée une (devant notaire) ; et le testament du défunt, s’il en a rédigé un. Un héritier en ligne directe désigne les ascendants et descendants directs du défunt : ses enfants et petits-enfants, ses parents et grands-parents, par exemple.
Règle
Le don sur succession permet de bénéficier, sous conditions, d’un abattement en cas de don de tout ou partie de votre part de succession : l’abattement est égal au montant du don, qui doit être réalisé dans les 12 mois suivant le décès, en faveur d’une association (ou fondation) reconnue d’utilité publique, de l’État (ou l’un de ses établissements publics), ou d’une collectivité territoriale (ou l’un de ses établissements publics).
La part de chaque héritier constitue la base sur laquelle seront ensuite appliqués les abattements et le barème. En présence d’une personne à protéger (mineur, personne sous tutelle) ou d’un bien immobilier, l’intervention du notaire est recommandée, voire obligatoire.
Appliquer les abattements et le barème selon le lien avec le défunt
Vous pouvez bénéficier d’abattements sur votre part d’héritage, notamment selon votre lien de parenté avec le défunt. Une fois l’abattement appliqué, les droits sont calculés selon un barème progressif, selon les tarifs en vigueur au jour du décès.
L’administration fiscale applique un barème sur votre part de succession, après déduction de l’abattement dont vous pouvez bénéficier. Les tarifs sont ceux en vigueur au jour du décès. Pour calculer le montant de votre abattement, l’administration fiscale tient compte des donations que le défunt vous avait consenties de son vivant : elles sont ajoutées à votre part de la succession, c’est le rapport fiscal.
Le rapport fiscal ne s’applique pas aux donations suivantes : les donations que le défunt vous a consenties depuis plus de 15 ans, et les dons familiaux de sommes d’argent déclarés dans le mois suivant la date du don. Un abattement est une réduction forfaitaire ou proportionnelle appliquée sur la base de calcul d’un impôt.
Règle
Héritier sans situation de handicap — barème de la ligne directe : si vous n’êtes pas en situation de handicap, les abattements et barèmes dépendent de votre lien avec le défunt. L’époux ou partenaire de Pacs est exonéré de droits de succession. L’enfant et l’ascendant (parent, grand-parent, etc.) bénéficient d’un abattement de 100 000 € (l’abattement s’applique au décès de chacun des deux parents, pour chaque enfant ; il est tenu compte des donations déjà reçues). Le barème progressif de la ligne directe s’applique ensuite : jusqu’à 8 072 €, 5 % ; de 8 073 € à 12 109 €, 10 % ; de 12 110 € à 15 932 €, 15 % ; de 15 933 € à 552 324 €, 20 % ; de 552 325 € à 902 838 €, 30 % ; de 902 839 € à 1 805 677 €, 40 % ; plus de 1 805 677 €, 45 %.
- Exemple officiel (enfant ou ascendant) : votre part de la succession est de 150 000 € et vous avez droit à un abattement de 100 000 € → vous devez payer des droits sur la somme de 50 000 €. Le barème s’applique alors de la façon suivante : jusqu’à 8 072 €, 403,60 € (8 072 € × 5 %) ; de 8 073 € à 12 109 €, 403,70 € (4 037 € × 10 %) ; de 12 110 € à 15 932 €, 573,45 € (3 823 € × 15 %) ; de 15 933 € à 50 000 €, 6 813,60 € (34 068 € × 20 %). Soit un total de droits de 8 194,35 €.
- Petit-enfant (sans handicap) : abattement de 1 594 € si votre parent (père/mère) est vivant, sauf si un autre abattement s’applique. S’il hérite par représentation (à la place de son parent décédé ou ayant renoncé), il doit prendre en compte l’abattement (partagé s’il est 2 ou plus) et le barème applicables à l’héritier représenté : par exemple, un abattement de 100 000 € s’il hérite à la place de son parent décédé ou ayant renoncé, partagé à parts égales s’il a des frères et sœurs.
- Arrière-petit-enfant (sans handicap) : abattement de 1 594 € si vos parent et grand-parent sont vivants, sauf si un autre abattement s’applique. Héritage par représentation : mêmes règles que pour le petit-enfant.
- Adoption : si vous avez été adopté dans le cadre d’une adoption plénière, vos droits sont les mêmes que ceux d’un enfant biologique. Si le lien de parenté provient d’une adoption simple, les mêmes règles peuvent s’appliquer au décès de l’adoptant notamment pour un enfant mineur, un enfant du premier mariage de l’époux, un enfant majeur adopté quand il était mineur et à la charge de l’adoptant pendant au moins 5 ans sans interruption, ou un enfant majeur adopté à la charge de l’adoptant pendant au moins 10 ans sans interruption.
La réduction de droits peut s’ajouter aux abattements : si vous êtes mutilé de guerre et atteint d’une invalidité d’au moins 50 %, vous avez droit à une réduction maximale de 305 € sur les droits à payer ; vous devez justifier de votre situation. Les services fiscaux vérifient si vous pouvez bénéficier d’une telle réduction.
Héritier en situation de handicap
Vous êtes en situation de handicap : vos abattements peuvent se cumuler avant l’application du barème progressif, selon votre lien de parenté avec le défunt.
Vous êtes en situation de handicap, pour les impôts, si vous êtes incapable de travailler dans des conditions normales de rentabilité (en raison d’une infirmité physique ou mentale, congénitale ou acquise). Si la personne handicapée est âgée de moins de 18 ans, elle doit être incapable d’acquérir une instruction ou une formation professionnelle d’un niveau normal.
Votre situation dépend de votre lien avec le défunt. L’époux ou le partenaire de Pacs en situation de handicap est exonéré de droits de succession. L’enfant et l’ascendant en situation de handicap bénéficient de 2 abattements qui se cumulent, avant l’application du barème progressif : l’abattement du fait du handicap de 159 325 € et l’abattement selon le lien de parenté de 100 000 €. L’abattement du fait du handicap s’applique au décès de chacun des deux parents, pour chaque enfant ; pour l’appliquer, il est tenu compte de certaines donations déjà reçues.
Règle
Exemple officiel : votre part de la succession est de 300 000 € et vous avez droit à 2 abattements de 159 325 € et de 100 000 €, soit un abattement total de 259 325 € → vous devez payer des droits sur la somme de 40 675 €. Le barème s’applique alors de la façon suivante : jusqu’à 8 072 €, 403,60 € (8 072 € × 5 %) ; de 8 073 € à 12 109 €, 403,70 € (4 037 € × 10 %) ; de 12 110 € à 15 932 €, 573,45 € (3 823 € × 15 %) ; de 15 933 € à 40 675 €, 4 948,60 € (24 743 € × 20 %). Soit un total de droits de 6 329,35 €.
Le petit-enfant et l’arrière-petit-enfant en situation de handicap bénéficient de l’abattement du fait du handicap de 159 325 € (seul, sans abattement supplémentaire lié au lien), le barème progressif de la ligne directe s’appliquant ensuite. En cas d’héritage par représentation, l’abattement (partagé s’il y a 2 héritiers ou plus) et le barème de l’héritier représenté s’ajoutent à celui de 159 325 €.
Frère ou sœur : exonération et barème spécifique
Le frère ou la sœur du défunt peut être totalement exonéré de droits de succession s’il remplit trois conditions cumulatives au moment du décès ; à défaut, un abattement et un barème spécifique s’appliquent.
Vous êtes exonéré du paiement des droits de succession si vous remplissez les 3 conditions suivantes au moment du décès : avoir été constamment domicilié avec le défunt durant les 5 années ayant précédé son décès ; être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ; avoir plus de 50 ans ou être atteint d’une infirmité ne vous permettant pas de travailler. Vous devez justifier de votre situation.
Si vous ne remplissez pas ces 3 conditions, vous avez droit à un abattement de 15 932 € (cumulable, si vous êtes en situation de handicap, avec l’abattement du fait du handicap de 159 325 €), avant l’application du barème progressif qui lui est propre.
Règle
Le barème du frère ou de la sœur est le suivant : 35 % pour la part taxable inférieure à 24 430 €, et 45 % pour la part taxable supérieure à 24 430 €. Exemple officiel (sans handicap) : si votre part de la succession est de 50 000 € et que vous avez droit à un abattement de 15 932 €, vous devez payer des droits sur la somme de 34 068 €. Le barème s’applique alors de la façon suivante : jusqu’à 24 430 €, 8 550,50 € (24 430 € × 35 %) ; de 24 431 € à 34 068 €, 4 337,10 € (9 638 € × 45 %). Soit un total de droits de 12 887,60 €.
Les conditions d’exonération s’apprécient strictement au moment du décès : la cohabitation pendant les 5 années précédentes, le statut marital et l’âge (ou l’infirmité) doivent tous être réunis. À défaut de justification, le barème de 35 %/45 % s’applique après abattement.
Neveu ou nièce et autres situations de parenté
Le neveu ou la nièce et les héritiers de liens éloignés ou sans lien de parenté relèvent de barèmes spécifiques, avec des taux de 55 % ou 60 %.
Au sens fiscal, vous êtes considéré comme neveu ou nièce uniquement si le défunt est le frère ou la sœur de l’un de vos parents. Sans situation de handicap, vous bénéficiez d’un abattement de 7 967 €, avant l’application du barème progressif.
Le barème du neveu ou de la nièce prévoit un taux de 55 % pour les successions entre parents jusqu’au 4ᵉ degré inclus. Si vous héritez par représentation de votre parent (déjà décédé ou ayant renoncé à la succession), vous devez prendre en compte le barème et l’abattement applicables à l’héritier représenté : vous pouvez bénéficier, sous conditions, d’un abattement de 15 932 € (partagé s’ils sont 2 ou plus) et des taux de 35 % jusqu’à 24 430 € puis 45 % au-delà. Si vous êtes neveu ou nièce par alliance du défunt, donc sans lien de parenté avec lui (par exemple si le défunt était le mari de votre tante, sœur de votre père), vous êtes considéré comme un étranger du point de vue fiscal et devrez payer les droits au taux de 60 %, après un abattement de 1 594 € (ou de 159 325 € du fait de votre handicap).
Règle
Autre situation (lien de parenté éloigné ou absence de lien) : sans handicap, abattement de 1 594 € ; avec handicap, abattement de 159 325 €. Barème : 55 % pour les successions entre parents jusqu’au 4ᵉ degré inclus, et 60 % pour les successions entre parents au-delà du 4ᵉ degré ou entre personnes non parentes.
Vous pouvez être exonéré de droits de succession dans certaines situations : c’est notamment le cas du frère ou de la sœur remplissant les trois conditions d’exonération, et de l’époux ou du partenaire de Pacs. Renseignez-vous sur votre situation particulière auprès du service des impôts ou d’un notaire.
Réduction des droits, simulateur et déclaration
Une réduction peut diminuer les droits à payer dans certaines situations. Pour estimer vos droits et les déclarer, des outils et services officiels sont à votre disposition.
Les services fiscaux vérifient si vous pouvez bénéficier d’une réduction de droits. Si vous êtes mutilé de guerre et atteint d’une invalidité d’au moins 50 %, vous avez droit à une réduction maximale de 305 € sur les droits à payer ; vous devez justifier de votre situation.
Pour estimer le montant des droits de succession que vous devez payer, vous pouvez utiliser le simulateur officiel « Estimer le montant des droits de succession » disponible sur Service-Public. Un second simulateur permet de connaître les valeurs fiscales d’un usufruit et d’une nue-propriété en cas de démembrement. La déclaration de succession s’effectue au moyen du formulaire disponible sur le site impots.gouv.fr (formulaire n° 2705-SD, avec ses variantes 2705-S-SD et 2705-A-SD) ; elle peut également être adressée par courrier au service national de l’enregistrement (10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-Le-Grand Cedex).
Règle
Le calcul des droits se résume en quatre opérations : établir l’actif net taxable (actif brut – passif) ; déterminer la part de chaque héritier ; appliquer les abattements en fonction du lien de parenté (et du handicap le cas échéant), après rapport fiscal des donations pertinentes ; puis appliquer le barème en vigueur au jour du décès et retrancher une éventuelle réduction de droits.
Mieux vaut le plus souvent faire appel à un notaire pour le règlement de la succession (l’intervention est obligatoire en présence d’un bien immobilier) : le notaire peut réaliser l’inventaire, aider à la liquidation de la communauté, établir l’acte de notoriété et déposer la déclaration. La notice du formulaire de déclaration de succession détaille chaque étape du calcul et donne des exemples. En cas de doute, adressez-vous au service des impôts ou au Conseil supérieur du notariat.
Textes applicables
- Bofip-Impôts — calcul des droits de succession (BOI-ENR-DMTG-10-50)Doctrine fiscale officielle (lien référencé par la fiche source)
- Bofip-Impôts — abattements communs aux donations et aux successions (BOI-ENR-DMTG-20-30-20-20)Doctrine fiscale officielle (lien référencé par la fiche source)
- Code général des impôts : articles 768 à 774Légifrance
- Code général des impôts : article 775Légifrance
- Code général des impôts : article 775 bisLégifrance
- Code général des impôts : articles 777 à 778 bisLégifrance
- Code général des impôts : articles 779 à 787 CLégifrance
- Code général des impôts : articles 788 à 789Légifrance
- Arrêté du 28 janvier 2021 portant création du service national de l'enregistrementLégifrance
- Code civil : articles 741 à 745Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Droits de succession - Évaluation de la succession et calcul des droits
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Estimer le montant des droits de succession (simulateur officiel)
- Connaître les valeurs fiscales d’un usufruit et d’une nue-propriété (simulateur officiel)
- Déclaration de succession — formulaire n° 2705-SD (impots.gouv.fr)
Les abattements et les tarifs des droits de succession sont fixés par le code général des impôts et peuvent évoluer : les montants cités (abattements de 100 000 €, 159 325 €, 15 932 €, 7 967 €, 1 594 € et les tranches du barème) proviennent de la fiche officielle Service-Public et s’appliquent selon les tarifs en vigueur au jour du décès. Vérifiez les barèmes actualisés auprès du service des impôts ou d’un notaire avant d’établir la déclaration.
