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Dans quels cas un héritier est-il exonéré des droits de succession ?

Les principales exonérations de droits de succession sont liées à la situation du défunt, à celle de l'héritier ou à la nature des biens transmis. L'époux ou la partenaire de Pacs du défunt est totalement exonéré. Certains héritiers (frères et sœurs sous conditions, victimes de guerre ou de terrorisme, sapeurs-pompiers, etc.) bénéficient également d'exonérations. Des biens spécifiques (monuments historiques, assurance-vie, biens agricoles, legs à des organismes d'intérêt général) sont totalement ou partiellement exonérés.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir sur les exonérations de droits de succession : situations d'exonération, dispense de déclaration et biens concernés.

Ce qu'il faut savoir

  • L'époux ou l'épouse du défunt est totalement exonéré de droits de succession.
  • Le partenaire de Pacs du défunt est également totalement exonéré, à condition que le partenaire ait rédigé un testament.
  • Les frères et sœurs sont exonérés s'ils remplissent 3 conditions cumulatives : cohabitation constante pendant 5 ans, célibat/veuvage/divorce/séparation, et plus de 50 ans ou infirmité.
  • Les successions des victimes de guerre, des victimes d'actes de terrorisme, des sapeurs-pompiers, des policiers, gendarmes et agents des douanes décédés en mission, et des personnes titulaires de la mention « Mort pour le service de la République » sont exonérées.
  • Certains biens sont totalement exonérés : monuments historiques, réversion de rente viagère en ligne directe, indemnités pour dommages corporels, restitution de biens spoliés.
  • Certains biens sont partiellement exonérés : assurance-vie (dans les limites prévues), biens forestiers et agricoles, entreprises individuelles, biens situés en Corse.
  • Les biens légués à des associations d'utilité publique, à l'État et à certains établissements publics sont exonérés.

Conditions essentielles

  • L'exonération de l'époux et du partenaire de Pacs s'applique automatiquement (déclaration obligatoire).
  • L'exonération des frères et sœurs suppose la réunion de 3 conditions au moment du décès.
  • Les exonérations liées à la situation du défunt supposent de justifier de cette situation.
  • Les exonérations sur les biens sont soumises à des conditions spécifiques selon la nature du bien.

Les étapes

  • Vérifier si vous êtes dans une situation d'exonération (lien de parenté, situation du défunt, nature des biens).
  • Déterminer si vous êtes dispensé de déclaration de succession (actif brut < 50 000 € pour les proches, < 3 000 € pour les autres).
  • Si vous devez déposer une déclaration, la remplir dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a eu lieu à l'étranger).
  • Joindre les justificatifs nécessaires (attestation, acte de notoriété, documents prouvant la situation du défunt).
  • Transmettre la déclaration au service des impôts des particuliers compétent.

Cette synthèse reprend les principales exonérations. Des cas particuliers existent (conventions internationales, biens spécifiques). Vérifier votre situation auprès du service des impôts ou d'un notaire.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les détails sur la dispense de déclaration, voir « Dispense de déclaration de succession ». Pour les exonérations selon le lien de parenté, voir « Exonérations liées à la situation de l'héritier ». Pour les biens concernés, voir « Exonérations liées à la nature des biens transmis ».

Règles générales d'imposition des successions

Si vous héritez, vous devez en principe déposer une déclaration de succession détaillant le patrimoine transmis et payer les droits de succession correspondants. Toutefois, vous êtes dispensé de déclaration et exonéré du paiement des droits si vous êtes dans certaines situations.

Tous les biens du défunt sont imposables aux droits de succession, qu'ils soient mobiliers (comptes bancaires, valeurs mobilières, meubles, véhicules) ou immobiliers (maisons, terrains, parts de copropriété). Peu importe que ces biens soient situés en France ou à l'étranger, sauf clauses contraires des conventions internationales. Le montant des droits dépend du lien de parenté entre le défunt et chaque héritier, ainsi que du montant de la part héritée (après abattement).

Règle

Le point de départ de l'imposition dépend du domicile fiscal du défunt. Si le défunt était domicilié en France au jour du décès et avait été domicilié en France pendant au moins 6 années (continues ou non) au cours des 10 dernières années, les droits de succession portent sur tous les biens, situés en France ou à l'étranger. Si le défunt était domicilié en France mais n'y avait pas été domicilié pendant au moins 6 ans au cours des 10 dernières années, seuls les biens situés en France sont imposables. Si le défunt était domicilié hors de France au jour du décès, seuls les biens situés en France sont imposables.

Si vous êtes héritier ou légataire domicilié hors de France, des règles spécifiques de territorialité s'appliquent, notamment en cas de convention internationale entre la France et votre pays de résidence. Vérifier les conventions fiscales en vigueur auprès du service des impôts.

Dispense de déclaration de succession

Certains héritiers sont dispensés de déposer une déclaration de succession lorsque l'actif brut successoral (c'est-à-dire l'ensemble des biens du défunt, avant déduction des dettes) est inférieur à un certain seuil. Si vous n'avez pas de déclaration à déposer, vous n'avez pas de droits de succession à payer.

La dispense de déclaration concerne principalement les proches du défunt (enfants, petits-enfants, parents, époux, partenaires de Pacs) lorsque l'actif brut successoral est inférieur à 50 000 € et que vous avez bénéficié uniquement de dons manuels ou de donations qui ont été déclarés ou enregistrés. Pour les autres bénéficiaires (nièces, neveux, cousins, amis, etc.), le seuil est de 3 000 € d'actif brut successoral.

Règle

Pour prouver que vous êtes héritier sans déclaration, vous devez utiliser l'un des moyens suivants : une attestation signée par tous les héritiers si l'actif brut successoral est inférieur à 5 965 € ; un acte de notoriété (établi par un notaire) si l'actif brut successoral dépasse 5 965 €. Ces documents permettent de justifier de votre qualité d'héritier auprès des organismes (banques, administrations) sans avoir à déposer de déclaration fiscale.

La dispense de déclaration ne supprime pas l'obligation de régulariser la situation des biens du défunt auprès des organismes concernés (clôture des comptes bancaires, transfert de propriété des biens immobiliers, etc.). Le recours à un notaire reste recommandé, notamment pour les successions comportant des biens immobiliers.

Exonérations liées à la situation de l'héritier

Certains héritiers sont totalement exonérés de droits de succession en raison de leur lien de parenté avec le défunt ou de leur situation personnelle au moment du décès. L'exonération la plus fréquente concerne l'époux et le partenaire de Pacs du défunt.

L'époux ou l'épouse du défunt est exonéré de droits de succession. Cette exonération s'applique quel que soit le montant de la succession. L'époux doit toutefois déposer une déclaration de succession. Le partenaire de Pacs du défunt bénéficie de la même exonération, mais il faut que le défunt ait rédigé un testament pour que le partenaire puisse hériter de tout ou partie de la succession (le Pacs ne confère pas de droits successoraux automatiques). Le partenaire doit également déposer une déclaration de succession.

Règle

Le frère ou la sœur du défunt est exonéré du paiement des droits de succession s'il remplit les 3 conditions suivantes au moment du décès : (1) avoir été constamment domicilié avec le défunt durant les 5 années ayant précédé son décès ; (2) être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ; (3) avoir plus de 50 ans ou être atteint d'une infirmité ne permettant pas de travailler. Si vous ne remplissez pas ces 3 conditions, vous n'êtes pas exonéré, mais vous bénéficiez d'un abattement sur votre part de la succession.

Le conjoint de fait (concubin) n'est pas exonéré de droits de succession et n'a pas de droits successoraux automatiques. Seul le partenaire de Pacs (avec testament) et l'époux bénéficient de l'exonération. En cas de doute sur votre situation, vérifier auprès d'un notaire ou du service des impôts.

Exonérations liées à la situation du défunt

Vous êtes exonéré du paiement des droits de succession si vous héritez d'une personne décédée dans des circonstances particulières : victime de guerre, victime d'acte de terrorisme, sapeur-pompier, policier, gendarme, agent des douanes, ou personne titulaire de la mention « Mort pour le service de la République ».

L'exonération s'applique pour tous les héritiers ou légataires, quels que soient le montant de la succession et le lien de parenté avec le défunt. Les catégories concernées sont les suivantes : les militaires décédés des blessures reçues ou des maladies contractées pendant la guerre ou une opération (lors de la participation ou dans les 3 années suivant la fin des hostilités) ; les militaires décédés dans le cadre d'opérations extérieures ou de sécurité intérieure (dans les 3 années suivant la fin de l'opération) ; les victimes civiles de guerre décédées pendant la guerre ou dans les 3 années suivant la fin des hostilités ; les victimes d'actes de terrorisme commis en France, ou les Français victimes d'un acte de terrorisme à l'étranger, dans un délai de 3 ans à compter des actes ou de leurs conséquences ; les sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires décédés dans l'accomplissement de leur mission ou du fait de blessures reçues lors de cette mission, et de ce fait cités à l'ordre de la Nation ; les policiers, gendarmes et agents des douanes décédés dans les mêmes conditions et cités à l'ordre de la Nation ; les personnes pour lesquelles la mention *Mort pour le service de la République* a été portée sur l'acte de décès par décision du Premier ministre (professionnels de santé, agents de l'administration pénitentiaire, sauveteurs en mer, etc.).

Règle

Pour bénéficier de l'exonération, vous devez déposer une déclaration de succession et justifier de la situation du défunt (documents officiels attestant de la qualité de victime, citation à l'ordre de la Nation, décision du Premier ministre, etc.). Exception : pour les victimes d'actes de terrorisme, vous n'avez pas à déposer de déclaration de succession, mais vous devez justifier de la situation du défunt en cas de demande des services fiscaux.

L'exonération de droits de succession ne s'applique pas si vous êtes l'héritier ou le légataire d'une personne qui était pupille de la Nation (au sens strict de la législation relative aux pupilles de la Nation). Vérifier votre situation auprès du service des impôts.

Exonérations liées à la nature des biens transmis

Certains biens sont totalement ou partiellement exonérés de droits de succession, quel que soit le lien de parenté entre le défunt et l'héritier. Ces exonérations visent à préserver le patrimoine culturel, environnemental, entrepreneurial ou social.

Vous êtes totalement exonéré du paiement des droits de succession pour les biens suivants : la réversion de rente viagère entre parents en ligne directe ; les monuments historiques, sous conditions (immeubles classés ou inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques) ; les rentes et indemnités versées ou encore dues au défunt en réparation de dommages corporels (blessure physique, handicap) liés à un accident ou une maladie (par exemple, pathologie liée à une exposition à l'amiante) ; la restitution aux ayants droit (quel que soit leur lien de parenté avec le propriétaire décédé à la date de la restitution) de biens culturels ayant fait l'objet d'une spoliation dans le contexte des persécutions antisémites perpétrées entre le 30 janvier 1933 et le 8 mai 1945.

Règle

Vous êtes aussi exonéré de droits de succession sur les œuvres d'art, livres, objets de collection ou documents de haute valeur artistique ou historique dont vous faites don à l'État. Vous pouvez choisir de conserver la jouissance des biens donnés (droit de jouissance viagère). Vous êtes partiellement exonéré du paiement des droits de succession pour les biens suivants, sous certaines conditions : contrat d'assurance vie (dans les limites prévues par la réglementation) ; bien forestier ou agricole ; espace naturel protégé ; entreprise individuelle, parts et actions de sociétés ; logement acquis neuf entre le 1er juin 1993 et le 31 décembre 1994, et entre le 1er août 1995 et le 31 décembre 1995 (uniquement à la 1ʳᵉ transmission à titre gratuit) ; logement locatif et garage acquis entre le 1er août 1995 et le 31 décembre 1996 (uniquement à la 1ʳᵉ transmission à titre gratuit) ; bien immobilier dont le titre de propriété a été reconstitué entre le 1er octobre 2014 et le 31 décembre 2027 (uniquement à la 1ʳᵉ transmission à titre gratuit) ; bien immobilier ou droits immobiliers situés en Corse.

Les conditions d'exonération des biens forestiers, agricoles, des entreprises individuelles et des biens situés en Corse sont spécifiques et peuvent varier. Vérifier les conditions exactes auprès d'un notaire ou du service des impôts. Les exonérations sur les logements acquis à des dates spécifiques ne s'appliquent qu'à la première transmission à titre gratuit du bien concerné.

Exonérations en cas de legs à une association ou à un organisme public

Les biens légués à des associations ou fondations reconnues d'utilité publique, à l'État et à certains établissements publics sont exonérés de droits de succession.

Les legs aux associations ou fondations reconnues d'utilité publique sont exonérés si leurs ressources sont affectées notamment aux activités suivantes : œuvres d'assistance et de bienfaisance, protection de l'environnement, protection des animaux. Le legs est aussi exonéré s'il est fait en faveur d'une association simplement déclarée qui poursuit un but exclusif d'assistance et de bienfaisance, ou d'une association cultuelle, union d'associations cultuelles, congrégation autorisée.

Règle

Les biens sont également exonérés s'ils sont légués à l'État et aux organismes publics suivants : régions, départements, communes, leurs établissements publics et les établissements publics hospitaliers ; établissements publics ou d'utilité publique dont les ressources sont affectées à des œuvres scientifiques, culturelles ou artistiques à caractère désintéressé ; État et ses établissements publics scientifiques, d'enseignement, d'assistance et de bienfaisance ; établissements publics de parcs nationaux, pour les immeubles situés au cœur de ces parcs nationaux. Les legs en faveur du Conservatoire du littoral sont également exonérés.

Pour qu'un leg soit exonéré, il doit être rédigé dans un testament valable. Le notaire ou l'avocat peut vous aider à rédiger le testament et à vérifier que l'organisme bénéficiaire remplit les conditions d'exonération. Vérifier la reconnaissance d'utilité publique de l'association auprès du journal officiel.

Où s'adresser

Pour toute question relative aux droits de succession et aux exonérations, vous pouvez contacter le service des impôts des particuliers compétent.

Vous pouvez joindre le service des impôts par téléphone au +33 (0)1 72 95 20 42, du lundi au vendredi de 9 h à 16 h. Vous pouvez également utiliser la messagerie sécurisée disponible depuis votre compte personnel sur impots.gouv.fr, ou adresser un courrier au service des impôts des particuliers : 10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-le-Grand Cedex.

Règle

Pour les successions complexes (biens immobiliers, biens à l'étranger, litiges familiaux), le recours à un notaire est vivement recommandé. Le notaire établit l'acte de notoriété, évalue le patrimoine, calcule les droits et dépose la déclaration de succession auprès du service des impôts.

Le site impots.gouv.fr propose des simulateurs et des formulaires en ligne pour préparer votre déclaration de succession. Vérifier également les conventions fiscales internationales en vigueur si le défunt ou un héritier était domicilié hors de France.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Dans quels cas un héritier est-il exonéré des droits de succession ?

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les exonérations de droits de succession sont fixées par le code général des impôts et peuvent évoluer. Vérifier les dernières évolutions auprès du service des impôts ou d'un notaire. Les montants d'abattement et les conditions d'exonération sont susceptibles de changer à chaque loi de finances.

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