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Déclaration de succession : formulaire, délais et barème des droits

Nom officiel : Déclaration de succession et paiement des droits

À la suite d'un décès, les héritiers doivent déposer une déclaration de succession auprès des services fiscaux dans un délai de 6 mois (décès en France) ou 12 mois (décès à l'étranger). Les droits de succession sont calculés selon un barème progressif dépendant du lien de parenté avec le défunt, après application d'un abattement personnel. Une dispense de déclaration est possible dans certains cas.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir avant de déposer une déclaration de succession : qui est concerné, quels formulaires utiliser, quels délais respecter et comment sont calculés les droits.

Ce qu'il faut savoir

  • La déclaration de succession est obligatoire pour tout héritier recevant un héritage, sauf dispenses prévues par la loi.
  • Le délai de dépôt est de 6 mois pour un décès en France métropolitaine et de 12 mois pour un décès à l'étranger.
  • Le formulaire cerfa n°2705-SD (n°11277) est le formulaire de déclaration de succession standard.
  • Les héritiers sont solidaires pour le paiement des droits de succession : il suffit que l'un d'eux fasse la déclaration.
  • Un abattement personnel s'applique selon le lien de parenté : 100 000 € pour un enfant, 15 932 € pour un frère ou une sœur, 7 967 € pour un époux ou partenaire de Pacs.
  • Le paiement des droits s'effectue en même temps que le dépôt de la déclaration.
  • En cas de dépôt tardif, des pénalités sont appliquées : intérêt de retard de 0,20 % par mois et majoration de 10 % à 80 %.

Conditions essentielles

  • Hériter d'une personne décédée (enfant, conjoint, parent, frère/sœur, neveu/nièce, etc.).
  • Ne pas bénéficier d'une dispense de déclaration (actif brut inférieur à 50 000 € pour les héritiers directs, 3 000 € pour les autres bénéficiaires).
  • Ne pas avoir renoncé à la succession.

Les étapes

  • Vérifier si vous êtes dispensé de déclaration (actif brut < 50 000 € ou < 3 000 € selon le lien).
  • Rassembler les documents : identité du défunt, des héritiers, des donations antérieures, estimation des biens (actif) et des dettes (passif).
  • Consulter les notices des formulaires cerfa n°2705-SD et complémentaires.
  • Remplir les formulaires en 2 exemplaires (original + photocopie) et les signer.
  • Déposer la déclaration au service des impôts compétent dans le délai imparti (6 ou 12 mois).
  • Régler les droits de succession en même temps que le dépôt.
  • Conserver l'accusé de réception du dépôt.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — barème progressif, abattements par lien de parenté, formulaires complémentaires, modalités de paiement — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des dispenses et du contenu de la déclaration, voir les sections « Qui est dispensé de déclaration ? » et « Contenu de la déclaration de succession ».

Qui doit faire une déclaration de succession ?

Toute personne qui hérite d'une personne décédée doit en principe déposer une déclaration de succession auprès des services fiscaux. Cette obligation dépend du montant de la succession et du lien de parenté avec le défunt.

La déclaration de succession permet à l'administration fiscale de calculer les droits de succession éventuellement dus. Si vous êtes plusieurs héritiers, vous êtes solidaires pour le paiement de ces droits : il suffit que l'un de vous fasse la déclaration. Les héritiers exonérés de droits ne sont pas solidaires du paiement, mais ils ne sont pas dispensés de déposer une déclaration. Si vous êtes légataire ou donataire, vous n'êtes pas solidaire ni avec les autres légataires ou donataires, ni avec les héritiers : vous devez remplir votre propre déclaration.

Règle

Vous n'avez pas de déclaration à déposer si vous refusez la succession (renonciation à la succession). Dans ce cas, vous n'héritez ni des biens ni des dettes du défunt.

  • Héritiers : solidaires pour le paiement des droits. Un seul peut faire la déclaration.
  • Héritiers exonérés : non solidaires, mais doivent tout de même déposer une déclaration.
  • Légataires et donataires : non solidaires, doivent déposer une déclaration propre.
  • Renonciation à la succession : aucune déclaration à déposer.

Vous pouvez établir une déclaration unique pour la totalité de la succession, à condition qu'elle soit signée par toutes les personnes concernées (héritiers, légataires, donataires).

Qui est dispensé de déclaration ?

La loi prévoit plusieurs situations de dispense de déclaration de succession, en fonction du lien de parenté et du montant de l'actif brut successoral.

Les héritiers directs (enfants, petits-enfants, parents, époux ou épouse, partenaire de Pacs) sont dispensés de déclaration si l'actif brut successoral est inférieur à 50 000 € et s'ils ont bénéficié uniquement de dons manuels ou de donations qui ont été déclarés ou enregistrés.

L'actif brut successoral correspond à l'ensemble des biens du défunt (immobilier, comptes bancaires, placements, véhicules, bijoux, etc.) avant déduction des dettes. Les dons manuels sont des donations de sommes d'argent ou de biens meubles effectuées sans acte notarié. Les donations sont des actes notariés par lesquels le défunt a transmis de son vivant tout ou partie de ses biens.

Règle

Les autres bénéficiaires (frères et sœurs, neveux et nièces, cousins, etc.) sont dispensés de déclaration si l'actif brut successoral est inférieur à 3 000 €. Pour prouver leur qualité d'héritier, les héritiers doivent utiliser un moyen adapté au montant de la succession : une attestation signée par tous les héritiers si l'actif brut est inférieur à 5 965 €, ou un acte de notoriété si l'actif brut dépasse 5 965 €.

  • Enfant, petit-enfant

    Seuil de dispense (actif brut)
    50 000 €
    Preuve de qualité d'héritier
    Attestation si < 5 965 €, acte de notoriété si > 5 965 €
  • Père ou mère

    Seuil de dispense (actif brut)
    50 000 €
    Preuve de qualité d'héritier
    Attestation si < 5 965 €, acte de notoriété si > 5 965 €
  • Époux ou épouse

    Seuil de dispense (actif brut)
    50 000 €
    Preuve de qualité d'héritier
    Attestation si < 5 965 €, acte de notoriété si > 5 965 €
  • Partenaire de Pacs

    Seuil de dispense (actif brut)
    50 000 €
    Preuve de qualité d'héritier
    Attestation si < 5 965 €, acte de notoriété si > 5 965 €
  • Autre bénéficiaire

    Seuil de dispense (actif brut)
    3 000 €
    Preuve de qualité d'héritier
    Attestation signée par tous les héritiers

Vous êtes également dispensé de déclaration si le défunt a été victime d'un acte de terrorisme, qu'il soit décédé de ce fait ou de ses conséquences directes dans un délai de 3 ans. Si votre partenaire de Pacs doit bénéficier de tout ou partie de votre succession, vous devez rédiger un testament.

Contenu de la déclaration de succession

La déclaration de succession doit comporter un ensemble d'informations exhaustives sur le défunt, les héritiers et les biens transmis.

Les éléments obligatoires de la déclaration comprennent : l'identité du ou des déclarants, les renseignements relatifs au défunt (nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, domicile, date et lieu du décès), les renseignements relatifs aux héritiers, donataires et légataires (identité, lien de parenté, part dans la succession), le détail des éventuelles dispositions testamentaires, les dispositions d'un éventuel contrat de mariage, et les donations consenties par le défunt avant le décès.

La déclaration doit également contenir la liste et l'estimation détaillée des biens de la succession (actif), qu'ils soient imposables ou exonérés, ainsi que la liste et le montant des dettes du défunt (passif). Il faut aussi joindre la liste des bijoux, pierreries, objets d'art ou de collection faisant l'objet d'un contrat d'assurance contre le vol ou l'incendie en cours au jour du décès.

Règle

L'estimation des biens doit être faite selon les règles d'évaluation en vigueur (valeur vénale en général). Les dettes déductibles (emprunts immobiliers, factures impayées, frais funéraires, etc.) doivent être justifiées.

  • Identité du ou des déclarants.
  • Renseignements sur le défunt : nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, domicile, date et lieu du décès.
  • Renseignements sur les héritiers, donataires, légataires : identité, lien de parenté, part dans la succession.
  • Dispositions testamentaires éventuelles.
  • Dispositions d'un éventuel contrat de mariage.
  • Donations consenties par le défunt avant le décès.
  • Liste et estimation détaillée des biens (actif), imposables ou exonérés.
  • Liste des bijoux, pierreries, objets d'art ou de collection sous assurance vol ou incendie.
  • Liste et montant des dettes du défunt (passif).

La précision des informations fournies est essentielle : toute omission ou inexactitude peut entraîner un redressement fiscal. En cas de doute sur la valorisation d'un bien, il est conseillé de faire appel à un notaire.

Formulaires à utiliser

La déclaration de succession s'effectue à l'aide du formulaire cerfa n°2705-SD (n°11277), accompagné le cas échéant de formulaires complémentaires.

En général, le formulaire de déclaration de succession (cerfa n°2705-SD) suffit. Des formulaires complémentaires sont prévus dans des cas précis (biens immobiliers, parts de sociétés, comptes bancaires à l'étranger, etc.). Les notices détaillées accompagnant chaque formulaire expliquent comment le remplir.

Chaque formulaire doit être rempli en 2 exemplaires (un original et une photocopie) et signé. Vous pouvez demander à un notaire de remplir votre déclaration de succession, mais vous restez responsable vis-à-vis de l'administration fiscale : c'est vous qui devez vérifier l'exactitude des informations portées sur le formulaire.

Règle

Le formulaire cerfa n°2705-SD est disponible sur le site impots.gouv.fr. Il peut être déposé en main propre au service des impôts, envoyé par courrier recommandé, ou transmis via la messagerie sécurisée de votre compte personnel (espace particulier impots.gouv.fr).

Si votre situation est complexe (succession internationale, biens multiples, testament), le recours à un notaire est vivement recommandé, même s'il n'est pas toujours obligatoire.

Délais de dépôt

Les délais pour déposer la déclaration de succession dépendent du lieu où le défunt est décédé.

En France métropolitaine, la déclaration doit être déposée dans les 6 mois à compter du jour du décès. Si le dernier jour est un dimanche ou un jour férié, le délai est prorogé au premier jour ouvrable suivant. Les services fiscaux tolèrent un dépôt jusqu'au dernier jour du mois.

En outre-mer, les délais varient selon le département : en Guadeloupe, Guyane et Martinique, le délai est de 6 mois si le défunt est décédé dans le département où il était domicilié, et de 1 an dans les autres cas. À la Réunion, le délai est de 6 mois si le décès est survenu à la Réunion, de 1 an si la personne est décédée à Madagascar, à l'île Maurice, en Europe ou en Afrique, et de 2 ans dans les autres cas. À Mayotte, les mêmes règles s'appliquent, avec des cas analogues concernant les Comores.

Règle

À l'étranger, la déclaration doit être déposée dans les 12 mois à compter du jour du décès. Les services fiscaux tolèrent un dépôt jusqu'au dernier jour du mois suivant l'expiration du délai.

  • France métropolitaine

    Délai de dépôt
    6 mois à compter du jour du décès
    Tolérance
    Jusqu'au dernier jour du mois
  • Guadeloupe, Guyane, Martinique (décès dans le département de domicile)

    Délai de dépôt
    6 mois
    Tolérance
    Jusqu'au dernier jour du mois
  • Guadeloupe, Guyane, Martinique (décès hors du département de domicile)

    Délai de dépôt
    1 an
    Tolérance
    Jusqu'au dernier jour du mois
  • Réunion (décès à la Réunion)

    Délai de dépôt
    6 mois
    Tolérance
    Jusqu'au dernier jour du mois
  • Réunion (décès à Madagascar, Maurice, Europe ou Afrique)

    Délai de dépôt
    1 an
    Tolérance
    Jusqu'au dernier jour du mois
  • Réunion (décès ailleurs)

    Délai de dépôt
    2 ans
    Tolérance
    Jusqu'au dernier jour du mois
  • Mayotte (mêmes règles que la Réunion)

    Délai de dépôt
    6 mois / 1 an / 2 ans selon le lieu
    Tolérance
    Jusqu'au dernier jour du mois
  • Étranger

    Délai de dépôt
    12 mois à compter du jour du décès
    Tolérance
    Jusqu'au dernier jour du mois suivant

Exemple : pour un décès intervenu le 14 janvier 2025 en France métropolitaine, la déclaration doit être déposée le 15 juillet 2025 au plus tard, les services fiscaux tolérant jusqu'au 31 juillet 2025. Pour un décès à l'étranger le même jour, le délai expire le 14 janvier 2026, avec tolérance jusqu'au 31 janvier 2026.

Où déposer la déclaration ?

Si le défunt résidait en France, vous devez déposer la déclaration de succession au centre des finances publiques (pôle enregistrement) du domicile du défunt. Si le défunt résidait à l'étranger, vous devez adresser la déclaration au service des impôts des particuliers non résidents.

Le service des impôts des particuliers non résidents peut être contacté par messagerie sécurisée via votre compte personnel (espace particulier impots.gouv.fr), par courrier à l'adresse suivante : 10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-Le-Grand Cedex, ou par téléphone au +33 (0) 1 72 95 20 42 (du lundi au vendredi de 9h à 16h).

Règle

Le lieu de dépôt est déterminé par le domicile fiscal du défunt au moment du décès, et non par le lieu du décès lui-même ni par la résidence des héritiers.

  • Défunt résidant en France : centre des finances publiques (pôle enregistrement) du domicile du défunt.
  • Défunt résidant à l'étranger : service des impôts des particuliers non résidents.
  • Contact SIPNR : messagerie sécurisée, courrier (Noisy-Le-Grand Cedex) ou téléphone +33 (0) 1 72 95 20 42.

Le dépôt en ligne via la messagerie sécurisée de votre compte particulier impots.gouv.fr est désormais possible pour de nombreux contribuables. Vérifiez la disponibilité de ce service sur le site impots.gouv.fr.

Paiement des droits de succession

Les droits de succession doivent être réglés en même temps que le dépôt de la déclaration. Le montant dépend du lien de parenté entre l'héritier et le défunt, du montant de l'actif net (actif brut moins le passif) et de l'application éventuelle d'un abattement personnel.

Le barème des droits de succession est progressif : le taux augmente avec le montant de la part nette taxable. Les abattements personnels varient selon le lien de parenté : 100 000 € pour un enfant, un petit-enfant, un parent ou un conjoint, 15 932 € pour un frère ou une sœur, 7 967 € pour un époux ou un partenaire de Pacs décédé après le 1er janvier 2007, et 1 594 € pour un neveu ou une nièce. Les héritiers en ligne directe (enfants, conjoint) bénéficient de taux réduits, voire d'une exonération totale pour le conjoint survivant.

Règle

Le paiement s'effectue par chèque à l'ordre du comptable public, ou selon les modalités indiquées par le service des impôts. En cas de dépôt en ligne, le paiement peut être effectué par télérèglement.

Les successions d'un montant très faible (actif brut inférieur à 5 000 €) peuvent être totalement exonérées de droits. Vérifiez votre situation auprès du service des impôts ou d'un notaire pour connaître le montant exact des droits dus.

Le rôle du notaire

Vous pouvez demander à un notaire de remplir votre déclaration de succession. Toutefois, vous restez responsable vis-à-vis de l'administration fiscale : c'est à vous de vérifier l'exactitude des informations portées sur le formulaire.

Le recours à un notaire est obligatoire pour régler certaines successions, en particulier dans les situations suivantes : présence d'un bien immobilier, existence d'un testament, d'une donation au dernier vivant, d'une donation antérieure, d'un contrat de mariage, ou besoin d'un acte de notoriété. L'acte de notoriété est un document officiel qui établit la qualité d'héritier et la dévolution successorale.

Règle

Le notaire établit l'acte de notoriété, recense les biens, calcule les droits et transmet la déclaration au service des impôts. Il peut également conseiller les héritiers sur l'acceptation ou la renonciation à la succession, la répartition des biens et les aspects fiscaux.

  • Présence d'un bien immobilier : notaire obligatoire.
  • Testament : notaire obligatoire.
  • Donation au dernier vivant : notaire obligatoire.
  • Donation antérieure : notaire obligatoire.
  • Contrat de mariage : notaire obligatoire.
  • Besoin d'un acte de notoriété : notaire obligatoire.

Même lorsque le recours à un notaire n'est pas obligatoire, il est recommandé de faire appel à un professionnel du droit pour éviter les erreurs de déclaration et les redressements fiscaux ultérieurs.

Sanctions en cas de dépôt tardif

Si vous déposez la déclaration de succession en retard, vous risquez de devoir payer des pénalités. L'administration fiscale applique un intérêt de retard de 0,20 % par mois (soit 2,4 % par an) et une majoration dont le taux varie de 10 % à 80 % selon la situation.

En cas de déclaration hors délai, une majoration de 10 % est appliquée à partir du 13e mois, que la déclaration de succession soit à effectuer dans les 6 mois (décès en France) ou dans l'année (décès à l'étranger). Cette majoration s'ajoute aux intérêts de retard courus depuis la date limite de dépôt.

Règle

Les majorations de 20 %, 40 % ou 80 % s'appliquent en cas d'omission de biens ou de dissimulation de donations antérieures. La majoration de 80 % vise les situations de mauvaise foi caractérisée.

  • Intérêt de retard : 0,20 % par mois de retard (2,4 % par an).
  • Majoration de départ : 10 % à partir du 13e mois après la date limite.
  • Majorations aggravées : 20 %, 40 % ou 80 % en cas d'omission ou de dissimulation.
  • Point de départ : la date limite de dépôt (6 mois ou 12 mois après le décès).

Pour éviter ces sanctions, respectez scrupuleusement le délai de dépôt. Si vous rencontrez des difficultés pour réunir les documents, contactez le service des impôts pour solliciter un délai complémentaire (article 641 du Code général des impôts).

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Droits de succession - Déclaration

    Vérifiée le 2026-09-22

    Ouvrir

Voir aussi

Les droits de succession, abattements et délais sont fixés par le Code général des impôts et peuvent évoluer à chaque loi de finances. Vérifier les dernières évolutions auprès du service des impôts ou d'un notaire.

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