Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur le don d'organes après le décès : consentement présumé, refus, déroulement du prélèvement, anonymat et prise en charge des frais.
Ce qu'il faut savoir
- Pour les personnes majeures, le consentement au don d'organes est présumé : si vous n'avez pas fait connaître votre refus, on considère que vous êtes d'accord.
- Avant tout prélèvement, les équipes médicales consultent systématiquement le registre national des refus et recueillent l'expression éventuelle d'une opposition de la famille.
- Un mineur de 13 ans ou plus peut s'inscrire au registre national des refus ; en dessous de 13 ans, l'accord écrit de l'autorité parentale est nécessaire.
- Le refus peut porter sur l'ensemble ou seulement certains des organes ou tissus.
- Le prélèvement est anonyme : ni la famille ni le receveur ne connaissent l'identité de l'autre.
- Le prélèvement est effectué uniquement à des fins thérapeutiques ou scientifiques.
- L'établissement de santé prend en charge les frais de transport, de conservation et de restitution du corps à la famille.
- Le médecin qui procède au prélèvement doit assurer la meilleure restauration possible du corps.
Conditions essentielles
- Pour un majeur : pas de démarche positive nécessaire, le consentement est présumé sauf refus exprimé.
- Pour un mineur de 13 ans ou plus : possibilité de s'inscrire au registre national des refus.
- Pour un mineur de moins de 13 ans : accord écrit de chacune des personnes investies de l'autorité parentale.
- Le refus manifesté de vivant doit être écrit, daté et signé (ou attesté par 2 témoins si la personne ne peut pas écrire).
Les étapes
- Le constat du décès est fait par des médecins qui n'appartiennent pas aux équipes en charge des greffes.
- L'annonce du décès est assurée par le médecin en charge du défunt, en présence de l'équipe de coordination hospitalière.
- Si la personne n'était pas inscrite au registre national des refus, un entretien a lieu avec les proches après l'annonce du décès.
- Cet entretien permet d'informer les proches d'un éventuel prélèvement et de recueillir l'expression éventuelle d'une opposition de la personne décédée.
- Des tests sont réalisés pour vérifier l'absence de maladies transmissibles et l'état des organes (imagerie médicale, examens spécifiques).
- Les organes sont orientés vers des receveurs compatibles (caractéristiques morphologiques et immunitaires proches).
- L'équipe de coordination hospitalière reste à la disposition des proches jusqu'à la restitution du corps.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — consentement selon l'âge, modalités du refus, déroulement du prélèvement, frais — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres au consentement selon l'âge, aux modalités du refus et au déroulement du prélèvement, voir les sections « Faut-il donner son consentement ? », « Comment manifester son refus ? » et « Comment se déroule le prélèvement d'organes ? ».
Faut-il donner son consentement pour le don d'organes ?
Les règles diffèrent selon que vous êtes majeur ou mineur. Pour un majeur, votre consentement au don d'organes est présumé : si vous n'avez pas fait connaître votre refus de votre vivant, on considère que vous êtes d'accord pour que vos organes soient prélevés lors de votre décès. Avant tout prélèvement, il est donc procédé à la recherche d'informations pour savoir si vous avez émis un désaccord.
Le consentement présumé est le régime juridique applicable en France depuis 1976 : le silence de la personne emporte consentement, sauf expression d'un refus. Ce régime ne signifie pas que le prélèvement est automatique : les équipes médicales doivent toujours consulter le registre national des refus et recueillir l'expression éventuelle d'une opposition de la famille lors de l'entretien après l'annonce du décès. Pour un mineur d'au moins 13 ans, la règle est différente : un mineur souhaitant s'opposer au prélèvement de ses organes peut s'inscrire au registre national des refus. Lorsque la personne décédée est un mineur non inscrite au registre, le prélèvement ne peut avoir lieu qu'à la condition que chacune des personnes investies de l'exercice de l'autorité parentale (par exemple : parents, tuteur) donne son accord par écrit. S'il n'est pas possible de consulter l'un des parents, le prélèvement peut avoir lieu à condition que l'autre parent donne son accord par écrit. Pour un mineur de moins de 13 ans, la même règle s'applique : l'accord écrit de l'autorité parentale est requis, quel que soit l'âge du mineur.
Règle
La logique est donc la suivante : consentement présumé pour les majeurs (sauf refus exprimé), consentement explicite des parents pour les mineurs non inscrits au registre, et possibilité pour les mineurs de 13 ans ou plus de s'opposer individuellement via le registre national des refus.
Le consentement présumé n'exclut pas le dialogue familial : l'entretien avec les proches après l'annonce du décès est un moment essentiel pour recueillir l'expression éventuelle d'une opposition de la personne décédée, même si elle n'était pas inscrite au registre.
Comment manifester son refus de prélèvement ?
Avant tout prélèvement d'organes, les équipes médicales doivent systématiquement consulter le registre national des refus de dons d'organes. Le refus de prélèvement peut concerner l'ensemble ou seulement certains des organes ou tissus. L'inscription sur le registre national des refus peut se faire en ligne ou par courrier.
Le registre national des refus est géré par l'Agence de la biomédecine. Il permet à toute personne de 13 ans ou plus d'exprimer son refus de prélèvement d'organes après son décès. L'inscription est possible en ligne sur le site registrenationaldesrefus.fr ou par courrier à l'aide du formulaire téléchargeable. Le refus peut être total (tous organes et tissus) ou partiel (certains organes ou tissus uniquement).
Règle
D'autres moyens permettent de manifester son refus : via un témoignage — lors de votre décès, un de vos proches peut faire valoir votre refus manifesté expressément de votre vivant. Ce proche ou l'équipe de coordination hospitalière transcrit par écrit ce refus en mentionnant précisément le contexte et les circonstances de son expression ; ce document est daté et signé par le proche et par l'équipe de coordination. Par écrit — vous pouvez exprimer votre refus par écrit et confier ce document à un proche ; ce document est daté et signé par vous, avec indication de votre nom, prénom, date et lieu de naissance. Si vous ne pouvez pas écrire — vous pouvez demander à 2 témoins d'attester que le document que vous n'avez pas pu rédiger est l'expression de votre volonté ; ces témoins indiquent leur nom et qualité, et leur attestation est jointe au document exprimant le refus.
Le refus exprimé de vive voix à un proche peut être opposé par ce proche lors de l'entretien avec l'équipe de coordination, même en l'absence de document écrit : c'est le témoignage du proche qui fait foi, formalisé par écrit et signé conjointement.
Comment modifier ou annuler son inscription au registre national du refus ?
Vous pouvez modifier ou annuler votre inscription au registre national des refus en ligne ou par courrier. La modification et l'annulation sont des démarches gratuites et réversibles.
Pour modifier votre inscription en ligne, rendez-vous sur le site du registre national des refus (registrenationaldesrefus.fr/modification). Par courrier, envoyez un courrier signé mentionnant les modifications souhaitées et votre numéro de dossier (présent sur l'attestation envoyée par le registre au moment de votre inscription), accompagné d'une photocopie recto-verso d'une pièce d'identité officielle (carte d'identité, permis de conduire, titre de séjour, passeport...). Pour annuler votre inscription (et redevenir donneur présumé), la procédure est identique : en ligne sur registrenationaldesrefus.fr/annulation, ou par courrier en précisant votre demande d'annulation et votre numéro de dossier, avec photocopie de pièce d'identité.
Règle
Le courrier doit être adressé à : Registre national des refus, Agence de la biomédecine, 1 avenue du Stade de France, 93212 Saint-Denis La Plaine Cedex. Le registre vous adresse une attestation confirmant votre nouvelle situation (modification ou annulation).
Il est important de informer ses proches de son inscription (ou de sa non-inscription) au registre national des refus, afin qu'ils puissent, le cas échéant, faire valoir votre volonté lors de l'entretien avec l'équipe de coordination hospitalière.
Le don d'organes est-il anonyme ?
Le prélèvement est anonyme : votre famille ne peut pas connaître l'identité du receveur, et le receveur ne connaît pas votre identité. L'anonymat est une garantie légale du don d'organes en France.
La personne greffée (le receveur) peut adresser une lettre de façon anonyme, via les coordinations hospitalières de prélèvement, à la famille du donneur. Cette correspondance anonyme permet un échange symbolique sans révélation d'identité. Votre famille peut toutefois prendre connaissance, auprès de la coordination hospitalière de prélèvement qui l'a suivie, à tout moment : des organes et tissus prélevés, et du résultat des greffes réalisées auprès de l'équipe médicale. Cette information sur le résultat médical est communiquée à la famille, sans que l'identité du receveur soit révélée.
Règle
L'anonymat s'impose à toutes les parties : équipes médicales, famille du donneur, receveur. Toute tentative de levée de l'anonymat est interdite et sanctionnée. Le secret médical protège également les données de santé du donneur et du receveur.
L'anonymat ne fait pas obstacle à la transmission d'informations médicales à la famille : le résultat des greffes peut être communiqué, ce qui permet à la famille de savoir si le don a permis de sauver ou d'améliorer la vie d'un receveur.
Comment se déroule le prélèvement d'organes ?
Le prélèvement d'organes sur une personne décédée est effectué uniquement à des fins thérapeutiques ou scientifiques. Il suit une procédure en plusieurs étapes, encadrée par des garanties strictes.
Le constat du décès se fait par des médecins qui n'appartiennent pas aux équipes en charge des greffes : cette séparation garantit l'indépendance du constat par rapport à la décision de prélèvement. L'annonce du décès est assurée par le médecin en charge du défunt, en présence, autant que possible, de l'équipe de coordination hospitalière. Si la personne n'était pas inscrite au registre national des refus, un entretien a lieu avec les proches après l'annonce du décès. Cet entretien est préparé au minimum par : le médecin en charge du défunt, l'équipe de coordination hospitalière de prélèvement d'organes et de tissus, et l'équipe paramédicale responsable. L'entretien a pour objectif d'informer les proches d'un éventuel prélèvement et de recueillir l'expression éventuelle d'une opposition de la personne décédée. Lors de cet entretien, chaque participant se présente ; les proches doivent être en capacité d'identifier chaque soignant. Le médecin réanimateur et la coordination hospitalière donnent des informations liées au prélèvement (nature, finalité et procédure), communiquées après compréhension et acceptation de la réalité du décès par les proches. Les proches peuvent voir le corps une dernière fois avant le prélèvement.
Règle
Pour savoir si les organes peuvent être prélevés, des tests sont réalisés : les équipes médicales vérifient d'abord par prélèvement sanguin si le corps du donneur est porteur de maladies transmissibles (hépatite C, sida, paludisme). L'état des organes est examiné grâce aux clichés pris par imagerie médicale (échographie, scanner) ; chaque organe fait ensuite l'objet d'examens spécifiques. Ces examens aident à orienter les organes vers des receveurs compatibles, c'est-à-dire des personnes ayant des caractéristiques morphologiques et immunitaires proches de celles du donneur : plus les caractéristiques du donneur et du greffé sont proches, plus la greffe a des chances de réussir.
En cas de prélèvement, l'équipe de coordination hospitalière doit notamment rester à la disposition des proches jusqu'à la restitution du corps et accompagner les proches dans leurs démarches ultérieures. Cet accompagnement fait partie intégrante du dispositif de don d'organes.
Comment le corps est-il restauré après le prélèvement ?
Le médecin qui procède à un prélèvement d'organes sur une personne décédée doit assurer la meilleure restauration possible du corps.
La restauration du corps est une obligation déontologique et légale du médecin. Après le prélèvement, le corps doit être rendu à la famille dans des conditions respectueuses de la dignité du défunt. Les organes et tissus prélevés sont remplacés par des prothèses ou matériaux de prothèse afin de préserver l'apparence du corps. La restitution du corps à la famille intervient dans les meilleurs délais, compte tenu des nécessités médicales liées au prélèvement.
Règle
L'établissement qui a procédé au prélèvement prend en charge les frais de conservation et restauration du corps après l'acte de prélèvement, ainsi que les frais de restitution du corps à la famille. La famille n'a donc aucune charge à supporter de ce chef.
La qualité de la restauration du corps est un élément essentiel pour les familles : elle conditionne la possibilité d'un dernier recueillement respectueux. Les équipes hospitalières sont formées à cet accompagnement.
Quelle prise en charge des frais liés au prélèvement ?
L'établissement de santé qui effectue les prélèvements prend à sa charge les frais entraînés par le constat du décès du donneur et par l'assistance médicale du corps avant le prélèvement.
L'établissement qui a procédé au prélèvement prend également en charge les frais de transport du corps de la personne décédée vers un établissement de santé, pour effectuer des prélèvements à des fins thérapeutiques, ainsi que les frais de conservation et restauration du corps après l'acte de prélèvement, et de restitution du corps à la famille. Le don d'organes est donc gratuit pour la famille du donneur : aucune facture ne lui est adressée, quelles que soient les étapes du processus.
Règle
La gratuité du don d'organes est un principe fondateur : la vente d'organes est interdite et punie pénalement. Les frais liés au prélèvement et à la restitution du corps sont supportés par les établissements de santé, dans le cadre du financement de la greffe.
La famille n'a pas à s'occuper des démarches de transport du corps vers l'établissement de prélèvement : c'est l'établissement qui organise le transfert. Après la restitution, les démarches funéraires habituelles (obsèques, inhumation ou crémation) reprennent leur cours normal.
Où s'adresser ?
Pour toute question relative au don d'organes, au registre national des refus ou à la procédure de prélèvement, contactez l'Agence de la biomédecine, gestionnaire du registre national des refus.
- Registre national des refus (Agence de la biomédecine) : inscription, modification et annulation en ligne ou par courrier. Adresse : 1 avenue du Stade de France, 93212 Saint-Denis La Plaine Cedex.
- Agence de la biomédecine — formulaire de contact : https://www.agence-biomedecine.fr/Nous-contacter, en précisant l'objet de votre demande (don d'organes, par exemple).
- Agence de la biomédecine — téléphone : standard au 01 55 93 65 50.
- Équipe de coordination hospitalière de prélèvement : interlocutrice des proches lors de l'entretien après l'annonce du décès et pour toute question sur le prélèvement.
L'Agence de la biomédecine est un établissement public national chargé de la régulation de la greffe, du don et de la transplantation d'organes et de tissus, ainsi que de la biomédecine (PMA, diagnostic prénatal, etc.). Le registre national des refus qu'elle gère est consulté systématiquement avant tout prélèvement d'organes.
Règle
Pour modifier ou annuler une inscription au registre, le courrier doit contenir : les modifications ou la demande d'annulation, le numéro de dossier, et une photocopie recto-verso d'une pièce d'identité officielle. L'inscription et la modification sont également possibles en ligne, sans formalité particulière.
Le don d'organes est encadré par le code de la santé publique. Information à vérifier auprès de l'Agence de la biomédecine pour les situations particulières (personnes âgées, personnes en situation de handicap, etc.). Le site registrenationaldesrefus.fr permet de s'inscrire, de modifier ou d'annuler son inscription en quelques minutes.
Textes applicables
- Code de la santé publique : articles L1211-1 à L1211-9Légifrance
- Code de la santé publique : article R1211-10Légifrance
- Arrêté du 29 octobre 2015 concernant les règles de bonnes pratiques relatives au prélèvement d'organes à finalité thérapeutique sur personne décédéeLégifrance
- Arrêté du 16 août 2016 relatif aux bonnes pratiques relatives à l'entretien avec les proches en matière de prélèvement d'organes et de tissusLégifrance
- Code de la santé publique : articles R1232-4-4 à R1232-4-7Légifrance
- Code de la santé publique : articles R1232-5 à R1232-14Légifrance
- Code de la santé publique : articles L1232-1 à L1232-6Légifrance
- Arrêté du 2 août 2005 fixant la liste des organes pour lesquels le prélèvement sur une personne décédée présentant un arrêt cardiaque et respiratoire persistant est autoriséLégifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Don d'organes : prélèvement lors du décès
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Fiche officielle Service-Public.fr — Don d'organes
- Inscription en ligne au registre national des refus
- Modifier son inscription au registre national du refus
- Annuler son inscription au registre national du refus
- Agence de la biomédecine — nous contacter
Les règles du don d'organes sont fixées par le code de la santé publique. Vérifier les dernières évolutions auprès de l'Agence de la biomédecine ou sur le site registrenationaldesrefus.fr.
